Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Air France et l’abandon des régions

    St Exupery 05 07 19

    Ce qui se passe actuellement en France dans plusieurs domaines échappe totalement à la rationalité. Comment imaginer une relance économique rapide sans trafic aérien fiable et économique ? Il y a une "ambiance de décroissance" qui flotte actuellement qui est totalement déconnectée des réalités. Sans les régions, les lignes ferroviaires seraient-elles aujourd'hui ce qu'elles sont ? Non. Des régions peuvent-elles rester à l'écart de l'abandon de liaisons aériennes ? Tout peut-il se régler à distance ? Non. La France semble entrer avec "innocence" dans de nombreuses crises sans anticiper la portée concrète de certaines décisions. Ambiance assez irréelle. 

  • Présidentielle américaine : le traditionnel tournant du mois de juillet

    Obama 05 09 15

    D'abord remercier pour l'intérêt témoigné sur les différents supports (Selz, Patreon, Slideshare …) pour les publications sur les présidentielles américaines. Il montre combien l'interdépendance perçue des pays renforce les centres d'intérêts sur d'autres campagnes électorales qu'en France. Du retard a parfois été pris dans des réponses à des questions posées notamment par des étudiants de Sciences Po. Ce retard sera rattrapé dans les prochains jours. Nous sommes à 126 jours du vote aux Etats-Unis. Traditionnellement, le mois de juillet est le véritable tournant de la campagne présidentielle. Essentiellement pour deux facteurs. D'une part, c'est le moment où chaque candidat doit donner une dimension internationale à sa démarche. D'autre part, la proximité de la tenue de la Convention. L'un des mois de juillet les plus réussis avait été celui de 2008 avec la tournée internationale de Barack Obama : Afghanistan, Jordanie et en Europe le discours de Berlin (150 000 personnes). La campagne 2020 décroche par rapport à cette tradition. Le virus du Covid-19 frappe. L'organisation des Conventions pose problèmes. Les tournées internationales encore davantage. Mais surtout Biden joue la prudence pour éviter le moindre faux pas pensant que le rejet de Trump sera le socle essentiel de sa victoire. Une ambiance très particulière. 

  • L’eau magique

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    A ceux qui peuvent encore douter de l'effet positif de l'eau, il suffit d'observer les conséquences pratiques de "l'ordonnance de la nature" avec la vitalité donnée par la pluie aux fleurs après des jours de sécheresse. Un constat qui remplace tous les mots.

  • Le krach de trop ?

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    L'accélération des graves accidents économiques mérite l'attention. Avec le confinement du Covid-19, une question majeure se pose : et si c'était le krach de trop ? Pendant longtemps, le cycle des crises était celui de plusieurs décennies de pause entre deux crises. Depuis les années 1990, ce cycle s'est considérablement accéléré. Il y a désormais plusieurs krachs dans une décennie. Regardons les faits : 1991 : crise lors de la première guerre d'Irak. 2000 : éclatement de la "bulle Internet". 11 septembre 2001 : début d'un terrorisme religieux guerrier. 2008 : krach dans l'immobilier et le secteur bancaire. 2011 : crise grecque avec doute pour la 1ère fois à ce point de la solvabilité d'un Etat moderne. 2010 – 2012 : les printemps arabes qui changent la donne notamment pour des activités liées au tourisme. 2015 en France : le terrorisme religieux frappe dans des conditions inédites et ouvre une période de profondes incertitudes. 2020 : krach lié au Covid-19. Il faut avoir la conscience des chiffres. Sur la Bourse, en mars, l'indice boursier américain est descendu à son plus bas niveau depuis … 1987. En France, des séances sur mars clôturaient avec des scores de – 8 % à – 12 % par séance ! Et entre temps en France, il fallait intégrer les secousses des Gilets Jaunes et les grèves dont celles liées à la réforme des retraites : autant de séquences longues qui paralysaient des jours entiers d'activités de commerces. Et aujourd'hui, on entend souvent l'interprétation selon laquelle "les entreprises qui ferment étaient celles qui étaient déjà en difficulté". La bonne interprétation devrait être : "bravo déjà à toutes les entreprises qui ont tenu la tête hors de l'eau face à la succession de telles épreuves continues". Mais il faut toujours dans l'activité économique redouter la crise de trop. Les actuelles réponses en France sont insuffisantes. Tant de l'Etat que des Collectivités locales. Des "réponses" qui traduisent souvent une inquiétante méconnaissance de réalités économiques de la part de professionnels de la politique coupés des réalités du terrain dont le fondamental du seuil de rentabilité. L'actuel débat sur l'ouverture de commerces est irréel. L'enjeu n'est pas d'ouvrir c'est d'ouvrir dans des conditions rentables. Aujourd'hui, les étapes des crises d'après (crises sociales et économiques) méritent une inquiétude considérablement plus grave que les actuels commentaires dominants. C'est peut-être la crise de trop amorçant un séisme de chômage d'une ampleur telle que les équilibres traditionnels dont politiques peuvent être secoués avec force ?

  • L’inversion des temps d’une vie

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    La vie d'un chien est courte. Elle met en lumière les contrastes forts de ses différentes séquences. La folle énergie de la jeunesse. Le calme de la maturité. Puis le besoin de paix et de soutien pendant sa vieillesse. C'est à cet âge là que l'on va montrer tout son attachement à son chien. Ménager ses efforts pour qu'il ne se fatigue pas trop. Surveiller ses alertes de santé pour les traiter au plus vite car rien ne se règle alors tout seul. Enlever des obstacles sur son chemin car sa vue baisse. Ne pas trop s'éloigner car l'ouïe perd en sensibilité. C'est ce que nous vivons actuellement avec Chatham (13 ans). Nous avons toujours été très complices. Mais avec le confinement, une étape supplémentaire a été franchie. Quand Chatham était jeune, Marie disait souvent "elle passe son temps à te surveiller". Les temps ont changé. C'est l'inversion des fonctions. Pour bien la connaitre, je sais combien elle apprécie cette autre forme de notre complicité. 

  • Ces visages cachés de la crise qui ont de quoi inquiéter …

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    La France de Robert Paxton est-elle vouée à tristement rester une France éternelle par temps de crises graves ? Alors que les nuages s'accumulent pour les prochaines semaines après la crise sanitaire violente (crise économique, crise sociale, crise politique …), 4 visages cachés ont de quoi inquiéter. 1) L'absence des contre-pouvoirs en période de crise. Le Conseil Constitutionnel et le Conseil d'Etat sont aux arrières postes. La raison d'Etat prime. De même pour les médias dits "main stream". Le casting des invités est le panneau annonce des contenus à venir. 2) Le logique du toujours davantage de dépense publique. Il était possible d'annoncer des réductions d'impôts, des réductions de charges, des baisses durables de TVA … Le choix a été celui de la dépense publique toujours plus forte sans jamais aborder clairement l'étape du … remboursement. 3) La reconnaissance du crépuscule de la "France d'en haut". Rarement à ce point le mot "pragmatisme" a été l'habit cachant les tâtonnements ou les virages totalement inattendus et surtout initialement écartés. 4) La menace des contrôles : la Ministre du Travail a mis en garde "la classe des entrepreneurs" : l'étape des contrôles est engagée. La dernière zone de "puissance" de l'Etat c'est la capacité à punir les autres. L'Etat ménage ses zones d'irresponsabilité. Mais pour les autres, la responsabilité peut être partout. Ce sont des visages inquiétants de l'Etat français et finalement de l'opinion aussi car elle accepte assez bien de tels travers. 

  • Garde-barrière ou gestes barrières ?

    Hopital coronavirus

    La théorie du "garde-barrière" en matière d'information a été développée dès les années 50 : qui pouvait lever la barrière du droit de savoir ? C'est une théorie remarquablement schématisée et qui a servi de méthode à de nombreux gouvernants. Mike Deaver auprès de Reagan était le "garde-barrière" : il définissait le sujet du jour à faire vivre, ce qui avait été qualifié en interne de "la carte postale du jour" adressée à l'opinion publique. Alastair Campbell auprès de Tony Blair a occupé la même fonction. Avec la liberté de ton qui caractérise la démocratie britannique, Peter Stothard a rédigé une enquête sur cette méthode (30 jours au coeur du système Blair). En ce moment, l'impression désagréable de vivre en France la même méthode depuis le milieu de la semaine dernière. Jusqu'alors, c'était le défilé des médecins, infectiologues … : la peur envahissait les plateaux TV. Tout juste si on nous a épargné la mort en direct dans une chambre d'hôpital. Mais, depuis le milieu de la semaine dernière, ces professionnels de la santé ont disparu et c'est au tour des pros du tourisme. Le "garde-barrière" a frappé. Même le point TV quotidien du Directeur Général de la Santé a été supprimé. Dans quelques jours, tout juste si le nombre quotidien des décès deviendra accessible. Sur des sujets mineurs, la manoeuvre aussi grossière peut "amuser". Sur un sujet aussi important, elle donne un gout très amer de manipulation. Un droit de savoir aussi sélectif et aussi organisé c'est une atteinte grave à la qualité même du droit de savoir. C'est ce que l'on est en train de vivre actuellement. Il est beaucoup question des gestes barrières à respecter par chacun. Une attention devrait aussi entourer la fonction du "garde-barrière" parce que notre démocratie n'est pas en train de s'honorer dans la gestion de son droit de savoir. 

  • A quand la sortie du cycle : après cette crise, la prochaine … ?

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    Jeudi 14 mai, le Parlement européen a adopté un règlement très important sur la réutilisation des eaux usées traitées comme alternative de ressource pour plusieurs métiers dont l'agriculture. L'actuelle crise sanitaire ne doit pas faire oublier d'autres enjeux aussi importants dont le dérèglement climatique. La semaine prochaine, des températures de + de 30 ° sont annoncées dans de nombreux territoires dont l'Espagne connaissant une vague de chaud et de sécheresse. Au 15 avril, en France, l'humidité des sols subissait des déficits historiques. En matière de santé, il y eut l'impréparation des masques. En matière climatique, il y a actuellement notamment l'impréparation sur la diversification des ressources en eau. Il n'est pas possible de procéder en permanence avec une telle vue à court terme comme en ce moment la réhabilitation des plastiques dont chacun connait les méfaits durables pour la planète. C'est actuellement tout un cycle de gouvernance qui donne le sentiment d'être parvenu à une fin de cycle. Heureusement, de temps en temps, des textes offrent des alternatives positives. C'est le cas de cette étape de jeudi émanant du Parlement européen.

  • Le loup : pourquoi tout de suite autant de haine ?

    Loup 15 05 2020

    Sur St Paul de Varces, des accusations graves sont actuellement publiquement portées contre un ou plusieurs loups. 1) Des animaux victimes sont toujours à regretter et suscitent une tristesse légitime. 2) MAIS encore faut-il être sûr de l'auteur de ces actes. La municipalité sortante de St Paul de Varces accuse le ou les loups. Elle demande à mots à peine couverts une autorisation préfectorale d'abattages. Il serait préférable de ne pas agiter immédiatement autant de haine. La raison, c'est d'abord de bien identifier l'auteur de ces actes en faisant appel à des spécialistes qui ont l'expérience et les moyens scientifiques utiles. Une fois l'identification sécurisée de façon sérieuse, il y a probablement des mesures pratiques de protection à mettre en oeuvre (pose de caméras, grillage électrique …). La nature sauvage mérite d'être respectée. La vie animale doit être respectée. La vie animale sauvage doit également être respectée. Il y a des espèces qu'il faut respecter car elles contribuent à une chaîne naturelle d'équilibre global. La vie du loup mérite davantage de considération. Moins de haine immédiate. Et poser des affiches à proximité d'un groupe scolaire est de nature à créer des traumatismes bien inutiles en plein jour auprès d'enfants pour lesquels le loup porte déjà si souvent une littérature pour le moins angoissante. 

  • Quand allons-nous sortir de la féerie des lundis 32 du mois ?

    Contresens 12 05 2020

    La mode est au mot "déconfiné". Pour ma part, le mot clef de l'actuelle période c'est "sidéré". C'est comme le panneau en photo ci-dessus : faut-il croire l'inscription cool sur le panneau officiel ou regarder la réalité des faits sur la route ? Et chaque jour, la liste des sujets de sidération s'allonge. L'enjeu n'est pas tant le manque de réponses. C'est surtout le manque de questions. Prendre quelques exemples concrets : 1) Le "hit parade" des pays marqués par l'échec face au Covid-19. Que signifient des chiffres déconnectés du rapport à la population ? Rien. Chaque chiffre devrait être sur un rapport par million d'habitants. Mais ce chiffre dérange en France parce qu'il casse l'américanophobie ambiante et plus encore l'anti-trumpisme galopant : à ce jour les USA c'est 247 décès par million d'habitants pour 408 en France par million d'habitants ! Voilà les chiffres. 2) Pourquoi les chiffres français par million d'habitants ne donnent-ils jamais matière à des comparaisons avec des chiffres inférieurs ? Pour rappel, France = 408 décès par million d'habitants et Allemagne = 91, Suisse = 213 : Autriche = 69 … et la liste pourrait continuer longtemps. Comment s'expliquent ces différences ? Pourquoi ? 3) A ce niveau de questionnement, la féerie a son tour miracle : "chez nous les chiffres sont justes alors qu'ailleurs ils sont … faux". Mais ce raisonnement a un tour supplémentaire dans la féerie : "les chiffres ailleurs ne sont faux que lorsqu'ils sont meilleurs que chez nous". Donc les chiffres sont justes en Belgique (751), en Espagne (572), en Italie (508)… 4) L'invention de la règle flexible : les rassemblements sont interdits sauf quand ils sont autorisés sans l'être expressément. C'est question d'appréciations locales. C'est comme la qualité des produits sanitaires chargés protéger face à un virus présenté comme foudroyant : les masques peuvent être confectionnés sans norme dans l'amateurisme absolu : c'est le coeur qui compte. Un masque confectionné par un amateur absolu sans la moindre norme technique protège autant que celui d'un laboratoire spécialisé : parfait  ! Et la liste pourrait durer longtemps. Cette période a mis en relief que même dans une démocratie occidentale avancée passant historiquement pour le pays de la pensée, celui de la rationalité, ce sont les croyances qui ont pris le dessus. Pour les uns, le Covid-19 est ainsi devenu une création volontaire de la Chine (une forme de guerre bactériologique non avouée), pour d'autres c'est la faute des Etats-Unis, pour d'autres c'est la "nature qui se vengerait des méfaits humains" … et les explications précises ne sont jamais données. La féerie du lundi 32 c'est le retour aux temps des croyances et sous cet angle c'est une régression qui a au moins matière à autant inquiéter que le virus lui-même. Sur la quasi-totalité des sujets, je n'ai aucune réponse si ce n'est "je ne sais pas" mais j'aimerais beaucoup qu'enfin les questions soient posées. Une bonne question reste l'étape préalable obligée à une … bonne réponse.