Denis Bonzy

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  • Octobre ! Ose : les beaux héros du quotidien

    Octobre rose grenoble 15 10 16

    Il y a des  circonstances dans lesquelles la nature humaine mérite une extrême considération. C'est le cas des professionnels de la santé. J'ai découvert cet univers lors de l'hospitalisation de mon père. Et depuis cette époque, j'estime avoir un "devoir permanent de reconnaissance". Comme la totalité des personnes qui ont eu la chance de rencontrer des vrais professionnels de la santé : accessibles, pédagogues, surtout un morceau d'espoir dans un orage de tourments. Dans cet orage de tourments, une infirmière peut incarner les 5 minutes qui vont changer une journée : un sourire. Un mot qui dit vrai mais d'une vérité douce qui ouvre encore la porte d'un demain possible. Expliquer. Savoir. Tenter de comprendre et plus encore tenter de prévoir. Bref sortir du statut de proie que la maladie impose avec brutalité et qui change la règle du quotidien habituel. Quel mérite pour que tant de qualités restent naturelles. Partagées.

    Et puis il y a aussi le courage des malades. Pour le cancer du sein, j'ai découvert ce défi avec l'épreuve d'une amie de mon épouse. Sa toute première sortie après l'opération. Le premier déjeuner en dehors de la clinique pris chez nous. Sa difficulté à bouger. Une image m'a terriblement marqué : la difficulté à utiliser un couteau pour couper des aliments car l'ablation avait fragilisé toute la chaîne musculaire du côté concerné. Mais la volonté de gagner. Lutter en sachant qu'il faudra du temps. En sachant que d'autres opérations reconstructrices seront incontournables. Et gagner ! Revoir un sourire. Constater l'intelligence pour s'habiller avec subtilité et toujours féminité. Et finalement une beauté de l'âme encore plus forte car cette victoire a donné confiance en soi. 

    Voilà les beaux héros du quotidien.

    A Grenoble, il y a actuellement une exposition. Au Groupe Hospitalier Mutualiste de Grenoble, des équipes ont décidé de faire une action dans le cadre d’Octobre Rose afin de sensibiliser au dépistage du cancer du sein. Tous les corps de métiers, qui entourent les patientes ou participent au dépistage de la maladie et à son traitement ont relevé le défi : chirurgiens, gynécologues, oncologues, infirmières, secrétaires médicales, sages-femmes, tous ont revêtu la tenue rose.

    Un slogan : « Octobre ! Ose ». Dans ces moments, que des tempéraments humains sont beaux. Bravo et merci !

    Pour découvrir cette exposition, cliquer sur le lien suivant : Octobre ! Ose.

    Octobre ose 2

  • Quand Cyril Hanouna va installer son équipe de campagne pour la présidentielle 2022 …

    Urgentiste

    Il y a longtemps que je ne regarde plus les programmes télés. Un bref temps de lecture est si salutaire le soir. Puis avec recul, revoir si nécessaire un programme sur YouTube. Mais dès que cette règle est frappée d'exceptions, quelle stupéfaction ! Dimanche soir, nous avions la sérénade de confessions qui sont à la politique ce qu'est le McDo au resto : l'infantilisation de clients prêts à succomber à la moraline de confidences bien markétées. 

    Puis hier, dans le cadre de la déontologie de l'équité de traitement des candidats, Sarkozy déchiqueté par les journalistes quand une semaine plus tôt Juppé était le "gentil tonton" à qui on doit le respect. Et le tout programmé avec la concurrence d'un match télé sur une autre chaîne … Avec de tels exemples pour encore croire à la déontologie des journalistes garants d'une forme d'équité entre les candidats (pour ne pas parler d'égalité de traitements), il faut être prêt à considérer du Nutella comme l'alimentation pilier d'un régime minceur. 

    Et s'il était enfin question des héros du quotidien. Sortir des séries américaines et des "200 familles médiatico-politiques" à toujours remettre en selle pour enfin nous présenter la vraie vie :

    • l'urgentiste qui se bat pour ramener à la vie,
    • l'épouse du militaire qui actuellement fait vivre toute sa famille pendant que son mari est sur le front africain,
    • l'infirmière libérale qui est souvent l'ultime maillon de service public dans les territoires ruraux français,
    • l'instituteur qui intervient dans un quartier dit difficile et qui cherche à intégrer,
    • le jeune d'une start-up qui galère pour trouver son premier local face aux banques et aux foncières qui exigent garanties sur garanties,
    • …

    Le jour de ces programmes à 20 heures 30, je reviens à la télé. Voir du vrai. Apprendre du juste. Du sérieux. Des faits.

    Mais au rythme actuel d'infantilisation, j'attends le moment où Cyril Hanouna va installer son équipe de campagne pour candidater à la prochaine présidentielle de 2022 …

  • Quelles étapes ont été manquées par les démocraties occidentales ? Et pourquoi à ce point ?

    Karine Lemarchand

    Quand on assiste à un débat aussi glauque que celui d'hier aux Etats-Unis entre deux candidats s'invectivant sur des histoires de sexes dans des conditions pathétiques à 30 jours du vote de la démocratie occidentale la plus importante, il devrait y avoir un sujet prioritaire : comment expliquer qu'on puisse en arriver là ?

    Même réflexe quand une émission de bisounours se déroule dans la même soirée que le débat US mais en France avec une animatrice charmante qui décline son concept de télé-réalité de "l'amour à la ferme" pour passer aux "copains dans la salle à manger" pour expliquer quand l'un a perdu son 1er vélo ou quand l'autre passe chez le coiffeur …

    Quand des démocraties arrivent à ce stade, il devrait quand même y avoir matière à chercher l'explication : quelles étapes ont été manquées pour que des démocraties fonctionnent ainsi ?

    Et au moment où les défis ont rarement été aussi majeurs et cruciaux. 

    A ce stade, il y a matière à un certain frisson dans le dos …

  • Primaires, préliminaires ou comment être à droite l’espace d’une heure ?

    Trump 2 06 03 16

    Quand la France officialise l'échangisme politique. Le débat politique français a tellement sombré dans la perte de valeurs qu'il devient possible officiellement de demander à des concurrents politiques de voter pour la désignation du candidat du … "camp d'en face". C'est du jamais vu. Imagine-t-on aux Etats-Unis, pays des primaires, les Démocrates se mobilisant pour voter contre Donald Trump lors des primaires républicaines ? Impossible. Celui ou celle qui susciterait une telle perspective serait immédiatement décrédibilisé. 

    Mais en France comme tout se fait en politique, les électeurs PS vont voter pour désigner le candidat du … Parti républicain. Ce qui signifie que les électeurs des Républicains vont aller choisir à leur tour le candidat du … PS. 

    C'est l'engagement l'espace d'une heure ou comment signer un papier qui n'engage pas. L'institutionnalisation de la magouille en politique mais au moins à visage découvert.

    Il faut vraiment qu'un régime soit tombé très bas pour banaliser un enjeu de ce type. La primaire, c'est le choix de conviction des militants et sympathisants qui se reconnaissent dans des valeurs. Eux et seulement eux.

    Là, il s'agit de préliminaires avec faculté de changer de partenaire en cours de route. C'est le moment où la France officialise l'échangisme politique …

  • 30 ans et déjà l’âge de l’épuisement …

    DB Barnier JO

    Il y a 30 ans, les assemblées régionales nouvellement élues pour la première fois au suffrage universel direct débutaient leurs travaux pour le budget 1987. Effectuer alors les arbitrages budgétaires était un plaisir réel tant la marge de manoeuvre financière était élevée. Très peu de fonctionnement. Beaucoup d'investissement. 30 ans plus tard, les régions ont sombré dans les travers des autres collectivités publiques françaises : fonctionnement, dette … La spirale classique de l'épuisement est en marche.

    A l'âge de 30 ans d'existence sous la forme d'une collectivité élue au suffrage universel direct, ce qui est très jeune, ces collectivités sont épuisées financièrement et elles ont déjà vécu une réforme du mode de scrutin et une réforme de leurs contours territoriaux. 

    Conseil Régional 1986

    Nulle part ailleurs, une telle instabilité juridique n'existe. 

    Bien au contraire, la force d'institutions naît de leur ancrage dans la durée. 

    Tant que les citoyens français n'auront pas la capacité à sortir de l'immédiateté pour se poser des questions de ce type à savoir comment et pourquoi une collectivité publique peut être épuisée après seulement 30 années de focntionnement, le déclassement de ce pays continuera. 

    Comment est-il possible d'être épuisé à 30 ans après avoir déjà connu deux "opérations" lourdes (l'une sur le suffrage et l'autre sur son territoire d'actions) ? Si cette structure était une entreprise, elle aurait été liquidée depuis longtemps dans un tel contexte d'épuisement. Mais là, l'argent des contribuables pousse toujours à repousser la durée du coma collectif. Irréel à ce point.

     

  • Jean Boissonnat et l’enjeu de la prise de conscience

    Boissonnat Jean

    Une journée particulière non seulement par la disparition si accélérée d'une personne de ma famille vers laquelle vont toutes mes pensées les plus tristes et affectueuses mais aussi en plus avec le décès d'un journaliste qui a structuré une partie importante de ma formation intellectuelle : Jean Boissonnat. Pour la personne de ma famille, je sais combien ses proches tiennent à l'intimité et à la discrétion que je respecte. Pour le journaliste, c'est un article qui vise à exprimer toute ma reconnaissance. Quelle chance d'avoir pu vivre une période où étudiant je dévorais les éditos de Jean Boissonnat.

    Une époque où le débat sur les enjeux collectifs étaient animés par lui, par Raymond Aron, par Jean Lacouture, par Jean Guitton, Jean François Revel, Claude Imbert, Françoise Giroud … Ce fut un privilège considérable. Aujourd'hui, pour Jean Boissonnat, c'est une expression de tristesse bien sûr mais surtout de reconnaissance.

    Le regret aussi que les générations suivantes n'aient pas pu bénéficier de tels talents au moment où désormais les comiques troupiers séquencent les images et pas les idées quand ils ne se vautrent pas dans une vulgarité pathétique.

    Ses livres sont un merveilleux refuge pour ne jamais perdre de vue des vrais enjeux dont le plus important : la prise de conscience individuelle.

    Pour tous ses écrits magnifiques, merci !

    Boissonnat décès

  • Mode : la fausse bataille du matin

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    La France commence à connaître à son tour la "bataille du matin" ou la mise en évidence des avantages à se lever tôt. Une bataille ouverte en France avec beaucoup de retard après les Etats-Unis dans la foulée du livre d'Hal Elrod "Miracle Morning". C'est une fausse bataille. Comme toutes les autres fausses batailles, elle va être livrée dans une logique binaire artificielle : faire corps ou faire face. Faire corps c'est défendre cette théorie selon laquelle "la journée appartient à ceux qui se lèvent tôt". Face face, c'est dire non. Mais l'essentiel n'est pas de faire face ou de faire corps, c'est de faire soi. Qu'est ce qui convient à son propre rythme ? 

    La quasi-totalité du moule de l'enseignement vise à faire entrer dans des "modèles de pensées". Pas un cours sur la découverte de soi, son horloge biologique … La vraie liberté n'est pas dans la capacité de choix entre des modes de pensées ou de comportements mais dans le choix du comportement qui convient à soi. Comment d'abord être bien avec … soi-même. C'est d'ailleurs probablement le sujet le plus important d'une vie. 

    Je m'y suis ouvert lors des épreuves de santé de mes parents puis avec encore davantage d'intensité lors du choc de leur disparition. 

    La fausse bataille du matin, c'est celle des horaires du début d'une journée.

    La vraie bataille du matin, c'est celle du début du rendez-vous avec soi. C'est une conquête qui ne coûte rien. Elle ne se tartine sur aucun discours préparé par autrui. Elle est d'une douceur exquise. Elle libère des modes. Elle émancipe du jugement du regard d'autrui. Elle fait même gagner en recul pour tenter de convaincre autrui comme si chercher à enfermer l'autre dans une logique pouvait être d'imposer à autrui ce que l'on refuse pour soi. Là est la vraie bataille du matin. Une seule recommandation : livrez-là et la journée de la vie deviendra différente. 

  • « C’est la faute de la Métro … » : l’excuse qui ne suffit plus !

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    Dans l'agglomération grenobloise, le refrain politicien "ni responsable ni coupable" avait trouvé son bouclier depuis 2014 : la Métro. Les élus municipaux avaient le paratonnerre idéal : "un problème non résolu = "c'est la faute à la Métro !". Mais hier, dans une Commune de l'agglomération grenobloise, une réunion importante sur l'eau. 3 fonctionnaires de la Métro, un représentant d'un cabinet d'études, un représentant de la société Colas sont présents pour exposer un dossier mené "cul par-dessus tête" au point de lever un tollé général : absence totale de concertation, organisation de la réunion dite de concertation 3 mois après l'attribution de l'appel d'offres, projet de lancement des travaux sans même avoir l'autorisation indispensable de propriétaires pour traverser des propriétés privées …

    Dans la lassitude de s'exposer aux critiques fondées mais vives (toujours exprimées dans la courtoisie pour respecter le statut des fonctionnaires), ces derniers exposent alors tout le processus. Et d'un coup les masques tombent ! Le projet a été élaboré à la demande des élus de la Commune concernée, dans la concertation la plus totale avec les élus de la Commune…. Et deux élus municipaux sont là au premier rang et ne prennent jamais la parole pour dire le contraire ! C'était le moment de la vérité : soit les élus gardaient le silence et c'était le "bruit de leur culpabilité" soit ils prenaient la parole et c'était le cri de leur innocence. Et ils ont gardé le … silence face aux révélations détaillées des services de la Métro !

    Une étape est franchie. La Métro n'accepte plus de jouer le paratonnerre et les élus ne peuvent nier leur responsabilité directe dans un dossier bouclé dans la solitude la plus totale pour tenter de mettre tout le monde devant le fait accompli.

    La confiance est brisée dans des conditions inédites. Et on est scandalisé par le double langage d'élus municipaux qui oublient le lien direct qui devrait être le leur auprès des citoyens pour se livrer à des jeux qui deviennent ainsi la pire caricature de la politique que chacun n'accepte plus.

    Les responsables et les coupables sont à la fois la Métro lointaine et arrogante mais aussi des élus municipaux qui n'ont pas le courage de rendre compte des vraies priorités qui sont les leurs lors des travaux à la Métro. L'agglomération grenobloise s'enfonce dans une triste "démocratie inversée".

  • Ne jamais subir la tyrannie du calendrier : bon début pour la vraie nouvelle année !

    Rentrée scolaire 01 09 16

    Le rapport au temps est étonnant. Il est marqué par des dates qui ont finalement peu de sens. Chaque nouveau siècle n'a jamais débuté quand le calendrier l'indiquait. Le 20 ème siècle est né en 1919 après la guerre de 14 – 18. Le 21 ème siècle est en train de naître sous nos yeux : terrorisme, nouvelle économie, réchauffement climatique …

    Il en est de même pour les âges : un papier devrait indiquer quand on est jeune ou vieux. Quelle triste fatalité. Chacun se libère de ce calendrier en étant vieux trop tôt, jeune trop tard par rapport aux repères établis.

    Le calendrier est même supposé imposer les dates où il faut être joyeux par exemple pour les anniversaires ou celles où il faudrait être triste. Chacun sait bien que la joie ou la tristesse ne peuvent se contraindre par une date.

    Et la liste de ces décrochages est considérable face à la tyrannie éventuelle des dates du calendrier. C'est le cas pour la vraie nouvelle année. Elle ne débute jamais le 1er janvier mais dans les premiers jours de septembre. Elle ne va pas du 1er janvier au 31 décembre. Mais du 1er septembre au 15 juillet. 

    La vraie vie nous montre qu'il faut chevaucher les dates et non pas subir les dates. Un exemple à suivre.

    En réalité la vraie nouvelle année ne dépend pas de la date du 1er septembre. Elle dépend du jour de la rentrée scolaire. C'est d'ailleurs un beau symbole : la reprise des plus jeunes entraîne la vraie reprise de tous.

    En conséquence, aujourd'hui, avec la rentrée scolaire du 1er septembre, bon début de la vraie nouvelle année (2016 – 2017) !

  • Hollande va-t-il tuer le PS comme Mitterrand a tué le PCF ?

    Macron 2 31 08 2016

    La vraie question de fond actuelle : que restera-t-il en France du PS après le mandat de François Hollande ? François Hollande va-t-il tuer le PS comme François Mitterrand a tué le PCF ?

    Il est souvent question d'une vie politique française immuable. Tout serait éternellement figé. C'est faux. Le radicalisme n'a pas survécu à la naissance de la V ème République. Autre exemple de "mort politique" : le PCF dans les 30 dernières années. La vérité des chiffres : aux législatives de 1978, le PCF fait 20 % des voix quand le PS fait 22 % des voix. Aujourd'hui le PCF est le "nouveau pauvre" du PS qui lui "donne la pièce" avec des territoires enclavés de bastions historiques et le PCF est dans la quasi-impossibilité de présenter un candidat à une présidentielle.

    Le PCF ne s'est jamais remis du tournant de 1985. D'un coup, il a fondu comme neige au soleil. Dépassé. Discrédité. Agonisant. 

    Le PS va-t-il suivre le même chemin ? La période actuelle ne sera pas sans des conséquences graves durables. Il y a une atmosphère qui est un mélange de crise de régime, de fin anticipée de règne et de pagaille inédite. Les Verts ont perdu l'écologie au sens originel du terme. Le PS est-il en train de mourir sous nos yeux ? Ce n'est plus à exclure. Ce qui marquerait un tournant réellement historique.