Denis Bonzy

UMP 38 : 2011 et l’année de toutes les crises

2008 devait être l'année de la reconstruction. Une nouvelle équipe départementale, portée au pouvoir dans des conditions très contestables et très contestées, avait néanmoins la possibilité de pacifier, de rassembler, de travailler avec des modalités nouvelles. Par absence de volonté ou par incapacité, cette équipe a échoué sur tous les plans. L'année 2010 pouvant être considérée comme la caricature de la totalité des échecs concevables :

– échec aux régionales avec une liste élaborée dans la souffrance et sans consultation démocratique des militants,

– échec aux scores des régionales avec une baisse du nombre des conseillers régionaux de la majorité présidentielle sans compter un parachutage qui fut un véritable camouflet démocratique,

– échec aux législatives lors de la partielle de juin 2011 dans la région Oisans-Vercors où, même sans étiquette, les candidats de la majorité présidentielle ont fait le grand chelem des défaites avec pas un canton remporté,

– échec dans la conduite du mouvement avec une démission collective en septembre 2010 qui a bloqué tout le dispositif interne,

– échec dans l'alternative départementale éventuelle où pas une voix UMP ne s'est élevée contre le budget d'André Vallini qui a connu une situation historique du premier budget de l'Histoire de l'Isère sans le moindre vote contre ce qu'aucun des Présidents antérieurs n'avait connu.

A ce rythme, il serait possible de penser que cette composante politique ne peut connaître que le rebond. C'est pourtant peu probable. 4 autres défis l'attendent :

1) Etre absente des seconds tours des cantonales de mars 2011 : dans nos posts, nous avions été les premiers à révéler le sondage CSA sur Grenoble 1. Information qui a été ensuite officiellement confirmée par un quotidien régional puis par le PS, commanditaire de ladite enquête. Il ressortirait que l'UMP ne serait plus en état de figurer au second tour de cette cantonale devancée par le PS, les Verts et le FN.

2) Etre dans l'incapacité de présenter des candidats dans tous les cantons renouvelables en mars 2011 : aucune liste globale de candidats n'a été présentée car il y aurait de nombreux cantons sans candidat UMP.

3) Perdre un siège de Sénateur en septembre 2011 : c'est une perspective désormais possible tranchant avec la situation du 25/09/1983 où tous les sièges de Sénateurs dans l'Isère avaient alors été gagnés par cette formation.

4) Etre dans l'incapacité de ré-installer des instances locales capables de fonctionner dans l'harmonie : la vacance de tout pouvoir local est officiellement reconnue depuis octobre 2010 et aucune date n'est fixée pour y pallier.

Cette réalité des faits traduit une décomposition irréelle. Du jamais vu ! Pour autant, personne ne peut sérieusement exprimer la certitude que le pire ne soit pas encore … devant.

Commentaires

Une réponse à « UMP 38 : 2011 et l’année de toutes les crises »

  1. Avatar de Christian Bec
    Christian Bec

    Pour l’UMP 38, l’année 2011 doit impérativement être l’année de la reconstruction, sans quoi elle deviendra l’année de tous les dangers.
    Le billet de Denis Bonzy m’inspire les observations suivantes :
    1- La place de la nouvelle génération.
    Il appartenait à l’équipe dirigeante de repérer les nouveaux talents parmi les jeunes et de leur confier des responsabilités et des postes en adéquation avec leur profil en initiant un processus démocratique, intelligent et transparent. L’UMP 38 devait s’ouvrir à cette nouvelle génération. Les aînés devaient partager l’expérience acquise et les compétences dans un climat de confiance. Il n’en fut rien. En politique, l’alchimie intergénérationnelle est incontournable si l’on souhaite réconcilier la jeunesse avec la vie politique et plus globalement avec les fondamentaux républicains qui garantissent la stabilité de la société et qui permet à chaque citoyen de trouver sa place et de se sentir utile et reconnu.
    2- Les prochaines élections internes de l’UMP.
    Ces élections sont attendues et nécessaires. J’espère que les reports successifs n’auront pas trop endommagés la motivation des adhérents et militants. Il devient urgent de mettre en place une équipe dirigeante provisoire (mise sous tutelle) de manière à préparer les prochaines échéances électorales et maintenir le lien avec les militants, adhérents et sympathisants.
    Il faut saisir cette opportunité pour impulser un nouveau départ et faire oublier l’image d’une fédération déchirée par tant de querelles internes. Il est urgent de mettre en place une équipe de direction motivée par la reconquête et sachant surfer sur les évolutions du paysage politique local. Chaque courant doit trouver son espace et sa raison d’être.
    3- L’UMP 38 doit retrouver son rôle.
    L’UMP 38, dans son rôle d’opposition doit attaquer pour prendre l’avantage, installer le débat, être le premier, obliger les autres à rebondir sur ses propositions. La stratégie consiste à avoir toujours une longueur d’avance et à imposer dans l’espace médiatique ses propositions. Il faut en amont identifier les sujets qui intéressent les citoyens. Il est temps de mettre un terme à la gestion nuisible que nous subissons au niveau du département et de la région Rhône Alpes. Les élus doivent manifester une autre ambition pour notre région qui possède des atouts formidables pour devenir une région aux contours européens.
    Les élections cantonales se dérouleront sur fond d’enjeux nationaux. A moins de deux ans des présidentielles de 2012, ce scrutin fera office de dernier grand test électoral. Au niveau national, c’est l’occasion pour le pouvoir en place de confirmer sa position. Le parti du Président s’appuiera sur les actions du gouvernement et je pense que des signes forts et cohérents doivent être déclinés tout au long du premier trimestre 2011 en vue de remobiliser l’électorat et éviter un retour gagnant du Front National.
    Au niveau local, il est temps, avant que ne s’engagent les prochaines échéances électorales, que nous nous retrouvions en nous-mêmes et tous ensembles, afin de rassembler tous ceux qui souhaitent une alternative pour Grenoble, l’Isère et la région Rhône Alpes, et ainsi dépasser les clivages politiques et faire exploser les luttes partisanes stériles. Il est temps de nous ressaisir car la menace de nouveaux échecs peut autant venir de l’intérieur de notre famille politique que de la gauche au pouvoir. La tâche qui nous incombe est de construire une véritable opposition capable de gagner les prochains scrutins locaux et nationaux. Ce rassemblement, force d’action et de propositions est incontournable si nous souhaitons gagner. Il n’existe pas de fatalité politique contre laquelle on ne puisse rien tenter.
    4- L’UMP doit jouer son rôle pour juguler la chute du militantisme
    La chute du militantisme en France est éloquente et, la menace de la montée des extrémistes devrait faire réagir chaque citoyen qui sommeille en nous.
    Les Français sont-ils brouillés avec la politique? Plusieurs éléments peuvent le laisser croire comme la montée de l’abstentionnisme, des votes blancs et nuls ou des votes protestataires. L’opinion public est paradoxalement partagée entre une mauvaise image des hommes politiques, soupçonnés d’être inefficaces et souvent déconnectés de la réalité, et une idée plutôt positive du bon niveau de nos politiques en général.
    Curieusement, je perçois chez les Français un intérêt pour la chose publique qui se traduit par exemple par la bonne image qu’ils ont du mouvement associatif et par leur engagement pour certaines causes.
    En dépit des discours faciles sur la montée de l’individualisme, je pense qu’il est urgent de réfléchir à une autre façon de faire de la politique et de la promouvoir.
    Des hommes et des femmes doivent parvenir à travailler sans tabou, de façon non partisane et avec toute leur créativité pour proposer et défendre un projet commun construit en regardant l’avenir.
    Ces travaux doivent notamment s’articuler autour de la nouvelle perception de l’univers politique, de la recomposition des cultures politiques et des formes d’expression politique adaptée à notre siècle.
    Le débat continuera à jouer un rôle décisif dans le fonctionnement et les évolutions de notre société. Le monde change vite et l’absence d’un vrai débat permettant d’expliquer et d’accompagner le changement est un risque fort pour la démocratie. A mon avis, les Français attendent une plus grande proximité avec les représentants politiques qu’ils jugent souvent loin de leurs préoccupations quotidiennes.
    C’est à la politique d’intéresser les français, et non l’inverse.
    Il est opportun que « l’offre politique » s’élargisse et implique le plus grand nombre de citoyens dans le débat public pour valoriser la notion de contrat électoral et renforcer la crédibilité des politiques. Il faut étayer un mécanisme de représentation et de délégations pour impliquer et responsabiliser les Français et réintroduire de la pédagogie et du volontarisme dans le discours politique.
    Je profite de cet espace pour présenter mes meilleurs vœux à Denis Bonzy et tous ceux qui visitent ce site.
    Christian Bec

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