Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • L’âge protège de … l’âge

    JFK Library 18 10 19

    Dimanche 20 octobre, le Musée Kennedy à Boston va célébrer le 40 ème anniversaire de son inauguration par Jimmy Carter. A mes yeux, c'est l'exemple le plus réussi de musée présidentiel. Il faut attendre celui d'Obama à Chicago pour peut-être franchir encore une étape supplémentaire ? Pourquoi c'est réussi à ce point ? 1) Parce qu'il y a d'abord une remarquable architecture (Pei) au bord de l'atlantique. C'est un "musée ouvert" sur les paysages. 2) Parce qu'il y a un nombre de pièces d'époques considérables parfaitement agencées de façon chronologique. Pour l'avoir fréquenté pendant tant d'années depuis leur plus jeune âge, nos enfants doivent pouvoir le parcourir presque les … yeux fermés.

    Boston 1985 19 03 18

    3) Mais surtout parce que ce musée dégage une impression solide d'acceptation de l'histoire : des échecs comme des réussites. C'est la différence avec la France. trop de Français haïssent l'Histoire de leurs pays, l'Histoire de leur Nation (sans parler de ceux de plus en plus nombreux qui ne la connaissent pas du tout). La rupture décisive date de la seconde guerre mondiale. Les Français ne se sont jamais remis des conditions de leur libération : avoir besoin à ce point des autres après s'être tant perdus dans la collaboration (Vichy). Puis le rapport à l'Histoire a oscillé entre haine et honte. La honte de la colonisation alors même qu'elle n'avait pas apporté que des problèmes aux pays concernés, doux euphémisme. C'est triste un pays au sein duquel un nombre élevé de ses habitants peut à ce point détester son Histoire ou porter une honte qui ruine la capacité à faire partager l'énergie de vivre sur la même terre et accepter les mêmes valeurs. Un climat qui pèse beaucoup dans l'actuel débat sur le choc des religions. Après la visite de JFK Library, on repart avec de l'énergie. Parce que l'une des belles leçons de la vie c'est que l'âge protège de l'âge. Il faut apprendre de chaque âge. Ce doit être la force aussi d'une Nation, gagner en avancées en tirant les leçons des périodes anciennes. 

    Thomas John Boston

  • Redonner envie : la meilleure vitamine

    Trudeau 17 10 19

    Hier soir assez tard, j'ai terminé la rédaction des propositions détaillées à partir desquelles notre équipe doit partager cette notion de contrat collectif au-delà des discussions individuelles qui sont intervenues. C'est une étape toujours décisive moralement car elle conditionne la qualité même de l'engagement. Ce fut un travail lourd le soir que de finaliser ce qui avait été discuté par parties seulement. Le questionnaire distribué au printemps avec le nombre élevé de réponses et surtout de commentaires a été une source agréable d'informations. L'été 2019 a été lourd de travail pour le dossier du Villarey et pour ce programme. 2 sujets passionnants. Le socle de tout, c'est de redonner envie. L'envie s'accompagne de mots d'actions : faire, agir, progresser … Dans de nombreuses localités, les élus sortants n'ont pas perçu le mal qu'ils faisaient au suffrage universel direct avec leurs rengaines "on n'y peut rien", "c'est pas nous c'est l'autre", "on aurait bien voulu mais cela dépendait de la Métro" … Toutes ces formules qui sont devenues des "tueurs d'envie". Des formules qui vident de sens la question essentielle : s'engager pour quoi faire ? En mars 2020, la victoire appartiendra à ceux qui sont capables de redonner envie. La citoyenneté locale doit être un nouveau matin, faire vivre le progrès dans le quotidien. Chaque fois que des personnes s'écartent de cet objectif, c'est la démocratie locale qui est menacée. Parce que le défaitisme, l'irresponsabilité tuent l'envie donc la démocratie. Et sans envie, dans ce domaine comme dans tous les autres, il n'y a plus de moteur, plus d'énergie. Garder envie, c'est la meilleure vitamine dans tous les domaines. 

  • Grenoble : l’agglo où le matin on circule au + vite à 20 km / H !

    Bouchons 15 10 19

    Hier, plus de 2 heures pour traverser l'agglo. Aujourd'hui, Waze annonce 52 minutes pour faire 19 km (se rendre au centre ville). 22 km / H en moyenne. Concrètement, ce matin, on met moins de temps pour faire péage de Veurey – St Exupéry (49 minutes pour faire 77 km) que pour se rendre au centre de Grenoble depuis le proche sud de l'agglo. Ce constat était annoncé par écrit depuis 1994 avec un rapport de l'Agence d'urbanisme ! Et face à ce constat, que décident les élus sortants en dehors de la culpabilisation des automobilistes : encore augmenter davantage la population dans le péri-urbain ! Donc toujours + de monde là où les routes sont déjà bouchées. Claix : + 990 logements à venir. Varces : 300 logements à venir. St Paul de Varces (Villarey 1 et 2) : + 130 logements à venir … et la liste pourrait continuer longtemps. La situation est explosive. Jamais une telle incohérence n'a été poussée à une telle extrémité ! A l'extérieur de l'agglo, Grenoble est d'abord devenue la "capitale du rire" tant des politiques ridicules sont mises en oeuvre comme nulle part ailleurs. Mais avec un tel temps gaspillé, c'est d'abord la colère qui gagne actuellement. Insupportable ! 

  • Le temps des propositions ou les chemins de la Liberté

    Le Grand Sorbier 1 07 09 19

    Dans la semaine à venir, nous ouvrons le temps des propositions. Au printemps 2019, un questionnaire avec plus de 40 questions a été diffusé. La participation a été forte. En retour, il y avait matière à choisir. Les commentaires ont été nombreux. Deux lignes principales : 1) protéger l'identité de village. 2) savoir se faire entendre. Ces priorités sont les nôtres. L'Ecole est au milieu des champs. Elle le restera ! Bien davantage, la nature et les espaces pour des loisirs doux vont gagner de l'importance sur les projets de bitume et de béton qui doivent être mis à la poubelle. Car ceux qui croient à la démocratie donc à la force du suffrage universel direct doivent se rassembler pour se faire entendre. Pendant combien de temps encore, quand des citoyens ont dit NON, leurs élus peuvent dire OUI ? Quand les citoyens ont envie de crier (par exemple contre la fermeture de la déchetterie municipale), leurs élus restent silencieux. Nous devons vivre la citoyenneté et l'intercommunalité comme les chemins de la Liberté. Dressons nous contre l'inacceptable irréversible. Balançons ces combines de professionnels de la politique qui changent de positions entre St Paul et Grenoble. Nous n'avons rien à perdre si nous ne dépendons pas de la politique. Et tout à gagner si nous aimons notre village et nos idées. Ensemble, cassons ces vieilles règles qui entravent nos valeurs. Le temps des propositions doit permettre l'éclosion de ces nouvelles chances car une élection est un nouveau matin et non pas l'étape de plus d'un mandat qui a pris fin. 

  • La pie des Charmats ou ces animaux en liberté qui animent leurs territoires

    Pie Charmats 12 10 19

    Pour avoir beaucoup pratiqué le terrain, j'ai rencontré de nombreux animaux en liberté qui animent leurs territoires. A Chabotte, un patou veillait avec une gentillesse fabuleuse m'accompagnant à chaque visite.

    Chabotte 17 12 07

    Comme un âne à l'entrée de Prélenfrey.

    DB 3 25 04 15

    Des chevaux au premier virage au-dessus de St Barthélémy. Les vaches du Chemin Neuf ou celles des Combes qui sont d'une curiosité fantastique arrivant rapidement.

    Vaches SPV

    Mais hier en fin d'après-midi, la pie des Charmats a battu tous les records. Elle m'a accompagné jusqu'à ma voiture passant de boite aux lettres à boite aux lettres. A seulement quelques dizaines de centimètres de moi. Son nid devait être dans le secteur et elle manifestait ainsi sa surveillance. Une compagnie très agréable et originale. Si l'urbanisme densifié ne gagne pas tristement toutes les Communes dans l'agglomération grenobloise avec cette mentalité de l'urbanisation galopante, c'est agréable d'être ainsi accueilli par des animaux.

    Pie 11 10 19

  • La trahison des clercs

    Erin Trieb 4

    Cet ouvrage date de 1927. Toute la période actuelle est tristement dans ce livre de Julien Benda. Les époques les plus redoutables pour l'analyse, donc pour l'action collective, sont celles qui vivent sous le joug d'une police de la pensée. Et les intellectuels, dont on serait en droit d'attendre le pouvoir de contestation, trahissent leur fonction dès qu'ils se soumettent à cette police de la pensée. Aujourd'hui, nous vivons une génération des démissions. Pourquoi ? Parce que la course est à l'audience et non pas à l'analyse. La lucidité n'est pas l'opinion partagée par le plus grand nombre. Cette rencontre peut exister. Mais elle n'est jamais garantie. Dernier exemple historique grave en date : la ligne Maginot. Cette fortification supposée protéger la France de toute invasion allemande. Il y a combien de lignes Maginot en France actuellement, des bulles de facilités face à des menaces graves ? Il est certain que le choc des religions est une menace grave. Comme des principes fondamentaux appliqués à des circonstances exceptionnelles sont d'abord une crise du droit et une crise de l'Etat comme l'absence du pouvoir de révocation pour radicalisation religieuse. Qu'est ce qui reste de l'Etat en France actuellement quand des Préfets par exemple donnent le sentiment de devenir d'abord des chefs de protocoles pour ménager des signes extérieurs de gentillesse mais si frileux face par exemple à des contrôles de légalité dignes de ce nom à l'égard de collectivités locales … ? Et la liste des décrochages pourrait continuer longtemps. Dans une vie, il y a une dizaine d'ouvrages qui sont des fondamentaux historiques avec des auteurs dont la pensée n'a jamais pris une ride : Benda, Camus, Malraux … . Une pensée lucide ne vieillit jamais. Si dans les circonstances actuelles, leur lecture pouvait être mieux partagée, il y aurait une meilleure sécurité de lucidité donc de réponses adaptées aux vraies questions pour une période particulièrement grave …

  • Avoir rendez-vous avec des … objets

    Sou des Ecoles bis 09 10 19

    Une personne qui n'est pas sensible aux objets ne peut pas comprendre le plaisir d'avoir rendez-vous avec des … objets. Chaque objet porte une histoire. Des circonstances attachées à lui. Sur mon bureau, c'est le lieu privilégié des pots à crayons. Là, le rendez-vous est double. Chaque pot a une histoire et très souvent chaque crayon aussi puisque ramené de déplacements professionnels ou d'anciens voyages. J'ai arrêté cette collecte parce que le nombre devenait déraisonnable. Des crayons de campagnes électorales marqués aux noms de Bob Dole, Clinton, Kerry, Obama … sont les voisins de crayons aux noms d'équipes de base-ball, de musées … L'objet qui m'accompagne depuis le plus longtemps sur le bureau c'est un trophée du fleurissement remis en 1991. A cette époque, une campagne nationale était organisée. Peu de Communes récompensées. Chaque Commune récompensée recevait un trophée et le maire à titre personnel un modeste souvenir : des fleurs dans un petit écrin de verre. Depuis 1991, ce souvenir m'a toujours accompagné d'abord parce que les fleurs dans cet étui de verre sont éternelles. Surtout parce que cette récompense avait été le résultat d'un formidable travail collectif et d'une visite si méticuleuse de la Commune organisée avec talent par M. Jacques Menut. Enfin, c'est le plus sûr moyen pour débuter chaque matin avec des fleurs…

    Fleurissement 1991

  • Sur le terrain : deux chiffres : 55 et 350

    Les Ruines 08 06 19 (Copier)

    Il n'y a pas de réalité sans le terrain. Et il n'y a pas de réalité sans la vue de faits. Voir, c'est la meilleure façon de partager la réalité. Les mots peuvent prêter à des interprétations diverses. L'image brute ne trompe pas. Depuis septembre 2018, j'ai effectué 55 visites sur la Commune. J'ai commencé par les lieux sensibles, ceux qui sont exposés aux risques naturels. Hier soir, j'avais plaisir à parler de ces lieux avec une personne arrivée sur St Paul il y a seulement 1 an mais un passionné de marche et qui en 12 mois avait eu à coeur de découvrir le terrain. Il est aussi possible de découvrir sa Commune par les photos des autres. Sur #relive, chaque moment que j'ai passé sur le terrain est partagé dans les détails : lieu et surtout photos. 350 photos ou la Commune à chaque saison. Presque chaque semaine.

    Relive 09 10 19

    Au sujet des photos, ma préférée est celle qui est en tête de cet article. Pourquoi ? Parce qu'elle symbolise la passion des fleurs et l'engagement à agrémenter y compris des espaces publics (les bordures de voiries). La photo qui me peine le plus c'est celle ci-dessous : c'est l'état d'abandon d'un équipement public qui incarne la ressource naturelle la plus pure et indispensable : l'eau. Le choc est absolu entre la matière première et la dégradation de son équipement. Comme quand de vieux préfabriqués accueillent des scolaires : faire découvrir la beauté de l'enseignement dans un cadre hideux, c'est porter atteinte à l'enseignement même. Il y a des symboles pour lesquels même la seule apparence compte. 

    Mousses 4 21 08 19

  • Les sondages tombent et des mystères s’installent

    Lyon 07 10 19 Place Bellecour

    Comment se fait-il que des Grenoblois puissent être incompris au point d'aimer localement ce qui n'est pas accepté ailleurs ? Grenoble aime les graffitis, "l'art de rue". Ailleurs, jamais la même sensibilité. Même la voisine Lyon n'est pas convaincue. A Grenoble, la statue Louis XIV aurait une mention sur le cheval. Et localement beaucoup s'en féliciteraient au titre du mélange des âges et des styles. Ils proclameraient devant un graffiti poli comme "descends de ton cheval gros con" le … talent de populariser ainsi un Roi par une mention qui est un "trait d'esprit plein d'humour" bien sûr. A Bordeaux, la place Pey Berland est propre au point d'inviter à s'asseoir au sol pour apprécier les monuments historiques. Les bordelais n'ont donc pas été convaincus que la saleté pouvait être une compagne agréable car elle permet de respecter la rusticité et le papier usager flottant qui gagnent à être sur la voie publique pour ne pas encombrer les poubelles. Même pour les bouchons, Grenoble n'arrive pas à convaincre les autres agglomérations de faire "aussi bien". Et bien sûr, on place hors classement la délinquance. Ailleurs, ils luttent contre la délinquance. Un tort absolu : ici, la délinquance est partout car elle habitue le Grenoblois au nomadisme des vacances d'été même dans des contrées lointaines peu civilisées. Ils ne sont pas dépaysés alors. Je ne comprends pas pourquoi ce qui fait le "charme de Grenoble" (graffitis, bouchons, saleté, délinquance …) est aussi peu apprécié ailleurs ? Comment interpréter cette insensibilité aux atouts de la ville qui se proclame capitale de tout ? Le jour où cette explication sera donnée, ma compréhension du tempérament du Grenoblois "moderne" y gagnera. 

  • Les héritiers de … 1883

    Epis d'Or 2004 19 (Copier)

    Aujourd'hui sur St Paul de Varces, comme classiquement sur tant d'autres Communes de France, les bénévoles du Sou des Ecoles organisent une manifestation pour collecter des fonds pour l'Ecole. Ils sont les héritiers de 1883. Car il fait remonter au 21 avril 1883 pour que cette création sur cette Commune soit institutionnalisée par le dépôt de statuts. La chaîne permanente des actions concrètes de ces bénévoles a été considérable jusqu'à participer au financement de la salle polyvalente que la municipalité sortante a décidé de démolir avant de la reconstruire sur site. Il ne peut pas y avoir de vie publique sans ce respect de l'histoire. C'est ce qui fait beaucoup défaut à la période actuelle comme si un équipement n'avait pas d'âge, comme si une demeure n'avait pas d'histoire, des arbres pas de racines … L'éphémère ignore l'essentiel : le temps. La vraie richesse de demain : ceux qui savent respecter le temps, la durée. Le probable clivage des géographies et des sociologies. C'est aussi la nouvelle frontière de la lutte contre les ignorances : ceux qui ne connaîtront ni les vrais mots forgés par le passé, ni l'histoire qui impose des tendances fortes structurantes incontournables. Pour bien réussir collectivement, plus celles et ceux qui ont conscience d'être les héritiers de 1883 sont nombreux, plus leur cause sera belle et prometteuse. Parce que les années contribuent toujours à embellir. 

    Sou des Ecoles historique 25 04 19