De façon surprenante, la France reste actuellement à l'écart d'une tendance qui mérite l'attention en Amérique du Nord : la prise du pouvoir par les femmes. Prenons des exemples concrets récents qui sont autant de barrières qui volent en éclats. Le 25 septembre 2017, pour la première fois dans l'histoire des armées américaines, une jeune femme va commander une unité d'élite des US Marines vouée aux combats. Toujours aux Etats-Unis, à qui le Parti Démocrate confie-t-il la mission de redéfinir son positionnement pour les élections intermédiaires de novembre 2018 ? A Cheri Bustos, qui en 2016 a a gagné sa circonscription avec 20 points d'avance là où Trump le même jour de vote devançait Clinton de 2 points ! Et la présidentielle 2020 qui commence à démarrer, qui émerge dans les premiers sondages fédéraux ? Elizabeth Warren, Kirsten Gillibrand … Et du côté des Républicains, l'étoile montante c'est Nikki Haley, Ambassadrice des Etats-Unis à l'ONU. En matière économique, l'un des pôles d'innovations les plus performants, c'est le MIT. Qui dirige l'un des laboratoires de recherches les plus stratégiques pour les prochaines années ? Daniela Rus ! Et tout dernièrement, hier soir, au Canada, lors d'une élection partielle dans une circonscription présentée comme "imprenable", qui gagne contre tous les pronostics ? Geneviève Guilbault, 34 ans ! Et la liste pourrait durer longtemps. Un changement est intervenu. Le temps des femmes et celui d'une nouvelle génération est arrivé. C'est étonnant combien la France est encore à l'écart de cette tendance qui s'explique ailleurs avec pourtant beaucoup de cohérence.
Catégorie : International
-
Que reste-t-il après la « séance de démaquillage » … ?
L'Histoire comme matière ne mérite sa majuscule qu'une fois intervenue la séance de démaquillage. Et parfois cette séance ne se produit jamais. Ou elle se produit en très petits cercles. C'est cette séance que fait vivre sur Netflix le film "d'abord ils ont tué mon père" sur un régime qui "pèse" plus de 2 millions de morts. Un régime, une idéologie qui portent des comportements de pouvoirs meurtriers. Dans de telles circonstances, les mots du dédoublement ne devraient jamais être tolérés. Tout le monde devrait livrer la bataille du vrai visage d'un régime politique. Ceux qui cautionnent la "comédie du maquillage" des régimes meurtriers devraient être discrédités. C'est malheureusement un enjeu très actuel surtout en France à entendre certaines déclarations. Une réalité particulièrement inquiétante dans les circonstances actuelles.
-
Seule la transparence rend l’information digne de confiance
Les annonces faites par Mark Zuckerberg sont un indiscutable tournant pour l'information numérique. Il accepte de lever le secret sur des achats publicitaires. Et il a annoncé des mesures fortes pour lutter contre les tentatives de manipulation. Sur le fond, c'est le tournant de l'honorabilité de l'information numérique. Elle montre qu'elle est devenue adulte. Et comme adulte, elle ne peut se permettre d'être le receptacle d'informations erronées. Les décisions annoncées hier par Zuckerberg marque le démarrage d'un cycle nouveau de l'information numérique. Quand Facebook accepte de collaborer avec le Congrès pour établir la transparence sur la présidentielle 2016, comment refuser demain d'autres démarches de ce type pour d'autres pays ? C'était nécessaire pour garder ou renforcer la crédibilité de l'information numérique. Et cela changera aussi les "règles de fonctionnement" pour les médias traditionnels car, dans la compétition des supports, ils ne pourront être "en retard". Une date importante pour l'information.
-
Quand l’intérêt n’a plus de mémoire …
Il y a quelques jours, Wish a levé 250 millions de dollars. Wish, c'est une plateforme d'e-commerce. Le parti pris est simple : des prix cassés 265 jours sur 365 ! Bref, des soldes à 90 % (au moins) tous les jours de l'année. Voilà contre quoi un "commerçant traditionnel" français doit désormais lutter. Pour acheter auprès d'un "commerçant traditionnel", il faut trouver où se garer. Puis payer le parc-mètre. Puis ne pas dépasser la durée achetée au parc-mètre sinon c'est l'amende garantie … Et de temps en temps seulement, profiter d'embellie sur les prix à – 30 ou – 50 %. Et la concurrence : se mettre devant son clavier. Chercher un produit. Cliquer. Payer en ligne. Et le coût de l'expédition (quand il est facturé selon les conditions d'achat) est moins élevé que 30 minutes de parc-mètre ! Pour des produits interchangeables, sans fonction de conseil pour le vendeur, des produits qui ne craignent ni la casse ni la péremption : comment lutter ? La fonction du prix dans la séduction d'un produit est désormais telle qu'elle cache les autres volets d'un produit. Nous sommes entrés dans un cycle où l'intérêt du prix n'a plus de mémoire, ne se rappelle de rien, jamais d'un service rendu, d'une réparation assurée, d'une recherche particulière qui avait demandé beaucoup de temps … Avec de telles conditions de consommation, si les villes ne s'adaptent pas de façon très urgente (plages horaires gratuites pour les véhicules, animations récurrentes, opérations commerciales quasi-permanentes …), nous ne sommes qu'au début d'un massacre considérable. Ce d'autant plus que la bataille financière globale est tellement inégale. Pour des entreprises d'Internet situées dans la seule localité de San Francisco, au cours des trois dernières semaines, 528 millions de dollars ont été levés auprès de capitaux risqueurs. Pas sûr que ce montant ait été levé sur toute l'année 2016 (12 mois) pour les entrées de ce segment de marché sur la Bourse de Paris. Si des modifications majeures urgentes ne sont pas apportées, les villes et villages de France ne sont pas prêts de voir arrêter la baisse des stores métalliques … Et ce constat est effectué par le client que je suis qui donne la préférence permanente au commerce indépendant de proximité avec une grande fidélité.
-
Regarder des chiffres incontestables en face : la fin du « massacre » irresponsable, c’est pour quand ?
Une étude du Fonds mondial pour la nature vient d'être publiée (WWF). Et cette étude ne concerne pas un pays lointain en voie de développement "réputé" pour son indifférence aux sujets de l'environnement. Cette étude concerne le Canada, pays très sensible aux sujets de la nature. Le Canada compte 903 espèces d’oiseaux, de poissons, de mammifères, de reptiles et d’amphibiens. Ces espèces ont perdu 83 % de leurs individus entre 1970 et 2014, selon le rapport du Fonds mondial pour la nature (WWF). Le déclin des espèces protégées par une loi fédérale a été comparable à celui des espèces non protégées. L’organisation environnementale a étudié 3 689 populations différentes de 386 espèces d’oiseaux, 365 espèces de poissons, 106 espèces de mammifères et 46 espèces de reptiles et amphibiens. Elle a utilisé une méthode développée par la Société zoologique de Londres pour regrouper plus de 400 ensembles de données compilés par le gouvernement fédéral. L’étude explique que les déclins de population sont causés par des facteurs qui commencent à être bien connus : la perte d’habitat, les changements climatiques, les espèces envahissantes et la pollution. Face à de tels changements structurels, même les lois dites de protection sont d’un impact faible. Les populations des espèces visées par des lois de protection se sont écroulées de 63 % pendant la durée de l’étude. Ces chiffres montrent bien, si besoin était, que les enjeux sont ailleurs que dans des textes.
En bref:
- Les populations de mammifères ont reculé de 43 %
- Les populations de poissons ont fondu de 20 %
- Les populations de reptiles et amphibiens ont reculé de 16 %
- Les populations d’oiseaux ont grimpé de 7 %, surtout grâce à l’amélioration du côté des gibiers d’eau et des oiseaux de proie. En revanche, les populations d’oiseaux des prairies se sont effondrées de 69 %, celles des insectivores de 51 % et celles des oiseaux de rivage de 43 %.
Face à de telles réalités incontestées, il serait quand même temps de regarder ces chiffres en face et de changer sérieusement de façon urgente de comportements.
-
L’autre visage de l’international …
Des médias français, tout particulièrement des chaînes TV, ont une conception très particulière de l'international. C'est soit le théâtre de la célébration de la "puissance française" lors de diverses manifestations soit la mise en relief de ce qui ne fonctionne pas à l'étranger. Dans ce dernier cadre, c'est d'ailleurs parfois un réel choc que de constater un reportage lénifiant pour un dysfonctionnement en France et implacable pour une faiblesse dans un pays étranger. Mais il y a un angle qui presque systématiquement défaut : présenter de façon détaillée les bonnes nouvelles intervenues dans un pays étranger. Vendredi, les statistiques sont tombées au Canada au sujet du chômage. Le marché du travail canadien a affiché son neuvième mois de gains d’emplois consécutifs en août 2017, ce qui constitue sa plus longue progression depuis la crise financière de 2008. Statistique Canada a révélé que la hausse, le mois dernier, de 22 200 emplois a permis de faire diminuer le taux de chômage de 0,1 point de pourcentage au Canada pour s’établir à 6,2 %. Cela correspond à un niveau d'emploi d'avant la crise de l'automne 2008. Et dans le même temps, le niveau moyen des salaires a augmenté ! Une réalité qui explique le niveau de confiance en faveur de Justin Trudeau. Et, dans les médias français, il n'a pas été davantage question par exemple des emplois créés par Ubisoft. L'annonce est intervenue le 5 septembre : création d'un nouveau studio avec 150 emplois créés à court terme. Cette entreprise a son siège social à Rennes et les emplois créés le sont à … Saguenay (Province de Québec). Les aides et les charges sociales font la différence. C'est aussi cela l'autre visage de l'international …
-
Pourquoi Jeff Bezos ne pouvait pas être français …
Remarquable article des Echos du jeudi 7 septembre sur les 5 leçons a retenir de Jeff Bezos. Jeudi 7 septembre, Jeff Bezos a annoncé la construction d'un second siège : 5 milliards de dollars de travaux, 50 000 emplois créés … Amazon, c'est déjà 380 000 salariés soit le 8ème employeur des Etats-Unis ! Parmi les 5 leçons très instructives, il y a la leçon 4 : accepter de perdre de l'argent. Quand il était venu en France en 2 000 (29 août), Amazon c'était un CA de 70 millions de dollars de CA avec 25 millions de dollars de pertes sur l'exercice 1999. A l'issue de son point professionnel sur une péniche à Paris, j'avais brièvement parlé avec lui. Il avait reçu un orage de grêle des journalistes français annonçant l'éclatement de la "bulle Amazon" et datant même pour certains le moment de sa … liquidation. En France, il faut gagner de l'argent … tout de suite. Les seuls organismes qui peuvent perdre de l"argent, c'est le public sans que là des questions soient jamais posées comme s'il avait vocation, même dans des domaines concurrentiels, à cumuler les trous à boucher et les grandes entreprises avec beaucoup de salariés qui peuvent engager un chantage à l'emploi pour obtenir des renflouements. Pour les autres, accepter le long terme, c'est impossible. Le mécanisme est verrouillé : le commissaire aux comptes lance des alertes. L'expert comptable est pris d'angoisse. Les concurrents agitent le drapeau rouge en ayant comme argument de vente que l'entreprise en question ne peut plus survivre longtemps. Il maque plus que la convocation dans la salle d'attente du tribunal de commerce et la "messe est dite" : le sapin est avancé … C'est certains que Jeff Bezos ne pouvait pas être français. Mais en attendant l'essentiel des emplois qu'il crée ne le sont pas non plus. Un constat qui mériterait d'être analysé plus sérieusement que d'actuels débats bien éphémères …
-
La génération qui ne connait pas assez la beauté du sens du « non » !
Dans son entretien à l'hebdomadaire Le Point Emmanuel Macron a au moins le mérite de montrer qu'il a une vision globale. Il est possible d'être d'accord ou pas avec cette vision. Mais elle existe. Elle est argumentée, ancrée dans une construction intellectuelle. 20 pages qui changent de la formulette destinée à faire la carte postale du jour. Dans cette vision, il y a un volet qui mérite l'intérêt : l'inquiétude exprimée sur l'esprit de cour, l'organisation des petits arrangements, la structuration des statuts qui gèlent les situations … Macron met en évidence l'intérêt de la capacité à dire "non". Sous cet angle, c'est probablement l'apport n°1. Car, ce qui est inquiétant actuellement, c'est l'émergence d'une génération qui ne connait pas assez la beauté du sens du non. Le "non" a été victime d'une déstructuration organisée de son sens pour faire vivre une génération docile amoureuse du "oui" et du mimétisme collectif. Il faut réhabiliter le "non". D'abord le "non", c'est l'autre visage d'un autre "oui". Dire "non" c'est vouloir autre chose que le "oui" refusé. Ensuite, c'est accepter qu'une conception personnelle peut compter autant qu'une conception collective qui n'est ainsi pas vouée à s'imposer par mode, par matraquage commercial, par soumission à des dogmes divers … Enfin, c'est l'expression de l'indépendance donc de la liberté à exprimer une position. Le XXI ème siècle sera la victoire de ceux qui disent "non". Le "non" a déjà donné naissance à la "nouvelle économie" parce que des entrepreneurs ont dit "non" aux circuits classiques qui s'imposaient jusqu'alors. Le "non" va devenir la grande bataille pour refuser un réchauffement climatique qui est le suicide de la planète. Et les exemples pourraient durer longtemps. La grande différence ne va pas résulter des nationalités mais des capacités à faire vivre des tempéraments "qui ne soient pas que des lèches bottes ou des mauviettes" pour reprendre l'expression de Clint Eastwood qui produit actuellement le film "15 heures 17 pour Paris" célébrant l'héroïsme au quotidien. Peut-être qu'avec des films, des articles … le "non" va retrouver la place qu'il mérite en France … ?
-
223 jours et déjà … à la prochaine
Il y a un moment où l'accélération du temps doit quand même commencer à poser question. Ce qui me surprend beaucoup actuellement, c'est l'importance considérable dans les médias américains de la perspective d'une candidature de Mark Zuckerberg en 2020. Certes, l'intéressé s'y prête. Sur Google, il y a accès à des centaines d'articles sur ce sujet dans des médias importants. Et il y a seulement 223 jours que Trump est installé. Rien ne semble pouvoir calmer la fuite dans le temps. A peine installé, il est déjà question de la prochaine élection. Et ce matin, des médias français s'engagent dans cette voie en ouvrant expressément la course à Matignon. La question est désormais à l'après éventuel Edouard Philippe. Là, on est à 108 jours entre la date d'installation et celle d'aujourd'hui. A ce rythme, l'installation annonce presque le départ virtuel. Difficile de gérer sérieusement dans de telles circonstances. L'opinion commence peut-être à zapper un peu trop vite … ?