Denis Bonzy

Catégorie : Etats-Unis

  • Quand tout s’accélère … ou reste-t-il encore une place pour une autre information ?

    Leaders occidentaux

    La photo ci-dessus date du 25 avril 2016. Et à fin 2016, sur 5 leaders occidentaux de puissances majeures, 5 d'entre eux ont perdu le pouvoir. Cameron a perdu le pouvoir en mai 2016 lors du Brexit. Hollande et Renzi ont perdu le pouvoir dans la même semaine pour des raisons différentes. Quant à Obama, il est sur le départ sans avoir lutté pour cause de contraintes légales de non cumul de mandat mais c'est un opposant résolu qui va lui succéder (Trump). 

    7 mois plus tard, le pouvoir a changé de titulaires à une exception près.

    C'est le moment choisi par des investisseurs et des journalistes américains pour lancer une "autre information" : plus réactive, plus brève, bref plus en adéquation avec le monde moderne. Ce site c'est Axios. Il sera lancé très prochainement. C'est une expérience à suivre avec attention. Reste-t-il encore une place pour une autre information et si oui quel doit être son contenu comme ses supports ? Un très beau sujet. Réponse dans quelques semaines avec Axios. Peut-être ?

    Axios

  • Une démission climatique en toute discrétion …

    Espèces d'ours 2 13 10 16

    Il y a 15 jours, la COP22 décalait à la COP24 (2018) l'arbitrage sur les mesures concrètes visant à appliquer les orientations de la COP21 (Accord de Paris de décembre 2015). Précisément, l'Accord de Paris ne trouvera pas application avant le 1er semestre 2019 puisque la COP24 se tiendra en novembre 2018. 3 ans de perdus. 

    Le débat des primaires de la Droite s'est terminé il y a une semaine. A-t-il été question du réchauffement climatique ? Jamais. Comme si le sujet n'existait pas. 

    Et la liste pourrait continuer longtemps. Ainsi, exemple parmi d'autres, au Canada, Justin Trudeau vient de céder sur deux nouveaux oléoducs…

    Tout se passe comme si la démission climatique s'installait. C'est ce qui explique que le Pape en soit conduit à demander aux scientifiques de se mobiliser parce qu'il ne croit plus aux politiques. Une situation irréelle. 

    Sur un sujet décisif pour son devenir, la planète court manifestement à une crise de plus en plus grave mais au moins elle y va avec discrétion, comme si de rien n'était … bref avec la même méthode que les années qui ont précédé la crise financière de 2008. 

  • L’événement le plus important de la semaine écoulée : Viadeo !

    Viadeo

    Mardi 29 novembre, Viadeo a été placée en redressement judiciaire. C'est le marqueur le plus important d'un tournant des marchés.  L'étape pendant laquelle des sociétés pouvaient vivre des placements des investisseurs et non pas des recettes des clients est passée. Finie. Ce tournant était annoncé depuis une quinzaine de mois. Je l'ai évoqué à de nombreuses reprises. C'est une étape nouvelle qui s'ouvre.

    Ce nouveau cycle s'ouvre dans un contexte qui mérite l'attention. L'énergie repart à la hausse. Les taux d'intérêt vont redémarrer aussi. Le protectionnisme gagne du terrain notamment aux Etats-Unis où l'Administration Trump semble solide ce volet. C'est dans ce contexte que les Français vont prendre conscience des occasions manquées ces 5 dernières années. Aux Etats-Unis, le taux de chômage vient de passer en novembre 2016 en-dessous des 5 % de la population active c'est à dire au niveau de 2007 soit avant la crise de 2008 ! En France, ce taux est de plus du double.

    Est-ce le moment dans ce contexte où la crise sous de nouvelles formes est devant qu'il faut lever des pans entiers de couverture sociale ? La sagesse veut que c'est en période de croissance saine qu'il faut alléger la couverture sociale. Si cette évolution se produit en période de crise, la "casse humaine" est considérable. 

    Une réalité qui montre aussi, si besoin était, le décrochage dans le temps entre l'adoption d'une politique et l'impact concret. Pour Obama, il lui a fallu 5 ans pour infléchir la tendance de 2008 et avec des mesures volontaristes considérablement plus élevées qu'ailleurs puisqu'il a opéré des nationalisations ponctuelles provisoires. 

    La France risque de payer très cher dans ce nouveau contexte l'amateurisme des dernières années car un sérieux "gros temps" s'annonce et cette tempête très sérieuse va être affrontée par un pays très fragile.

  • La fin des plafonds de verre

    JFK Library 2 02 12 16

    Le concept du plafond de verre est né dans les 10 dernières années en politique. L'idée est simple : il y aurait des seuils infranchissables pour tel ou tel candidat. C'est presque une approche d'analyse boursière appliquée à la politique : l'idée de tunnels quantitatifs à l'intérieur desquels une valeur ou une marque politique peut fluctuer mais avec la sécurité de ne pas franchir un plancher technique ni un plafond technique. 

    Les plafonds de verre sautent les uns après les autres. Dernier exemple en date, en France, Fillon qui manque de peu de passer dès le 1er tour après avoir été 15 jours auparavant dans le "plafond de verre" du 15 % au mieux. 

    L'opinion publique a gagné en maturité de décision comme en pluralité d'informations. Elle se libère donc des "tunnels" dans lesquels les analyses quantitatives l'emprisonnaient. C'est une nouvelle donne majeure. 

    L'article paru dans Les Echos du 30/11/16 sur les nouvelles sources d'informations dont la part nouvelle des "fausses informations" présente de façon très réussie l'un des volets nouveaux de cette réalité. A l'intérieur de cet article globalement de qualité, des points sérieux méritent la contestation. Ce qui est sûr c'est qu'une nouvelle démocratie d'opinion est en train de naître avec des contingences fondamentalement nouvelles. Une période très intéressante.

  • Gouvernance et impopularité ne sont pas irrémédiablement jumelles

    Obama 3 18 11 16

    Il faut reconnaître au moins une qualité aux nuls : leur capacité à dénicher des plus nuls qu'eux pour ne pas avoir à souffrir la comparaison. Sur le fond, c'est un vrai savoir faire qui rythme actuellement la vie publique française. En conséquence, progressivement, elle s'est installée dans cette culture que gouvernance et impopularité seraient jumelles. Ce qui est faux. Hier, un institut de sondages fiable (Quinnipiac University) a publié un sondage sur Obama affichant une cote d'insatisfaction de … 22 % ! La défiance est pour lui le double de la cote de confiance pour le Président français c'est dire qu'à confiance comparée Obama inflige un 4 / 0 à Hollande. Mais en France maintenant, même en dehors de l'approche la plus difficile qu'est l'intention de votes, les sondages sont disqualifiés. Tout est disqualifié : les chiffres publics, les sondages privés … Un néant abyssal comme si la nullité devenait irrémédiablement contagieuse sans frontière … Heureusement qu'il existe encore des chefs d'Etat qui échappent à ce terrible constat. Les raisons sont évidentes. Mais il peut encore exister en France de la Cour et des obscurantistes pour se demander pourquoi … 

  • Les Français échappent-ils à la vague anti-establishment ?

    Trump 19 09 16

    L'establishment c'est quoi ? Selon le dictionnaire : " l'ensemble des gens en place qui contrôlent l'ordre établi et cherchent à se maintenir". Bref, aucun candidat politique français n'échappe à ce jour à l'appartenance à l'establishment. Voilà la réalité derrière les mots supposés "rebelles". Or cette réalité n'échappe pas aux citoyens et surtout pas aux jeunes.

    Il semblerait que les jeunes aient été très absents de la primaire de la Droite et du Centre. Le vrai phénomène actuel c'est que les électeurs se dérobent. Le Droite a mobilisé sa clientèle traditionnelle majorée de perturbateurs de gauche perdus dans un combat animé par une autre cause. 

    Ce phénomène est actuellement le plus important. Un électorat qui se dérobe montre qu'il est prêt aux votes les moins encadrés. C'est le vrai socle du "trumpisme" : quand la colère devient incontrôlable au point de s'émanciper des voies habituelles. Cet état d'esprit est très présent en France, probablement majoritaire et largement. Mais il n'y a pas encore de porte voix. C'est cette absence qui va poser problème et conduire à des votes protestataires considérablement majorés même sans illusion.

  • Et si le vrai vainqueur des élections américaines, c’était lui …

    Alexander Karp

    En 1980, lors de la victoire de Ronald Reagan, il y eut beaucoup d'étonnement face à certaines attitudes de Reagan. Puis quelques mois après, tout est apparu très cohérent. A la manoeuvre, Richard Wirthlin et son programme PINS. Une vraie croisade informatique. L'opinion américaine avait été segmentée en 157 catégories. Et chaque catégorie avait été quantifiée par Etat. Chaque catégorie avait été testée sur des mots d'évocations. Si bien que lorsque Ronald Reagan procédait à une déclaration, il disposait préventivement d'une simulation de nature à lui donner l'impact sur les électeurs clefs dans chaque Etat. Tout ce qui paraissait improvisé, voire désordonné était très … programmé et cohérent.

    N'est-ce pas le même schéma en 2016 ? Le Point a consacré de façon très réussie une présentation d'Alexander Karp avec sa société Palantir. Via Peter Thiel, proche de Trump et encore plus proche d'Alexandar Karp, ce dernier a-t-il tenu en 2016 la même fonction que Wirthlin en 1980 ? La question s'était déjà posée avec discrétion pendant la campagne. A fortiori lors de la désignation de Kellyanne Conway comme directrice de campagne car Conway est une adepte de Wirthlin. Dans les prochains mois, la clarté se fera jour. Le vrai vainqueur des élections américaines prendra peut-être un nom inattendu comme en 1980 ?

  • L’enterrement annoncé des primaires

    Vote 02 03 16

    Une fois que l'actuelle fièvre retombera, la situation actuelle conduira à enterrer le mécanisme des primaires. La fièvre tient à quoi ? A la forte participation. Mais la forte participation n'est pas la garantie d'un bon mécanisme. Si l'audience rythme tout, "la culture Hanouna" a de beaux jours en France. Parce que cette "culture" c'est le culte de l'audience et exclusivement. C'est compréhensible pour des médias qui vendent de l'audience pour augmenter la cherté de leurs passages publicitaires qui grimpent à mesure que l'audience est forte. Mais peut-il en être de même en politique ?

    Prenons des exemples concrets. En sports, à qui viendrait l'idée de confier la composition de l'équipe concurrente en acceptant que les concurrents influent sur cette composition ? Dans notre domaine de l'entreprise privée, quel entrepreneur s'en remettrait à un concurrent pour fixer les recrutements de son entreprise ? Tout cela n'a pas de sens.

    La primaire est un mécanisme pour les scrutins à un tour. La France a un scrutin présidentiel à 2 tours. C'est la vocation du 1er tour de sélectionner non pas sur un échantillon de 10 % du corps électoral mais sur tout le corps électoral potentiel. 

    La primaire demande de l'honnêteté aux participants. Si la primaire doit être ouverte à tous, comment banaliser la "trahison de la signature" puisqu'il y a un code des valeurs à signer de façon préalable ? En quoi le dispositif peut-il être juste quand le moment venu un militant sincère qui a passé des nuits à coller a le même poids qu'un électeur qui revendique clairement d'appartenir à un groupe concurrent ?

    Comment faire vivre le débat sérieux quand il y a plus de 4 compétiteurs ? On est en train de le vivre actuellement. Le débat de fond n'a débuté qu'au lendemain du 1er tour. Irréel. 

    Comment accepter que la primaire ne soit pas un processus de sélection mais un processus d'élimination par le "camp d'en face" ? Regardons les chiffres. 4 260 000 participants. Entre le 2ème et le 3ème compétiteur un écart de moins de 400 000 voix. Si la gauche revendique quasi-officiellement 15 % au moins des votants, c'est reconnaître que cet écart de 400 000 voix est largement en-dessous du nombre des votants de gauche. Et la banalisation du processus de participation "dans le camp d'en face" aura encore plus d'impact lors de primaires locales quand le nombre de participants devient faible.

    Une fois la fièvre retombée et le bon sens retrouvant la place nécessaire, c'est l'enterrement annoncé des primaires parce que les déviations actuelles banalisées vident ce processus de ses qualités principales.

  • Quand la vacuité gagne haut la main …

    Cleveland 15 07 16

    A force de vivre les campagnes électorales comme des courses à l'audience par le spectaculaire, les lendemains sont redoutables. Hier soir, Trump est sorti de la fantaisie. Il a enregistré et publié sa 1ère vidéo officielle depuis qu'il est élu. Il présente ses 6 priorités immédiates. La choc Trump prend réalité. Climat, accords internationaux … : le choc est réel. Frontal. Il y a juste une mesure qui mérite l'intérêt positif : l'engagement de ne publier une nouvelle réglementation qu'à la condition d'en supprimer deux anciennes lors de la publication d'une nouvelle. Vendredi dernier, la lutte contre le réchauffement climatique a déjà pris deux ans de retard avec la conclusion de la COP22 décalant tout à 2018. Avec les déclarations de Trump d'hier, c'est 20 ans de plus.

    La vacuité avait régné pendant la campagne électorale : le vide sauf les grimaces de Trump, les tweets de Trump … Aujourd'hui, il est dans le fauteuil et le vide est occupé.

    Même dispositif en France. C'est au lendemain du 1er tour de la primaire qu'on commence à parler programmes de façon précise. Jusqu'alors les réalités étaient à contre-mots. C'est ainsi que Juppé est devenu … moderne, Fillon …anti-système, Copé … honnête et pourquoi pas Poisson … tolérant … 

    C'est la génération "fouzy" : "fouzy" un mot à la mode et la réalité s'adaptera. Ainsi tout dernièrement, le jeune Christian Estrosi (61 ans) a épousé la vieille Laura Tenordji (40 ans). La vie privée doit rester secrète jusqu'au jour où M6 publiera les photos bien sélectionnées d'un mariage anti-système entre un membre de la société civile (Christian Estrosi) qui n'a jamais cumulé les mandats politiques et une jeune femme totalement extérieure au milieu médiatique puisqu 'elle ne présente pas une émission télé chaque matin sur France 2… Et surtout que les militants n'hésitent pas à twetter et retweeter les éléments de langages officiels le plus possible. 

    A ce rythme, on ignore quel mur on va prendre de plein fouet mais l'accident est garanti. S'il n'y a qu'un mur ce sera déjà une réelle chance à ce rythme.

  • A contre krachs …

    Trump 2 02 08 16

    La séquence temps actuellement traversée est assez surprenante dans les capacités des "experts" à prévoir. C'est l'expérience des krachs annoncés qui n'ont pas lieu et des krachs non annoncés qui … ont lieu. Le Brexit devait entraîner un krach boursier d'ampleur considérable. Rien de ce type n'est intervenu. L'éventualité de l'élection de Trump devait entraîner un krach boursier considérable. Un tsunami financier était annoncé. Rien de ce type non plus. Le krach annoncé devait écarter l'élection de Trump qui de ce fait sortait du champ des possibles avant le 8 novembre. Et c'est l'élection écartée qui est devenu le krach politique non prévu. Avec de telles expériences, il devrait y avoir davantage d'humilité dans les expressions du défilé d'experts qui passent leur temps à nous annoncer de quoi demain sera fait…