Denis Bonzy

Blog

  • 10/12/08 : la crise économique et la crise de l’information

    La Vèm République compte des échecs structurants. C'est le cas de l'information. Quel échec que d'avoir permis la création de monopoles régionaux d'information en matière de presse écrite. Quel échec de voir en 1986 la privatisation d'une chaîne de télévision confiée à un groupe de BTP lié à des marchés d'Etat. Ces mêmes liens frappent les groupes Lagardère et Dassault, autres "maîtres" de réseaux d'informations.

    Dans ce contexte global, il y avait peu d'espoir à placer quant au traitement de qualité de l'actuelle crise économique. Mais une nouvelle étape dans l'obscurantisme est franchie.

    Face à cette erreur unanime des banques, une ardoise a été payée par les contribuables et il faut "passer aux dossiers" suivants comme si tout était "rentré dans l'ordre".

    Aux Etats-Unis, dans des conditions qui mériteront d'ailleurs la clarification, il y a eu une victime pour "punir le système". En France, aucune responsabilité bancaire n'a été dégagée. Les départs sont souvent illusoires à l'exemple du Président des Caisses d'Epargne "parti" en … gardant des présidences de filiales exotiques très bien rémunérées.

    C'était la "faute au système" donc la responsabilité de personne.

    Les médias ont vite tourné la page retournant au quotidien de proximité.

    Le suivi de l'information, déjà rare en temps ordinaires, fait totalement défaut. Ce refus d'un véritable esprit critique est gravissime. C'est la définition même de l'obscurantisme. En l'an mille, on soumettait les "inculpés" au jugement de Dieu. Ils étaient torturés et, comme on considérait que Dieu venait toujours au secours des innocents, celui qui résistait le mieux était considéré comme … innocent. Celui qui succombait était considéré comme coupable puisque Dieu ne lui avait pas donné son aide.

    Ce qui est sûr c'est que les médias nationaux ont donné beaucoup d'aide pour que les responsabilités des déficits bancaires abyssaux ne soient pas posées. Comme les médias passent pour les dieux des temps modernes, c'est vrai que l'an mille n'est plus très loin …

  • 09/12/08 : étonnantes relations entre le Modem et le PS

    La ligne défendue par Ségolène Royal avait un mérite certain : faire évoluer le PS vers un parti social-démocrate ouvert à une alliance avec le centre, comme dans les autres démocraties modernes comparables. Ce choix, comme tous les autres est bien entendu contestable, mais il est probablement celui qui répond le mieux aux intérêts de notre pays qui doit pouvoir compter avec deux grands partis "modérés" capables de vivre des alternances douces, de travailler ensemble sur des dossiers majeurs, de partager une pédagogie de la modernité loin des clichés ou des revanches électorales permanentes.

    La ligne Aubry, soutenue de façon surprenante par les responsables isérois, reste repliée sur la logique de l'union de la gauche. C'est une "logique" d'ailleurs souvent contradictoire. A Lille, Martine Aubry gère avec le Modem. Mais "pour la France", elle préfère aller chercher les voix du côté de la "gauche de la gauche". C'est pour le moins incohérent.

    Le plus surprenant, c'est que les membres du Modem acceptent de voir ainsi leur leader déclaré comme "infréquentable" sur le plan national sans tirer la moindre conséquence locale.

    En réalité, il serait tellement plus sain d'oser annoncer publiquement que les alliances se font en fonction des simples enjeux de pouvoirs dans le pragmatisme le plus total. Si cette déclaration ne réhausserait pas le niveau de la politique en France, elle aurait au moins le mérite de la sincérité.

  • 08/12/08 : le rassemblement pour affronter le futur avec efficacité

    La santé d'une démocratie ne se vérifie pas dans sa capacité à nier les affrontements ou à les étouffer.

    Cette santé réside dans la capacité à les exprimer, à les organiser, à les supporter et surtout à les résoudre.

    Notre vie politique cantonale est paralysée à ce jour par trois types de conflits :des conflits artificiels où les enjeux personnels prennent le dessus sur les enjeux collectifs, des conflits qui bloquent l'union nécessaire, des conflits qui découlent même parfois d'un triomphalisme intolérant.

    C'est une situation que nous avions annoncée. Nous avions défendu une approche différente qui est celle de la mise en oeuvre d'un pluralisme reconnu et pacifié.

    Le débat politique n'est pas une croisade où la division devrait régner en permanence. Bien davantage, la concentration du pouvoir est dangereuse. Il faut donc accepter la diversité, l'organiser. Cette acceptation n'est pas un passé réconcilié mais une manière commune pour affronter avec efficacité le futur dans les domaines prioritaires.

    C'est aujourd'hui ce nouvel état d'esprit qui est indispensable pour mettre un terme à des blocages pénalisants pour notre géographie et pour toutes celles et tous ceux qui y vivent.

  • 06/12/08 : report de l’installation des instances de l’UMP 38

    Nous avions fait état à plusieurs reprises de graves agissements ayant frappé le déroulement du scrutin interne de l'UMP 38. A ce titre, les instances nationales reportent la proclamation des résultats dans 4 circonscriptions : 1, 2, 4, 6.

    C'est une décision exceptionnelle pour faire face à une situation exceptionnelle.

    Les conséquences pratiques d'une situation permanente de violence extrême dans un espace de vote ont produit des comportements probablement sans précédent à notre connaissance et qui conduiraient à l'invalidation incontestable du scrutin dans ces circonstances de droit commun.

    Ce report est une première étape. Des agissements graves devront être accompagnés de sanctions exemplaires dès l'instant que la matérialité des faits reposera sur des éléments incontestables dans le respect préalable du contradictoire. C'est la légitimité à terme des prochaines instances de cette formation politique départementale qui est en jeu à l'issue de ce processus.

  • 05/12/08 : où en est l’UMP 38 ?

    Il est désormais établi de façon incontestable que les conditions de déroulement du scrutin interne du 15 novembre 2008 ont été marquées par des incidents d'une extrême gravité. Une réunion à Voreppe est intervenue le 26 novembre avec la participation de près de 300 personnes qui ont toutes été affectées par des témoignages personnels précis faisant état d'agissements sans précédent.

    Les instances nationales sont manifestement ennuyées par cette situation qui se retrouve, avec une moindre gravité, dans d'autres fédérations.

    Il est certain qu'un parti politique doit montrer qu'il n'est pas au-dessus ou à côté des lois de droit commun et qu'il ne peut accepter que des militants soient exposés à de tels risques. Sans donner une quelconque prime à l'ancienneté de militantisme, il est tout aussi manifeste que des personnes âgées de plus de soixante ans ayant souvent assuré plus de 20 ans de militantisme bénévole et désintéressé ne peuvent être traitées dans des conditions comme celle exposées le 26 novembre.

    Pour l'instant, la situation semble donc bloquée. Il est certain que la décision prise par les instances nationales sera lourde de conséquences. Nous en rendrons compte précisément sur notre blog.

  • 04/12/08 : 40 M€ pour une issue très incertaine

    Après Annecy, Grenoble engage sa campagne de communication pour tenter d’obtenir les JO 2018. C’est une compétition difficile avec une issue très incertaine.


    Une compétition très difficile, car deux autres villes concurrentes ont des atouts importants. Nice est probablement la géographie la plus puissante en termes de dessertes, de capacités d’accueil mais doit asseoir la crédibilité de son domaine skiable. Annecy peut compter sur le nom magique du « pays du Mont Blanc » qui est la mecque de la montagne sur le plan international. Grenoble a l’avantage de expérience mais des handicaps techniques importants dont ses voies de communication et ses capacités hôtelières de luxe.


    L’issue s’annonce donc très incertaine. Il faudra compter avec des interventions politiques de l’Etat qui compte aujourd’hui beaucoup dans le processus de décision. Estrosi et Accoyer peuvent compter avec une proximité politique avec le Gouvernement qui est une différence avec Grenoble. De même, si l’union politique existe à Nice comme à Annecy, le Département et la Métro semblent plus en retrait par rapport à la Ville de Grenoble …


    C’est donc le début d’une compétition difficile qui est lourde de conséquences.


  • 03/12/08 : ne jamais désacraliser l’acte de vote

    La Cour Suprême de Thaïlande vient d'exclure de la scène politique 109 dirigeants pour fraude électorale lors des législatives de décembre 2007. La lecture de sa décision montre l'imagination qui peut parfois exister pour influencer un vote.

    Mais la France, qui s'auto-proclame en permanence championne de démocratie, gère-t-elle avec encore assez de "sacré" l'acte de vote qui est le fondement de toute démocratie ?

    Il est possible d'en douter sérieusement.

    Les listes électorales ne font pas l'objet de recoupements pourtant désormais possibles grâce aux progrès de l'informatique.

    Des partis politiques vivent des opérations électorales internes dans des conditions qui sont parfois une insulte aux combats pour l'accès au droit de vote.

    La politisation de collectivités publiques altère significativement la liberté d'expression dans le cadre d'une décentralisation qui repose sur une personnalisation croissante de chaque décision d'emploi ou d'urbanisme et donc une part souvent croissante de l'arbitraire.

    Bon nombre de démocraties occidentales sont vite devenues consommatrices de votes et maltraitent en conséquence un acte qui doit demeurer "sacré" parce qu'il doit être l'expression libre, sincère et loyale d'une opinion.

    Chaque maltraitance infligée à cet acte devrait être très sévèrement sanctionnée par l'écart durable de la vie publique.

  • 02/12/08 : agir pour le rassemblement

    La société est de plus en plus éclatée. Les opinions zappent vite. Dans ces conditions, le premier devoir d’une équipe moderne est de rassembler, chercher à unir des points de vues à l’origine divers voire même parfois opposés.


    Cet état d’esprit est la différence entre la gestion moderne et la gestion d’hier.


    Hier, une fois élu, le dirigeant politique se considérait investi de tous les pouvoirs, créant autour de lui un effet de cour et au passage réglait souvent les comptes avec ceux qui avaient la « malencontreuse idée » de s’opposer. Cette gestion là, c’est la « monarchie contemporaine ». Elle est décalée et vouée à l’échec.


    A l’opposé, la gestion moderne accepte la différence. Elle la reconnaît même comme nécessaire, comme utile, comme source d’émulation donc de progrès. Cette modernité aime la société diverse, plurielle, où la décision se négocie et ne tombe pas un beau matin comme un couperet.


    Habituée à cette approche pragmatique, la politique Américaine offre un message fort avec la nomination d’Hillary Clinton : celui de la volonté de constituer une équipe mobilisant toutes les compétences pour affronter une période si difficile dans le respect des différences.


    http://i.cdn.turner.com/cnn/.element/js/2.0/video/evp/module.js?loc=int&vid=/video/politics/2008/12/01/sot.obama.clinton.sec.of.state.cnnEmbedded video from CNN Video

  • 01/12/08 : toujours plus haut …

    L'année 2009 va connaître une nouvelle hausse cumulée très importante des impôts locaux. La Métro a ouvert la perspective d'une nouvelle hausse significative. Des Communes ont fait de même. La fiscalité locale va donc amputer le pouvoir d'achat une fois de plus.

    En période de crise, c'est un choix grave. De façon cumulée, l'impôt local est désormais très lourd. Le faire peser encore plus sur le pouvoir d'achat, c'est un mauvais coup porté à la consommation, donc à la relance économique.

    Mais surtout, ces hausses montrent souvent la coupure entre le train de vie des collectivités publiques et celui des ménages ou des entreprises. Pour les premières, il est rarissime de constater que des économies soient possibles et pourtant il suffirait déjà souvent de modérer les ambitions de communication pour effectuer des économies sans conséquence préjudiciable pour des services publics …

    Pour les seconds (ménages et entreprises), l'adaptation est souvent obligatoire. Le niveau des produits n'est pas modulable d'une simple décision.

    Cette coupure, approfondie par la professionnalisation de la vie politique, traduit deux "mondes" aux comportements quasi-opposés. Le plus étonnant, c'est que lors d'une échéance électorale, l'opinion semble pour l'instant être accoutumée aux "hausses incontournables". Pour l'instant seulement ?

  • 30/11/08 : la « blague belge » qui mobilise la blogosphère

    Tout pourrait donner à penser qu’il s’agit d’une blague mais c’est une situation réelle qui mobilise la blogosphère.


    Lundi 17 novembre 2008, Pieter de Crem, Ministre Belge de la Défense, se rend dans un bar belge de New York. La soirée est très arrosée et le Ministre termine dans un état d’ébriété avancée. Les confidences fusent. Il déclare alors qu’il a fixé une réunion exclusivement pour découvrir New York « aux frais du contribuable » car il ne connaissait pas encore New York …


    Une serveuse Nathalie Bakker entend tout et poste une description de la soirée sur un blog. Deux jours plus tard, le cabinet du Ministre appelle l’employeur de cette serveuse et dans la foulée elle est licenciée.


    Toute la blogosphère belge cherche à savoir le lien entre l’appel du cabinet du Ministre et le licenciement de la serveuse. Le Ministre Belge est conduit à s’expliquer officiellement devant le Parlement. Il dément être à l’origine du licenciement mais attaque vertement la pratique ayant consisté à mettre en ligne le contenu d’une soirée qu’il présente comme « une soirée privée ».


    C’est un exemple intéressant des conséquences pratiques de la diffusion des sources d’informations loin des circuits officiels si filtrés …


    Depuis, les blogs se déchaînent pour rivaliser de vidéos sur les déclarations « atypiques » du Ministre Belge à l’exemple de la vidéo ci-dessous :