Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Affaire DSK : quatre fractures et un enterrement

    Même en mettant de côté les déclarations "irréelles" à l'exemple de Lang déclarant hier soir sur France 2 au sujet de la présumée victime "il n'y a quand même pas mort d'homme …", nous assistons actuellement à un spectacle lamentable de déclarations plus pathétiques les unes que les autres.

    Il y a en effet la création désormais manifeste de quatre fractures et d'un enterrement.

    1) La première fracture concerne la réalité des faits. La présentation politique et journalistique de l'emballement de la machine judiciaire américaine ne répond à aucune réalité. Le maître mot est le professionnalisme. Le Procureur chargé de l'affaire sait qu'il n'a pas droit à l'erreur. Sinon, c'est la fin de sa propre carrière. Par conséquent, le profil même de DSK et les conséquences qui résulteraient d'un amateurisme en la matière sont l'assurance de précautions particulières pour boucler le dossier sur des bases les plus sérieuses possibles.

    Donc, parier sur un "dossier faible" de la part de l'accusation est une très probable erreur considérable. Les prochaines étapes risquent d'assombrir encore davantage le paysage car l'accusation va probablement révéler par étape ses pièces les plus fortes.

    2) La seconde fracture concerne le bon sens. DSK s'est comporté à l'opposé de toute personne "normale" placée dans des circonstances comparables. C'est là où la vérité judiciaire va prendre le dessus sur les formules politiques qui enfument l'opinion. Avant d'entrer dans une chambre, le personnel en question frappe pour demander s'il y a une présence. Si quelqu'un est présent, les consignes sont de revenir. A supposer même que l'intéressée soit entrée, il suffisait de lui indiquer de sortir immédiatement. Si l'intéressée ne sortait pas, le comportement ordinaire consistait à appeler la direction de l'établissement. A chaque étape, DSK s'est beaucoup éloigné d'un comportement normal.

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  • DSK : la crise d’un système politique français sans contre-pouvoir

    DSK est la caricature d'un système politique français sans contre-pouvoir. Quand Tristane Banon le 5 février 2007 raconte ses "épreuves" lors d'un dîner dans une émission d'Ardisson, l'ambiance "gauloise"règne manifestement dans des conditions choquantes mais cet épisode est révélateur d'une culture d'admission du "pêché" d'un intouchable. Tellement intouchable que la victime renonce alors à engager les actions en justice qui auraient été nécessaires. Tellement intouchable que la presse n'investigue pas sur une affaire déjà grave.

    Les excès de certains détenteurs de pouvoirs ne sont rendus possibles que par l'absence de contre-pouvoir. Une absence qui accrédite progressivement l'idée qu'il n'y aurait plus de limite.

    La vie politique française est progressivement devenue un champ de ruines.

    Les présidentiables se comptent sur les doigts d'une seule main et encore… Les débats sérieux d'idées n'existent plus. La décentralisation a rapproché le pouvoir dans des conditions d'arbitraire où le clientélisme est désormais installé.

    De façon généralisée, il n'y a pas de contre-pouvoir. Les parlementaires sont des assistantes sociales qui gèrent les interventions personnelles et ne controlent pas l'exécutif. L'opposition dans les collectivités locales est sans moyen humain ou financier. Les médias dépendent de groupes qui eux-mêmes dépendent de marchés d'Etat. Il est quand même stupéfiant hier d'assister au journal TV de France 2 à 20 heures présentant Sarkozy en deuxième position d'un graphe sur un sondage sur la présidentielle 2012 alors même que les chiffres en question le placent en … troisième position.

    Les Préfets sont les chargés des relations publiques de l'Etat mais dépourvus de compétences fortes. Les Chambres Régionales des Comptes n'interviennent que très tard et avec des rapports qui restent dans les tiroirs. La presse écrite régionale est en mal de lecteurs, donc de recettes et elle compte d'abord désormais sur les recettes publicitaires des collectivités locales pour arrondir ses fins de mois. Lui est-il possible de traiter ensuite avec objectivité ses annonceurs publicitaires ? Non.

    C'est la liste d'un pays qui se vautre dans le légitimisme jusqu'où jour où un excès grave est commis, franchissant les conditions de la discrétion habituelle. Et alors la descente aux enfers est garantie. Combien de temps encore cette logique durera-t-elle ?

     

  • Grenoble : 1 M€ de déficit par an en moyenne pour le seul fonctionnement du stade des Alpes …

    Le GF 38 vient de descendre en division dite nationale. La Métro vient de décider le principe de la privatisation du stade des Alpes. Il reste à juger de l’équilibre financier à venir dans le cadre de la DSP.

    En attendant, il y a deux zones d’opacité qui méritent d’être rapidement clarifiées :

    1) pourquoi aucun repreneur n’a franchi le pas de la reprise ? Il est beaucoup question de projets de protocoles non aboutis pour « neutraliser » des zones de « litiges » que tout repreneur voulait impérativement dissocier pour ne pas voir la gestion future être « polluée » par divers « dossiers » : lesquels ?

    2) le coût réel cumulé de l’ardoise pour les contribuables locaux. Il est question de 1 million d’euros de déficit moyen annuel sur les trois dernières années pour le seul fonctionnement du stade. En réalité, les déficits annuels varieraient de 1 300 000 € à 700 000 € selon les années. Les bénévoles des clubs sportifs qui payent leur essence le week-end pour accompagner les jeunes vont apprécier si leurs clubs avaient été bénéficiaires d’une partie de ce montant au titre des subventions annuelles…

    Des situations de ce type sont actuellement passées sous silence dans les médias officiels qui ne veulent ni contrarier leurs sponsors publicitaires que sont les collectivités locales ni altérer les relations avec les responsables du club en question. Mais le milieu bénévole connaît les chiffres. Il attend des explications. Il est à souhaiter qu’elles arrivent vite et de façon détaillée car le déficit a été renfloué par l’impôt de tous les contribuables.

    GF38 : entraînement au Stade des Alpes par grenoblealpesmetropole

  • Un nouvel urbanisme commercial : la fin des anciens centres villes ?

    L'officialisation du projet de village de marques à Marseille – La Valentine ouvre un débat plus général sur la place des commerces dans les villes de demain.

    Dans les centres villes, les commerces ont souvent beaucoup évolué vers des segments de marchés très précis : téléphonie, banques, agences immobilières … en dehors de quelques espaces dédiés à des grandes marques.

    Les centres commerciaux classiques attirent dans le péri-urbain là où les conditions d'accès, de stationnement sont plus faciles.

    Si des villes rendent les conditions d'accès aux centres encore plus difficiles (péages, coût du stationnement très élevé, restrictions pour des types de véhicules (4×4), détérioration de l'image de marque des transports collectifs qui ne gagnent pas la bataille de la sécurité …), qu'est ce qui peut arrêter la naissance de nouveaux grands pôles conjuguant marques et densité commerciale diversifiée ?

    A Marseille – La Valentine, 125 enseignes fortes seront réunies.

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  • Que reste-t-il sous le capot de la Ville de Grenoble ?

    Au moment où Annecy se remobilise pour s’ancrer durablement comme la Capitale de la Montagne dans les Alpes du Nord, il serait opportun de soulever le capot de la Ville de Grenoble et d’apprécier ses potentialités.

    Sur le plan de la région Sud Est, la course est entre Lyon et Marseille. Lyon construit avec patience son partenariat renforcé avec St Etienne pour s’installer comme la grande métropole de Rhône-Alpes.

    Marseille va bénéficier de son statut de Capitale Européenne de la Culture en 2013 et ces derniers jours elle décide de la réalisation du plus grand village de marques du Sud Est : l’opération dite la Valentine : 125 enseignes fortes, 1 000 emplois créés, 100 millions de travaux pour les seules entreprises locales …

    Sur le plan de Rhône-Alpes, outre l’évolution déjà signalée pour Lyon, Annecy préempte doucement mais sérieusement le statut de Capitale de la Montagne. L’arc alpin reste flou. L’agglomération grenobloise, de loin démographiquement la plus importante en dehors de l’axe Lyon – St Etienne, se construit dans l’incohérence la plus totale. Comment imaginer qu’elle puisse aller dans le Vercors alors même qu’elle ne comprendrait pas Crolles. Combien de travailleurs se rendent dans « l’agglo » à Villard de Lans et combien vont à Crolles ?

    Cette incohérence n’est que le résultat d’une place trop importante accordée à des considérations politiques qui, à l’échelle des décennies à venir, sont d’un ridicule sans nom. Mais le PS doit entretenir les territoires de ses chefs locaux sans chevauchement …

    L’agglo n’a même plus les moyens financiers pour garder dans le patrimoine public le « grand stade des alpes » qu’elle vient de décider de privatiser.

    Asphyxiée au niveau de ses voies de communication, elle ne pourra financer de nouveaux équipements lourds qu’avec l’installation d’un péage urbain de proximité.

    Tous ces faits imposent de se poser une question simple : que reste-t-il sous le capot de la Ville de Grenoble ? Où est le moteur des prochaines années ? Où est le grand projet qui remet la Ville dans la course de ses concurrentes ?

    Et pendant ce temps, la priorité va aux déchirures intestines sur les places d’une liste aux sénatoriales …

    

  • Dominique Strauss-Kahn et le costume pour … le tiers de la Porsche !

    Pour prendre sa revanche d'un dossier interne au FMI trop rapidement bouclé à ses yeux, la presse américaine voudrait dresser "à sa façon" le bilan de Dominique Strauss-Kahn à Washington une fois annoncé le départ du FMI. Les révélations sur le train de vie des époux Strauss-Kahn pourraient être dévastatrices. Comme la presse américaine sait le faire de façon très professionnelle, plusieurs magazines ont mis leurs fins limiers sur le train de vie d'un candidat socialiste français : restaurants, coiffeurs et même couturiers.

    Ainsi, Dominique Strauss-Kahn aurait le même couturier qu'Obama : costume à plus de 30 000 € pièce…

    L'arrivée de DSK dans la campagne française promet de rompre le ronron actuel.

  • Michel Tavelle et ses « inkorrektions »

    Parce qu'il n'appartient pas à la Cour des "princes locaux" qui gouvernent depuis 16 ans, il est peu probable qu'il soit question du dernier ouvrage de Michel Tavelle dans les médias locaux. C'est un plaisir que ce blog, comme espace de liberté, soit l'occasion pour présenter un livre remarquable.Inkorrekt

    Au passage, il me parait nécessaire d'indiquer combien cette chape de plomb sera très sévèrement jugée dans le temps quand le clientélisme aura pris fin. La "ligne jaune" a été franchie à mes yeux lors des conditions indignes qui ont entouré la décision de Grand Officier dans l'ordre de la Légion d'Honneur dont a été bénéficiaire Pierre Gascon. Quand une telle distinction pour fait de résistance est accordée à un homme âgé de plus de 80 ans et qu'elle est presque passée sous silence parce que l'intéressé à été adjoint d'Alain Carignon, il devient difficile de tomber plus bas dans l'obscurantisme !

    Dans des circonstances très différentes, Michel Tavelle est victime du même état d'esprit. J'ai mis plus de 20 ans pour connaître, par étapes, le véritable Michel Tavelle. Et chaque étape m'a conduit à découvrir une personnalité de plus en plus riche et intéressante. C'est le cas de son dernier ouvrage : Inkorrekt.

    Nos relations ont souvent été orageuses. En février 1983, il préside un groupe de journalistes qui me décerne le "prix Citron" comme celui qui a été le plus désagréable, cassant … pendant la campagne de Grenoble au cours de laquelle j'ai eu l'honneur et le plaisir de diriger la campagne victorieuse de l'équipe d'Alain Carignon. Tout commençait bien …

    En 1989, Michel Tavelle a été sur la liste de Michel Destot quand ce dernier a été battu dès le premier tour des municipales.

    Puis, il a été dans l'opposition à Michel Destot à compter de 1995. C'est dire combien l'intéressé à "l'esprit de contradiction et combien il n'est pas sensible aux flatteries du pouvoir" puisqu'il aura passé presque une existence à … s'opposer.

    Il faut lire son dernier ouvrage et on comprend mieux pourquoi : parce que fondamentalement il ne veut pas suivre l'esprit du temps. C'est ce trait de tempérament foncièrement irréductible aux pensées uniques qui fait tant défaut aujourd'hui. Et parce qu'il lui donne libre cours dans son ouvrage, c'est un régal. Plusieurs sujets sont un réel plaisir. Sa défense de Nixon contre Kennedy est remarquable. La défense des ânes est d'une pertinence indiscutable. Sa façon de croquer la mode du féminisme est très juste jusqu'à la recherche du masculin de mots qui n'ont aucune raison d'être en effet en permanence au … féminin. La plume est alerte et l'esprit est au rendez-vous de chaque ligne avec une ironie parfois mordante quand par exemple il décrit l'ambiance si triste des cimetières qui … donne envie de vivre.

    A tous ceux qui veulent voir les mots et leurs réalités sous un autre jour, ce livre assure d'agréables soirées.

    Inkorrekt

    de Michel Tavelle

    Editions Alzieu / La Maison du Livre 1 bis rue du Moulin 38 120 Le Fontanil Cornillon

  • Isère : sénatoriales : le scrutin qui fait imploser les partis

    Au PS, la tornade est double. D'une part, la divergence avec les écologistes est actée. Les écologistes feront donc "bande à part" vivant là une étape de plus dans l'opposition de plus en plus forte qui est désormais la leur avec le PS dans l'agglomération grenobloise et plus particulièrement sur la Ville de Grenoble. D'autre part, au sein même du PS, la question de la troisième place sur la liste pose problème. L'opposition entre MM Soulage et Chiron tourne au bras de fer public indécis. Il est même question d'un nouveau scrutin après celui de lundi soir …Sénat Isère 11 05 11

    A droite, la liste unique peine à voir le jour. En dehors de la première place légitimement reconnue à Bernard Saugey, les rivalités sont à toutes les autres places. La seconde place voit une opposition notamment entre Mesdames Puissat, Tardy … tandis que la troisième place voit une opposition entre MM Langenieux Villard, Savin … Ancien Député et élu Conseiller Général dans des circonstances très difficiles en 2008, il a été longtemps acquis que Philippe Langenieux Villard était le candidat naturel tout désigné pour la troisième place. Mais les rivalités internes désormais habituelles ont vite repris le dessus déstabilisant l'édifice initialement monté.

    Dans ce paysage, qu'en est-il d'une liste "divers droite" ? Là aussi les hypothèses vont bon train. Seul un sondage vient de contribuer à ramener un peu de raison évoquant les conséquences d'un risque de division : que la droite n'ait qu'un poste sur … cinq.

    Il importe de rappeler que la droite a longtemps eu 4 Sénateurs sur 4 en Isère du temps de MM Boyer, Cabanel, Descours et Faure.

    Même si le pire n'est jamais certain, le retour au meilleur s'annonce bien difficile dans des divisions de ce type aussi permanentes et aigües. … Ce d'autant plus que la droite vient d'imploser également au sein de sa représentation au SMTC où MM Savin et Coigné, pourtant soutiens de Jean Mourey aux municipales de 2008, ont été incapables de garder dans leurs rangs ce dernier qui, seul, à accepté la proposition de collaboration du Président PS du SMTC. Au passage, un Président PS qui loue la sagesse du Maire de Vif quand la Conseillère générale PS … multiplie elle les billets vengeurs sur ses blogs dénonçant l'intolérance supposée de l'intéressé. Quel serait donc le micro-climat d'Echirolles changeant sur la route le tempérament d'un individu entre Vif et … Grenoble ? Là aussi, ce sont des règlements de comptes internes avec l'isolement absolu de Brigitte Périllié, candidate malheureuse à la sénatoriale, qui expliquent des jeux de ce type.

    Que d'exemples de la rupture avec la réalité dramatique d'une agglomération enfoncée dans la crise économique et dans un endettement public considérable …

  • St Paul de Varces : contestation sur le trafic de véhicules de gros tonnages

    Après un recours contentieux contre un important projet immobilier, puis la contestation sur l'augmentation brutale considérable du prix du m3 d'eau (+ 20 %), c'est au tour de la vente de remblais qui crée l'émotion en raison d'un ballet incessant de camions dans cette Commune. Le bruit, la poussière mais surtout la dangerosité suscitent une inquiétude vive.

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  • L’obscurantisme moderne

    Hier, des préjugés notamment religieux empêchaient des débats sur des sujets pourtant majeurs. Aujourd'hui, c'est la société de communication qui dicte ses interdits. Il suffit qu'un dossier soit compliqué pour qu'il passe à l'écart. Tout doit aller vite, être résumé en une idée, une image et surtout rencontrer une audience.

    Des dossiers essentiels sont actuellement marginalisés dans des conditions graves.

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