Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • L’émiettement du corps électoral français

    Le dernier sondage LH2 montre l'émiettement du corps électoral. A la différence des pays structurés durablement autour de forces politiques quasi-binaires (Etats-Unis, Grande-Bretagne), la présidentielle devient le moment de l'éclatement des forces politiques par la multiplication des candidatures.

    Dans ce contexte, le leader du premier tour est celui qui arrive à franchir la barre des 20 %. Cette situation signifie aussi que la détermination de la seconde place devient totalement aléatoire entre des candidats qui se tiennent à deux points près quand les sondages enregistrent une marge technique d'erreur de … trois points.

    C'est une situation très préoccupante pour le déroulement des élections. Elle l'est probablement encore davantage sur les conditions ultérieures de gouvernance. Dans ce contexte émietté, l'enjeu des "contrats d'objectifs" devient de plus en plus incontournable pour éviter des blocages généralisés en raison de la faiblesse, donc de la fragilité, de l'assiette électorale de départ.

  • Le Parti Socialiste Français : ses miracles et ses mirages

    La lecture de la plaquette du PS sur les biens communs partagés et les services essentiels accessibles (publiée le 4 mai 2011) mérite une lecture attentive.

    C'est une usine à gaz d'une stupéfiante complexité où chaque mesure signifie une dépense publique supplémentaire.

    Prenons l'exemple concret de l'eau.

    Le PS prévoit la multiplication des structures publiques là où les Agences de l'Eau existent déjà et devraient au contraire être renforcées au niveau de leurs missions.

    Le PS va vers une tarification différenciée de l'eau selon les contraintes territoriales. Cette modulation géographique est concevable. Elle existe déjà ce qui d'ailleurs montre l'incohérence des tableaux comparatifs souvent publiés sur les prix du m3 d'eau. Mais là le PS fait un pas de plus en imposant des seuils tarifaires selon des territoires.

    Le plus étonnant est le nouveau décompte du tarif de l'eau. Il connaît une première nouvelle contrainte exposée ci-dessus (la modulation géographique). Le PS va créer des prix différents du m3 de l'eau en fonction des volumes consommés. Il détermine un volume de base pour la consommation courante. Puis, par effets de seuils, plus la consommation s'élève, plus le prix du m3 d'eau devient cher.

    Voilà comment le PS prévoit de "protéger" la ressource en eau !

    Si voter c'est s'engager pour des programmes, il serait nécessaire que la plaquette sur les mesures du PS sur les "services essentiels" soit largement diffusée. Tant que le PS continuera à créer de la dépense publique et de la fonction publique, il s'éloignera de la modernité et des contraintes financières incontournables.

    Finalement, c'est assez naturel qu'il aspire à la venue du Directeur du FMI qui d'ordinaire assure la tutelle des gestions déficitaires. En France, c'est la culture du PS par son archaïsme qu'il faut mettre en "tutelle" quand on prend connaissance de mesures de ce type …

  • Obama ou le rappel du besoin de résultats

    En une semaine, Barack Obama a progressé de 11 points dans la cote globale d’appréciation de son bilan passant à 57 %. Certes, le patriotisme ponctuel après le décès de Ben Laden booste cet indicateur. Mais c’est surtout le rappel que l’opinion attend des résultats. La politique est trop souvent devenue l’art de parler, de remettre à demain, d’expliquer, de justifier, d’excuser mais plus de faire !

    C’est un besoin de faire que montre l’opinion. Des actes. Du concret. Du visible immédiat. Cette réalité lui parle immédiatement.

    Le 24 mai 2011, dans le District de New York, une élection partielle se déroule opposant deux candidates par ailleurs très dynamiques. Ces derniers jours, la Républicaine, Jane Corwin, avait pris l’ascendant. Qu’en sera-t-il dans ce nouveau contexte ? Il y aura là un marqueur intéressant avant que l’opinion ne sollicite la même obligation de résultats dans d’autres domaines …

    http://www.whitehouse.gov/sites/all/modules/swftools/shared/flash_media_player/player5x2.swf

  • Le candidat du PS sera-t-il désigné aussi par … la droite ?

    Le mécanisme des primaires n’est pas adapté à la tradition française. De façon étonnante, le sondage IFOP pour le JDD du 1er mai est passé inaperçu : 29 % des citoyens français déclarent vouloir participer à la … primaire PS.

    Il y a 17 % des électeurs de Nicolas Sarkozy en 2007 qui déclarent vouloir, certainement ou probablement, participer à la primaire … PS.

    Bien davantage, il y a 34 % d’électeurs de JM le Pen en 2007 qui déclarent vouloir participer certainement ou probablement à la primaire … PS.

    Dans la même enquête téléphonique, une personne sondée se déclare à la fois électrice de Nicolas Sarkozy ou de JM le Pen et … déclare son intention de participer à la désignation du candidat socialiste !

    Cet élément d’actualité montre combien la méthode des primaires n’est pas adaptée à la culture française. C’est comme les élections internes aux partis politiques où la course aux cousins, aux voisins et aux autres relations prime sur toutes les considérations de convictions comme d’engagement réel.

    Ce serait quand même un comble de voir le candidat PS désigné aussi par les électeurs de droite qui auront tendance à désigner le candidat ou la candidate qu’ils estiment le ou la plus facile à battre au second tour. La mentalité française réserve souvent des « trésors » d’imagination …

  • Isère : sénatoriales : le sondage qui montre l’ampleur de la tâche pour l’opposition départementale

    Dans la foulée de sa victoire à Grenoble en 1983, la droite républicaine a compté 4 Sénateurs sur 4 dans l'Isère : MM Boyer, Cabanel, Descours, Faure. Puis elle a compté 2 Sénateurs sur 4 : MM Saugey et Faure. En septembre 2011, elle pourrait compter … 1 Sénateur sur 5 !

    C'est le résultat d'un sondage OpinionWay réalisé du 17 au 30 mars auprès de 309 électeurs de l'Isère dans le cadre du collège sénatorial et par voie téléphonique. 16 noms sont sondés en matière de notoriété comme d'image de marque. 7 hypothèses de votes sont testées.

    Les principaux enseignements de ce sondage sont les suivants :

    (suite…)

  • Quand DSK lance la « gauche Porsche »

    C'est la photo du Parisien du jour : DSK fait le tour de locaux à Paris (choix d'une permanence ou visite de relations ?) avec une Porsche dont le "modèle de base" est à 105 880 €.DSK Porsche

    L'atterrissage s'annonce difficile si a fortiori on ne même plus circuler dans les "plus belles étrangères"…

    Quand le PS passe de la rose à … la Porsche, il n'est pas sûr qu'il ne devienne pas le "premier fournisseur" des effectifs de Marine le Pen désormais en première place des votes dans les collèges ouvriers et employés.

  • Jack Layton et la nouvelle logique de la « saveur du jour »

    Comme indiqué depuis plusieurs jours déjà dans nos billets, les élections canadiennes du 2 mai 2011 ont donné naissance à un nouveau paysage politique compte tenu de la percée du NPD de Jack Layton.

    Comme le marché n’est pas extensible, les électeurs qui ont poussé la progression du NPD ont été retranchés à d’autres forces politiques : Parti Libéral et Bloc Québecois. Ces deux formations descendent très bas désormais : 19 % et 6 % respectivement.

    Layton et le NPD sont caricaturaux de l’effet de mode. Avec les sondages en progression, ils étaient devenus la « saveur du jour ». Les enquêtes à la sortie des bureaux de votes ont souvent établi l’absence de raison de fond en faveur du NPD si ce n’est qu’il était devenu le « vote à la mode ».

    C’est une logique assez singulière mais qui s’installe de plus en plus d’une opinion qui se range derrière la « mode du moment », la « saveur du jour ». Débutant au-dessous des 15 %, en 35 jours de campagne, le NPD termine à … 31 %.

    Son leader Jack Layton en était à sa 4ème campagne fédérale. Mais avec l’annonce du 5 janvier 2010 et sa confession sur son cancer, il avait changé aux yeux d’autrui…

    Comme en 2006, l’opinion canadienne a beaucoup bougé le temps d’une campagne électorale. C’est le constat qui va le plus plaider contre des élections anticipées à l’avenir car l’opinion du jour n’est pas nécessairement celle du lendemain même à 35 jours d’écart.

  • « Le printemps arabe » : Lara Logan rompt le silence

    Nous avions été parmi les premiers à relayer alors « dans le feu de l’action » l’information des violences gravissimes subies par la journaliste américaine. Elle vient de rompre le silence et d’exprimer la gravité des violences subies à cette époque.

    La sous-exposition de ce cas dans les médias traditionnels est une illustration parmi beaucoup d’autres d’une pensée unique qui sévit dans notre pays de façon écrasante en fonction des modes mais sans la moindre rationnalité.

    Le » printemps arabe » (révolutions Egypte, Tunisie)  a bonne image donc ce qui est contraire est passé sous silence. Ce sont des révolutions de la tête ou du moins présentées comme telles par la supposée aspiration à la liberté alors que, selon d’autres versions, ce sont d’abord des révoltes de la faim donc du ventre face à la cherté de certains produits alimentaires alors impossibles à acheter.

    La France intervient en Libye mais pas en Syrie. Pourquoi la défense des citoyens d’un pays et pas ceux de l’autre ? Le coût ? Mystère, c’est un sujet tabou. Quand les bombes de Kadhafi tombent, elles causent des pertes humaines tandis que les bombes de l’Otan ne détruiraient que des matériels …

    Quand des postes sont réservés à des personnes de « couleurs typées », c’est de la discrimination positive. Mais si cette réservation devait concerner des personnes « moins typées » elle devient du … racisme à l’exemple du dossier de la fédération de football. Là aussi, il y a une présomption d’innocence normalement avant toute décision judiciaire sauf quand c’est la Ministre qui prend la mesure disciplinaire.

    Jusqu’à quelle frontière de « non sens », ce climat peut-il aller ?

    Lara Loga vient de rompre le silence et tous ceux qui sont attachés à la réalité matérielle des faits comme à la dignité humaine devraient contribuer à rompre ce silence aussi.

     

  • Grenoble : la privatisation du stade des Alpes inquiète sur la gravité de la situation financière de la Métro

    Que l’une des plus grosses agglomérations de France ne puisse plus financer les « années difficiles » d’un équipement public pendant une période transitoire, n’est ce pas d’abord la reconnaissance d’une gravité extrême de sa situation financière ? Les Verts ont dénoncé à plusieurs reprises le niveau d’endettement de la Métro. Le projet de péage urbain était déjà l’aveu officiel de l’obligation de trouver une recette de plus pour financer des grands travaux de voiries.

    Mais là, privatiser le stade des Alpes, c’est la reconnaissance que la Métro n’a pas les moyens financiers à impôts constants pour porter un équipement public pendant une période difficile.

    La privatisation de cet équipement, c’est notamment :

    – la fin des invitations aux jeunes des clubs pour les matchs fanions,

    – la hausse des tarifs pour des opérations évènementielles,

    – la cession à un opérateur privé d’un élément présenté il y a encore quelques semaines comme l’atout essentiel de la vitalité économique de Grenoble compte tenu des gros efforts effectués en matière de diversification des locaux (voir vidéo ci-dessous).

    Il serait temps que la Métro expose avec clarté et rigueur technique la réalité de sa situation financière qui concerne tous les contribuables de l’agglomération grenobloise. Si les prévisions des Verts se confirment, ce serait une situation d’une extrême gravité. A ce sujet, il est étonnant et préjudiciable que le site Internet de la Métro soit d’une extrême complication pour accéder aux délibérations et aux éléments financiers alors que cette structure vivant sur les deniers publics se devrait d’être plus pédagogique en la matière.

     

    Entreprises : vos réceptions au Stade des Alpes par grenoblealpesmetropole

  • Grenoble : la Métro privatise le stade des Alpes : le plus mauvais choix

    C’est une décision sans précédent qui vient d’être prise par la Métro puisque c’est la première fois qu’un équipement public sportif est privatisé dans l’agglomération grenobloise. La situation actuelle imposait des mesures : stade vide, équipe de football en perdition totale, aides financières publiques indirectes qui suscitent des appréciations diverses … Tout n’est que crise.

    Mais la privatisation de cet équipement va ajouter à terme de la crise à la crise parce qu’elle n’est

    (suite…)