En une semaine, la presse française est confrontée à ses vieux démons : sa complicité avec les plus puissants et donc son refus d’être un contre-pouvoir crédible. L’héritage Mitterrand, célébré le 10 mai 2011 pour les 30 ans de la victoire de 1981, c’est aussi le très lourd passif d’un mensonge officiel sur deux vies pourtant financées partiellement sur fonds publics. Les citoyens et les contribuables français ont été bernés dans la présentation du véritable tempérament d’un candidat puis d’un président pendant deux décennies. C’est un très lourd passif pour la presse française notamment. Il était du droit le plus strict de Mitterrand de vivre comme il le souhaitait dans un cadre consenti par toutes les parties directement concernées. Mais il était du devoir de la presse de considérer qu’elle devait informer l’opinion d’un fait matériellement établi.
5 jours plus tard, dans des circonstances probablement considérablement plus dramatiques, le même mensonge par omission est avéré. L’opinion découvre que l’un des aspirants aux plus hautes fonctions de l’Etat a un comportement ancien, probablement maladif à ce point, dans des conditions qui ne sont pas compatibles avec l’exercice de fonctions de représentation. Là encore, la presse a fauté par omission. Le résultat de ce mensonge par omission peut être très grave puisqu’il a pu mettre en danger la vie d’une personne si les faits sont confirmés.
Ce téléscopage entre ces deux réalités incontestables va laisser des traces durables dans la relation de confiance entre l’opinion et la presse.