Vendredi, le fondateur de NationBuilder est décédé. A l'âge de 41 ans. Ayant lutté contre un cancer depuis 2005. Très tôt, il avait eu l'intuition qu'une nouvelle étape dans les fonctions des sites Internet serait nécessaire. Il a donc créé une plateforme ouvrant des fonctionnalités nouvelles par rapport à celles qui existaient à cette époque. Aujourd'hui, sur la quasi-totalité des réseaux sociaux, on perçoit bien qu'un nouvel âge doit s'ouvrir. Parce qu'à l'usage, des travers significatifs sont nés. C'est le cas pour Facebook avec les signalements abusifs. Un article vous déplaît. Vous faites un signalement. Comme la gestion du signalement est opérée par des automates, l'article sort immédiatement du circuit. Il faudra des semaines pour faire constater que le signalement était abusif donc que l'article n'avait pas à être retiré par Facebook. Dans la vie publique, ce mécanisme s'apparente à de la censure. Un collectif citoyen comme le Club 20 en est victime assez souvent d'où les modifications imprévisibles de sa page Facebook. Dans la vie commerciale, c'est de la concurrence malhonnête. Heureusement, progressivement, Facebook avance. Des plaintes vont connaître des suites concrètes. Les comptes auteurs de signalements abusifs vont avoir des conséquences directes gérées par Facebook en dehors ou en complément des procédures judiciaires. Le succès des réseaux sociaux impose un nouvel âge. Ce qui va être important c'est que ce nouvel âge n'intervienne pas au prix d'une restriction des libertés. Malheureusement en France actuellement on sent pour la première fois à ce point, depuis des perspectives de taxations jusqu'à certains arguments qu'Internet pourrait vivre une restriction de sa vocation d'espace de liberté. Si c'est le cas, c'est une étape grave de plus vers la marginalisation de la France qui apparaît de plus en plus comme le pays de toutes les crises.
Auteur : Denis Bonzy
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La bataille de l’ours polaire et tous ces marqueurs qui ne sont pas des hasards
Il y a un an la vidéo des derniers instants d'un ours polaire affamé avait ému l'opinion internationale. Cette semaine au Canada, pays emblématique de la richesse de la faune et de la flore, un débat sur les espèces animales en péril va concerner l'ours polaire. 39 espèces animales dont le sujet de l'évolution éventuelle du statut de l'ours polaire. Ce sujet devrait faire la Une de toutes les actualités internationales. Derrière ce symbole, la réalité c'est quoi : 1) cela parait désormais une tâche presque impossible que de préserver ce que la nature nous a donné. 2) Toutes les alertes reçues ne sont pas des hasards. C'est la crise d'un système. Ce débat est capital. Comme des débats à notre porte par exemple sur la chute d'espèces animales de proximité comme les oiseaux. Bon nombre de décideurs publics se comportent comme s'ils avaient une double vie. Les discours d'un côté qui célèbrent les combats environnementaux à mener. Puis les permis de construire d'un autre côté qui font disparaître des espaces naturels sous le béton et le bitume, processus qui est le cercueil d'espèces animales de proximité. Combien de temps encore cette irresponsabilité peut frapper ? Que cette question de bon sens ne s'impose pas en tête de toutes les autres est un mystère absolu.
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30 ans du Synchrotron à Grenoble : le vrai message : montrer que le futur peut aussi être un avenir
La semaine prochaine, mardi, les autorités officielles du Synchrotron vont fêter les 30 ans de cet équipement. Au-delà de l'apport scientifique, cette étape pour l'agglomération grenobloise est lourde de sens. Elle met en relief des moments clefs où une collectivité passe un message fort : le futur peut aussi être un avenir. Le futur c'est le jour d'après. Tout le monde imagine donc avoir un futur. L'avenir c'est une autre dimension qui porte la notion de progrès. C'est un sens qui dépasse la seule idée du temps à venir. C'est la dimension qui fait défaut aujourd'hui en France. Le jour où plus largement chacun aura le "sentiment d'avoir un avenir", le calme et une plus grande gaieté collective referont surface. Le plus inquiétant, c'est que de nombreux gouvernants semblent avoir désormais renoncé à cette étape. Quand en 1985, Grenoble unie dans toutes ses composantes s'engageait dans la compétition face à Strasbourg alors quasi désignée définitivement, c'était le sens de son combat. Un combat qui fut terriblement difficile. Qui a demandé une union, une détermination et une mobilisation exemplaires. Dont toutes les composantes mériteraient d'être mieux respectées. La ré-écriture de l'histoire est un sport très pratiqué, indiscutablement en France celui qui compte le plus grand nombre de hors jeux pour ceux qui connaissent la réalité des faits et qui entendent respecter cette réalité des faits. Dommage car des leçons de l'expérience permettraient d'épargner de nombreuses erreurs. Le temps est en effet souvent porteur de beaucoup de réponses à de nombreuses questions actuelles.
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Nouvelle étape dans la crise : après les élus sans le peuple, des élus contre le peuple !
Depuis 2005, la France est en crise. Mais les pouvoirs publics refusent de regarder cette réalité en face. La réalité c'est quoi : une nation en état permanent de quasi-guerre civile, une société laminée par le chômage avec un cortège de réelles misères, une économie déclassée, une classe politique déconsidérée, une Constitution démembrée avec un Parlement rabaissé dans des conditions inquiétantes, une position internationale marginalisée avec une France devenue une impuissance moyenne refusant de reconnaître son nouveau "statut" et le tout avec des prélèvements obligatoires qui grimpent toujours plus haut accompagnés dans cette croissance par la … dette publique : il ne reste plus rien de l'entreprise de redressement engagée en 1958. Avec bon sens, le peuple constate cette réalité. Mais à l'opposé, les pouvoirs publics refusent de la constater. Ils présentent toujours comme des réussites spectaculaires ce que le peuple considère comme des faillites. La première étape dans cette crise a été les élus sans le peuple avec une abstention battant des records. Une nouvelle phase est ouverte celle des élus contre le peuple. Dans une démocratie, cette dernière phase ne se termine jamais bien. C'est impossible. Là encore, une réalité que le pouvoir devrait mieux considérer.
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Le mauvais génie du microcosme parisien
"Se mentir à soi-même c'est se prendre pour un idiot" affirme la sagesse populaire. Et passer son temps à mentir aux autres c'est les prendre pour qui ? Historiquement, la France a été le pays de la pensée. Mais il n'y a plus de débats d'idées en France. Pour de multiples raisons dont le fait que c'est désormais un débat d'… auteurs. Le débat ne porte plus sur le contenu mais sur qui exprime ce contenu. La politique en France c'est une sorte de religion avec ses "grands prêtres" gardiens des pensées honorables et les autres qui sont fustigés en permanence. C'est la caricature des gilets jaunes. Le débat de fond c'est quoi : le niveau des prélèvements obligatoires en France. Et le microcosme parisien nous parle de quoi : de Paulo qui sur le barrage d'Arfeuille-Châtain dans la Creuse a lancé son grille pain usé sur la voiture d'Elizabeth qui conduisait ses enfants blondinets à l'école primaire. Pour tromper l'opinion en détournant son attention, c'est une caricature. Le problème c'est qu'il n'est plus sûr que l'opinion marche à ce petit jeu. Et si c'est le cas, le mauvais génie du microcosme parisien va produire beaucoup de dégâts parce que les problèmes de fond sont terribles en France à force de refuser de les regarder en face.
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Le mensonge de la société égale
Pendant des décennies, la France a été organisée sur la base d'une égalité des territoires. Des différences existaient mais relativement faibles. Ce principe d'égalité a correspondu à une forme de réalité et d'atouts pour la totalité des territoires. Mais depuis 15 ans, ce principe a explosé. Des métropoles sont passées à l'heure européenne (Lyon, Bordeaux, Nantes, Lille, Toulouse …). A l'opposé, le secteur rural s'est précarisé, appauvri dans des conditions probablement inédites. Ce qui est valable pour les territoires l'est presque partout ailleurs. Avec la crise de nombreuses filières de l'université, les grandes écoles font régner une sélectivité financière considérable. L'entrée dans le 5 ème âge est désormais très différente selon les niveaux de revenus pour éviter des Ehpad qui sont des mouroirs de l'ancien siècle. La ségrégation territoriale est plus forte que jamais dans les quartiers au sein d'une même ville, Marseille vient de le prouver de façon dramatiquement caricaturale. L'enseignement est frappé par les inégalités du bassin d'accueil d'un établissement et il ne parvient même plus à gommer l'accent des banlieues, redoutable passeport pour une marginalisation professionnelle. Et la liste des exemples pourrait durer longtemps. Tout n'est qu'inégalités. Et le corps politique continue à nier cette réalité. Le divorce est assuré. Parce que l'inégalité généralisée est aujourd'hui intégrée par l'opinion, c'est tout le mécanisme de la solidarité par l'impôt qui est fragilisé. Pourquoi payer pour les autres quand les autres laissent chacun aussi seul face aux vrais défis. C'est le sauve qui peut. Là dans la culture française, c'est un tournant majeur. L'opinion n'est plus dupe du mensonge de la société dite égale. La société n'est plus égale. Et les citoyens veulent préserver leurs moyens matériels pour affronter cette triste réalité. D'où l'actuelle révolte face au poids des impôts, taxes … Pourquoi payer aussi cher pour un secteur public qui n'assure plus une forme de base d'égalité ? Sous cet angle,c 'est une réelle révolte de fond bien au-delà du seul prix de l'essence.
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Rendre hommage à celui qui a tout annoncé depuis … 2013
Il fait partie de la "France invisible". Celle qui ne court pas les plateaux TV. Son esprit est inclassable parce qu'il a encore préservé sa liberté de juger les faits et non pas de faire la Cour. Sa femme ne montre pas ses fesses sur les scènes de théâtre. Il ne marche pas à la petite formule mais à l'analyse détaillée. Et surtout il ne s'est pas trompé depuis ses annonces datant de … 2013. Ce dernier volet est un carton rouge pour des médias français nationaux qui aiment d'abord demander les prévisions à ceux qui se sont toujours trompés depuis 30 ans : Minc, BHL … Son nom : Christophe Guilluy. En 2 ouvrages, tout ce qui se déroule actuellement sous nos yeux est annoncé et expliqué de façon remarquable : la France périphérique (2013), Le crépuscule de la France d'en haut (2016). Sur ce blog, nous parlons de lui depuis longtemps déjà. La "France des voisinages impossibles" se terminera très mal à force d'être niée. Dans sa remarquable tribune du 4 avril 2016, Jacques Julliard dans le Figaro avait une expression terrible ‘le vivre-ensemble est une blague. Une blague qui se terminera de façon sanglante”. Hier, le sang a déjà coulé. Attention aux prochaines étapes dans l'actuel climat.
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Lors d’une crise de nerfs ne pas se tromper de cible …
Il y a quelques jours suite à des déclarations, aux Etats-Unis, Nancy Pelosi a une fois de plus déçu des défenseurs de la cause du climat. Qu'ont-ils fait ? Ils sont allés occuper les bureaux de Nancy Pelosi. Si on avait été en France, les mêmes causes n'auraient pas produit les mêmes effets : les déçus auraient bloqué des rues. De tels choix font penser à des personnes qui lors d'une crise de nerfs cassent leur propre vaisselle. Et le jour d'après, ils paient les dégâts. Une loi ou un règlement ne tombent pas du ciel. Jamais. Ils ont des auteurs. Des parlementaires. Des Sénateurs. La logique voudrait donc de s'occuper des auteurs de la loi ou du règlement. Mais en France comme la protection des institutions publiques est considérable, les citoyens s'en prennent à leurs … pairs. C'est l'image de casser sa propre vaisselle. C'est connu et reconnu que cela va déjà mal pour le "citoyen ordinaire" et en + on va s'en prendre au … "citoyen ordinaire". Le jour où ces méthodes changeront, le circuit du pouvoir changera probablement aussi. Ce qui est fortement à souhaiter.
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Climat : quand la catastrophe est assurée …
Avec l'expérience, j'ai accordé une importance croissante à la notion de réalité systémique. A un moment donné, un système produit un engrenage mécanique qui alimente de lui-même l'étape suivante : positive ou négative. Pour le climat, l'étape de la COP21 a été une arnaque absolue : signer un texte qui n'engage à rien ! Et depuis longtemps déjà, les scientifiques constatent que, même les pays avec les bonnes volontés exprimées, ne respectent pas les repères de la COP21. Et depuis lundi, une étude de scientifiques réputés remet en cause le seuil retenu lors de la COP21 comme le seuil irréversible de la fonte des glaciers (le fameux seuil des 2°). Concrètement, on s'éloigne déjà d'un objectif qui pourtant n'est pas nécessairement celui de la survie assurée. Et dans le même temps, sur quoi s'anime l'actualité française : les tweets discourtois de Trump et la communication de Macron. La communication jugée par des "experts" comme la danseuse-comédienne-artiste épouse de BHL. Là on est au-dessus du niveau d'expertise. Julien Benda avait évoqué la "trahison des clercs" pour dénoncer le moment où des intellectuels ne remplissent plus leurs fonctions d'alertes, d'éveils. Là, il n'y a plus de "clerc" du tout. Au moins la question de la trahison ne se pose plus mais la catastrophe peut être annoncée avec une certitude croissante.
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Le choc entre le temps de mourir et le temps de .. consommer
Pour ma part, il y a une gêne certaine à constater les reportages TV avec un Président se déplaçant pour célébrer le centenaire de la guerre de 14 – 18 et qui se fait interpeller sur une hausse de 20 cents du litre d'essence. Les pertes humaines globales de cette guerre = 18 millions de morts. Et si la hausse du prix de l'essence est scandaleuse notamment par le poids irréel des taxes en France, l'attitude de boycott des citoyens des déplacements présidentiels aurait été plus judicieuse pour ne pas mélanger les sujets. Laisser le Président se consacrer exclusivement à la mémoire avec les seuls corps officiels aurait probablement été une belle leçon populaire de dignité collective.