Denis Bonzy

Dettes publiques : rompre le noeud car il n’y a plus le moyen de le défaire

Keynes avait dédramatisé l'existence de déficits avec l'idée qu'en période de récession ils étaient même le moyen du redémarrage. Avec la croissance retrouvée, ils disparaissaient alors. Mais, face à ce schéma, les déficits actuels sont aussi le produit des périodes de … croissance. Bien davantage, le montant de la charge de la dette pénalise la redistribution active pour l'économie donc la croissance.

De même, il parait de plus en plus établi que bon nombre de programmes publics d'assistance n'aident pas les intéressés à s'en sortir mais


 les placent progressivement dans une logique insoutenable durablement de dépendance à l'assistanat. Des aides publiques installent les bénéficiaires dans une culture de dépendance qui n'est pas une situation acceptable pour les premiers intéressés.

A ce climat général, les dettes publiques locales traduisent souvent une forme de clientélisme ne répondant guère à des critères rationnels.

Il faut penser d'abord au contribuable.

C'est une autre logique. Est-elle possible ?

Difficile à dire tant les strates d'administrations s'ajoutent, sont prisonnières de règlementations complexes.

Il est à craindre qu'il faille rompre le noeud car il ne semble plus qu'il y ait moyen de le défaire. Cela suppose de recourir à des débats moraux de fond et non pas à de la seule technique budgétaire :

– la définition des services publics essentiels (santé, enseignement, justice …) qui doivent être revalorisés et des services publics "annexes" qui doivent être révisés à la baisse de façon drastique,

– les aides à l'économie : pourquoi des pans entiers vivent sous la perfusion quand d'autres segments de marché ne peuvent compter sur la moindre aide publique. Par exemple localement, 200 millions d'euros de garanties d'emprunts pour des entreprises dépendant de Minatec. Pourquoi ce seul secteur ? Il faut substituer aux travaux des groupes de pression, une autre logique de justice : ou tout le monde ou personne car il ne peut y avoir deux catégories d'emplois ou d'entrepreneurs.Emploi 09 05 09

– le rapport aux recettes marchandes pour une part importante du secteur associatif. Le marché (donc les recettes marchandes) c'est la traduction de l'utilité reconnue. C'est donc un rapport sain. Ces recettes devraient occuper une place obligatoire plus importante.

Au moment où s'engagent les préparations des budgets publics 2012, il est nécessaire de vivre de nouvelles approches pour rompre avec des traditions qui ont montré l'extrêmité de leurs abus et la gravité de leurs conséquences.

Commentaires

2 réponses à « Dettes publiques : rompre le noeud car il n’y a plus le moyen de le défaire »

  1. Avatar de Vincent Biloa
    Vincent Biloa

    Bonjour et merci pour cette contribution.
    Vous parlez de clientélisme auquel on peut aussi rajouter le dogmatisme. Est il acceptable de mettre l’essentiel de la charge d’impots sur les PME(80% des emplois créés) alors que les très grande entreprises sont à une moyenne de 8% ?
    Sur quelle base rationnelle peut on soutenir la règle du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux quand on voit les dégats qu’elle a généré sur les services publics essentiels ?
    Quand à la crise qui a bon dos peut elle justifier les 400mds(pres du quart de la dette) de dette généré par Sarkozy déficit cumulé ?

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  2. Avatar de denis bonzy
    denis bonzy

    @Vincent
    Monsieur, Je partage entièrement votre appréciation. Des services publics de première importance ont aujourd’hui des conditions de fonctionnement quotidien indignes à l’exemple des hopitaux publics et des perspectives de carrières qui ne sont pas à la hauteur de la reconnaissance sociale nécessaire. Pour ce qui concerne le poids de la dette publique, il faut remonter au rapport Pébereau de 1987 qui est un excellent diagnostic jamais suivi du …moindre effet pratique.denis

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