Keynes avait dédramatisé l'existence de déficits avec l'idée qu'en période de récession ils étaient même le moyen du redémarrage. Avec la croissance retrouvée, ils disparaissaient alors. Mais, face à ce schéma, les déficits actuels sont aussi le produit des périodes de … croissance. Bien davantage, le montant de la charge de la dette pénalise la redistribution active pour l'économie donc la croissance.
De même, il parait de plus en plus établi que bon nombre de programmes publics d'assistance n'aident pas les intéressés à s'en sortir mais
les placent progressivement dans une logique insoutenable durablement de dépendance à l'assistanat. Des aides publiques installent les bénéficiaires dans une culture de dépendance qui n'est pas une situation acceptable pour les premiers intéressés.
A ce climat général, les dettes publiques locales traduisent souvent une forme de clientélisme ne répondant guère à des critères rationnels.
Il faut penser d'abord au contribuable.
C'est une autre logique. Est-elle possible ?
Difficile à dire tant les strates d'administrations s'ajoutent, sont prisonnières de règlementations complexes.
Il est à craindre qu'il faille rompre le noeud car il ne semble plus qu'il y ait moyen de le défaire. Cela suppose de recourir à des débats moraux de fond et non pas à de la seule technique budgétaire :
– la définition des services publics essentiels (santé, enseignement, justice …) qui doivent être revalorisés et des services publics "annexes" qui doivent être révisés à la baisse de façon drastique,
– les aides à l'économie : pourquoi des pans entiers vivent sous la perfusion quand d'autres segments de marché ne peuvent compter sur la moindre aide publique. Par exemple localement, 200 millions d'euros de garanties d'emprunts pour des entreprises dépendant de Minatec. Pourquoi ce seul secteur ? Il faut substituer aux travaux des groupes de pression, une autre logique de justice : ou tout le monde ou personne car il ne peut y avoir deux catégories d'emplois ou d'entrepreneurs.
– le rapport aux recettes marchandes pour une part importante du secteur associatif. Le marché (donc les recettes marchandes) c'est la traduction de l'utilité reconnue. C'est donc un rapport sain. Ces recettes devraient occuper une place obligatoire plus importante.
Au moment où s'engagent les préparations des budgets publics 2012, il est nécessaire de vivre de nouvelles approches pour rompre avec des traditions qui ont montré l'extrêmité de leurs abus et la gravité de leurs conséquences.
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