Denis Bonzy

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  • Climat : la réelle montée des risques : où sont passés les ruisseaux de neige ?

    Avalanches février 2019

    L'actuelle impréparation en France face à la montée des risques liés au dérèglement climatique est stupéfiante. L'Etat alerte ses directions locales qui alertent à leur tour les collectivités locales qui alertent … : bref, le jeu du mistigri que chaque maillon passe à l'autre. L'action existe au moins sur le papier par l'alerte passée. Mais dans les faits, très souvent rien de concret. Or il faut regarder la réalité des faits des dernières semaines. D'ordinaire, à partir de février, avec le vent du sud, le spectacle provient sur des périodes longues des ruisseaux de neige que forment les avalanches. Cette année, une seule journée pour observer les avalanches : le 2 février. Et il y a eu seulement 9 jours de neige pour des épaisseurs faibles à basse altitude (23, 24, 28, 30 et 31 janvier, 1, 2, 3 et 11 février). Et sur février plus de 10 jours à + de 10 ° ensuite au-dessus des moyennes saisonnières. A ce rythme, les ressources en eau sur la période délicate d'été seront à rude épreuve. Surtout quand dans le même temps, lorsque la ressource diminue, la population … explose souvent. Qu'est ce qui est fait face à cette réalité ? Rien. Les couches d'instances qui s'ajoutent se passent la balle mais à la fin rien. Pas le moindre acte. Quand on compare cette réalité aux actions engagées dans d'autres pays (Canada, Australie …), le choc du climat en France dans de nombreux territoires s'annonce très rude. 

    Neige kanvier 2019

  • Ces livres qui nous dévorent

    Lyon Bellecour 04 03 19

    On dit souvent "j'ai dévoré ce livre". Expression qui suppose marquer la forte attention portée à un livre. Une formule qui mériterait d'être équilibrée par une expression plus juste : "ce livre m'a dévoré". Un livre qui a tellement marqué qu'il a "pris le dessus" sur son lecteur. Durablement. Pour ma part, une dizaine de livres m'ont dévoré. Comment je le sais ? C'est simple : un morceau ordinaire de vie pendant lequel je me dis "l'auteur de ce livre avait donc tellement raison et je repense à des pages entières d'un ouvrage". Il en est un qui m'avait beaucoup intrigué : "Notes d'un homme de terrain : tout ce que vous n'apprendrez jamais à Harvard" (1985). Son auteur est l'inventeur du marketing sportif (Mark Mac Cormack). C'est notamment l'éloge du temps décalé. Comment gagner du temps ? En ne se mêlant pas aux gros flux habituels. Lorsque ce décalage peut prendre corps, beaucoup change. Comme la photo ci-dessus ce matin très tôt : pas une personne place Bellecour à Lyon. Vide. Le silence. L'idée aussi de gagner du temps sur les autres. Mais également voir une belle place sans le moindre tumulte. Pas la moindre chamaillerie parce qu'une trottinette frôle un piéton de trop près, ce qui semble devenu un temps de "dialogues" privilégiés désormais sur cet endroit à d'autres heures …  Le décalage toujours agréable. Mac Cormack avait tellement raison sur ce point notamment. 

  • Belles fêtes aux grands-mères

    Marie et Léon 03 03 19

    Aujourd'hui c'est la fête des grands-mères. Ce n'est pas la relation la plus heureuse que j'ai pu avoir tant du côté paternel que maternel pendant mon enfance. Dommage. Le décès ne doit jamais conduire à travestir des faits ou des sentiments. Du côté de ma grand-mère paternelle, elle affichait ses préférences au sein de ses petits-enfants de façon très décomplexée et je n'en bénéficiais manifestement pas. J'ai toujours d'ailleurs ignoré pourquoi ? Du côté de ma grand-mère maternelle, elle était rude. Très rude. L'âge l'avait protégée de l'amour. Probablement trop d'épreuves dans sa propre jeunesse, ce que j'ai découvert beaucoup plus tard. Trop tard. Pourtant, même avec de telles distances, pendant ma jeunesse, j'étais impressionné par leurs rides et par leurs cheveux blancs. Les rides marquaient les années. L'expérience. Et les cheveux blancs, c'était la sagesse qui pouvait les accompagner. Elles avaient au moins une qualité : elles acceptaient leur âge. Je me suis toujours méfié des femmes qui bloquaient leur état-civil à 45 ans au plus. Comme si elles allaient même peiner à accepter que leur véritable date de naissance soit gravée sur leur tombe… Aujourd'hui, c'est une satisfaction considérable de voir Marie être une si belle grand-mère, attentive, chaleureuse, apprenant à notre petit-fils la belle solidarité des âges. Car être grand-mère c'est accepter que l'enfance puisse ajouter de la vie aux années… Sous cet angle, c'est très beau à voir.  

  • La grave crise du pouvoir dit d’expertise en France

    Champ de blé 02 05 18

    La France traverse actuellement une crise du pouvoir dit d'expertise qui est d'une extrême gravité. La Cour des Comptes remet ses rapports. Chacun s'est fait à l'idée qu'ils étaient sans utilité. Aussitôt publiés, aussitôt classés dans les tiroirs. Le Conseil Constitutionnel voit ses membres nommés. Non pas des juristes mais des politiques en fin de carrières. Et en Isère, des déclarations terribles d'un commissaire enquêteur radié qui évoque des "enquêtes publiques sous pressions". C'est un scandale éventuel considérable. Pour que la fonction d'expert soit reconnue, il faut trois qualités : 1) que la compétence technique solide soit au rendez-vous. 2) Que l'impartialité soit aussi au rendez-vous. 3) Mais surtout que les deux premières qualités soient perçues. Il ne suffit pas qu'elles existent, il faut qu'elles soient ressenties. Si elles existent mais si elles ne sont pas ressenties par l'opinion, les qualités s'annulent. Or la politisation d'un parcours est déjà une entorse à l'image perçue d'impartialité. Si en plus, un membre dénonce des pratiques supposées de rupture d'indépendance, c'est une crise de tout le système. Sur des opérations immobilières avec des enjeux financiers importants, en Isère, les accusations portées par M. Ullmann après sa radiation sont d'une gravité considérable. Sur plusieurs opérations en cours, des rumeurs créent déjà un climat malsain. Si en plus, des doutes devaient exister sur l'impartialité irréprochable d'une expertise lors d'une enquête publique, c'est une crise systémique profonde qui ne peut qu'accentuer des colères. Toute la vérité doit être faite sur de telles révélations. Il n'est pas possible de les banaliser ou de les ignorer.

  • Le terrain exprime toujours davantage que le dossier le plus complet

    Google map 28 02 19

    La crise démocratique actuelle est profonde. Elle vient de loin. Mais elle s'est beaucoup accélérée avec une génération qui n'aime pas le terrain. La "génération mocassins vernis" qui préfère les dossiers et les bureaux douillets. Il y a ceux qui vivent la vie publique comme le culte de l'entre soi. Ils passent leur temps à se rencontrer. Ils se complimentent. C'est le jeu du "je fais bien, tu fais bien, nous faisons bien ...". Il y a ceux qui regardent la couverture du dossier, qui vérifient s'ils sont en photos, qui jettent un coup d'oeil à la 4 ème de couverture, qui copinent avec le journaliste pour gagner quelques citations médiatiques puis qui reposent le tout. Et qui passent au dossier … suivant comme si travailler c'était être pris en … photo. Et il y a ceux qui font le terrain. Et le terrain c'est un apprentissage quotidien. Dans tous les métiers, c'est le terrain qui compte. Il n'y a que dans la vie publique où il est possible de se couper à ce point du terrain. Pour ma part, en ayant pourtant une expérience d'une certaine date, et pour ne le vivre que dans les horaires extérieurs à ma vie professionnelle (donc souvent le week-end), je n'ai jamais autant appris du terrain que ces 15 dernières semaines. Actuellement, la mode c'est de critiquer les citoyens qui quittent les partis politiques. Mais les citoyens les quittent parce que les citoyens ont de l'avance sur les partis politiques. Les citoyens ont des idées, des compétences et leur liberté nouvelle c'est d'abord la reconnaissance d'une très grande maturité. Le terrain exprime toujours davantage que le dossier le plus complet. Je suis à ma 28 ème présence personnelle directe sur le terrain, dans les hameaux de St Paul, dans les couloirs d'avalanches … : au printemps entre les cartes du terrain avec photos et les vidéos, cette force du terrain sera partagée le plus largement possible.

    Brise Tourte 3 23 10 19 (Copier)

    Sans polémique. Sans commentaire. L'oeil parle mieux que les mots. Sur le terrain, remercier chacun pour la qualité de l'accueil et pour cet appétit de dialogue direct. Simple. Sans journaliste du quotidien régional. Un temps très agréable. C'est comme la photo ci-dessous. Il a fallu signaler le pont bouché par un rocher. Parce que du bureau à côté de la machine à café, il était à craindre que le rocher n'appelle pas pour être enlevé … 

    Lavanchon 2 15 10 18

  • Parfois, pour mesurer l’impact de certaines décisions, une seule photo suffit !

    Villarey photos 3 27 02 19

    Aujourd'hui, 27 février 2019, un enfant de 8 ans sort des animations organisées dans le cadre du Groupe Scolaire Les Epis d'Or. Ses parents l'attendent sur le parking dans le silence et dans la sécurité. Pas de véhicule en dehors de ceux des parents car le site est réservé aux enfants des Epis d'Or. Cet enfant se rend à sa voiture, que voit-il ? Des chevaux. Des champs. Un peu plus haut l'un de ses grands frères peut jouer au basket ou faire du foot. Là aussi, en toute sécurité. Demain, si les élus municipaux sortants signent le permis de construire qu'ils sont en train d'instruire, après l'étape très pénalisante des travaux lourds, des pelles mécaniques, du bruit considérable, des flux de camions sur les voiries : que verront-ils : 100 logements. Plus de chevaux mais du béton et du bitume. Plus de terrain de jeux mais des immeubles. Voilà en 1 photo la réalité d'une décision. Cette décision est celle de la Commune qui va signer le permis de construire et qui avait de nombreuses autres possibilités techniques légales pour éviter ce choc d'une rupture brutale irréversible de la qualité de vie des enfants. Voilà pourquoi en ce moment s'engager ce n'est pas un enjeu ni de droite ni de gauche. C'est pas une affaire de politique. C'est plus simplement et de façon bien plus importante que ces enjeux partisans souvent si futiles et changeants, c'est un enjeu d'avenir pour que les beaux souvenirs des enfants ne soient pas volés et que les prairies ne perdent pas face au bitume, face au béton et face au fric. C'est un engagement qui mérite la plus large mobilisation. Cette mobilisation est en train de prendre corps. Merci pour votre aide. 

  • En France, c’est simple : tant que coule la dépense publique, il y a de l’espoir … mais pour longtemps encore ?

    Sénat 26 02 19

    J'ai terminé ce week-end la lecture du rapport 2019 de la Cour des Comptes. C'est une plongée hors du temps, hors du réel. Une plongée d'autant plus irréelle que chacun connait désormais les suites de tels rapports : la bibliothèque ou les tiroirs. Mais comment attendre des modifications sérieuses indispensables quand des décideurs politiques ne sont même pas capables de montrer l'exemplarité. Prenons l'exemple du Sénat, actuel grand donneur de leçons. De longue date, les salaires des membres du cabinet du président du Sénat ont été "mis en relief" : de 8 000 € (net bien sûr) à 19 000 €. 2 800 000 € par an pour les contribuables pour ce seul poste. En décembre 2017, les sénateurs ont voté une augmentation de + 40 % des salaires d'élus (maires de grandes villes, régions, départements … ) (NB : dont les votes POUR par les sénateurs de Domène et Chateau Bernard : Savin et Puissat). Puis toujours le Sénat, et tout dernièrement en plein épisode des Gilets Jaunes, la discussion hors du réel sur l'article 4 de la loi n° 2018-1317 du 28 décembre 2018 de finances pour 2019, issu d'un amendement parlementaire déposé devant le Sénat, modifiant des abattements sur des indemnités versées aux élus. En plein épisode des Gilets Jaunes, des manifestations et des colères sur la dépense publique. Un monde politique hors sol. Hors du temps. Hors du réel. Quand on a terminé la lecture du rapport de la Cour des Comptes : une seule certitude : une telle irresponsabilité ne peut que se terminer dans le drame collectif. Parce qu'il y aura nécessairement un jour où la dépense publique ne pourra plus couler à ce point. Et ce jour approche manifestement. Ce monde des professionnels de la politique est totalement coupé du réel.

    NB : les passages ci-dessus en gras et en bleu sont des liens vers les sites qui contiennent les informations détaillées. Il suffit de cliquer sur ces phrases en bleu pour y accéder. 

  • Le dangereux enlisement dans la bêtise …

    Agglo 11 10 16

    La bêtise est un pays. C'est un pays cruel dans lequel on est toujours le bête d'un autre. Alerter sur la bêtise est donc une tâche périlleuse. J'en ai conscience en écrivant ce billet. Le problème c'est quand la bêtise devient pensée. Quand elle s'assume sans masque. C'est parfois difficile alors de se consoler de la voir gagner aussi facilement. Dans l'agglomération grenobloise, les élus sortants ont décidé de plier un plan local d'urbanisme intercommunal (PLUi) avant les élections. Comme il faut sauver les apparences de la concertation dite citoyenne, au printemps, ils organisent des réunions. Persuadés que le citoyens ne peuvent pas comprendre, ils font appel à des contes fantastiques : le conte de la moufle, le jeu des familles, l'arbre des projets … Jamais à ce point, des élus n'ont assumé la piètre considération qui est la leur pour les citoyens. Certes, ils avaient beaucoup avancé sur ce chemin notamment en renvoyant à la Métro toutes les décisions jugées impopulaires et qu'ils prenaient pourtant en réalité comme élus municipaux et métropolitains. Mais dans la foulée des expériences, ils font un pas de plus : ils inventent une décisionnaire fictive (Mme Urba) qui a vocation à raconter des … histoires. Parce que la réalité ne peut (ou ne doit) surtout pas être connue. Il faut donc vivre dans des fictions. A ce stade, la bêtise règne. Il n'y a pas de fausse note. Parce que la force de la bêtise c'est qu'elle peut installer le silence tant elle est capable de surprendre. La bêtise est capable de s'évader sur la route de l'inimaginable. Que des élus assument à ce point le regard qu'ils portent sur la bêtise de leurs concitoyens, notre bêtise collective, c'est unique. Inédit. Historique. Parce qu'à ce point, la bêtise n'est pas naturelle, elle exige un long apprentissage. Et c'est à la lumière de cet apprentissage qu'ils ont pu constater ces dernières années que cette opération des contes fantastiques de Mme Urba dans l'agglomération grenobloise est le point d'arrivée. Un enlisement inquiétant des deux côtés. Pour prendre connaissance de tous les volets détaillés, cliquer sur le lien suivant : Grenoble Agglo. 

  • La semaine des contrastes

    Tracteur 21 02 19

    La semaine écoulée a été celle des contrastes. Elle a débuté dans la tristesse et elle a pris fin avec des moments très agréables. Pour les moments agréables, deux moments méritent une attention particulière. Jeudi, notre petit-fils a vu de très près pour la première fois à ce point un tracteur (grandeur nature) qui fonctionne. L'émerveillement de la découverte dans le regard d'enfants reste pour moi un instant magique. Hors du temps. Un regard qui mêle bonheur et interrogation. Puis à mon tour retrouver, l'espace d'un déjeuner, les instants de mon enfance avec un ami quand en culottes courtes nous parcourions les champs, les ruisseaux et passions nos après-midis à jouer au football. Magique. Revoir les noms. Echanger sur les parcours : que sont-ils devenus ? Constater à la table voisine du Col de l'Arc le moment convivial pris par une famille qui réunissait dans la joie trois générations. Une famille que je connais depuis 40 ans. Le restaurant du Col de l'Arc est le cadre que j'aime. Je ne manque jamais une occasion pour le dire sur les réseaux sociaux. C'est mérité.

    Resto Col de l'Arc

    Son gratin avec sa croûte bien dorée me rappelle la belle cuisine de ma mère. Heureusement que ces instants ont existé. Car le début de semaine avait été rude. Les enterrements de Marinette Berlioux et de Pierre Gascon ont été des moments difficiles. Sur des plans différents, deux personnes qui ont été si agréables, courtoises, bienveillantes. Associées à des temps forts. Le regret aussi de ne pas avoir dégagé le temps juste pour les voir dans le calme ces dernières années. On pense qu'il est possible de toujours remettre. Mais c'est faux. Puis c'est trop tard. Un point sur lequel je vais changer radicalement. Il faut toujours accepter les leçons de la vie. Et je regrette de ne pas avoir pris le temps nécessaire ces derniers années. 

    Eglise 42 03 bis

  • La vie pour être agréable est-ce d’abord une question de … distance ?

    Route de Grenoble 04 01 18

    Il y a toujours beaucoup à apprendre du dialogue direct. Le fossé avec les politiciens est désormais profondément creusé. Je suis surpris par les réactions concernant la nomination de Juppé au Conseil Constitutionnel. Même venant de personnes de sa sensibilité. Une vie entière sur les postes publics (même au-delà de l'âge légal de la retraite), ce n'est plus supporté. Décision par décision, affaire par affaire, le "nouveau monde" si proclamé a disparu. La colère est rentrée. Il y a d'abord de la distance. Comme si être heureux c'était désormais garder de la distance avec ceux qui sont supposés représenter les citoyens. Cette distance est un mélange de tristesse et d'abandon. De tristesse par tant de promesses non tenues. Et d'abandon, parce qu'à quoi bon y croire encore … ? Localement, la Métro est perçue comme lointaine, dépensière, obscure : c'est kafka à sa porte. Les Communes sont ressenties comme dépossédées ou tentent de le laisser croire quand cela arrange les élus sortants. Les Conseillers départementaux encaissent les indemnités mais ont disparu des radars du quotidien. Quant aux conseillers régionaux, ils sont totalement méconnus. C'est exact que sous cet angle, pour éviter le désespoir, il vaut mieux mettre de la … distance. Le réflexe d'un nombre croissant de citoyens manifestement pour ceux qui ne dépendent pas matériellement des collectivités publiques locales. Beaucoup de sagesse. Mais aussi le marqueur qu'il y a matière à beaucoup ré-inventer pour tenter de raviver une flamme collective manifestement éteinte.