Même en mettant de côté les déclarations "irréelles" à l'exemple de Lang déclarant hier soir sur France 2 au sujet de la présumée victime "il n'y a quand même pas mort d'homme …", nous assistons actuellement à un spectacle lamentable de déclarations plus pathétiques les unes que les autres.
Il y a en effet la création désormais manifeste de quatre fractures et d'un enterrement.
1) La première fracture concerne la réalité des faits. La présentation politique et journalistique de l'emballement de la machine judiciaire américaine ne répond à aucune réalité. Le maître mot est le professionnalisme. Le Procureur chargé de l'affaire sait qu'il n'a pas droit à l'erreur. Sinon, c'est la fin de sa propre carrière. Par conséquent, le profil même de DSK et les conséquences qui résulteraient d'un amateurisme en la matière sont l'assurance de précautions particulières pour boucler le dossier sur des bases les plus sérieuses possibles.
Donc, parier sur un "dossier faible" de la part de l'accusation est une très probable erreur considérable. Les prochaines étapes risquent d'assombrir encore davantage le paysage car l'accusation va probablement révéler par étape ses pièces les plus fortes.
2) La seconde fracture concerne le bon sens. DSK s'est comporté à l'opposé de toute personne "normale" placée dans des circonstances comparables. C'est là où la vérité judiciaire va prendre le dessus sur les formules politiques qui enfument l'opinion. Avant d'entrer dans une chambre, le personnel en question frappe pour demander s'il y a une présence. Si quelqu'un est présent, les consignes sont de revenir. A supposer même que l'intéressée soit entrée, il suffisait de lui indiquer de sortir immédiatement. Si l'intéressée ne sortait pas, le comportement ordinaire consistait à appeler la direction de l'établissement. A chaque étape, DSK s'est beaucoup éloigné d'un comportement normal.