Ce matin après avoir souhaité l'anniversaire d'un passionné de montagne dont j'apprécie beaucoup les photos, l'intéressé m'indique combien actuellement il redécouvre la beauté de "l'ordinaire d'hier". C'est exactement le sentiment que nous devons être nombreux à partager. De façon générale, l'ordinaire d'hier avec la liberté de se déplacer sans craindre un virus terrible. Samedi soir, lors d'un bref orage, j'appréciais le doux son de la pluie après 44 jours de sécheresse, situation rarissime à cette date de l'année. Les stations locales ont annoncé 27 millimètres à St Martin d'Hères et 17 millimètres au Versoud. C'est dire la faible pluie. Et pourtant elle fut si agréable pour rendre de l'humidité à l'herbe et faire chuter une partie de l'allergie aux pollens. La période actuelle c'est la réhabilitation de l'ex-ordinaire.
Auteur : Denis Bonzy
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Le premier « geste barrière » : la consécration du numérique
Chaque crise profonde change la donne. Une crise fait des victimes. Une crise révèle aussi des nouveaux "pouvoirs". Le numérique est pour le moment le 1er bénéficiaire du Covid-19. C'est le premier "geste barrière". Zoom : 300 millions d'utilisateurs par jour pour les visioconférences. Microsoft Teams : explosion des utilisations. Et la liste pourrait durer longtemps. Et ce n'est qu'un début. Les réunions nouvelle génération sont nées. Pour les pratiquer professionnellement beaucoup, c'est efficace et permet d'économiser les temps de déplacements.
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L’instant de nature qui devient rare …
40 jours sans pluie. Dimanche, 3 gouttes d'eau qui ont permis la photo ci-dessus : un instant de nature qui devient … rare. Le déficit d'humidité des sols bat des records. A cette date, c'est un déficit historique : constat dressé par les expertises techniques. La pluie était annoncée dans notre région. Elle n'est pas … arrivée. C'est une alerte terrible de plus sur le dérèglement climatique : le moment où saisir une perle d'eau sur une feuille devient rare. Nous traversons pour de vrai une période très particulière.
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Décès de Peter Breard : un photographe animalier hors du commun
Peter Breard est décédé. Il fut un photographe animalier hors du commun. Photographier des animaux demande une sensibilité particulière. La mise en scène concertée est impossible. Il faut donc saisir le naturel, ce qui est un défi tout particulier. Un défi de patience. D'imagination. Il a parfois donné à ses photos des touches de décoration simpliste qui en faisaient de réels tableaux d'art. Comme cette photo de deux bébés léopard où la simple position différente des oreilles dégage deux profils de tempéraments. Un vrai artiste est disparu.
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Une guerre enfin à la recherche de son père ?
L'article du Washington Post sur l'origine éventuelle de l'actuelle crise sanitaire va-t-il enfin ouvrir une étape relayant la version officielle chinoise au rang des "légendes urbaines" ou la version de M. Tsu mangeant une chauve-souris infectée sur un marché parallèle à l'angle de la rue Mao Zedong d'un quartier pauvre de Wuhan (NB : noms d'emprunts pour cet article) ? Cette guerre avait déjà perdu un nom la rattachant à un auteur : elle s'appelle Covid-19 et non pas grippe chinoise. Elle a manifestement perdu son porteur zéro en lisant les messages diplomatiques officiels. Va-t-elle désormais y compris perdre toute traçabilité initiale. Bref, ce serait la première guerre sans père. Jusqu'à maintenant on connaissait les pères des guerres : volontés expansionnistes d'individus, revanches personnelles … Là on semble encore loin de toute identification sérieuse. Une réalité pénible à constater qui montre l'écart entre informer, désinformer et ré-informer. La fabrique sérieuse du réel manque de beaucoup trop d'artisans consciencieux. C'est aussi un virus particulièrement préoccupant.
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Quand la nature reste la championne de l’imagination
Hier, ce chardonneret élégant a été durablement notre compagnon du déjeuner. Rien ne manque à sa perfection. Aucune couleur dans le détail ne casse l'harmonie des teintes. Chaque couleur est vive comme si le pastel n'avait pas de place pour une telle réussite. La nature montre, une fois de plus, qu'elle reste la championne de l'imagination car elle est capable de sortir de l'ordinaire et de parfaire chaque détail. Une réalité qui mériterait de faire naître davantage d'humilité chez de nombreux humains. Juste constater que les humains ont quand même été capables de trouver le nom juste pour consacrer cette élégance naturelle, déjà pas si mal quand même …
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Petite brouette deviendra grande …
Et malheureusement si vite ! La vitesse à laquelle Léon grandit me stupéfait. Je n'avais pas à l'esprit ce souvenir pour nos enfants au même âge. Peut-être la différence entre le fait de voir chaque jour ses enfants et bien plus épisodiquement ses petits-enfants ? Ou un rapport au temps qui change avec l'âge ? La période présente avec ses multiples drames contribue probablement aussi à imposer un rapport différent au temps. Davantage réfléchi. Plus triste aussi.
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L’état de crise et la crise de l’Etat
C'est un sujet essentiel dans le droit public : jusqu'où une crise peut-elle emporter des digues d'ordinaire solides ? Hier, aucun chiffre donné sur les décès dans les Ehpad. Pourquoi ? Dans un pays aussi sur-administré que la France avec des ARS souvent très pointilleuses, qui peut comprendre qu'un état journalier de cette importance puisse ne pas être rendu ? Chaque crise est le test des valeurs d'une démocratie. L'attachement réel à des valeurs de vérité, du droit à être informé … La France a rarement su gérer ses crises. La France de Vichy a vu ses institutions sombrer dans des dérives gravissimes même dans l'institution judiciaire (les sections spéciales). Pendant l'Algérie, idem. Le plus surprenant, c'est d'ailleurs la capacité collective ensuite à ne pas vouloir regarder en face les crises que la crise a engendrées. Actuellement, ne sommes-nous pas de nouveau au bord de telles pratiques ? Pourquoi des chiffres sur les décès liés au Covid-19 ne sont-ils pas publiés de façon exhaustive ? Et s'ils ne sont pas publiés, pourquoi les raisons véritables ne sont-elles pas données ? Ce sont des questions qui sont loin d'être marginales.
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Covid-19 : le temps des explications nécessaires doit s’engager
S'interroger n'est pas polémiquer. Questionner n'est pas critiquer. Dans les moments de crises, chaque pouvoir dresse le piège de l'union nationale : forme d'obscurantisme destinée d'abord à faire taire tout débat possible. Or, pour adhérer aux objectifs d'une gouvernance, publique ou privée, il faut préalablement être sûr de la qualité des objectifs poursuivis. Aujourd'hui, un volet n'est jamais traité ou si peu : comment expliquer, à l'écart de toute théorie du complot ou polémique partisane, les chiffres suivants des décès : France (10 328), Allemagne (2 016), Royaume Uni (6 169), Suisse (821), Canada (381), Portugal (345), Israël (65), Australie (49), Danemark (203) … Il doit y avoir une explication dans une telle différence de chiffres officiels du nombre total par pays des décès liés au Covid-19 ? Pourquoi cette explication n'est-elle jamais abordée ? Chaque état de crise a d'abord été la crise de la vérité. Chaque "guerre" a d'abord été un terrible théâtre de manipulations outrancières de l'opinion. Aujourd'hui, dans des circonstances d'une telle gravité extrême, le premier médicament collectif utile c'est la vérité. Ces écarts nécessitent des explications calmes, sérieuses.
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Noël Dejean de la Batie : quand le talent et le travail mènent à l’art du Droit
C'est avec beaucoup de tristesse que j'ai appris le décès du Professeur Noël Dejean de la Batie. Il fut l'un des Professeurs capables de montrer toutes les facettes de l'intelligence. L'intelligence peut être subtilité d'une extrême finesse, connaissances acquises par le travail et par l'expérience mais aussi mirage d'un raisonnement pas assez passé au filtre du recul toujours nécessaire. L'intelligence peut être aussi humour, auto-dérision et surtout humilité permanente car il y a toujours à savoir davantage. Noël Dejean de la Batie était cette intelligence pour ses étudiants. A la fin de la seconde année de droit, lorsque le choix s'imposait alors entre les "privatistes" et les "publicistes", les matières s'effaçaient souvent derrière le profil des maîtres. Les uns choisissaient la subtilité d'un Claude Giverdon, l'immensité des connaissances d'un Jean Larguier, la solidité de démonstrations d'un Ernest Escolano, l'impertinence provocatrice d'un Jean Claude Coviaux et pour d'autres la diplomatie d'un Philippe Chapal qui parvenait à faire aimer le … droit de la mer, la réserve très british d'un Jean François Guilhaudis sur le droit de la guerre, les emballements de Gérard Chianéa sur l'Histoire du Droit et la passion d'une exemplarité de tolérance de Gustave Peiser. Et la liste des références pourrait durer si longtemps encore. Et il y avait Noël Dejean de la Batie : l'art du Droit : toujours chercher la définition du mot qui expliquera la justesse d'un raisonnement. Chacun de ses cours était un moment exquis. Pour qu'il en soit ainsi, il faut du talent ET une très belle personne : l'un ne peut jamais aller sans l'autre. MERCI.