En France, souvent, être responsable public, c'est devenir "fonctionnaire bis" : une vie au bureau et seulement parfois sur le terrain tout particulièrement pendant les périodes électorales mais si peu en dehors des périodes électorales. L'engagement public de John Kerry c'est toujours le choix du terrain. Quand j'ai participé à son équipe électorale sur Boston, ce fut une découverte totale que cette présence permanente sur le terrain. Etre sur le terrain car le choix de ses collaborateurs était le critère de l'excellence pour gérer les dossiers. Et d'ailleurs son directeur de campagne de l'époque a connu ensuite une carrière professionnelle d'excellence au plus haut niveau dans le privé. Pendant des décennies, John Kerry a ainsi couvert une circonscription électorale immense. Puis les déplacements permanents à Washington, siège du Sénat. En 2002, il s'est engagé dans une primaire Démocrate pour la présidentielle. Et ce fut alors le tour de l'Amérique. Puis ce fut la campagne de 2004 : épuisante : quadriller les comtés des Etats-Unis. Ensuite, Secrétaire d'Etat (2012 – 2016) et là le tour du monde en permanence. Et maintenant, cela reprend pour s'occuper du climat. Impressionnant dans la capacité à vivre des déplacements permanents.
Auteur : Denis Bonzy
-
Ces objets qui portent une Histoire
L'Opinel est né au bord d'un torrent au coeur des Alpes en 1890. Il est simple. Pour moi, il appartient aux objets qui portent une Histoire. Une tradition. Celle de mon grand-père qui avait toujours son opinel dans la poche. Celui de paysans qui m'ont fait découvrir les sentiers de montagne. Celui d'un cousin qui faisait toujours le signe de croix sur le pain avant de commencer un repas. Et cette liste pourrait durer longtemps. Le mien est toujours sur mon bureau. J'ouvre le courrier. Je taille des "crayons de charpentier" avec lesquels je note la couleur notamment du jour écoulé. Nos fils ont eu les leurs. Le moment venu, notre petit-fils Léon aura le sien gravé et avec la date de sa remise. Nous devons toujours garder des objets qui portent une Histoire. C'est la durée qui compte. Pourquoi la France va si mal actuellement ? Parce qu'elle est fâchée avec le temps long. Avec son Histoire. Avec sa littérature. Même avec la qualité de ses douces mélodies accompagnant des textes dignes d'une poésie. Les urbains perdent la tête dans l'accélération du temps. Les rurbains ne savent plus s'ils ont les repères de la ville ou ceux de la campagne. Aujourd'hui, le vrai temps agréable reste celui de campagnes où les villages ont gardé le sens d'hier. Dernièrement, lors d'un déplacement professionnel, lors d'un repas, j'ai eu le délice de voir des personnes sortir leur Opinel et retracer leurs séquences de vie avec. Quel moment agréable de voir des personnes honorant ainsi une séquence temps de leurs histoires familiales. Bien loin des modes passagères, éphémères. Il y a des objets qui portent personnellement et collectivement des sens bien plus importants que leur simple utilité immédiate.
-
Ces noms qu’on entend si longtemps après les avoir prononcés …
Hier aux Etats-Unis, c'était la journée nationale des animaux dits de "compagnie". Ce terme est mal choisi. Parce qu'il y a tellement de circonstances où l'on a le sentiment que l'on est la compagnie d'un animal et tout particulièrement d'un chien pour ce qui me concerne. Si on a la chance de connaitre la présence d'un animal dès sa plus jeune enfance, ce que l'on ne sait pas à cet âge là c'est qu'il s'agit d'un nom qui accompagnera une vie entière. On peut oublier le nom de copains que l'on imaginait pourtant inséparables à cette époque. Mais on oubliera jamais le nom de l'animal avec qui on partagera les premiers pas, les promenades, les jeux. C'est une compagnie permanente bien au-delà de sa disparition toujours si triste et douloureuse. Ils appartiennent ainsi aux noms qu'on entend en permanence au plus profond de soi si longtemps après les avoir prononcés du temps de leur vivant.
-
L’imagination : la plus belle agence de voyages …
L'une (Stihl) a des heures et des heures de découpes d'arbres morts pour libérer les espaces des autres. L'autre (jouet Bosch très sécurisé) a des heures de découpes de … tiges de fleurs de coucous dans le champ. Mais avec la force de l'imagination de son porteur (notre petit-fils), nul doute que dans son esprit, sa tronçonneuse dépasse et de loin la puissance de la mienne. L'imagination reste bien la plus belle des agences de voyages à entendre les objectifs qu'il fixe à sa tronçonneuse. Dommage que les hivers de la pensée sévissent de plus en plus massivement parce que ce printemps là de l'esprit est toujours si plein de vitalité à constater.
-
Le marqueur de la capacité d’investir ou la réalité du « qui paye commande »
Il y a 30 ans, sur Le Gua, débutaient les travaux de restructuration totale de l'entrée sur cette Commune du Sud de l'agglomération grenobloise. Des travaux considérables : création d'une piste cyclable sur site propre en bordure d'une voie départementale entre la sortie sud de Vif et le Genevrey de Vif. Démolition d'une passerelle d'extraction de minéraux de la société Vicat. Elargissement d'un pont qui, dans sa version initiale, ne comprenait qu'une voie et imposait donc une circulation alternée aux véhicules. Toutes ces opérations ont été menées en 4 ans. 4 ans plus tard, tout était terminé. Le Département avait alors les moyens d'investir et il avait mis en application une règle simple : "qui paye commande". Aujourd'hui, tout est très long dans le dispositif administratif français. Pour une raison simple : les budgets de fonctionnement dévorent toutes les capacités d'investir. C'est donc le règne des paiements fractionnés. Fractionnés dans les payeurs (Etat, Région, Département, Intercommunalités, Communes) : chacun demande à un autre la participation financière. Donc fractionnés dans le temps avec des durées sans cesse de plus en plus longues. Tant que les budgets de fonctionnement ne seront pas réduits, la capacité d'investir fera défaut au pays à l'imposition et à l'endettement records.
-
Aujourd’hui, pour de bon, le bonheur est dans le pré
Pour ceux qui ont la passion du chocolat et tout particulièrement pour les enfants qui aiment découvrir des "surprises" agréables à consommer immédiatement, aujourd'hui, le bonheur est dans le pré. Au pied d'un arbre. A proximité d'un toboggan. A côté des racines d'un arbre … Il y a ceux qui vont chercher pour de vrai et ceux qui vont tenter de … détourner l'attention en semant le doute pour que le jeu dure plus longtemps loin des repères habituels. Toujours de beaux moments et de beaux souvenirs. Joyeuses fêtes de Pâques.
-
St Paul de Varces : la belle initiative des fiches pratiques sur des balades familiales du week-end
Sur la page Facebook SPV Infos, une initiative sympa de la part du collectif qui gère cette page : des fiches pratiques sur des balades familiales du WE à pied, en VTT … C'est déjà la fiche 06 cette semaine. Pour découvrir ces fiches, il suffit de cliquer sur le lien suivant : Randos. Avec le "confinement", on constate un besoin d'air pur à proximité. Je n'ai jamais rencontré autant de promeneurs sur des chemins du Vercors que ces derniers mois. Des Communes ont d'ailleurs de grands progrès à faire pour améliorer la signalétique, les équipements de haltes … C'est le temps manifestement pour un retour à la mode de la nature de proximité.
-
Musée Champollion (Vif) : à moins de 60 jours de son ouverture
Il aura fallu 28 ans pour que ce projet voit le jour pour de bon. Pourquoi de tels délais ? 1) Parce qu'il fallait trouver un accord avec des propriétaires privés. Et sur ce point, c'est naturel, par respect pour le droit de propriété, de laisser du temps au temps pour trouver un accord amiable. Mais 2) l'essentiel du délai c'est la traduction de la faiblesse désormais des moyens d'investissement des collectivités publiques y compris locales. Il faut lisser la dépense dans le temps. En l'espèce, la dépense réelle a été étalée sur 14 ans ! Les budgets de fonctionnement dévorent la quasi totalité des recettes. Par conséquent, pour investir, il faut soit emprunter soit étaler dans le temps la dépense et très souvent un peu des deux : emprunter et lisser la dépense dans le temps. C'est la raison clef de l'impuissance publique actuellement perçue pour la première fois à ce point. Continuer hier est devenu un mode de fonctionnement en France. Quand en 1993 je lançais le projet avec Gérard Cardin, je n'ai jamais imaginé qu'il faudrait 28 ans pour arriver au jour d'ouverture.
-
La belle période
La nervosité et le défaitisme gagnent actuellement trop de terrain. Chaque début de printemps est une chance à saisir. Les températures sont douces. C'est vrai qu'avec les contraintes de la crise sanitaire, les circonstances sont particulières. Mais cela reste une belle période dont il faut profiter avec délice : running, BBQ, VTT, les sorties des morilles … : autant de plaisirs simples parfois terriblement ignorés à tort. A plus forte raison quand la menace sanitaire rappelle les aléas imprévisibles de la vie si fragile. Cet hiver, même avec des températures froides, j'ai veillé à garder un rythme de running. Cela m'a parfois valu des remarques compatissantes pour des running en short. Maintenant, il suffit d'actualiser la play list et hop c'est parti … C'est surtout pas la période d'avoir la flemme d'être en situation de profiter de cette belle saison qu'est le printemps.
-
Les chemins de l’eau
Aujourd'hui, c'est la Journée mondiale de l'eau. Depuis quelques mois, de nombreuses soirées sont consacrées à un projet de livre sur les chemins de l'eau. Un éditeur a déjà exprimé son accord. Avec Marie, dans nos nombreux voyages, l'eau a toujours été une compagne permanente : un critère des choix. Si bien que l'éventail des sélections possibles est large. Si j'avais 50 sélections à effectuer, quelles seraient-elles et pourquoi ? Des ruisseaux vigoureux de Boulder à la Charles River de Boston en passant par des lacs de montagnes en France ou des petits ports pittoresques de Provence ou les chutes Ste-Anne à Québec ou le vtt aux bords du lac Michigan… : où peut porter le chant de l'eau … ? Que chacun veille aujourd'hui à accorder une pensée particulière pour cette belle richesse naturelle si fragile qu'est l'eau.