Le 15 juillet 1999, il y a 20 ans, les Etats-Unis avaient encore leur "petit prince". Les Etats-Unis avaient leur "famille royale" : les Kennedy. Une succession de tragédies mais avec un sentiment permanent de la relève toujours présente. La relève à cette époque porte un nom : JFK Junior. Demain, ce sera le 20 ème anniversaire de la disparition de JFK Jr. Le 16 juillet 1999, avec Marie et nos deux fils, nous étions à Washington. Quand l'annonce est tombée de la disparition du vol de l'avion de JFK Jr, le temps s'est arrêté pour l'opinion américaine. Aucune autre information n'avait prise. A l'arrivée à Boston, le poids du temps arrêté était encore plus lourd compte tenu du lien historique entre cette famille et cette géographie. Les réseaux sociaux n'existaient pas comme aujourd'hui. Tout était prétexte pour chercher l'information la + récente : un poste TV en vitrine d'un commerce … Après la découverte de l'épave et des corps, ce qui a été le + surprenant ce fut l'attention mise à refaire presque minute par minute les dernières heures avant l'accident : des béquilles de trop, une probable dispute de + dans un couple, la divergence d'opinions entre deux soeurs face aux conditions d'un même vol, la prétention technique face à une météo trompeuse par voile de très forte chaleur … La veille du jour où le temps s'est arrêté a été reconstituée de façon minutieuse. Cette reconstitution est la preuve la + implacable de la nécessité d'organiser son temps de façon sereine par ce qu'en effet la bonne disposition du temps à venir n'est jamais garantie. Une réalité que l'on tend si souvent à trop vouloir ignorer.
Catégorie : John Kennedy
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Les rares moments d’émotions réellement collectives
L'émotion est très souvent individuelle. Ou au mieux partagée en petit nombre. Mais, il y a des exceptions pendant lesquelles l'émotion est quasi-universelle. L'émotion de la joie comme ces derniers jours en France. L'émotion du doute et de la tristesse. Ce sont des moments tellement denses qu'ils s'inscrivent dans la mémoire avec une force particulière. Chaque année à la même période je repense à la disparition de JFK Jr. Il y a 19 ans. Le 16 juillet, avec Marie, Jonathan et Thomas, nous sommes à Washington. Dans la soirée, le flash info tombe : l'avion de JFK Jr a disparu. Le lendemain matin, nous partions sur Boston. Pendant plus de 3 jours, le suspens était total. Perdu ou pas ? Des survivants ? Si oui, un ou plusieurs ? Dans quelles conditions ? Et finalement seront-ils seulement retrouvés ? Il y avait une tension collective incomparable. Dès qu'une source d'information était possible (à l'époque les réseaux sociaux n'existaient pas comme aujourd'hui), nous constations cette quête généralisée d'informations. Ce sont des moments où le temps semble s'arrêter. Le reste devient secondaire comme échappant à la réalité éphémère de ce qui occupe alors toute l'attention. Une pensée particulière en ce jour …
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Chaque société avec ses blocages durables
Remarquable documentaire hier soir sur FR3 sur Robert Kennedy. C'est un espace de respiration entre des programmes TV dominés par un abêtissement manifeste avec une succession de séries policières, des variétés où la course à l'audience passe par la vulgarité et la bêtise … Ce qui est flagrant dans ce documentaire, c'est que finalement chaque société porte des blocages durables qu'elle parvient peu à régler une fois pour toutes. C'est vrai que sous cet angle, tout ne parait que répétitions. 50 ans plus tard, la société américaine n'a pas réglé sa violence notamment dans son rapport avec les armes. Elle n'a pas davantage réglé la brutalité de ses poches de pauvretés. La question raciale reste au coeur de ses conflits potentiels permanents même durant et après la présidence de son 1er président métis (Obama). Dans le rapport à l'expression de sa puissance internationale, le choix de l'arme de la guerre reste culturellement très présente. Ce documentaire était terrible de constats que si peu change dans les décennies comme si les nations restaient irrémédiablement structurées par des tendances permanentes.
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Quand Jackie Kennedy habitait à … Grenoble
Hier mardi, la Fondation Kennedy a désigné son lauréat 2018 : le maire de La Nouvelle Orléans pour l'action qui a été la sienne en faveur de la cohabitation raciale. L'occasion pour mettre en relief un fait souvent peu connu. En 1949, Jackie Kennedy, alors Jacqueline Bouvier, a habité au 20 rue Hébert à Grenoble. Elle figure sur la liste des étudiantes accueillies alors par l'Université sous le n° 658 pour la période concernée avec la mention de son adresse de résidence aux Etats-Unis. Elle a alors été hébergée chez la famille Des Francs. Au 4ème étage du 20 rue Hébert. Elle avait 20 ans à l'époque. Avant son décès, des journalistes ont tenté d'obtenir un témoignage de sa part sur cette "époque grenobloise". En vain, sa collaboratrice d'alors, Nancy Tuckerman, a fait part avec courtoisie que l'intéressée ne contribuait à aucune publication de près ou de loin, fut-ce pour des témoignages personnels. Un passage qui explique pour partie peut-être le goût durable pour la France toujours témoigné par l'épouse de JFK ? Un rappel sympa quand la Fondation Kennedy effectue tant d'efforts louables pour toujours faire vivre la mémoire des actions de l'ex Président.
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81 jours !
Vendredi 16 mars c'était le 50 ème anniversaire de la déclaration audio de candidature de Robert Kennedy pour la présidentielle 1968. Sa campagne allait 81 jours : du 16 mars au 5 juin : date de son assassinat. Mais 81 jours pendant lesquels rarement à ce point des discours de fond allaient être prononcés. La semaine dernière Elizabeth Warren a mis en relief le remarquable discours prononcé à l'Université du Kansas. Depuis l'été 1984, j'ai toujours avec moi dans une poche une pièce commémorative de l'action de RFK (cf photo ci-dessus). Elle est usée, patinée. Mais j'y suis attaché. D'abord elle me rappelle en permanence notre première période sur Boston dont les années avec nos enfants encore très jeunes à cette époque. Ensuite, les parcours politiques de JFK et RFK qui restent des parcours intemporels. Mais surtout, enfin, le fait de s'engager dans l'action publique qu'à la condition de vouloir réellement défendre de belles causes, faire bouger les choses sinon s'occuper de ses propres affaires reste un moteur suffisant. C'est actuellement cette capacité à vouloir changer réellement les choses qui fait tant défaut comme si l'action publique c'était une logique de guichetiers sauvant leurs carrières en gérant le quotidien au jour le jour. J'espère que ce 50 ème anniversaire permettra de mettre en lumière ce besoin de souffle.
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La France avec ses vieilles barrières usées qui décrédibilisent tout un système
La culture du "nuage de Tchernobyl" est finie : les pollutions ne s'arrêtent plus aux frontières administratives. Malheureusement, une classe politique figée dans de vieux réflexes s'obstine toujours dans cette culture. Deux exemples récents. 1) Il y aurait scandale à ne pas révéler l'immensité du complot dans l'assassinat de JFK à Dallas quand dans le même temps il est possible de penser que tout naturellement un ministre en France (Boulin) songe à aller se noyer tout seul en bordure d'étang dans 20 centimètres d'eau. 2) On devrait tout savoir de l'immensité de la perversité de Weinstein qui sévissait à Hollywood à 10 000 km de Paris mais dans le même temps tout ignorer de la "perversité présumée" de Pierre Bergé qui a fait régner "l'ordre intellectuel" pour ne pas dire "moral" sur le microcosme parisien pendant des décennies. Ces barrières décrédibilisent tout le système politico-médiatique français car l'opinion est lasse d'être manoeuvrée au gré des coups d'éclairages aussi sélectifs : connaître la vérité mais à la condition qu'elle soit lointaine. C'est un dispositif du "tout le monde perdant" qui est lourd de mauvaises conséquences à terme pour la démocratie française.
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Le temps des simulateurs
Hier, Trump a apporté à la transparence totale promise sur l'assassinat de JFK à Dallas la même efficacité que celle pour désarmer tout de suite la Corée du Nord ou pour juguler rapidement la dette fédérale : un tweet qui annonce la foudre qui n'arrive jamais. La communication moderne a ouvert le temps des simulateurs. Il ne faut jamais aller dans la nuance. Mais surtout il faut être habile à exprimer ce qui n'est pas éprouvé : colère, tristesse, compassion, vertu … Triste évolution. Le problème c'est quand cette règle devient sur-jouée. Il faut beaucoup de talent pour faire semblant très longtemps. Au rythme des actuelles révélations, c'est à craindre que ce talent là ne soit pas si partagé qu'on pouvait initialement l'imaginer dans plusieurs pays.
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A 55 ans d’écart, le choc étonnant des dates
Il y a parfois des dates qui s'entrechoquent dans des conditions surprenantes. Jeudi 26 octobre, nous devrions connaitre les documents jusqu'alors classés secrets au sujet de l'assassinat de John Kennedy à Dallas. Exactement 55 ans après le 26 octobre 1962 date du jour où la guerre nucléaire a été proche comme jamais. Ce 26 octobre 1962, Khrouchtchev déclarait "si les Etats-Unis veulent la guerre, nous nous retrouverons en enfer !". La crise de Cuba est à alors son sommet. Et si dans la présidence très contrastée sur le fond de John Kennedy en dehors de sa capacité à bien gérer les images, il y a un point positif à lui reconnaître, c'est celui de la conscience de tout faire pour éviter l'irréparable pendant la crise de Cuba. C'est une dimension humaine décisive pour les chefs d'Etat. 55 ans plus tard, qu'au même jour de l'année, soient publiés des documents sur le décès de celui qui en a tant évités en cette circonstance est un rendez-vous bien surprenant : le choc des dates…