Remarquable ouvrage de Marie de Hennezel (Vivre avec l'invisible). Cette femme a une capacité hors du commun à poser les questions de fond. Un exemple précis : à quoi peut tenir l'intuition ? Il y a des moments où une voix intérieure s'exprime. Chacun a connu ces moments là. Pourquoi cette voix ? A quoi peut tenir ce sens alors donné ? Marie de Hennezel cherche à poser les bonnes questions sur cet invisible qui fait partie de temps forts de nos vies. Marie de Hennezel ouvre ainsi des sujets qui sont totalement à contre-sens des repères modernes. La modernité, c'est quoi ? Tout ce qui est matériel, éphémère, d'apparence, sans racine sauf à ré-écrire l'histoire à la seule lumière du présent. C'est la carte bancaire et non pas le spirituel. Marie de Hennezel c'est l'opposé de toutes ces modes du moment. Dernièrement, 3 ouvrages avaient retenu mon attention. Le roman de Pierre Grand-Dufay ("les vagues ne meurent jamais") sur un thème fort : que reste-t-il après la mort ? Avec les nouvelles technologies, PGD ouvre des espaces fabuleux. Le livre de poésies de David Roguet ("l'odeur de la terre après la pluie"). David Roguet est un très brillant avocat qui m'avait été présenté à la sortie de ses études par un Professeur de droit, M. JC Coviaux (lors d'un déjeuner tous les trois dans un endroit très agréable du Grésivaudan), comme étant l'élève le plus remarquable qu'il avait eu dans toute sa carrière de Professeur. Et le livre de Georges Bensoussan ("un exil français") avec la préface de Jacques Julliard sur la liberté de pensée. Ce livre de Marie de Hennezel est une contribution nécessaire à toute réflexion intérieure qui doit être le point de passage obligé pour bien s'entendre avec soi-même donc avoir la légèreté de l'âme qui peut rendre la vie si agréable. D'ailleurs, on peut y croiser de nombreuses réflexions qui tournent autour de commentaires souvent exposés sur des réseaux sociaux avec tant de personnes qui, de bonne foi, ouvrent ce débat intérieur avec beaucoup d'humilité, de lucidité et de sagesse.
Blog
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La chuchoteuse …
Apprendre, cela reste toujours un moment passionnant. Pour compléter l'éducation positive qu'Ottawa a reçue sans jamais que le ton ne soit levé, Marie a décidé de compléter la "formation" d'Ottawa par quelques séances d'une chuchoteuse à la belle réputation reconnue installée sur Vif. Un délice de constater les recommandations tout en douceur. Les explications données. Derrière un regard, une vie. Savoir écouter c'est aussi, voire surtout, savoir se taire. Un moment très agréable qui mériterait de guider bon nombre d'être humains ayant cette folle arrogance de considérer qu'ils sont si supérieurs aux animaux …
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Karyn Polito et Chatham : le succès du refus du mimétisme dans l’organisation de l’espace
La semaine dernière, Karyn Polito, la Lieutenant – Gouverneure du Massachusetts, s'est rendue à Chatham. C'est l'une des plus belles villes du Massachusetts. Très souvent ce magnifique Etat est "réduit" à Boston. C'est une redoutable erreur. Ce qui fait le charme de cet Etat c'est la diversité des paysages. Voire même le contraste absolu. En 40 minutes, il est possible de passer d'une ville capitale internationale à des villages pittoresques qui ont respecté leurs racines. Chatham fait partie de ces bourgs pittoresques. 6 000 habitants. Pas un immeuble. La France vit sa métropolisation par la contagion des paysages : les villes à la campagne. Une fois de plus, une formule sans le moindre sens. Comme le "vivre ensemble". La France vit au rythme du mimétisme, qui est le socle du comportement moutonnier. L'hécatombe des villages est un drame territorial dans les 20 prochaines années. L'extension sans fin des banlieues est une hérésie absolue. C'est la naissance de la population du "nulle part" : ni en ville ni en campagne. Un contre-sens absolu. (Nb : lire le remarquable ouvrage de Pierre Vermeren : l'impasse de la métropolisation Collection Débat édition Gallimard).
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L’Honneur dans la simplicité
Le décès d'Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, est une étape clef dans les défis de mémoire. La disparition du témoignage direct des vivants. L'un des actifs de ma participation à la vie publique a été la faculté ainsi donnée de rencontrer des héros de la seconde guerre mondiale. Chaban racontant sa traversée de Paris. Michel Poniatowski, sa descente du Trièves, les combats au Parc Borel à Pont de Claix … Pierre Dumas et ses actions comme jeune lycéen. Robert Galley et son sentiment permanent que depuis 45 il faisait du "rab" tant il ne comprenait pas comment il était encore vivant. Et Pierre Messmer qui est celui avec qui j'ai le plus discuté. Pour une raison simple : il présidait le comité de bassin Rhin-Meuse quand je présidais l'agence de l'eau RMC. L'eau était un beau sujet pour se rencontrer et il était alors à la retraite disponible, un peu triste d'être à l'écart. Chez chacun d'eux, un trait commun : l'Honneur dans la simplicité. Ils étaient des héros mais comme si tout était naturel. Robert Galley et les réunions rue de Lille avec toujours le même pull en V usé sous une veste sans forme tant elle avait été portée. Pierre Messmer regardant le prix de chaque plat avant de commander pour être sûr qu'il n'allait pas gaspiller de l'argent public. Pierre Dumas racontant comment le Général de Gaulle lui avait "commandé" de candidater sur Chambéry. Tout paraissait simple, naturel. Si loin de l'actuelle ambiance du milieu politique français.
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Le défi est global mais les solutions sont locales
Cette semaine, l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM) a publié une étude qui dresse un constat accablant de la situation hydrique dans le monde. Nous allons vivre entre sécheresses et … inondations. Un rapport passionnant. Une formule choc sur le défi climatique : le défi est global mais les solutions sont locales. Tout est résumé dans cette formule : que chacun commence d'abord par faire ce qu'il peut à son niveau et la situation s'améliorera. C'est le pouvoir des mots : faire naître une autre approche. Pendant tant d'années, la globalisation du défi a permis la démobilisation individuelle. Ignorer à sa porte pour penser à … l'Amazonie, à l'Inde … C'est cette culture là qu'il faut changer.
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La glissade du temps ….
Vous avez aimé l'Héritier de Philippe Labro ? Vous appréciez l'ambiance de Largo Winch ? Vous allez dévorer le roman de Pierre Grand-Dufay "les vagues ne meurent jamais". C'est un livre qui va au coeur de l'interrogation d'une vie : que restera-t-il après la mort, surtout si elle doit être soudaine, brutale, immédiate sans espace pour échanger ? Est-il possible de limiter des conséquences de la glissade du temps qui voudrait qu'une vie puisse tristement se résumer à deux dates sur une pierre tombale : année de naissance / année de décès ? L'esprit par la filiation intellectuelle peut-il se perpétuer ? A cette question séculaire qui interpelle celles et ceux qui ne sont pas les simples consommateurs de l'éphémère, PGD ajoute une touche de génie avec une avancée technologique qui existe dans le roman mais pas encore dans la "vraie vie". Mais pour autant telle que décrite, cette avancée qui change la donne parait possible, voire même probable. Un univers passionnant. Une écriture qui met le récit en images. Une superbe réussite. Et merci pour la dédicace qui m'a beaucoup touché. Un immense bravo de totale sincérité. Une vie agréable est faite de distance, de lucidité et d'imagination. La distance, car le recul est toujours utile. La lucidité, car chercher à comprendre est la seule façon pour ne pas être prisonnier de raisonnements faux. Et l'imagination reste la faculté pour se poser les vraies questions. Chaque personne porte une construction complexe. Celles qui réussissent sont celles qui sont capables de tirer le meilleur de leur passé tout en apportant la touche positive qui fera leur propre identité. Les autres risquent d'être longtemps à la peine …
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Quand la sagesse, c’est finir par penser : « c’est possible ! » …
Quand la sagesse, c'est finir par penser : "c'est possible !" … : Pour beaucoup de personnes, pour l'immense majorité des personnes, la sagesse, c'est finir par penser :"tant pis, c'est fini !". Pour Henri Ducret, la sagesse, c'est finir par penser : "c'est possible !". Sous cet angle, Henri Ducret a été sage toute sa vie parce que rien ne lui paraissait impossible. Une énergie et une imagination sans la moindre frontière. Un carnet d'adresses incomparable. Réunir Bocuse, Veyrat et Pivot : avec lui c'était possible ! Mettre ensemble les danseuses du Lido et les … Chasseurs Alpins, avec lui c'était possible. Faire financer par des sponsors privés des opérations qu'aucun budget public n'aurait pu supporter … C'était possible avec lui. Grâce à lui. L'un des esprits les plus brillants, imaginatifs que notre région ait pu compter. Les grenoblois aiment s'admirer. Ils sont toujours dans la lignée d'une histoire locale avec des temps forts : Révolution, Louis Néel, Jeux Olympiques … mais cette histoire a beaucoup de rides désormais. Quels noms peuvent encore aujourd'hui bénéficier de la notoriété et d'une image de marque positive pour des personnes qui parlent de Grenoble sans être de Grenoble ? Très peu de noms surtout dans des milieux de professionnels désireux de reconnaitre l'un des leurs comme une référence indiscutable. Henri Ducret est l'un de ces noms. La région Rhône-Alpes vient de perdre l'un de ses meilleurs ambassadeurs. -
Les professionnels : les derniers remparts !
Depuis quelques années déjà, probablement pour contourner le règlement des vrais sujets, de nombreux français se sont réfugiés dans l'éloge du con. Gérard Mermet dans Francoscopie dresse un portrait fabuleux de cette mentalité. Le con est sincère puisqu'il n'a pas l'intelligence du coup d'après. Il est sympa par sa naïveté. Le film culte : "dîner de cons". Une formule résume tout "il est mignon monsieur Pignon, il est méchant monsieur Brochant". L'année de sa sortie : 10 millions de spectateurs en salles. Juste derrière Titanic. Mais à l'écart de ce culte du con et de l'amateur, il y a des domaines avec des vrais professionnels. Dans notre canton, avec le quartier militaire, ces professionnels là on les connait : courageux, performants, exemplaires On parle avec leurs épouses. On parle directement avec les intéressés avant ou après leurs retours d'opérations évoquant alors la réalité des conditions d'interventions. Ces jeunes gens sont en décalage total avec l'ambiance du pays. Ce sont des professionnels qui s'entraînent dans des conditions extrêmes. Ma dernière discussion : un groupe ayant fait Les Mallets – Col Vert aller – retour dont la traversée de l'Embossou en courant en 3 heures. Ceux qui connaissent le terrain imaginent leur forme physique. Une humilité fantastique : leur réponse "c'est pas mal mais c'est normal, nous n'avions pas de sac à dos". Et ils croient en leurs missions quand le reste du pays doute de tout y compris de respecter le devoir citoyen de base : voter. Ce sont les derniers remparts ! Toutes mes condoléances pour le décès de Maxime Blasco.
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Les belles réussites qui vont bien au-delà des chiffres d’un bilan comptable
C'est avec une grande tristesse que j'ai appris le décès de M. Jean Gueydon. Une personnalité remarquable. Un tempérament solide, plein de bon sens terrien. Un groupe qui fait honneur à toute l'économie iséroise. Un marché international difficile avec des cycles saisonniers forts, des modes en permanence nouvelles et une très grande concentration des producteurs de biens à vendre donc un rapport de forces toujours plus dur. Que dans ce contexte, l'Isère puisse compter une entreprise comme King Jouet, c'est une réussite fabuleuse. A mes yeux, cette réussite est la marque de 3 valeurs essentielles. D'abord, l'attachement aux racines : le pays voironnais. On peut être dans la course mondiale du jouet et avoir son siège social à Voiron ZI des Blanchisseries et ne pas se croire contraint d'être à Paris ou pire encore à l'étranger. Quel message fort ! Ensuite, la durée d'un groupe. C'est relativement facile de réussir économiquement dans une séquence temps limitée. Mais réussir sur plus d'un siècle, là c'est un autre défi. Et enfin que ce groupe reste dans "la famille" : là c'est la réussite ultime parce que c'est la preuve que chaque génération a su former, sensibiliser, résister aux influences extérieures multiples qui peuvent être très toxiques parfois. Ceux qui sont capables aux chaînes complémentaires des âges de la vie de connaitre ce succès, ils accèdent probablement à la plus belle valeur : que leur vie ne se résume pas à deux dates sur une pierre tombale : la date de naissance et la date de décès. Ceux qui y parviennent ont réussi bien au-delà des chiffres d'un bilan comptable parce que, sur ce chemin, à côté des "fées" qui peuvent exister et donner des atouts, il y a beaucoup de diablesses aux conséquences dévastatrices, aux visages trompeurs mais aux attitudes terribles. Tant d'exemples pourraient être donnés. Depuis 1875, cette famille a su faire vivre cette belle réussite dépassant les âges de chaque génération, une aventure collective associée tout particulièrement à tant de Noëls de nos enfants. Bravo. Merci. Et sincère tristesse. Condoléances tout particulièrement à son fils Philippe avec qui j'ai eu une collaboration professionnelle et qui aime tant son groupe.
NB : les dates clefs :
1875 : à la fin du XIXème siècle, Augustin Gueydon ouvre au centre ville de Voiron (Isère), un grand bazar baptisé « Les Nouvelles Galeries » où il vend aussi bien de la quincaillerie que des jouets,
1944 : Auguste Gueydon, petit-fils du fondateur, oriente l’entreprise vers le commerce de gros et spécialise progressivement l’entreprise dans le secteur du jouet,
1965 : Jean Gueydon prend la direction de l’entreprise et l’ouvre aux créneaux des comités d’entreprises et des collectivités publiques,
1995 : Philippe Gueydon prend la direction du Groupe Gueydon comme Président du Directoire,
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Tant que coule l’encre, il y a de l’espoir
Nous traversons une période très particulière dont il est difficile, voire impossible, de prévoir la sortie. L'émotion chasse la raison. L'éphémère évacue la durée. Et l'image s'impose au texte. Les mots perdus sont légion. Ils ne sont dépassés que par la cohorte des mots détournés de leurs significations initiales. Dans ce tumulte de désordres, il reste heureusement des marques qui gardent l'essentiel à l'esprit. Mont Blanc vient de sortir son stylo spécial 2021. Le personnage célébré en 2021 c'est Spike Lee. Ce n'est pas un vidéaste que j'apprécie beaucoup. Mais le travail de Mont Blanc est remarquable pour personnaliser le stylo "mémoire". Celui pour Mark Twain (2019) avait été très réussi. Celui pour JFK (2015) a été une réussite exceptionnelle dans les détails. Tant qu'il y aura ce niveau de professionnalisme dans un métier, le mettre en relief sera un juste devoir. Ceux qui veulent et peuvent acheter auront un stylo d'exception. Pour d'autres, simplement apprécier la qualité d'un travail de professionnels est déjà une belle récompense. Car, dans ce métier comme dans tant d'autres, c'est le détail qui est le plus délicieux cadeau montrant l'attention d'un professionnel compétent. Et tant que coule l'encre de l'écriture, il y a encore place pour de l'espoir. Parce que cette encre est forte de valeurs qui comptent : choisir un mot, laisser une trace durable … (Nb : pour ma part, mon stylo est un Parker qui m'a été offert pour mon bac et que j'ai toujours gardé depuis cette époque).