Denis Bonzy

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  • Vivre le moment présent sans couper les fils d’avant

    Mars 89 11 03 19

    Le temps est le meilleur informateur. Il faut toujours vivre le moment présent car c'est une chance formidable offerte par la vie. Et en même temps, il faut garder les fils d'avant, ces liens parfois discrets avec le passé qui donnent un éclairage instructif. Il y a 30 ans, le 11 mars, nous étions la veille des élections municipales de 1989. Dans le Canton de Vif, elles étaient jumelées avec l'élection cantonale suite à une décision de justice relative à des irrégularités très graves ayant frappé les élections d'octobre 1988. Jeune trentenaire à cette époque, le suffrage universel direct, donc les citoyens, m'a accordé la victoire. C'est une chance considérable que d'avoir été élu si jeune. J'ai toujours été reconnaissant pour cette confiance alors donnée à un si jeune état civil. J'ai toujours été indépendant de la politique. Matériellement par mon métier. Psychologiquement par mes centres d'intérêts. Mais j'ai toujours été intéressé par la vie publique. Sur une séquence temps de 30 ans, le temps se charge de dégager des lignes directrices claires. A l'écart des modes éphémères. Sur les 30 prochains jours, je vais faire le point : 30 ans. 30 progrès. Notre histoire. Un mandat, ce n'est pas l'histoire du titulaire. C'est un parcours collectif. Ce parcours collectif engage certes le titulaire du mandat électif mais bien au-delà car bon nombre des décisions concernent une large partie des citoyens. La veille d'une élection, c'est toujours un moment instructif d'abord sur soi. C'est comme les épreuves scolaires ou universitaires. Avec une question clef : ai-je fait tout le nécessaire ? Si la réponse est oui, le lendemain sera serein. Peu importe le résultat, le regret n'aura pas de place. Si la réponse est non, il est à craindre que des regrets s'installent. Ce 11 mars 1989, il y avait de la fatigue et de la sérénité. De la fatigue, car nous avions effectué du terrain comme rarement à ce point. Il y avait de la sérénité car nous avions travaillé sérieusement. Donc pas de regret à avoir. 

    Denis Bonzy campagne électorale

  • La fin des cadeaux à vie

    Sénat 26 02 19

    Emmanuel Macron et sa majorité parlementaire jouent très dangereusement avec le feu actuellement. Le sujet de fond : que les pouvoirs publics donnent l'exemple des économies avant de demander aux citoyens de faire des … économies. C'est la notion d'exemplarité. Les mesures attendues sont simples. Prenons 5 exemples concrets. 1) Pour éviter que la politique en soit un moyen de s'enrichir, les parlementaires sont payés sur la base de la moyenne des 5 dernières années de leurs rémunérations dans leurs vies professionnelles avant mandat. Sur cette base, iront ceux qui veulent servir et non pas se servir. 2) Suppression de tous les avantages monarchiques : dans aucun autre pays les contribuables payent les obsèques des sénateurs, ex-sénateurs, conjoints, enfants … En France, si. C'est comme l'affaire Lang. Qui va croire que Lang est le mannequin de la mode française : la Jane Fonda en pantalon ? Pour le croire, il faut pas avoir vu Lang depuis des décennies. Et à quoi peut servir un mannequin qui n'est pas … vu ? Qui va croire qu'un homme d'affaires balance son argent par les fenêtres pour rien ? Il y a un lien mais encore faut-il prendre la peine de la trouver. 3) Suppression de tous les fromages de la République où se casent les copains. 4) Suppression de la Cour de Justice de la République où les politiques se jugent entre eux c'est à dire se disculpent. 5) En finir avec ces gouvernements pléthoriques (et leurs cortèges de frais annexes) où on ne sait plus qui fait quoi. Des mesures de ce type sont nécessaires pour remettre les intéressés dans la vraie vie. Pour en finir avec les cadeaux à vie. Emmanuel Macron et sa majorité commettent trois erreurs de directions. Ils veulent réduire les Gilets Jaunes aux casseurs. Faux. Ils veulent réduire la contestation aux Gilets Jaunes. Faux. Ils vont vouloir noyer le coeur des revendications dans une multitude de réformettes. Faux. Cette troisième erreur, si elle est commise, va coûter très cher. Nous vivons une crise de système et non pas une crise dans le système. C'est donc bien le système qu'il faut changer et cela passe d'abord par l'exemplarité de ceux qui incarnent le système. 

  • St Paul de Varces : déchetterie de proximité : le compte n’y est pas. Et de loin !

    Dechetterie photo petition octobre 2018

    J'ai signé la pétition pour garder une déchetterie. Une déchetterie aujourd'hui se compose des fonctions suivantes : papiers, cartons, encombrants, métaux, bois, gravats, végétaux, ampoules, piles, cartouches d'encres, huiles, produits toxiques, produits électriques, capsules de café, électroménagers. Bref, une grosse quinzaine de fonctions. Sur 15 fonctions, 1 seule est "sauvée" : les végétaux. Et encore, à l'issue d'une période tests. Et il faudrait "crier victoire". C'est irréel. Il faut quand même accepter de vivre dans la réalité. 14 fonctions sur 15 sont supprimées. Et la pétition aurait … gagné. Avec de tels décalages, nous entrons dans une comédie politicienne qui est très grave sur le fond. J'ai signé pour garder la déchetterie. Le texte signé était clair. La municipalité et les organisateurs de cette pétition doivent honorer les signatures données. La déchetterie de proximité dans la totalité de ses fonctions doit être maintenue. Nous avons défendu une déchetterie. Nous n'avons pas signé pour une végetterie. Il y a toujours des candidats pour accepter d'être abusés par militantisme. Mais ceux qui ont l'esprit libre et pour qui les mots ont encore un sens constatent à regret que le compte n'y est pas et de loin.

  • Regarder l’autre, le considérer, se mettre à sa place …

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    Je fais souvent référence à des ouvrages clefs à mes yeux. Primo Levi (Si c'est un homme) est un auteur hors du commun. Il a le regard sain et juste de ceux qui ont connu l'enfer. Ceux qui passent à côté de son oeuvre sont de réels malchanceux. Son oeuvre est la plus belle expression sur la nécessité permanente de regarder l'autre, de le considérer, de se mettre à sa place. Un extrait "… que celui qui peine dans la boue, qui ne connait pas de repos, qui se bat pour un quignon de pain, qui meurt pour un oui ou pour un non, considérez si c'est une femme que celle qui a perdu son nom et ses cheveux, et jusqu'à la force de se souvenir, les yeux vides et le sein froid, N'oubliez jamais jamais que cela fut ... "un père, une mère, un frère, une soeur … . Tout est dit. Quand ce réflexe est installé, permanent, beaucoup de choses changent. Le jour où chacun le partagera pour la cause des femmes dont la lutte contre les violences, un immense progrès sera accompli. Y penser aujourd'hui tout particulièrement, date de la journée de la femme. Mais également en permanence à tant de petits riens, une politesse, une aide, un regard sympa  qui font pourtant d'immenses changements dans le quotidien de personnes parfois si lointaines. 

  • Les mots de la vraie vie

    Léon tracteur Ottawa 07 03 19

    Grâce aux réseaux sociaux et à la diffusion des informations ainsi assurée, la fête des grands-mères dimanche a donné lieu à un éventail superbe de formules. L'une des + amusantes : "mamie t'es belle comme un tracteur !". Notre petit-fils n'a pas encore l'âge pour la prononcer mais il n'est pas à exclure qu'elle arrive assez vite dans sa pensée puis dans ses mots. Quand il est avec nous, tout tourne autour des … tracteurs. Conseil aux jeunes parents : n'oubliez jamais de tenir un carnet des mots des enfants. Avec le recul, la bonne humeur est garantie.

    Léon tracteur bis 07 03 19

  • Climat : la réelle montée des risques : où sont passés les ruisseaux de neige ?

    Avalanches février 2019

    L'actuelle impréparation en France face à la montée des risques liés au dérèglement climatique est stupéfiante. L'Etat alerte ses directions locales qui alertent à leur tour les collectivités locales qui alertent … : bref, le jeu du mistigri que chaque maillon passe à l'autre. L'action existe au moins sur le papier par l'alerte passée. Mais dans les faits, très souvent rien de concret. Or il faut regarder la réalité des faits des dernières semaines. D'ordinaire, à partir de février, avec le vent du sud, le spectacle provient sur des périodes longues des ruisseaux de neige que forment les avalanches. Cette année, une seule journée pour observer les avalanches : le 2 février. Et il y a eu seulement 9 jours de neige pour des épaisseurs faibles à basse altitude (23, 24, 28, 30 et 31 janvier, 1, 2, 3 et 11 février). Et sur février plus de 10 jours à + de 10 ° ensuite au-dessus des moyennes saisonnières. A ce rythme, les ressources en eau sur la période délicate d'été seront à rude épreuve. Surtout quand dans le même temps, lorsque la ressource diminue, la population … explose souvent. Qu'est ce qui est fait face à cette réalité ? Rien. Les couches d'instances qui s'ajoutent se passent la balle mais à la fin rien. Pas le moindre acte. Quand on compare cette réalité aux actions engagées dans d'autres pays (Canada, Australie …), le choc du climat en France dans de nombreux territoires s'annonce très rude. 

    Neige kanvier 2019

  • Ces livres qui nous dévorent

    Lyon Bellecour 04 03 19

    On dit souvent "j'ai dévoré ce livre". Expression qui suppose marquer la forte attention portée à un livre. Une formule qui mériterait d'être équilibrée par une expression plus juste : "ce livre m'a dévoré". Un livre qui a tellement marqué qu'il a "pris le dessus" sur son lecteur. Durablement. Pour ma part, une dizaine de livres m'ont dévoré. Comment je le sais ? C'est simple : un morceau ordinaire de vie pendant lequel je me dis "l'auteur de ce livre avait donc tellement raison et je repense à des pages entières d'un ouvrage". Il en est un qui m'avait beaucoup intrigué : "Notes d'un homme de terrain : tout ce que vous n'apprendrez jamais à Harvard" (1985). Son auteur est l'inventeur du marketing sportif (Mark Mac Cormack). C'est notamment l'éloge du temps décalé. Comment gagner du temps ? En ne se mêlant pas aux gros flux habituels. Lorsque ce décalage peut prendre corps, beaucoup change. Comme la photo ci-dessus ce matin très tôt : pas une personne place Bellecour à Lyon. Vide. Le silence. L'idée aussi de gagner du temps sur les autres. Mais également voir une belle place sans le moindre tumulte. Pas la moindre chamaillerie parce qu'une trottinette frôle un piéton de trop près, ce qui semble devenu un temps de "dialogues" privilégiés désormais sur cet endroit à d'autres heures …  Le décalage toujours agréable. Mac Cormack avait tellement raison sur ce point notamment. 

  • Belles fêtes aux grands-mères

    Marie et Léon 03 03 19

    Aujourd'hui c'est la fête des grands-mères. Ce n'est pas la relation la plus heureuse que j'ai pu avoir tant du côté paternel que maternel pendant mon enfance. Dommage. Le décès ne doit jamais conduire à travestir des faits ou des sentiments. Du côté de ma grand-mère paternelle, elle affichait ses préférences au sein de ses petits-enfants de façon très décomplexée et je n'en bénéficiais manifestement pas. J'ai toujours d'ailleurs ignoré pourquoi ? Du côté de ma grand-mère maternelle, elle était rude. Très rude. L'âge l'avait protégée de l'amour. Probablement trop d'épreuves dans sa propre jeunesse, ce que j'ai découvert beaucoup plus tard. Trop tard. Pourtant, même avec de telles distances, pendant ma jeunesse, j'étais impressionné par leurs rides et par leurs cheveux blancs. Les rides marquaient les années. L'expérience. Et les cheveux blancs, c'était la sagesse qui pouvait les accompagner. Elles avaient au moins une qualité : elles acceptaient leur âge. Je me suis toujours méfié des femmes qui bloquaient leur état-civil à 45 ans au plus. Comme si elles allaient même peiner à accepter que leur véritable date de naissance soit gravée sur leur tombe… Aujourd'hui, c'est une satisfaction considérable de voir Marie être une si belle grand-mère, attentive, chaleureuse, apprenant à notre petit-fils la belle solidarité des âges. Car être grand-mère c'est accepter que l'enfance puisse ajouter de la vie aux années… Sous cet angle, c'est très beau à voir.  

  • La grave crise du pouvoir dit d’expertise en France

    Champ de blé 02 05 18

    La France traverse actuellement une crise du pouvoir dit d'expertise qui est d'une extrême gravité. La Cour des Comptes remet ses rapports. Chacun s'est fait à l'idée qu'ils étaient sans utilité. Aussitôt publiés, aussitôt classés dans les tiroirs. Le Conseil Constitutionnel voit ses membres nommés. Non pas des juristes mais des politiques en fin de carrières. Et en Isère, des déclarations terribles d'un commissaire enquêteur radié qui évoque des "enquêtes publiques sous pressions". C'est un scandale éventuel considérable. Pour que la fonction d'expert soit reconnue, il faut trois qualités : 1) que la compétence technique solide soit au rendez-vous. 2) Que l'impartialité soit aussi au rendez-vous. 3) Mais surtout que les deux premières qualités soient perçues. Il ne suffit pas qu'elles existent, il faut qu'elles soient ressenties. Si elles existent mais si elles ne sont pas ressenties par l'opinion, les qualités s'annulent. Or la politisation d'un parcours est déjà une entorse à l'image perçue d'impartialité. Si en plus, un membre dénonce des pratiques supposées de rupture d'indépendance, c'est une crise de tout le système. Sur des opérations immobilières avec des enjeux financiers importants, en Isère, les accusations portées par M. Ullmann après sa radiation sont d'une gravité considérable. Sur plusieurs opérations en cours, des rumeurs créent déjà un climat malsain. Si en plus, des doutes devaient exister sur l'impartialité irréprochable d'une expertise lors d'une enquête publique, c'est une crise systémique profonde qui ne peut qu'accentuer des colères. Toute la vérité doit être faite sur de telles révélations. Il n'est pas possible de les banaliser ou de les ignorer.

  • Le terrain exprime toujours davantage que le dossier le plus complet

    Google map 28 02 19

    La crise démocratique actuelle est profonde. Elle vient de loin. Mais elle s'est beaucoup accélérée avec une génération qui n'aime pas le terrain. La "génération mocassins vernis" qui préfère les dossiers et les bureaux douillets. Il y a ceux qui vivent la vie publique comme le culte de l'entre soi. Ils passent leur temps à se rencontrer. Ils se complimentent. C'est le jeu du "je fais bien, tu fais bien, nous faisons bien ...". Il y a ceux qui regardent la couverture du dossier, qui vérifient s'ils sont en photos, qui jettent un coup d'oeil à la 4 ème de couverture, qui copinent avec le journaliste pour gagner quelques citations médiatiques puis qui reposent le tout. Et qui passent au dossier … suivant comme si travailler c'était être pris en … photo. Et il y a ceux qui font le terrain. Et le terrain c'est un apprentissage quotidien. Dans tous les métiers, c'est le terrain qui compte. Il n'y a que dans la vie publique où il est possible de se couper à ce point du terrain. Pour ma part, en ayant pourtant une expérience d'une certaine date, et pour ne le vivre que dans les horaires extérieurs à ma vie professionnelle (donc souvent le week-end), je n'ai jamais autant appris du terrain que ces 15 dernières semaines. Actuellement, la mode c'est de critiquer les citoyens qui quittent les partis politiques. Mais les citoyens les quittent parce que les citoyens ont de l'avance sur les partis politiques. Les citoyens ont des idées, des compétences et leur liberté nouvelle c'est d'abord la reconnaissance d'une très grande maturité. Le terrain exprime toujours davantage que le dossier le plus complet. Je suis à ma 28 ème présence personnelle directe sur le terrain, dans les hameaux de St Paul, dans les couloirs d'avalanches … : au printemps entre les cartes du terrain avec photos et les vidéos, cette force du terrain sera partagée le plus largement possible.

    Brise Tourte 3 23 10 19 (Copier)

    Sans polémique. Sans commentaire. L'oeil parle mieux que les mots. Sur le terrain, remercier chacun pour la qualité de l'accueil et pour cet appétit de dialogue direct. Simple. Sans journaliste du quotidien régional. Un temps très agréable. C'est comme la photo ci-dessous. Il a fallu signaler le pont bouché par un rocher. Parce que du bureau à côté de la machine à café, il était à craindre que le rocher n'appelle pas pour être enlevé … 

    Lavanchon 2 15 10 18