Denis Bonzy

Agglomération grenobloise : nouveau fait divers tragique : une victime de plus : l’image de marque

Nous assistons actuellement à l’implosion de l’image de marque externe de l’agglomération grenobloise. Elle est en passe d’incarner non plus les nouvelles technologies mais les nouvelles violences urbaines.


Que l’agglomération grenobloise ait pu faire l’objet d’un reportage dans Paris Match en étant associée à Tremblay en France : qui aurait pu l’imaginer il y a encore quelques mois ?


Puis ce fut les balles perdues un dimanche soir lors d’un vol au KFC de Comboire. Maintenant, c’est le meutre à 22 heures 30 d’un sexagénaire en pleine rue. A ce rythme, dans quelques mois, la vitrine technologique sera brisée pour apparaître comme une ville violente exposée à des tensions non contrôlées.


La violence n’a jamais rien créé. Elle n’a jamais rien accompli. Elle n’a jamais rien résolu.


Comment comprendre cette nouvelle réalité dans une agglomération comme Grenoble ?


Jusqu’où peut aller cette spirale ?


Qu’est ce qui est fait pour arrêter cette spirale ?


Pour l’instant, beaucoup de questions restent sans la moindre réponse comme si les premiers concernés ne voulaient pas regarder cette réalité en face.


C’est une séquence temps très particulière qui est actuellement traversée par l’agglomération grenobloise. A chaque violence, une victime indirecte s’ajoute : son image de marque à l’extérieur.


http://www.dailymotion.com/swf/video/xcwwqn

Commentaires

5 réponses à « Agglomération grenobloise : nouveau fait divers tragique : une victime de plus : l’image de marque »

  1. Avatar de Franc - Tireur
    Franc – Tireur

    Ne pas oublier de rajouter les grèves récurrentes de la TAG au lourd passif de la ville de Grenoble !!!

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  2. Avatar de denis bonzy
    denis bonzy

    A Franc-Tireur
    Bonjour,
    Je prends toujours connaissance avec intérêt et attention de vos interventions sur ce blog comme sur d’autres car elles sont empreintes d’une réelle volonté d’analyse sur le fond.
    En l’espèce, je ne suis pas convaincu que la question de la protestation sociale puisse impacter l’image de Grenoble à l’extérieur. Par sa sociologie comme par son ancrage politique, cette ville est perçue comme « protestataire ».
    En revanche, lors de contacts à l’exterieur de Grenoble, je suis actuellement surpris par le nombre de personnes qui sont désireuses de précisions sur le « climat d’insécurité » dans la ville.
    Au cours des 20 derniers mois, trois évènements majeurs sont intervenus :
    – la « Capitale de la montagne » est battue par sa « petite voisine » (Annecy) pour les JO. C’est un premier choc peu envisageable pour des tiers éloignés.
    – la voie de contournement est bloquée : ce que ces tiers interprètent comme « les bouchons vont donc durer » …
    – et « cerise sur le gateau des mauvaises surprises » : la ville de Grenoble est violente alors qu’elle était perçue comme le fief d’intellectuels et d’ingenieurs écolos qui parcourent la ville calme en vélo au coeur des montagnes …
    Chaque ville vit sur des « images d’Epinal », justes ou fausses d’ailleurs. Ce qui me parait actuellement important, c’est que ces « pouvoirs d’évocation » sur grenoble me paraissent déstabilisés.
    Sur ce point là qui diffère des difficultés intérieures éventuelles de vie, j’aimerais connaître votre sentiment et votre interprétation.
    Au plaisir de vous lire.
    Bien cordialement.
    Denis Bonzy

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  3. Avatar de Christin Bec
    Christin Bec

    Face à cette aggravation inédite et spectaculaire de la violence à Grenoble, le pouvoir en place est dans la négation totale.
    La situation actuelle est le résultat d’une absence de politique cohérente et offensive en matière de sécurité.
    L’équipe en place s’exprime peu sur la situation ou alors dilue son discours au travers d’une idéologie ancestrale et dangereuse. Son leitmotiv est de ne pas céder à la panique et de continuer à porter un regard angélique sur la société.
    La violence n’est pas une fatalité. Au-delà des postures idéologiques, les citoyens attentes un dispositif opérationnel permettant de garantir leur sécurité et leur qualité de vie.
    Mais conformément à l’esprit de ses engagements de campagne et des alliances passées, l’équipe municipale privilégie la mise en place d’un comité éthique sur les modalités d’utilisation de la vidéo protection. Cette phase de réflexion inutile diffère le temps du passage à l’action.
    Pourtant, il est urgent d’enrayer la spirale de la violence avant qu’elle ne dégénère. La violence provoque un sentiment d’insécurité qui à son tour engendre la peur souvent synonyme de haine et de colère.
    Ce ressenti collectif est mauvais pour la société et alimente les arguments des extrémistes.
    Les décideurs doivent faire un diagnostic objectif de la violence sur Grenoble et son agglomération et proposer des pistes efficaces permettant de gérer l’insécurité sans pour autant compromettre les vertus de la vie urbaine, à savoir l’imprévu, l’échange et les libertés. En d’autres termes, comment parvenir à concilier urbanité et sécurité.
    La transparence nécessiterait la mise en place d’indicateurs quantitatifs et qualitatifs sur la réalité de la délinquance, des incivilités et du sentiment d’insécurité.
    Dans une société du risque et face aux incertitudes d’un monde moderne, face à la globalisation, à l’accroissement du processus d’individuation et à l’affirmation des valeurs individualistes, le thème de l’insécurité devient une priorité pour les responsables politiques chargés de coordonner les actions sociales, politiques et économiques favorisant la cohésion et l’ordre des territoires dont ils ont la charge.
    Les violences actuelles ont une répercussion dramatique sur les entreprises, l’économie, le tourisme et l’emploi. Quelle entreprise cherchera demain à innover et investir sur un territoire si peu attractif ?
    Il est par conséquent urgent que les décideurs réagissent et proposent des mesures de prévention et de protection adaptées.
    Parmi les actions urgentes et rapides à mettre en œuvre :
    • Développer un système de vidéo-protection sur l’ensemble des points sensibles de la ville, et notamment auprès des commerçants.
    • Dégager les policiers municipaux des missions administratives pour les affecter sur le terrain.
    • Protéger nos enfants du racket et des violences en renforçant la présence des policiers municipaux aux abords des collèges et lycées.
    • Renforcer la sécurité dans les transports publics en augmentant les effectifs de police dans les bus et le tramway.
    • Améliorer la complémentarité des missions de la police nationale et de la police municipale.
    • Mettre en place un numéro vert à la disposition des Grenoblois pour permettre une réelle réactivité des services de Police.
    • Améliorer l’éclairage public de la ville pour renforcer le climat de sécurité.
    • Repenser et adapter l’urbanisme dans les nouveaux projets immobiliers, etc.
    La tolérance, valeur essentielle, ne doit pas devenir une faiblesse.
    Christian Bec

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  4. Avatar de Franc - Tireur
    Franc – Tireur

    Denis,
    Merci pour ces encouragements. A mon tour,je vous retourne le compliment car j’apprécie la variété et les analyses de fonds de vos billets.
    Puisque vous me demandez mon avis et que je me fais rarement prier dans ces conditions, je partage avec vous ma réflexion :
    – Concernant les JO, j’attache peu d’importance à cet évènement car je suis convaincu que la ville française sélectionnée ne sera pas la ville retenue par le CIO. Cependant, cet échec évident pour Grenoble est la résultante du pouvoir de nuisance des écologistes locaux. Et le bilan de cette triste affaire se reflète par des dépenses importantes et inutiles sans le moindre retour sur investissement en terme d’images.
    – Concernant la rocade Nord : La aussi l’avènement des forces écologiques est indéniable. Le dogme l’a emporté sur la raison. On a opposé tunnel et transport en commun. Mais loin d’être antinomiques, ces deux aspects seraient plutôt complémentaires.
    – Concernant l’image d’Epinal de Grenoble nouvelle « San -Francisco » du XXIéme siècle, où des ingénieurs écolos-bobos ferraient du vélo en triant leur poubelles; je dois concéder que chaque caricature a son fonds de vérité. Baignant moi même dans une entreprise de la Silicon Valley grenobloise, je croise tous les jours ces nombreux clichés autour de moi. A tel point qu’il est politiquement incorrect de ne pas avoir voté Europe Ecologie aux dernières élections (Et étant personnellement rarement politiquement correct …)
    En résumé, Ces trois différents axes montrent le réel ancrage des forces écologiques à Grenoble. Il s’agit à mon sens du principal adversaire de l’UMP38. Car cette formation cherche a nous ravir la place « d’éternel second » à la ville et au département. C’est aussi un danger pour le vie quotidienne de nos concitoyens; car si nombres d’idées partent de principes louables, la conclusion des « Verts », c’est impôts, restrictions, contraintes …
    J’espère avoir l’occasion d’en débattre prochainement avec vous en direct. Probablement pas au cours des élections internes à venir, car tant au plan local qu’au plan national j’accumule les déceptions en provenance de l’UMP et je n’ai donc pas renouveler mon adhésion (Mais la vie politique reste un interêt important pour moi).
    Franc – Tireur

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  5. Avatar de Franc - Tireur
    Franc – Tireur

    Pour répondre aux interrogations sur l’insécurité et aux remarques de Christian Bec, voici mon point de vue sur insécurité à Grenoble.
    La ville a eu la malchance d’être mise en lumière avec les derniers évènements qui l’ont touchée. Mais si la municipalité actuelle est pour partie responsable avec sa politique laxiste en terme de police municipale et de vidéo surveillance, l’équipe Destot n’est pas seule responsable de cette dérive.
    Les postures et les discours du gouvernement ne sont pas suivis des actes et des résultats sur le terrain. Le désarroi des forces de police et la bienveillance (relative) de la justice encourage le sentiment insécurité.
    Aujourd’hui, il est toléré que des jeunes gens viennent troubler le voisinage au milieu de la nuit. Il est toléré qu’ils abandonnent leur déchets sur la voirie. La police a mieux à faire et la justice ne trouve pas ça si important.
    Aujourd’hui, il est toléré qu’on manque de respect aux forces de l’ordre, aux enseignants, mais aussi à ces propres parents.
    Aujourd’hui, avant de punir, on cherche à excuser ou à comprendre.
    Aujourd’hui, on tolère les incivilités, l’égoïsme, le manque de savoir vivre.
    Alors, on s’étonne de moins en moins et on supporte de plus en plus.
    Mais Grenoble n’est malheureusement ni mieux ni pire que d’autres villes en la matière. Si ce n’est qu’aujourd’hui on phantasme une « Chicago » française.

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