Denis Bonzy

Étiquette : UMP 38

  • Grenoble agglo : UMP 38 : le choc des symboles : 5 ou 50 000 ?

    Ceux qui sont engagés dans la société civile, à l'écart des formations politiques et qui doutaient encore de la nécessité de s'engager dans des clubs locaux de réflexion et d'action, ont désormais tous les éléments pour faire leur choix.

    L'agglomération grenobloise va mal. Endettement, insécurité, embouteillages … : la qualité de vie diminue tandis que les charges progressent. Cette réalité, c'est le bilan d'un pouvoir en place depuis 1995 mais c'est aussi le bilan d'une opposition qui n'a pas été en situation de jouer sa fonction d'émulation permanente.

    Le week-end où le PS fait voter 50 000 personnes en Isère pour désigner un candidat dans le cadre de primaires ouvertes de qualité, 5 personnes présentent des nominations pour des échéances allant de 2012 à même … 2014.

    La procédure est déjà surprenante. Mais la liste des "surprises" n'est pas finie.

    (suite…)

  • Cantonales Isère 2011 : les 6 leçons du second tour

    1) La gauche a atteint un seuil technique qui freine désormais sa marge de progression. Pour bon nombre d'observateurs, l'analyse est faussée par une fiction : les cantons seraient politiquement à 50 / 50 en matière d'appartenance politique et les candidats ou les circonstances feraient la différence. Les cantons ont un ancrage politique très marqué. C'est le canton qui fait le candidat et non pas l'inverse. Depuis la progression engagée en 1995, la gauche en Isère a atteint une sorte de plafond technique. Elle s'attaque désormais à de véritables bastions de droite. En gagner un ou deux relève désormais d'un exploit.

    2) L'électorat a beaucoup gagné en indépendance de décision. Anticiper une élection sur les bases d'un autre scrutin est une aventure très risquée. Par conséquent, il y a peu de tendances certaines à tirer du scrutin de mars 2011 a fortiori quand il est marqué par une abstention record de ce type.

    3) Néanmoins, des évolutions méritent l'attention. La progression va aux "nouvelles formations" (Verts et FN). Le PS se stabilise. L'UMP continue sa chute.

    (suite…)

  • Cantonales 2011 Isère : les 7 enseignements techniques majeurs

    Le scrutin du 20 mars 2011 apporte 7 enseignements techniques majeurs :

    1) La fin de la France des cantons : avec un taux d'abstention record, une logique institutionnelle prend fin dans l'indifférence. C'est un système totalement déconnecté des évolutions démographiques. Dans une Assemblée Départementale, un élu de 1 500 électeurs avait la même voix qu'un élu de 15 000 électeurs. Rarement des inégalités démographiques aussi fortes auront été préservées aussi longtemps. Dans trois ans, le nouveau scrutin devrait permettre d'évoluer vers une meilleure égalité démographique entre les territoires ; ce qui était indispensable.

    2) L'UMP 38 en fond de cale : il fut un temps où le label UMP assurait une présence au second tour avec possibilité de victoire. Puis ce fut la "présence – témoignage" au second tour sans possibilité de victoire. Maintenant, c'est ne plus être au second tour tout simplement. Dans le ressort de la Métro, c'est à dire dans l'agglomération grenobloise, dimanche prochain, aucun candidat UMP n'est en course. Tous les candidats UMP ont été dévancés par des duels mettant en présence le PCF, Le PS, les Verts ou le FN. C'est du jamais vu dans toute l'histoire électorale de l'agglomération grenobloise que la disparition de la représentation d'une formation politique. Il faut aller dans le Voironnais pour retrouver une présence UMP au second tour.

    3) La poussée du FN : une nouvelle fois les enquêtes ont logiquement annoncé la poussée du FN. Dès que la droite classiques était divisée avec la présence d'un DVD, le FN a atteint un seuil qui le place devant l'UMP. Cette poussée, c'est le cumul de la "France qui a mal" (chômage, perte de pouvoir d'achat) et de la "France qui a peur" (insécurité, immigration). Le FN effectue une percée dans les cantons "populaires" confirmant là aussi qu'il est devenu le premier parti dans le vote des ouvriers et des employés. Il est donc naturel de le retrouver tout particulièrement sur Fontaine, Echirolles, St Martin d'Hères.

    4) La progression des écologistes : sur Grenoble, les écologistes sont une force politique qui égalise le PS. Le plus important réside dans l'extension dans le péri-urbain. Nous avions signalé cette perspective. La percée pronostiquée est intervenue à St Egrève, à Villard de Lans notamment. S'agissant du Sud Isère, c'est peut-être la prochaine circonscription des écologistes. La députée sortante (PS) est à la peine sur le Canton de Corps. Une circonscription qui n'a révélé aucune surprise avec l'élection d'une DVD sur Monestier de Clermont, petit canton de 2000 votants, où le PS ayant parachuté un inconnu habitant le Nord Isère est devancé par les écologistes face à une candidate DVD qui a manifestement bénéficié de très gros moyens et d'un contexte local très favorable.

    5) La disparition du centre : le centre n'existe plus. Dans le meilleur des cas (Vienne Sud), il plafonne à 6 %. C'est la disparition d'une sensibilité qui, depuis 2007, n'est plus parvenue à garder une identité entre le PS et l'UMP. Cette disparition intervient au moment où les écologistes progressent dans l'agglomération grenobloise ; ce qui ne peut que mettre en difficulté le socle de la majorité municipale grenobloise reposant depuis 2008 sur une alliance avec le Modem et non plus avec les écologistes. Or les premiers (Modem) fondent comme neige au soleil tandis que les seconds (écologistes) progressent toujours davantage …

    6) Il s'agit d'une élection intermédiaire supplémentaire dominée par une logique protestataire : la vie politique française est désormais structurée entre les "élections de pouvoir" (Présidence et municipales) et les "élections d'humeur" (européennes, régionales et cantonales). Dans le premier cas, l'opinion ne "plaisante" pas : elle se déplace, vote pour un pouvoir qu'elle identifie sur le plan national ou le plan local (le Président ou le Maire). Dans le second cas, elle témoigne son humeur face à la politique nationale. Les élections intermédiaires ne peuvent donc servir d'extrapolation pour les présidentielles ou les municipales en raison de ce changement d'ambiance.

    7) La classe politique classique (UMP et PS) est manifestement déstabilisée par le FN et par les écologistes : les votes pour le FN et pour les écologistes sont certes protestataires mais ils témoignent d'abord la volonté d'un "autre système" quand pour 68 % des électeurs les différences entre le PS et l'UMP sont difficiles à percevoir.

  • Cantonales 2011 : J – 6 : St Egrève : le marqueur des changements possibles

    St Egrève est également un canton « modéré ». Son représentant a été pendant longtemps un radical de gauche (Me Balestas), puis un gaulliste humaniste (JY Poirier) avant d’être gagné par Pierre Ribeaud (PS). Les deux premiers (Balestas, Poirier) étaient avant tout de remarquables « chargés de relations publiques », très avenants, tolérants, d’une gentillesse reconnue de tous. Pierre Ribeaud est d’un autre tempérament : plus distant, plus froid, probablement considérablement plus timide que les deux premiers.

    Il est resté Conseiller Général de ce Canton alors même qu’il doit lutter contre des « vents contraires » :

    – il n’est pas Maire de l’une des Communes du canton, ce qui est rare dans l’Assemblée départementale,

    – lors des municipales, des Mairies importantes sont restées ancrées dans le camp de l’opposition départementale contrairement à la vague nationale,

    – il n’a pas pris des responsabilités majeures sur des dossiers clefs.

    En réalité, dans ce contexte singulier, St Egrève est le marqueur possible dans deux domaines :

    le rapport des forces à gauche et l’importance de la poussée des Verts. Les Verts seront-ils puissants dans une géographie autre que Grenoble et si oui jusqu’où dans le péri-urbain ? C’est là le test de St Egrève, puis de Monestier, puis de Villard de Lans. Si une poussée dans le péri-urbain doit intervenir, ce sera d’abord sur le Canton de St Egrève avec les traces de la Rocade Nord. Pierre Ribeaud a beaucoup défendu le projet de Rocade Nord. Sa concurrente écolo a combattu le projet aujourd’hui abandonné.

    Si les Verts doivent connaître une poussée en dehors de Grenoble, c’est d’abord le Canton de St Egrève qui devrait en être le marqueur. La surprise pourrait d’ailleurs être le PS devant les Verts sur Grenoble 1 et les Verts devant le PS sur St Egrève. C’est une possibilité à ne pas écarter du tout.

    2) Le second changement possible concerne le devenir de l’UMP 38. Sur ce Canton, elle présente l’un de ses meilleurs candidats départementaux : Christian Bec. Il n’est pas un professionnel de la politique mais, au contraire, a une activité professionnelle à part entière dans un domaine clef : l’emploi. C’est un candidat neuf. Il n’a donc jamais été contaminé par une quelconque querelle au sein de la droite locale. Il a une grande honnêteté morale le conduisant à ne pas cacher son étiquette tout en ayant sa totale liberté de pensée et d’expression. Il remplit encore beaucoup d’autres qualités d’un tempérament qui tranche avec le profil du « politicien » classique. Sa suppléante est une personne d’une très grande qualité reconnue toutes sensibilités politiques confondues.

    Si l’UMP connaît un frémissement dans l’agglomération grenobloise, c’est dans ce Canton qu’il devrait se manifester.

    Le Canton de St Egrève pourrait donc réserver deux surprises :

    – la poussée des Verts dans le péri-urbain,

    – la poussée de l’UMP dans ce qui reste un scrutin local et aucun observateur sérieux ne peut défendre que Nicolas Sarkozy serait conduit à changer de politique en cherchant le 20 mars au soir les résultats de … St Egrève. En revanche, ce caractère local devrait donner un bonus à un ticket manifestement dynamique qui incarne la fraîcheur et la compétence.

    http://www.dailymotion.com/swf/video/x3nx3o?width=560&theme=none

  • UMP 38 : des cantonales sans motivation

    C'est une situation bien étonnante qui s'installe à 40 jours du premier tour des élections cantonales. Sur le plan national, tout est fait pour rendre ce scrutin très discret. Sur le plan isérois, des facteurs locaux s'ajoutent.

    La fédération locale du parti de Nicolas Sarkozy est gérée depuis … Lyon.

    Les élus départementaux de l'UMP ont tantôt voté le budget 2011 d'André Vallini tantôt se sont réfugiés dans l'abstention. Mais aucun vote contre n'a été engagé. Comment mener campagne contre une gestion approuvée positivement ou par abstention ?

    L'UMP 38 est manifestement en période de transition. Les querelles contre Alain Carignon ont pris fin depuis que celui-ci se consacre exclusivement à ses responsabilités nationales auprès du Ministre de l'Intérieur. Mais, presque comme par "manque", ce sont désormais des querelles entre ceux qui hier étaient unis contre l'ancien Maire de Grenoble mais qui se disputent désormais les places aux sénatoriales de septembre 2011 alors que l'union devait prévaloir.

    Sur le terrain, c'est la transition vers les … législatives de juin 2012. Sur Grenoble – Meylan,

    (suite…)

  • UMP 38 : Christian Bec et les conditions du rebond

    Pour l’UMP 38, l’année 2011 doit impérativement être l’année de la reconstruction, sans quoi elle deviendra l’année de tous les dangers.

    1- La place de la nouvelle génération.
    Il appartenait à l’équipe dirigeante de repérer les nouveaux talents parmi les jeunes et de leur confier des responsabilités et des postes en adéquation avec leur profil en initiant un processus démocratique, intelligent et transparent. L’UMP 38 devait s’ouvrir à cette nouvelle génération.

    (suite…)

  • UMP 38 : 2011 et l’année de toutes les crises

    2008 devait être l'année de la reconstruction. Une nouvelle équipe départementale, portée au pouvoir dans des conditions très contestables et très contestées, avait néanmoins la possibilité de pacifier, de rassembler, de travailler avec des modalités nouvelles. Par absence de volonté ou par incapacité, cette équipe a échoué sur tous les plans. L'année 2010 pouvant être considérée comme la caricature de la totalité des échecs concevables :

    (suite…)

  • Crise de l’UMP 38 : Pierre de Villard tape du poing sur la table

    Pierre de Villard publie une lettre ouverte à JF Copé au sujet de la mise sous tutelle de la fédération iséroise du parti présidentiel.

    Cette réaction qui constitue une première par le ton particulièrement vif illustre l'exaspération de responsables locaux qui n'ont jamais imaginé que leur formation politique puisse un jour être abaissée à une telle image.

    (suite…)

  • UMP 38 : Christian Bec appelle à la sérénité face à la crise

    Rebondir ou mourir.

     1- Pour ma part, je veux faire confiance à la décision de Jean François Copé qui repose sur des critères objectifs et constructifs. Néanmoins, j’espère qu’il avait en sa possession l’exhaustivité des informations lui permettant de tirer les conclusions utiles à la fédération. Le mode et les modalités de scrutin retenus doivent limiter les suspicions éventuelles sur la légitimité des résultats.

    (suite…)

  • UMP 38 : pourquoi cette sanction sans précédent ?

    Hier soir, vers 21 heures 30, les adhérents de l'UMP 38 ont reçu un message de Jean François Copé via Internet. Ce message annonçait l'annulation des élections sans fixer une nouvelle date mais surtout la mise sous tutelle de la fédération iséroise. C'est une situation sans précédent qui mérite des explications.

    1) L'Isère est-elle le seul Département où l'organisation des élections pose problème ? Non.

    (suite…)