Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Karl Rove fait-il école actuellement en France ?

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    Karl Rove fut le conseiller le plus proche de GW Bush. Toutes ses actions ont été entourées d'une réputation sulfureuse car il s'était spécialisé dans les "coups tordus" ou les méthodes de manipulation.

    Il a créé lui-même sa légende en se vantant de son premier "coup" dès l'âge de 20 ans. Dans l'Illinois, il arrive à se faire accepter comme un supporter par un candidat démocrate. Une fois admis dans le premier cercle, il dérobe du papier à en-tête. Il publie alors un tract sur ce papier à en-tête qui annonce des réunions publiques avec "filles et bière gratuite". Il distribue ces invitations dans les quartiers les plus délicats. Les marginaux et clochards abondent. Le candidat démocrate ne peut plus tenir une réunion publique …

    Plus tard, il va inventer la technique du push polling. Il s'agit de poser des questions biaisées lors d'un sondage pour faire passer des messages par la question et non pas par les enseignements de la réponse.

    En 1994, il commande un sondage qui, parmi les questions, comporte la question suivante : "voteriez-vous toujours pour Ann Richards pour le poste de Gouverneur du texas en sachant que son équipe est entièrement composée de lesbiennes ?".

    En 2000, il reconduit méthodiquement son système lors de la primaire républicaine en organisant par exemple un sondage qui contient la question suivante "voteriez-vous pour McCain si celui-ci s'était rendu coupable de trahison durant la guerre du Vietnam ?".

    Puis il en fut de même en 2004 contre Kerry …

    La bataille entre les faiseurs d'opinion et l'opinion est aujourd'hui très inégale tant les techniques de manipulations ont évolué à l'exemple du push polling. Un guide pratique vient de lister ces techniques, exemples pratiques à l'appui.

    Il est à craindre que certaines d'entre elles ne restent plus à l'écart de la vie politique Française : Présentation du guide pratique

  • L’opinion esclave

    « Les réalités ne plaisent pas. Alors changeons l’opinion » …: cette formule n’est-elle pas le résumé le plus fidèle de la situation actuelle. Tout est organisé pour que la prime soit au bruit et non plus à la raison. Il s’agit de résoner et non plus de raisonner.


    La façon dont l’opinion est actuellement baladée est probablement un fait sans précédent.


    La crise financière sera résolue par la limitation du bonus des traders. Le sauvetage de la planète dépend de la taxe carbone de la France. Le G 20 vit au rythme des pensées Françaises… Voilà quelques exemples du climat intellectuel qui sévit actuellement dans des conditions qui ne résistent à aucun examen sérieux. S’il n’y avait pas toute la puissance de tir de la pensée officielle pour oser de telles « réductions », personne ne s’aventurerait d’ailleurs sur de tels chemins.


    Heureusement, il y a encore quelques personnalités qui veillent à réserver à des considérations techniques et à une forme d’expertise les places qui doivent être les leurs pour traiter sérieusement certains dossiers. C’est le cas de Claude Allègre dont le dernier livre mérite une lecture attentive. Il a le courage d’insister sur quelques réalités qui, un jour ou l’autre, devront bien être reconnues.

  • La vraie rupture conduite par Nicolas Sarkozy : la priorité aux effets

    Même ceux qui n'ont aucune sympathie pour le Chef de l'Etat doivent reconnaître qu'il y aura une vie politique française avant la Présidence Sarkozy et une vie politique après cette Présidence. Il y a une "génération Sarkozy" qui cherche à déchiffrer ses techniques et manifestement à les reproduire.

    Ce qui paraît l'élément central de cette "génération", c'est la priorité donnée aux effets et à une communication par la pure annonce. En 20 ans, la vie publique française est passée d'un extrême à l'autre. Hier c'était des gestionnaires qui concédaient des efforts pour ne pas froisser l'opinion. Aujourd'hui, ce sont des "sondeurs d'opinion" qui concèdent quelques mesures à la gestion.

    En réalité, la gestion de l'opinion occupe tout leur esprit avec 4 étapes qui relèvent d'une méthode désormais bien rodée :

    1) l'enquête d'opinion avant toute annonce de décision. Il n'y a pas une annonce qui n'ait pas fait l'objet d'une enquête préalable.

    2) La répartition des tâches : le Président garde toutes les annonces positives et les autres autorités ministérielles se chargent des annonces plus clivantes à l'exemple de F. Fillon aujourd'hui dans le JDD.

    3) Quand une orientation est incontournable, la perspective est délibérément noircie. Ce fut le cas pour EDF. L'opinion entend parler de 10 % d'augmentation des tarifs par an sur 3 ans. Quand l'augmentation finale est de 3 %, elle devient presque … une baisse par rapport au projet initial d'augmentation. C'est la même technique pour le forfait hospitalier aujourd'hui. Il fut question de 20 € par jour. L'opinion enregistre presque comme "bonne nouvelle" que l'augmentation soit le passage à 18 €.

    4) Quand la décision est délicate, il y a 3 batteries offensives. Tout d'abord, les commentateurs officiels qui positivent. Ensuite, les sondages qui viennent à l'appui pour provoquer un réflexe "légitimiste" des indécis appelés à se ranger du côté de ceux qui font la majorité. Enfin, ultime défense, l'argument selon lequel l'opposition ne ferait ni mieux ni autrement.

    Ce système de gestion de la décision publique fait tâche d'huile bien au-delà des sensibilités politiques.

    Il reste à savoir si la crise ne fera pas imploser cette méthode de "gestion". Pour l'instant, elle fonctionne avec efficacité. Parce qu'elle rassure aussi l'opinion qui manifestement ne veut pas encore regarder en face certaines réalités.

  • Entretien de Nicolas Sarkozy : la bataille des commentaires

    La France est tombée à son tour dans le nouvel enjeu de communication qu'est la bataille des commentaires après une émission TV.

    Dick Morris, alors Conseiller de Bill Clinton, a été le premier théoricien de cette pratique mise en oeuvre à l'issue du premier mandat de Bill Clinton : gagner la bataille des commentaires. Il a organisé la tâche de celles et de ceux qui allaient commenter les interventions présidentielles et ajouter au message du Président.

    C'est exactement l'exercice auquel nous assistons en France depuis 48 heures. Mais la "technique Française" apporte comme toujours ses "innovations".

    1) Ce sont d'abord les "satellites" de la Présidence qui diffusent la "bonne parole". Là c'est Alain Minc. Ailleurs, c'est FOG qui avait écrit le livre de lancement de la présidentielle 2007 pour Sarkozy… Ce sont des temps de paroles qui s'ajoutent au temps initial. La France apparait dans de telles circonstances comme un pays avec si peu de talents puisque ce sont toujours les mêmes qui écrivent, puis passent à la TV et terminent à la radio…

    2) Le commentaire est donné sans discussion. Il a ainsi été décidé que la mention "coupable" serait un … lapsus. Qui a décidé ? Le Président n'a présenté aucune excuse. C'est une telle énormité que les commentateurs officiels ont décidé qu'il en serait ainsi. C'est surprenant de voir autant de personnes prêtes à sacrifier la qualité d'une analyse pour plaire au pouvoir. Autant de oui commencent à rendre le non séduisant…

  • Bob McDonnell dans la dernière ligne droite d’un vote emblématique

    En novembre 2009 intervient le vote pour la fonction de Gouverneur de l’Etat de Virginie. Cet Etat était ancré au Parti Démocrate ces dernières années. Mais les enquêtes annoncent une victoire possible d’un candidat Républicain : Bob McDonnell.


    Il a actuellement 5 points d’avance. Il est certain que cette victoire aurait une portée particulière dans les circonstances présentes. La réforme de la santé inquiète. La remise en forme aussi accélérée des banques provoque des questions. Le style parfois un peu « too much » du couple Obama provoque des clivages dans l’Amérique profonde.


    Bref, ce vote en dira long sur l’état de l’opinion 12 mois après la victoire de novembre 2008 …


  • Angela Merkel en route pour une victoire

    La Chancelière parait assurée de gagner dimanche. Angela Merkel a su se réconcilier avec une base populaire qui lui assure actuellement son succès. Elle a mené une campagne entièrement axée sur sa personnalité, bien loin des programmes généraux.


    Elle a acquis l’image d’une gestionnaire compétente au-dessus des partis, capable d’écouter tout le monde. Elle a surtout incarné l’humilité et l’implication dans le quotidien. Elle ferait sa liste d’épicerie chaque fin de semaine, programmant le partage des tâches ménagères avec son époux… autant de traits de tempéraments que la presse allemande commente comme de l’anti-Sarkozy ?


  • La France s’enfonce dans la crise

    La France cumule deux records : le niveau des prélèvements obligatoires le plus élevé des pays industrialisés et le niveau de la dette.

    Depuis 25 ans, tout se passe comme si le recours à la dette était une ressource à part entière. En intégrant les engagements "hors bilan" de l'Etat à l'exemple des régimes spéciaux de retraites, c'est un gouffre sans fond qui va s'imposer aux prochaines générations.

    L'Etat réduit le périmètre de ses interventions. Mais il augmente ses effectifs …

    L'Etat réduit ses interventions directes. Mais il augmente son train de vie courant.

    La charge de la dette sera bientôt le premier budget de l'Etat soit l'équivalent de plusieurs fois le budget de la Recherche et de l'Enseignement Supérieur , c'est dire comment un tel pays peut préparer l'avenir.

    Tout est actuellement organisé pour éviter que l'opinion ne regarde cette réalité en face. La vie publique française c'est le "nouveau rocher", les soirées de gala, les déclarations à l'emporte-pièce, la cour et ses excès …; bref, Monaco et ses rites.

    Cette dette courante enlève toute marge de manoeuvre à l'Etat. C'est un exemple des fuites en avant face à la réalité. Il y a désormais une disjonction permanente entre l'univers officiel et la réalité qui pose des questions majeures et surtout des inquiétudes croissantes. La France s'enfonce dans la crise mais tout est organisé pour que cette réalité soit la moins perceptible.

    Le prix des voitures serait stable : faux. Le prix des voitures n'a pas bougé mais il recouvre moins d'éléments du véhicule puisque par exemple désormais la roue de secours doit être payée en plus du prix de base …

    L'insécurité serait contenue : faux. Les chiffres prouvent le contraire et encore serait-il, là aussi, opportun de vérifier ce qu'ils recouvrent réellement.

    La jungle de Calais disparaît : faux. Elle est déplacée. Les plus faibles ont été maltraités au motif qu'il s'agissait de s'en prendre aux plus forts (les passeurs). Mais pourquoi ne pas s'en être pris directement aux passeurs et avoir traité plus humainement les plus faibles ?

    La liste des problèmes non résolus s'allonge chaque jour. Il faut moraliser la finance … mais les banques françaises sont dénoncées comme les plus opaques et chères dans la gestion des comptes de chacun …

    Ce divorce entre l'univers officiel et la réalité creuse une incompréhension qui atteint des sommets. La France est bien enfoncée dans une crise qui n'est pas seulement économique.

  • Quand l’image est le message, l’image doit être vraie

    Une députée vient de déposer une proposition de loi qui vise à imposer la mention « photo retouchée » dès l’instant qu’une photo a fait l’objet de retouches informatiques.


    Progressivement, une dictature de l’image s’est installée. Dans ces conditions, il paraît souhaitable que l’image soit vraie. Or, les studios regorgent d’anecdotes de retouches les plus « grossières » les unes que les autres.


    La période actuelle s’installe comme la quasi-caricature de la manipulation permanente. Sur le fond des dossiers, l’opinion est baladée au gré des priorités sans droit de suite. Sur les images, elles sont retouchées pour que des « hommes de pouvoir » aient un corps de mannequin sans avoir à effectuer les efforts nécessaires dans le temps.


    Souhaitons que cette proposition de loi entre rapidement dans les faits.


    Rubrique : pas vu à la télé :


     

  • Le test de Virginie

    En novembre 2009, originalité du calendrier, la Virginie vote pour son Gouverneur. C’est un Etat qui a connu une percée Démocrate ces dernières années. Mais, à ce jour, c’est le candidat Républicain qui devrait l’emporter. Les derniers sondages lui donnent au moins 5 points d’avance.


    Si ce score devait être confirmé par les urnes, ce serait un avertissement politique majeur pour Barack Obama. En réalité, l’opinion lui reproche de ne pas avoir su enclencher la reprise économique, sujet qui est largement en tête de toutes les préoccupations.


    Mark Warner, ancien Gouverneur Démocrate de cet Etat, et nouveau Sénateur élu en novembre 2008, se lance dans la campagne pour tenter de sauver cet Etat. Mais le succès parait difficile tant les seniors et les classes moyennes veulent donner un avertissement à la politique présidentielle.


  • Feuilleton d’été : « le nouveau Président » : dernier épisode

    Villepin 20 09 09

    Le blog 2villepin a mis en ligne le dernier épisode de ce feuilleton d’été. La campagne prend des tours inattendus ….

    J’espère que vous aurez plaisir à parcourir cet épisode. A cette fin, il vous suffit de cliquer sur le lien ci-dessous :


    http://2villepin.free.fr/index.php