C’est parti aujourd’hui pour le sprint de la présidentielle américaine. A 13 heures 25 (heure locale), ce jour, Obama sera à l’Ohio State University. Puis, à 16 heures 35 (heure locale), il sera à la Virginia Commonwealth University. La présidentielle 2012 va changer de rythme.
Sur le fond, trois marqueurs à surveiller :
1) le niveau du « trésor de guerre » : Obama 2012 est en avance sur Romney mais en retard sur … Obama 2008. Un retard qu’il ne faut pas surestimer car en 2008 il devait consacrer beaucoup des fonds levés à livrer la primaire contre Hillary Clinton, ce qui n’est pas le cas à ce jour,
2) la mobilisation sur Internet : la campagne 2008 a été gagnée sur Internet. En France, le niveau n’est pas comparable même si ces derniers jours, Internet prend une place considérable et peut-être déterminante pour le 6 mai. Obama 2012, c’est 25 millions « d’amis » sur Facebook, 12 millions de suiveurs sur Twitter. Sur les 700 salariés permanents de l’état major de Chicago, l’équipe numérique est de loin la plus importante. Mais surtout, les équipes locales fonctionnent prioritairement via Internet,
3) c’est la bataille des données. L’électeur américain ne consomme que ce qui l’intéresse. Il faut donc parvenir à segmenter l’électorat pour identifier le plus précisément possible les centres d’intérêt. La communication globale est vouée à la « poubelle ». La bataille est donc à l’achat des bases de données permettant, notamment via des habitudes de consommation, de classer les électorats par critères d’intérêts. La plus belle campagne de ce type a été conduite en 2006 par Schwarzenegger en Californie qui est passé d’un retard de – 10 points à une victoire avec un écart de 16 points ! Cette approche fut le fruit d’un long travail conduit par une équipe importante sous la direction de Steve Schmidt, directeur de campagne, et Josh Ginsberg, directeur politique. Aux Etats-Unis, l’acquisition de ces données est parfaitement légale. Ces données sont d’autant plus nombreuses que presque chaque segment de marché fiche ses clients : commerces de détail, compagnies aériennes, sociétés de crédit, magazines… C’était la première fois qu’un maillage aussi étroit intervenait pour une campagne politique.
Ce soir, la course à l’élection américaine 2012 est lancée pour de bon.
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