Hier, les "hasards" de la distribution de revues ont fait que dans une Commune du Canton au moins, les revues publiques suivantes ont toutes été distribuées le même jour :
* Journal du Conseil Général (PS) : 52 pages couleurs
* Journal de la Métro (PS) : 64 pages couleurs
* Journal du Parc du Vercors (PS) : 16 pages couleurs
* Journal municipal (PS) : 16 pages couleurs
148 pages d’informations locales distribuées le même jour par une même sensibilité politique. Sur ces 148 pages, l’opposition a la moitié d’une page dans le journal du Conseil Général et la moitié d’une page dans celui de la Métro.
Le rapport des forces rédactionnelles c’est donc 147 contre 1 !
Ce rapport en dit long sur l’équité qui anime la démocratie locale ce d’autant plus que l’information dispensée est un système très bien rodé où le local est en "habits du dimanche" où tout va bien. Ce qui ne marche pas (et cela existe quand même) ne fait l’objet d’aucune explication : cachez cette réalité que la majorité ne peut voir. Et alors même que l’opposition n’existe pas, une part d’entre elle passe son temps à la diviser…
Cette réalité montre combien la démocratie locale est malade. C’est une situation sans précédent qui pose des questions majeures et dont la majorité politique s’honorerait à apporter des corrections pour un meilleur pluralisme d’informations. Si cette majorité était dans l’opposition, les pétitions circuleraient pour dénoncer ce déséquilibre. Mais ce grand principe de pluralisme est au placard puisqu’elle est la majorité bénéficiaire d’une information unique.
Pour autant, l’opposition, qui ne dispose que d’1/148 ème de l’information, représente au moins 45 % des électeurs et donc 45 % des contribuables au moins. La décentralisation française, telle qu’elle a été conçue par F. Mitterrand et Gaston Deferre au début des années 80, est loin d’être une avancée de la démocratie dans ce domaine comme dans tant d’autres.

