Le confinement a montré, si besoin était et à juste titre, le sacré collectif qu'est la vie dans les démocraties occidentales. C'est un beau progrès qu'il en soit ainsi. Désormais, c'est le tour des autres vies. L'économie. Le social. Les finances. Sur chacun de ces domaines, les mêmes défis sont là. Aussi immenses que la réanimation qui a été un test si remarquable du professionnalisme des médecins et hospitaliers français. Les autres domaines (économie, social, finances) auront-ils des combattants aussi motivés, courageux, professionnels ? Ce qui a fait la force de la "réponse sanitaire" ce fut sa solidarité, sa motivation, son engagement. Ces qualités seront-elles partagées à ce point au-delà de cette seule profession ? C'est le test des semaines à venir. Si ce n'est pas le pas, de très nombreuses autres vies seront perdues. Des entreprises fermeront. Des inscriptions au chômage battront des records historiques. Les impôts ne peuvent augmenter encore en France si ce n'est au prix de casser la consommation qu'il faut à l'opposé relancer au plus vote et le plus massivement. Le test des autres vies s'annonce très difficile et très instructif.
Auteur : Denis Bonzy
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Merci !
LIBRES. Aujourd'hui, dans des circonstances particulières pourtant pas comparables, des générations peuvent mieux apprécier ce que signifie concrètement le combat pour la Liberté. 52 jours de privations diverses et une formidable envie de vivre, de bouger, danser, courir, blaguer, rencontrer, investir pour les générations d'après, créer des équipements publics nouveaux, célébrer le Père Noël, vivre des défis sportifs collectifs, bref vivre libre. … 52 jours "seulement". Pendant la seconde guerre mondiale, plus de 2 000 jours à douter, ne plus oser penser au lendemain insaisissable, ne pas sortir, douter pour la nourriture du demain … Les cérémonies du Souvenir ont toujours eu une importance particulière pour moi comme l'émotion constante devant ces tombes avec ces noms et tant d'âges du printemps de la vie. Aujourd'hui, comme chaque année, mais peut-être avec un ressenti particulier, une immense reconnaissance pour leur sens du sacrifice pour notre Liberté. MERCI !
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Si la bataille du sens s’ouvre pour de vrai …
Lors de mon dernier déplacement professionnel avant le confinement dans la salle d'attente de St Exupéry (le 26 février, une autre époque …), j'observe une équipe manifestement soudée, d'excellente humeur au sein de laquelle un jeune homme d'une trentaine d'années prend un soin particulier d'un homme âgé. Il surveille son sac à dos. Il lui demande en permanence si "tout va bien" … Lorsqu'on prend l'avion, son attention décuple sur les marches. Par le fait du hasard, il s'installe à côté de moi. Je lui fait part de ma reconnaissance devant cette attention manifeste si touchante à voir. Il me répond "c'est mon père et nous venons d'apprendre à résister au froid lors d'un stage dans un pays de l'Europe de l'Est. J'ai peur qu'il ait été éprouvé …". L'intéressé de m'expliquer que tout est un enjeu de maîtrise de respiration face au froid. Et il m'indique qu'il a créé une entreprise "jedonnedu sens.com" localisée sur Bordeaux. Et que pour lui tout est une "affaire de sens" : de son attitude personnelle comme cette attention si touchante pour son papa à l'engagement professionnel pour mener des causes … A l'exemple du constat de cet entrepreneur dynamique, si la bataille du sens s'ouvre en France pour de vrai, beaucoup va changer. Car la bataille du sens, c'est d'abord un enjeu d'harmonie intérieure. Non pas de modes. Encore moins d'ordres administratifs. Avec la crise du Covid-19, c'est peut-être l'électrochoc nécessaire. Que feront demain les personnes qui applaudissent aujourd'hui aux balcons les personnels soignants ? Exigeront-elles d'autres salaires pour cette profession et d'autres moyens matériels ou retomberont-elles dans l'oubli des causes si vite oubliées ? Voteront-elles en faveur de ceux qui s'engagent sur cette voie ou retomberont-elles dans l'abstention ou dans ces jeux de communautés de proximité si éloignées des causes collectives d'intérêt général ? Qui va encore consommer chinois ou reposer le produit parce qu'il n'est pas sérieusement certifié "fabriqué en France" ? Sens qui est probablement dans la durée le meilleur socle pour la relocalisation ! Aux Etats-Unis, la bataille du sens est engagée. Patagonia et Columbia s'associent pour lutter judiciairement contre des mesures de l'énergie par le charbon. Ces marques veulent défendre la nature, l'environnement, les grands espaces. Ailleurs, des milliardaires se mobilisent pour démultiplier les moyens financiers pour la recherche en matière de santé … D'autres défendent la liberté de circuler … Cette bataille du sens radicalise. Mais elle est si belle parce qu'elle est d'abord le marqueur de la responsabilité individuelle et de la liberté. L'engagement et non pas l'abandon. C'est un rendez-vous qui sera intéressant dans les prochaines semaines en France. La bataille du sens va-t-elle s'ouvrir pour de vrai sur des bases durables ?
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La réhabilitation de l’ex – ordinaire
Ce matin après avoir souhaité l'anniversaire d'un passionné de montagne dont j'apprécie beaucoup les photos, l'intéressé m'indique combien actuellement il redécouvre la beauté de "l'ordinaire d'hier". C'est exactement le sentiment que nous devons être nombreux à partager. De façon générale, l'ordinaire d'hier avec la liberté de se déplacer sans craindre un virus terrible. Samedi soir, lors d'un bref orage, j'appréciais le doux son de la pluie après 44 jours de sécheresse, situation rarissime à cette date de l'année. Les stations locales ont annoncé 27 millimètres à St Martin d'Hères et 17 millimètres au Versoud. C'est dire la faible pluie. Et pourtant elle fut si agréable pour rendre de l'humidité à l'herbe et faire chuter une partie de l'allergie aux pollens. La période actuelle c'est la réhabilitation de l'ex-ordinaire.
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Le premier « geste barrière » : la consécration du numérique
Chaque crise profonde change la donne. Une crise fait des victimes. Une crise révèle aussi des nouveaux "pouvoirs". Le numérique est pour le moment le 1er bénéficiaire du Covid-19. C'est le premier "geste barrière". Zoom : 300 millions d'utilisateurs par jour pour les visioconférences. Microsoft Teams : explosion des utilisations. Et la liste pourrait durer longtemps. Et ce n'est qu'un début. Les réunions nouvelle génération sont nées. Pour les pratiquer professionnellement beaucoup, c'est efficace et permet d'économiser les temps de déplacements.
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L’instant de nature qui devient rare …
40 jours sans pluie. Dimanche, 3 gouttes d'eau qui ont permis la photo ci-dessus : un instant de nature qui devient … rare. Le déficit d'humidité des sols bat des records. A cette date, c'est un déficit historique : constat dressé par les expertises techniques. La pluie était annoncée dans notre région. Elle n'est pas … arrivée. C'est une alerte terrible de plus sur le dérèglement climatique : le moment où saisir une perle d'eau sur une feuille devient rare. Nous traversons pour de vrai une période très particulière.
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Décès de Peter Breard : un photographe animalier hors du commun
Peter Breard est décédé. Il fut un photographe animalier hors du commun. Photographier des animaux demande une sensibilité particulière. La mise en scène concertée est impossible. Il faut donc saisir le naturel, ce qui est un défi tout particulier. Un défi de patience. D'imagination. Il a parfois donné à ses photos des touches de décoration simpliste qui en faisaient de réels tableaux d'art. Comme cette photo de deux bébés léopard où la simple position différente des oreilles dégage deux profils de tempéraments. Un vrai artiste est disparu.
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Une guerre enfin à la recherche de son père ?
L'article du Washington Post sur l'origine éventuelle de l'actuelle crise sanitaire va-t-il enfin ouvrir une étape relayant la version officielle chinoise au rang des "légendes urbaines" ou la version de M. Tsu mangeant une chauve-souris infectée sur un marché parallèle à l'angle de la rue Mao Zedong d'un quartier pauvre de Wuhan (NB : noms d'emprunts pour cet article) ? Cette guerre avait déjà perdu un nom la rattachant à un auteur : elle s'appelle Covid-19 et non pas grippe chinoise. Elle a manifestement perdu son porteur zéro en lisant les messages diplomatiques officiels. Va-t-elle désormais y compris perdre toute traçabilité initiale. Bref, ce serait la première guerre sans père. Jusqu'à maintenant on connaissait les pères des guerres : volontés expansionnistes d'individus, revanches personnelles … Là on semble encore loin de toute identification sérieuse. Une réalité pénible à constater qui montre l'écart entre informer, désinformer et ré-informer. La fabrique sérieuse du réel manque de beaucoup trop d'artisans consciencieux. C'est aussi un virus particulièrement préoccupant.
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Quand la nature reste la championne de l’imagination
Hier, ce chardonneret élégant a été durablement notre compagnon du déjeuner. Rien ne manque à sa perfection. Aucune couleur dans le détail ne casse l'harmonie des teintes. Chaque couleur est vive comme si le pastel n'avait pas de place pour une telle réussite. La nature montre, une fois de plus, qu'elle reste la championne de l'imagination car elle est capable de sortir de l'ordinaire et de parfaire chaque détail. Une réalité qui mériterait de faire naître davantage d'humilité chez de nombreux humains. Juste constater que les humains ont quand même été capables de trouver le nom juste pour consacrer cette élégance naturelle, déjà pas si mal quand même …
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Petite brouette deviendra grande …
Et malheureusement si vite ! La vitesse à laquelle Léon grandit me stupéfait. Je n'avais pas à l'esprit ce souvenir pour nos enfants au même âge. Peut-être la différence entre le fait de voir chaque jour ses enfants et bien plus épisodiquement ses petits-enfants ? Ou un rapport au temps qui change avec l'âge ? La période présente avec ses multiples drames contribue probablement aussi à imposer un rapport différent au temps. Davantage réfléchi. Plus triste aussi.