Denis Bonzy

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  • France : le peuple sans élu

    Trudeau 14 05 16

    Que reste-t-il encore à perdre ? Depuis quelques mois, je suis très surpris par l'accélération d'un processus de délitement de la vie publique française assez irréel à ce point. La première étape (2007 – 2012) a été le temps d'une république vulgaire : des mots violents, un militantisme aveugle (tout soutenir ou tout condamner), des accusations disproportionnées… La vie publique française perdait alors une partie de sa raison. Puis ce fut les élus sans le peuple. Une progression considérable de l'abstention et des votes protestataires avec la banalisation d'un vote par exclusion dont les régionales de décembre 2015 ont été la caricature.

    Et maintenant, nous sommes entrés dans une nouvelle étape : le peuple sans élu. Pour que le peuple ait désormais le sentiment de s'exprimer, il doit selon les circonstances : 

    • lancer une pétition : un nombre records de pétitions depuis 12 mois,
    • manifester,
    • protester via les réseaux sociaux,

    Bref, s'exprimer face aux élus et non plus avec les élus. 

    Une situation atypique qui est le divorce constaté d'une vie publique française qui a perdu tant de belles valeurs au cours des dernières années. Le dialogue calme, le rire, la famille à l'Elysée, les sondages positifs, la cool attitude … : que d'années sans ces repères simples qui font la vie et qui existent pourtant encore ailleurs : Canada, Italie, Etats-Unis, Angleterre …

    Dans la période actuelle, le plus inédit est le nombre comme le profil de

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  • Ras le bol du fascisme du « tout vaut rien »

    Vitrines cassées

    Extrême lassitude actuelle face à un fascisme sournois qui s'installe dans une culture du "tout vaut rien" en dehors de quelques rarissimes exceptions fondées sur un égalitarisme irréel. D'abord parce que le nihilisme n'a jamais porté le progrès. Ensuite parce qu'il y a une culture de la haine généralisée qui sous-tend ce discours et qui est très grave. Mais surtout parce que c'est faux. La réalité de la vie est à l'opposé : tout a une valeur et généralement une belle valeur.

    Prenons des exemples concrets. Les plus récents sujets de "détestations". L'information locale. A Grenoble, mardi soir, les "vitrines" d'un journal local ont été cassées lors d'une manifestation et sur des réseaux sociaux il était question du "Daubé". Mais gardez-le longtemps le Dauphiné Libéré parce que sa qualité d'informations peut servir d'exemples dans de nombreuses autres localités françaises pour bien les connaître à titre professionnel et constater les informations données. Et quand je dis cela, je le dis avec une liberté totale. Mon dernier entretien avec un journaliste du Dauphiné Libéré date d'un coup de téléphone en route pour Lyon le jeudi 27 mars 2014 à 10 heures 30 avec M. Echinard (l'un des responsables de la rédaction).

    Il y a la valeur d'une équipe plurielle composée de professionnels qui aiment leur métier et qui l'exercent avec honnêteté.

    Il y a la valeur des emplois représentés par une entreprise privée qui embauche (ce qui mérite d'être souligné) et qui lance des initiatives nouvelles fortes comme le journal à destination des scolaires qui est une Très belle initiative.

    Il y a la valeur de tout un tissu de journalistes locaux qui font bien leur métier de FR3 Alpes à FB Isère en passant par l'impertinence du Postillon, les nouvelles technologies de Place Gre'Net, le classicisme sérieux des Affiches, en passant par le dynamisme de TéléGrenoble …

    Que de belles valeurs dans tous ces cas concrets d'un beau et sain pluralisme local d'informations.

    Prenons les policiers. Ils font leur travail dans des conditions remarquables. Qui aimerait passer la nuit dehors à mettre de l'ordre en sachant qu'en face le "jeu" consiste à attenter à leur santé ?

    Voilà un métier qui a de la valeur.

    De même pour les commerçants dont les vitrines sont cassées alors que leur entreprise est leur moteur, prend un temps considérable de leur vie, mobilise leur énergie. Là encore, que de belles valeurs !

    Et la liste pourrait être très très longue. La vraie vie est faite de valeurs fortes exprimées, défendues par des personnes de valeur. Même la discrétion de l'immense majorité est une très belle valeur, peut-être même la plus belle. Hier après-midi, j'ai participé à l'enterrement d'une personne que je connaissais depuis près de 40 ans. Elle avait été à l'une de mes premières réunions à la maison des associations à Pont de Claix. Pour un témoignage, un de ses cousins a effectué une présentation vraie donc superbe sur les valeurs de la discrétion, de la modestie, du bien-être simple. 

    Ce qui est le plus inquiétant actuellement c'est que face à ce fascisme du "tout vaut rien", il y a une forme de passivité comme si la haine de tout devait l'emporter. La haine de tout c'est la défaite de tous en bout de course.

    Il serait temps de commencer à ne plus rester indifférent face à cette culture de haine qui est la négation de tout progrès et surtout qui est la négation du respect élémentaire des beaux efforts de l'immense majorité de toutes les personnes dans leur vie de tous les jours.

    En France, le silence face à cette culture de haine devient insupportable. 

  • La photo de la semaine : une réunion en une image !

    Maurinaux 28 04 16

    Il y a des moments quasi-magiques où en un instantané, une photo résume toute une séquence de vie. C'est le cas de la photo ci-dessus. Elle est extraite du site change.org sur la pétition contre l'eau polluée. 

    La soirée du 28 avril à Vif a été exceptionnelle. Une assistance considérable, en colère mais digne. 

    Puis trois moments forts quand le naturel évacue tout ce qui avait pu être préparé. Au milieu de la réunion, l'intervention de Madame Karine Maurinaux. La réunion bascule. Elle entre dans sa vraie dimension, technique, factuelle, précise. Sur la photo ci-dessus, tout est résumé. Au milieu, deux élus blancs de doutes et d'inquiétudes avec des regards d'angoisse. Sur la droite de la photo, la doctoresse de l'ARS qui n'est pas dupe de la situation et que l'on imagine en train de dire à son collègue" qu'est ce qu'elle leur met ...!". Puis à la droite de Ferrari, son Vice-Président chargé de l'eau qui ne regarde même pas l'oratrice comme si le sujet ne le concernait pas (de même pour son voisin de droite qui est le directeur de l'eau à la Métro). Et au second rang de l'assistance du public, le flouté du mouvement d'une personne qui applaudit et qui apporte son soutien. 

    Celui ou celle qui a fait cette photo a réalisé un travail remarquable. Bravo. L'image porte tous les messages. Il n'y a pas matière à une légende.

    Cette soirée a connu deux autres temps forts outre l'intervention de Mme Maurinaux. A la gauche des personnes sur la tribune, une jeune femme d'une trentaine d'années demande le micro. Elle est brune, sportive, calme, cheveux bruns courts. Et elle expose l'hospitalisation de sa fille de 8 ans : la durée, les difficultés rencontrées, les inquiétudes … En 4 minutes, tout était dit avec le coeur chaleureux mais pudique d'une maman. Il ne s'agissait plus de dossiers, de nombres de victimes mais d'une réalité humaine. Il en fut de même plus tard sur le même sujet d'une autre mère de famille qui, après avoir exposé le cas de sa fille également, a utilisé à haute voix la formule qui se murmurait déjà depuis longtemps dans l'assistance "porter plainte" et en indiquant pourquoi. 

    Ces trois interventions sont le symbole que rien ne résiste jamais au naturel. Des moments de vérité où des personnes s'exposent avec naturel, sincérité, vérité. De beaux moments même dans des circonstances de crise.

    Vif eau 2 vue panoramique

     

  • Hé oh la gauche ? Non : olé la gauche !

    Marche ou crève

    Le personnel politique français est actuellement en plein hors jeu culturel. Un déni permanent des réalités d'un monde qui vit en vase clos, coupé du reste. Dernier exemple en date : l'opération Hé oh la gauche. La réalité, c'est olé la gauche : l'opinion observe et attend la mise à mort de la "vieille gauche" : les baronnies qui ont créé des notables bourgeois coincés dans leurs mauvaises habitudes, incapables de bouger dans leur embonpoint physique chronique, faux réformateurs mais vrais conservateurs locaux gérant les clientélismes supposés immuables … 

    La nouvelle génération va les mettre cul par-dessus tête. Cette nouvelle génération a peut-être les habits de la "vieille gauche" (baskets, jeans, tenues cool) mais il ne faut surtout pas se fier aux apparences. Cette nouvelle génération a été élevée au grain du "marche ou crève". Elle fonctionne aux reconnaissances matérielles : argent, voitures, mises en scènes de son "bien vivre" …

    Cette nouvelle génération, ce ne sont pas des bons samaritains mais des pirates. Tant que la gauche refusera de voir les réalités en face avec son capital culturel qui a fondu parce que les seniors veulent défendre leur identité menacée par le laxisme de gauche et que les jeunes veulent vivre leurs ambitions bridées par l'égalitarisme de gauche, la corrida est ouverte.

    Et la mise à mort de cette vieille gauche n'est qu'une affaire de calendrier. Olé la gauche ! 

    Il ne s'agit pas de dire si cette évolution est bonne ou mauvaise mais de regarder la réalité des faits. Cette évolution est mortelle pour la "vieille gauche" et dans une démocratie l'opinion a toujours raison même quand elle se … trompe.

  • La force des grands sentiments face aux hippopotames sur le chemin de l’étang …

    DdV 25 04 16

    Ce qui caractérise la France actuellement dans sa décadence, c'est l'absence des grands sentiments. Elle ne croit plus en rien. Même plus dans la capacité de ses représentants politiques à faire vivre de belles ambitions collectives. La dernière belle ambition collective défendue par la France a été le refus de la guerre en Irak selon des modalités qui ont été le début d'un terrible engrenage dont on commence actuellement à mesurer l'ampleur réelle et probablement durable. 

    Mais en politique, les citoyens français ne récompensent pas ceux qui ont la force de ces grands sentiments. Ils cèdent facilement devant la détermination "des hippopotames sur le chemin de l'étang", ces politiciens ambitieux saisis par la conviction de pouvoir écraser tout ce qui se trouve sur leur passage sans se poser la question du bon chemin ni du meilleur étang. C'est lourd, très lourd mais efficace.

    Heureusement, loin de ce réflexe collectif qui mène aux actuels désarrois, des auteurs qui aiment la qualité de la plume comme celle de la réflexion et de la vision engagent un

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  • Combien de départs et quels profils ?

    Toronto

    De façon générale, le débat public français est fâché avec les chiffres. Et encore davantage avec les chiffres précis justes. Façon à peine cachée désormais de briser le miroir pour ne plus regarder une réalité qui insupporte. Deux chiffres mériteraient une réelle officialisation sérieuse :

    1) combien de départs : combien de français ont quitté le territoire national ces dernières années,

    2) et quels profils : quels âges ? Quels niveaux de formations et de revenus … ?

    Ces deux chiffres ont probablement de quoi épouvanter.

    Sur la base d'échantillons non représentatifs, je suis surpris désormais par l'ampleur des constats ou des témoignages de départs. Il me semble que la France se vide tout particulièrement de ses jeunes diplômés attirés par la vie d'entreprise et de ses seniors à la retraite.

    Les premiers (jeunes diplômés) recherchent les pays qui s'ouvrent aux

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  • A force d’esquiver le débat sur le prix …

    EDF

    EDF est au bord de la faillite. Constat à la fois juste et faux. Juste, parce qu'avec une telle dette n'importe quelle entreprise serait acculée à la faillite. Mais comme il s'agit d'EDF les contribuables épongeront les pertes une fois, deux fois, trois fois … autant de fois que nécessaire pour qu' EDF vive.

    C'est le nouvel exemple en date des effets de la confusion entre le prix et la politique sociale. Cette confusion est une totale absurdité. Un métier à un coût pour être exercé correctement. Ce coût doit correspondre à un prix. Ce prix doit assurer la rentabilité pour se développer. 

    Si le prix est trop élevé, il doit être corrigé par des mesures sociales à destination de catégories exposées à des difficultés face au prix juste répondant à la réalité du marché.

    Quand le vrai prix est faussé par des considérations politiques, sociales, démagogiques : un jour, le réveil obligatoire est dramatique.

    Aujourd'hui, c'est pour EDF. Demain, ce sera pour l'eau. La démagogie ambiante sur le

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  • Michel Onfray et la révolte des clercs

    Michel Onfray

    Depuis quelques semaines, il y a en France un frémissement inhabituel qui mérite l'attention : une annonce de révolte des clercs. Les "clercs" sont des intellectuels qui doivent être les gardiens de certaines valeurs de la pensée. Dans les moments difficiles de toute nation, la trahison des clercs est le facteur de son incapacité à observer avec lucidité des dangers. Donc à les éviter. Le livre de Julien Benda devrait être dans toutes les bibliothèques comme un incontournable. En France, depuis quelques semaines, les "clercs" s'expriment. Enfin. Et de quelle façon. La tribune de Michel Onfray dans le Point cette semaine est à mes yeux un réel tournant. Jamais en France le refus du politiquement correct n'a été exprimé avec une telle justesse et avec une telle violence légitime car chaque mot est juste, adapté, implacable :

    • les clowns médiatiques devenus les miliciens des temps modernes érigeant la dénonciation en sport national,
    • les médias dominants qui pensent qu'ils façonnent l'opinion comme une sculpture inanimée,
    • la meute qui se permet tout parce que le mimétisme devient le mode de pensée,
    • les comiques grassement payés pour installer la haine sur les plateaux,

    Rien ne manque à l'appel du bon diagnostic.

    Quand la révolte des clercs s'exprime ainsi, il est encore agréable d'avoir un lien fut-il mince avec le pays qui a incarné la libre pensée, la belle pensée.

  • Economie : la belle forme de Hop !

    Hop 15 04 16

    En France, il est de bon ton de mettre en évidence les échecs. Il devrait être au moins aussi agréable de mettre en lumière les … succès. C'est le cas de Hop ! pour les liaisons aériennes intérieures françaises. Depuis un an, Hop ! assure l’ensemble des vols court-courrier en France et en Europe proche. Le taux de remplissage moyen est de 72,3 %. Le déficit a été réduit par 2 entre 2012 et 2014. Puis il a été encore divisé par 2 entre 2014 et 2015. La ponctualité est remarquable. Les efforts faits sur l’amélioration de la ponctualité des vols ont donné des résultats manifestes. Même dans les temps de tempêtes de cet automne et cet hiver, la ponctualité est restée exemplaire.

    Pour les villes dotées d'un aéroport de proximité, la qualité des liaisons par ce support améliore désormais considérablement la performance économique de ces villes. 

    Par rapport au TGV, c'est une nouvelle donne importante que cette réussite qui change fortement les contraintes de communication. Une réussite qui mérite d'être saluée.

    Hop 2 15 04 16

     

  • La belle respiration

    Landes 14 04 16

    Déplacement professionnel chargé mais heureusement un temps de belle respiration au bord de l'Atlantique. 30 minutes de soleil et de vent dynamisant.