Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La douceur des fêtes de villages

    Le Gua 2 27 08 17

    Dans l'agglomération grenobloise, l'offensive est lancée contre les villages. Le Plan Local d'Urbanisme Intercommunal (PLUi) repose sur une logique de pieuvre urbaine qui a vocation à étendre en permanence ses bras pour agglomérer toujours plus loin à partir de la ville – centre et ses quartiers à problèmes. C'est une conception partisane qui est contraire à l'histoire de l'agglomération. L'Histoire de l'agglomération a été fondée sur la diversité des territoires. Quand je présidais l'Agence d'Urbanisme, il y avait un consensus total sur cette conception de pluralité des territoires. Chacun ayant vocation à garder son identité historique. Dans cette culture, les habitants sont les premiers bénéficiaires puisqu'ils ont un choix. Avec le PLUi, cette conception est attaquée. C'est un enjeu majeur. Car il y a bien a une "culture village". Un exemple : le 25 août, St Barthélémy du Gua va célébrer sa fête annuelle, la 30 ème. Sur 30 ans, j'ai dû en manquer deux ou trois à regret. Quand nos fils étaient petits, nous partions le matin en VTT. Nous traversions en vélo la plaine de Reymure, puis le long de la Gresse avant d'arriver aux Saillants du Gua. La montée vers St Barthélémy. Et nous déjeunions sur l'herbe à St Barthélémy. Notre dessert était assuré d'excellente qualité par les tartes aux pommes ou aux abricots faites par des habitants. Dans l'après-midi nous montions à Prélenfrey pour redescendre sur St Paul par le chemin le long du Lavanchon.

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    Qu'est ce qu'on a aimé dans ce cadre ? D'abord la simplicité. S'y retrouver c'est naturel. Pas de chichi. Au hasard des rencontres, faire le point sur l'année écoulée. Les jeux classiques dont la levée du panier. Ensuite, le calme. Poser son vélo sans se demander si on va le retrouver quelques minutes plus tard. Observer la découverte des chevaux par des jeunes enfants … Et enfin, le bénévolat. Une fête comme cela c'est d'abord la fête de la convivialité. Dans l'urbain, les fêtes font vivre un réseau d'animations. Ici, c'est la contraire, la fête ne vit que parce qu'il y a des bénévoles. Tous ces éléments donnent une ambiance particulière. Sans façon. C'est cette douceur des villages qui doit être défendue. Ceux qui veulent vivre la ville ont déjà assez de terrains de ce type dans l'agglo. Pour les autres, que des personnes veulent culpabiliser de défendre d'autres valeurs que l'urbain, on va voir qui garde encore l'esprit libre. Un test intéressant à suivre. 

    Pesée_panier_garni

  • La chaise vide …

    1776 DC 14 04 15

    Remarquable article dans Les Echos du 12 août sur des méthodes de Jeff Bezos (Amazon). Un article qui confirme, si besoin était, combien la méthode de travail est au moins aussi importante que le contenu même du travail. La façon de poser un problème est souvent le plus sûr chemin pour le résoudre ou au contraire se placer dans l'impossibilité de le résoudre. La méthode de travail met aussi en relief la capacité à prendre de la distance face à une question posée. Article à lire à l'exemple de la chaise vide que Jeff Bezos plaçait méthodiquement lors des réunions pour ensuite demander à chaque présent ce qu'en penseraient les consommateurs s'ils occupaient la … chaise vide. Beau symbole pour rendre présents les … absents. Ces sociétés avec le souci du consommateur ont révolutionné des circuits économiques. Et elles fragilisent les vies publiques de monarchies républicains comme la France où le citoyen est finalement très peu considéré. Quand le consommateur prend l'habitude d'être traité avec une telle réactivité, comment une fois devenu citoyen pourrait-il supporter le mépris qu'il subit si souvent. L'autre révolution induite … 

  • Quand le temps soigne : 12 ans et … 9 mois

    Ottawa 1 bis 13 08 19

    Il y a 9 mois, date pour date, nous étions avec Marie sur la route pour rencontrer Ottawa. A partir de Bourgoin, la météo a été très délicate : brouillard, pluie dense, vent fort. Ce n'est qu'après Beaune que la météo s'est calmée. Je m'étais planté dans les estimations horaires avec un écart de … 2 heures à l'aller comme au retour. Et à l'arrivée, la rencontre avec Ottawa âgée de 2 mois qui nous adopte immédiatement. La rencontre avec un bébé briard est un choc. Le bébé mesure quelques centimètres, pèse moins de 10 kg. Et 9 mois plus tard, il fait près de 60 cm et 25 kg. Nous avions beaucoup hésité. Depuis 1983, nous avons toujours eu une chienne briard qui était d'abord la compagne de jeux de nos deux fils Jonathan et Thomas et la dernière, Aspen, a été adorable franchissant tous les repères déjà formidablement positifs de celles qui l'avaient précédée. Elle a vécu 12 ans. Les 2 dernières années ont été très dures avec une succession d'épreuves liées à des cancers. Dans les traitements parfois difficiles comme après l'ablation d'un oeil, nous avons surmultiplié toutes nos attentions. Un dimanche matin , en urgence, son vétérinaire a même obtenu de moi que je l'aide pour une intervention délicate mais indispensable dans des conditions que je n'avais jamais imaginées possibles, moi qui suis si douillet et si paniqué devant le sang. Mais pour Aspen, mes angoisses classiques sont alors restées au vestiaire. Il fallait sauver Aspen. Son décès plusieurs mois plus tard a été une douleur terrible. Une douleur telle que nous pensions ne plus jamais reprendre une chienne briard pour ne jamais revivre de telles douleurs. Quand j'ai porté son flacon de sang au laboratoire vétérinaire ce matin de janvier pour bien vérifier le diagnostic alors rendu à l'échographie, j'étais dans un état second. Au point, rue Hébert, de tomber au sol sur un passage piéton glissant et de voir la roue d'un véhicule s'arrêter à quelques petits centimètres de mon visage au sol. La conductrice sortir paniquée et mon seul souci consistait à bien m'assurer que le flacon n'était pas cassé. Puis, la force de conviction de Marie faisant effet une fois de plus (comme toujours d'ailleurs !), elle a choisi Ottawa. Et depuis 9 mois, nous retrouvons tout ce que nous adorions chez Aspen. Tout y compris dans les plus petits détails du comportement. Comme si Aspen était de retour. C'est impressionnant à ce point. Comme si elle était désormais toujours là mais sous une autre couleur de poils. C'est la première fois que, face à ces tristesses si durablement lourdes, le temps soigne à ce point alors que d'ordinaire il creuse la mélancolie. 

    Ottawa 2 13 08 19

  • Les belles photos narratives …

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    Cette année, j'aime bien le réseau social Facebook. Il répond exactement à ce que j'attendais : apprendre et voir. Pour qu'il respecte cette attente à partir du printemps, j'ai retiré en masse toutes les personnes dont les informations étaient trop éloignées de mes centres d'intérêt. Et je refuse méthodiquement sur ces bases les demandes d'abonnements. Et avec un tel toilettage en profondeur, c'est fabuleusement plus agréable. Je retrouve ce que j'attendais : apprendre et voir. J'apprends parce que la diversité des sources d'informations change de la monotonie des médias d'informations continues aux partis pris de plus en plus manifestes. Je vois ou plutôt je contemple les paysages partagés par des personnes qui aiment la photo. Par exemple hier les photos de Laurent Giron, Sébastien Torsani ou Marc Santarini sur le col d'Allos : un délice. Le site "si tu es de Grenoble" est un véritable régal. Je regrette d'avoir découvert la photographie aussi tard. Les photos sont aussi une narration parfois encore plus réalistes que l'écriture. J'espère progresser sur ce chemin de la photo. Comme j'espère me mettre prochainement à la peinture. Quel constat je tire de cette évolution ? : je ne crois plus au "vivre ensemble" quand c'est subir des expositions ou des affirmations trop éloignées de mes valeurs. Je vis alors ces situations comme une forme d'agression et je ne vois pas ce qui pourrait justifier que je me les impose. Pour revenir à la photo, cette semaine, ma photo préférée est celle qui est ci-dessus : le chemin du Souvenir (photo prise le mercredi 7 août 2019 en fin d'après-midi en me rendant sur la tombe de mes parents). Les élus municipaux qui ont fait le choix des noms de chemins ont fait d'excellents choix : partager des noms de montagnes ou de territoires. Avec 2 exceptions très bien choisies aussi : le Chemin de l'Alphabet pour conduire à … l'Ecole et le Chemin du Souvenir pour conduire au … cimetière. Quand j'étais jeune, du temps du vivant de mes parents, je me questionnais souvent : comment surmonterai-je leur disparition ? Même plus de 10 ans plus tard, j'ai la réponse : on ne surmonte pas mais on vit avec. C'est très différent. Tout change. Mercredi, j'ai aimé cette ambiance des lumières parce que leur contraste incarne bien ce lieu pour moi. Une tristesse toujours terriblement violente qui prend toute mon énergie mais aussi une quiétude intérieure profonde par la proximité géographique alors si étroite. Le ciel de cette photo, c'est le contraste de ces sentiments. 

  • Enseignement : pour une chaîne cohérente d’établissements de proximité

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    Quand la population augmente de 30 % par endroits (+ 33 % à Varces sans compter les lotissements en cours !), vous ne pouvez pas accueillir la population scolaire avec moins 20 % des capacités des établissements. C'est impossible ! Je suis très surpris par des chiffres fantaisistes qui circulent actuellement sur les relations entre l'évolution démographique et la "population scolaire". Des élus et des services ne doivent pas par démagogie électorale masquer la réalité comme ce fut le cas dans les années 70 dans le sud de l'agglomération grenobloise. J'ai passé 12 ans de mandat de Conseiller Général à devoir corriger alors un fossé entre les équipements scolaires et la situation démographique globale. Et j'ai pu compter avec une solidarité sans faille d'Alain Carignon, de Jacques Remiller qui a été l'auteur d'un remarquable rapport sur le Collège du futur, de Didier Migaud … pour débloquer des montants financiers exceptionnels pour résorber une crise exceptionnelle de capacités d'équipements scolaires.

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    A St Paul de Varces, pour éviter la surmultiplication des préfabriqués, il y eut alors la création des Epis d'Or.

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    Même situation à Vif avec le Groupe Scolaire Champollion avec la municipalité de Daniel Biston. De même ensuite au Gua.

    Le Gua Ecole 11 08 19

    Puis au-delà des établissements primaires, ce fut le chantier des collèges. Nous avons restructuré Masségu à Vif.

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    Puis reconstruit Moucherotte à Pont de Claix à la condition de maintenir les Iles de Mars (collège aujourd'hui disparu dans des conditions bien opaques et mystérieuses !). Ensuite, j'ai obtenu la décision de construction du Collège Jules Verne à Varces.

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    Aujourd'hui, avec cette expérience, il y a de la tristesse à constater que le secteur sud revient aux années 70. Quand la population augmente de 30 % par endroits (+ 33 % à Varces sans compter les lotissements en cours !), vous ne pouvez pas accueillir la population scolaire avec moins 20 % de capacités des établissements. C'est impossible !

    Des professionnels de la politique feraient bien de cesser de jouer avec les chiffres avec la prétention de ceux qui "traitent" les dossiers avec des mots mais pas dans les faits. Dans aucun autre domaine, les chiffres qui sont les marqueurs de la réalité sont aussi maltraités. Il ne faut pas que les professionnels de la politique soient surpris ensuite par la perte totale de crédit qui les affecte. Nous ne devons pas revenir aux années 70 dans le divorce entre l'évolution des effectifs et les capacités d'accueil de proximité.  Or cette crise est engagée pour de bon.

  • Le pays de la chape de plomb

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    Même quand tout va mal, voire très mal, en France, changer est perçu comme … impossible. On image un malade atteint d'une maladie grave se rendant chez le médecin. Le médecin l'ausculte et lui rend une ordonnance avec une seule mention : "ne changez rien. Continuez ! ". Cette mention c'est la vie publique française. Prenons des exemples concrets. "L'ancien monde" était décrédibilisé par le système des parlementaires godillots. En quoi le "nouveau monde" a tourné la page ? La dette : comment le pays le plus imposé au monde et en même temps très endetté fait-il pour avoir une crise généralisée de ses services publics ? Question jamais traitée. Bien davantage, on assiste désormais à des "exploits de rhétorique". La présidentialité : la France ne compte qu'un leader de ce niveau quand au même moment pour un pays comme les Etats-Unis les seuls Démocrates comptent pas moins de 25 candidats qui s'estiment compétents pour la fonction. Comment la France a-t-elle fait pour tuer autant de talents ? Second exemple: l'intercommunalité : les maires dénoncent leurs dépossessions au profit des intercommunalités. Mais qui composent les intercommunalités : les … maires ! Cette incohérence flagrante n'est jamais soulignée comme si les intercommunalités étaient des entités abstraites hors sol. En réalité, tout est fait pour que n'existe jamais un mot : POSSIBLE. Tout le système français est figé. Rien ne va mais faire bouger est … IMPOSSIBLE. Le système est figé, bloqué, immuable. La France est devenue le pays de la chape de plomb : des vérités déconnectées des réalités mais impossibles à changer. Irréel à ce point.

  • Simone Français : soulever des montagnes

    Cartable DB 07 08 19

    C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris hier le décès de Mme Simone Français. Elle a été Directrice de l'Ecole de St Paul de Varces et elle a vécu animée par la passion de son métier. Notre dernière longue discussion datait d'un dimanche après-midi  l'été dernier. Nous nous sommes croisés aux Côtes Bernard. Elle sortait d'un après-midi passé chez sa fille et moi je terminais une promenade. Elle était avec son mari Joseph. Et notre discussion a duré comme ces moments quand on ne voit pas le temps passer. Pendant des décennies, la bonne réputation d'un village dépendait aussi, voire d'abord, de la qualité de son enseignement primaire. Donc de celui ou celle qui dirigeait l'Ecole. Sur St Paul de Varces, dans le temps, j'ai eu la chance de connaitre personnellement 3 Directeurs remarquables : M. Gavet, Mme Français et Mme Tardy. Pour le premier, à cette époque, nous habitions Grenoble. Mes parents s'interrogeaient sur le fait de venir sur St Paul. La qualité de son enseignement les y poussait. Le choix n'a pas été ainsi pour d'autres raisons. Mais son nom était resté dans ma mémoire. Lorsqu'il a fallu lutter contre le tracé Ouest de l'autoroute sur Vif, j'ai rencontré M. Gavet car sa maison était alors menacée de destruction. J'ai rarement vu une passion aussi forte d'un métier. Son épouse a posé la 1ère pierre du Groupe Scolaire Les Epis d'Or avec Mme Tardy et M. Cachet.

    Epis d'Or vu d'en haut

    Mme Tardy, nous avons travaillé ensemble pour le choix puis pour la construction du Groupe scolaire Les Epis d'Or (avec Mme Morisset pour la Maternelle). De même une passion fantastique pour son métier. Mme Français était une voisine. Son mari Joseph a été d'une gentillesse hors du commun quand mes parents ont été malades dans leurs derniers jours. Pour moi, c'est "l'esprit village". On ne fait pas d'histoire. Il n'y a pas de démonstrations de joie. Mais si nécessaire, on sait que la solidarité sera là. J'ai toujours été impressionné par la présentation que faisait son épouse de son métier, par sa capacité à suivre ses anciens élèves. Un métier à l'importance considérable où il faut soulever des montagnes pour démultiplier des moyens matériels parfois si limités, être révélateur de talents, rendre confiance, faire découvrir les premiers cadres difficiles de l'autorité et s'adapter en permanence. Tant de réformes à mettre en oeuvre. Dans mon bureau, j'ai toujours sur une étagère le 1er cartable de mon père datant des années 1928 : un cartable de bois tenu par une lanière de cuir. Et quand notre petit-fils Léon ira à l'école, ce sera peut-être le temps des … tablettes informatiques. C'est dire l'immensité du chemin parcouru. A titre personnel, j'ai toujours mes premiers cartables de mon activité professionnelle que je fais recoudre méthodiquement. Le cartable c'est l'Ecole. Les premières années : les cahiers + le goûter, une part de chez soi que l'on garde en permanence avec soi. Si notre pays est encore debout c'est grâce aux fonctionnaires de terrain, leur dévouement, leur passion des métiers. Si le microcosme parisien et ses pratiques malsaines coupées des réalités peut se permettre autant de fautes sans conséquences immédiatement redoutables c'est uniquement parce que la base reste solide. Parce que la base garde la tête sur les épaules avec la conscience du travail bien fait. Mme Français, c'est cette belle fonction publique de terrain qui a su soulever des montagnes et c'est toute notre reconnaissance que nous tenons à lui exprimer.

  • Le Villarey 1 et son univers irréel

    Le Villarey 2 28 05 19

    Le 17 janvier 2019 (il y a 201 jours !), la municipalité sortante reçoit les pièces administratives pour la demande d'un permis global d'aménager et 6 permis de construire (pour 76 logements sur un permis d'aménager de … 80 !). Que se passerait-il dans une Commune "ordinaire" ? La municipalité informe les habitants. Elle retrace les étapes. Elle expose les conséquences pratiques : voiries, finances … Elle répond aux questions posées. C'est le droit de la municipalité de vouloir ainsi construire. Comme c'est le droit de citoyens de considérer que ce projet se heurte à des valeurs qu'ils veulent défendre devant le Juge Administratif. Mais ici, tout sort de la normalité. 1) Depuis le 30 avril, c'est impossible de connaitre la composition du Jury qui a choisi Groupement bénéficiaire. Pourquoi cette composition doit-elle rester secrète ? Quels critères de choix ? La mairie refuse de communiquer les noms comme les comptes-rendus  des travaux. Il a donc fallu saisir la CADA. 2) Depuis le 26 mai, mystère supplémentaire, la procédure sur la délégation de signature est entrée en zone grise. La mairie a déclaré avoir communiqué l'arrêté à la Préfecture. Mais la Préfecture ne le retrouve pas. Elle ne peut donc pas le communiquer. Et la mairie ne produit aucune pièce administrative classique attestant de la réception en Préfecture. Il a donc fallu aussi saisir la CADA. 3) Depuis 201 jours, les citoyens de la Commune qui vont pourtant comme contribuables immédiatement supporter tous les aménagements transférés dans le domaine public communal n'ont eu droit à aucune information de la municipalité sortante. Ils vont payer. Mais ils n'ont pas le droit de savoir. Face à l'importance d'une telle opération immobilière, la moindre des choses c'était de donner les informations via un magazine municipal et de publier, par respect pour la transparence, les contenus des recours. Car il y a deux auteurs de recours sur des axes techniques d'ailleurs très différents. 4) Comment considérer que ces recours n'aient pas être connus quand le recours que j'ai posé sur les permis initiaux a été reconnu comme fondé par la municipalité sortante (et probablement ses conseils que nous payons comme contribuables !!!) comme s'agissant d'un moyen juridique dit d'ordre public c'est à dire une illégalité particulièrement grave à corriger immédiatement car viciant tout le processus ? Cette reconnaissance montre bien, si besoin était, qu'il ne s'agit pas de recours "fantaisistes". Quand des faits s'éloignent à ce point de la normalité, on entre dans un univers inimaginable qui doit questionner même ceux qui sont favorables au Villarey 1 parce qu'ils souhaitent que leur village devienne une petite ville. Qui peut défendre de telles méthodes dans une démocratie municipale dite de proximité ? 

  • Faire, défaire, refaire et la … liberté retrouve-t-elle enfin un espace ?

    Reagan 05 08 19

    Le 19 juillet, le Conseil des Ministres a approuvé un texte "Proximité et Engagement" qui vise à rendre du dynamisme à la démocratie municipale. Belle intention. En quoi consiste-t-il pour l'essentiel ? A défaire la loi NOTRe dont les circulaires d'application datent de décembre 2015, il y a même pas 4 ans ! Qui est chargé de défaire : Olivier Dussopt, secrétaire d'Etat. Peu connu, sous François Hollande, il avait été le rapporteur pour la loi NOTRe. Concrètement, celui qui défait la loi NOTRe maintenant est celui qui avait contribué à faire la loi NOTRe hier (rapporteur zélé à l'Assemblée pro loi NOTRe). Le "nouveau monde" (formule très à la mode en ce moment) en France ce serait quoi ? Supprimer des textes ! Sortir de cette mentalité où tout doit être réglementé. Laisser de la Liberté. Le "nouveau monde" en France ce serait une mentalité à la Reagan qui est content de voir disparaître des textes, qui a été capable de vivre hors la politique, qui a son espace personnel même pendant sa présidence, qui fait des bourdes et qui les reconnaît, qui n'est pas toujours dans l'habit du Roi qui ne peut mal faire portant sur ses épaules en permanence toute la pompe pathétique d'une république monarchique … La vie publique française est une morne plaine à désespérer : faire, défaire, refaire mais ne jamais laisser des espaces supplémentaires de liberté. Evoquer Reagan, c'est aussi ne pas être dupe des efforts de communication. Mais, même sous ce vernis, quel plaisir de voir un responsable politique vivre, rire et rendre de la liberté aux citoyens partant du principe que la liberté individuelle est la + belle richesse et la meilleure garantie du progrès collectif. Cette mentalité est-elle encore possible en France ? 

  • 10 milliards de tonnes en 1 seule journée !

    Groenland 28 10 15

    Il est indispensable que des chiffres reprennent leurs places dans le débat public. Tout ne doit pas être qu'une affaire d'images chargées d'émotions. Des exemples concrets : 1) Mercredi 24 juillet, au Groenland, ce fut la journée record de la chaleur. 10 milliards de tonnes de glaces ont fondu en 1 seule journée selon les chiffres des scientifiques reconnus. C'est 400 000 piscines olympiques. A ce rythme, l'accélération de l'élévation des océans dépasserait tous les calendriers envisagés à ce jour. 2) 17 740 : + proche de nous, dans l'agglomération grenobloise, tout est fait pour culpabiliser des citoyens qui dans le périurbain s'opposent à des constructions densifiées : ils sont désignés comme des égoïstes qui laissent à la rue des jeunes couples qui cherchent un toit. Mais il n'est jamais question des 17 740 logements vides à ce jour dans l'agglomération grenobloise. 8 000 logements vides sur Grenoble. 9 000 logements vides dans le reste de l'agglo. Ce chiffre est celui de l'INSEE. Il est reconnu comme juste. 3) 120 : c'est le nombre d'habitants à l'hectare dans le projet du Villarey 1 (avant l'épisode du Villarey 2 encore davantage densifié). Hier à l'hectare sur la Commune, il y avait 21 habitants à l'hectare. Qui peut sérieusement prétendre que les contraintes sur les équipements publics sont les mêmes pour 21 habitants et pour 120 habitants ? 4) 101 : 101 millions d'euros : c'est la somme de seulement 2 projets actuels dans l'agglo : 86 M€ pour les nouveaux bureaux de la Métro et 15 M€ pour le planétarium mondial de Pont de Claix. Pour 101 millions d'euros, chacun peut imaginer les raccordements diversifiés à la ressource en eau pour des Communes en proie à des problèmes de ce type … Et la liste pourrait continuer longtemps. Les chiffres sérieux sont exclus du débat public français parce que le débat se nourrit de diversions éphémères. C'est une des composantes de la nullité ambiante tout particulièrement au local désormais réfugié dans le culte de l'impuissance publique (c'est IMPOSSIBLE). Le jour où les chiffres vont retrouver la place qu'ils n'auraient jamais dû perdre, des réveils vont être très douloureux.