Les néo-rurbains n'ont pas la culture historique des communes. Et la technostructure des intercommunalités a des rotations accélérées de carrières qui nuisent à la connaissance du terrain. Si bien que face aux défis du changement climatique des Communes se trouvent démunies dans des conditions inédites. Très inquiétant. Pour en savoir +, cliquer sur le lien suivant : risques naturels.
Auteur : Denis Bonzy
-
La France, ce pays « original » où tout s’efface …
Le climat actuel en France est surprenant. Tout semble vouer à s'effacer, à s'évaporer. La dette publique colossale ? Un jeu d'écritures comptables et tout disparaîtra. Des haines durables au sujet de la guerre d'Algérie ? Bon nombre de commentateurs oublient un fait "simple" : à l'époque, les militaires français étaient des appelés et donc toutes les familles voyaient partir un membre de la famille en se demandant s'ils le reverraient de retour. C'est davantage qu'une nuance avec la situation actuelle de professionnalisation. Mais même la mémoire consensuelle fait défaut. En octobre, la mémoire de Brassens a été célébrée par une émission TV. Mais pas celles de Brel ou Aznavour. Ne parlons pas de littérature où la liste serait si longue. C'est un fait national : le pays veut vivre sans mémoire. Pareil sur le local : octobre c'est par exemple le mois du décès de Pierre Béghin par exemple, un alpiniste hors du commun avec des exploits historiques. Comment doit-on interpréter cette volonté de tout effacer ? Y-a-t-il de l'arrogance à vouloir considérer que tout ce qui est intervenu hier ne mérite plus l'attention tant ce serait marginal aujourd'hui ? Et si cette perte de mémoire était bien plus gravement un marqueur de fragilité parce que se comparer deviendrait si difficile … Qui écrit aujourd'hui des textes comme ceux de Brel ou d'Aznavour ? Combien de jeunes de 20 ans accepteraient de prendre le bateau à Marseille pour se rendre sur un lieu de guerre avec la perspective éventuelle de subir des crimes atroces ? Quels alpinistes français ont pris la succession de Béghin, Terray, René Desmaison ? Quels explorateurs ont été les héritiers de Frison-Roche, Cousteau, Tazieff ou Bombard ? Et si la volonté d'effacer, c'était tout simplement le marqueur de la volonté d'effacer la comparaison dans le temps … ? Mais la satisfaction de constater sur les réseaux sociaux que des mémoires individuelles familiales ou amicales restent solides à l'écart de cette ingratitude collective si grave. Pour ma part, une pensée toujours émue en mémoire de Pierre Béghin à chaque mois d'octobre. (NB : photo ci-dessus extraite du livre "hautes altitudes")
-
6 + 1 : les travaux du soir
"Il est terrible ce petit bruit de l'oeuf dur cassé sur un comptoir d'étain quand il remue dans la mémoire de l'homme qui a faim" : cette formule de Prévert est remarquable de sens. Pour chaque individu, en fonction de sa sensibilité, de son passé, il peut y avoir un déclic a priori anodin qui prend pourtant une dimension particulière. Pour moi qui aime l'écriture, dernièrement, parmi mes lectures, trois ouvrages ont pris un sens particulier pour susciter l'envie d'un nouveau livre. Mais un livre différent de ceux du passé. Le roman de Pierre Grand-Dufay ("les vagues ne meurent jamais"). Le livre de poésies de David Roguet ("l'odeur de la terre après la pluie"). Et le livre de Georges Bensoussan ("un exil français"). J'ai déjà été l'auteur de 6 livres. Le premier date de 1984 sur la communication d'alors. Le dernier date de 2008 sur la campagne 2008 de Barack Obama. Ils ont connu des trajectoires diverses de succès. Mais tous ont des points communs dont leur objet principal technique. Là, j'ai décidé de changer : un roman. Le cumul entre la réalité et la fiction donne de la force aux deux. Prochainement, je publierai l'introduction.
-
L’univers parallèle
Le monde actuel est-il agréable à vivre ? Pour la réponse, un marqueur simple : le "gâté" d'aujourd'hui fuit le monde. C'est dire. Les enfants des grands succès numériques fuient le monde. Loïc Le Meur découvre l'Amazonie et la médecine des plantes. Alexander Karp est replié dans une ferme isolée dans le New Hampshire. Tom Steyer quitte de moins en moins son ranch en Californie. Richard Branson est sur son île dans les Caraïbes … et la liste pourrait durer longtemps. Dans le siècle d'hier, les industriels à succès restaient dans les usines pour les rationaliser. Aujourd'hui, les gâtés du numérique s'éloignent du grouillement du quotidien. Une aspiration à un univers parallèle : cette culture de l'univers parallèle en dehors de la vie du grand nombre. Pour le "grand public", cet éloignement passera par le "métavers" que va lancer Facebook : être là sans être physiquement avec les gens. Et si finalement le confinement devait durer sous d'autres formes … ?
-
Un tournant de plus …
L'opinion publique française est en train de se libérer d'ancrages passés. Dans de nombreux domaines. Hier, Harris Interactive a publié un sondage sur la relation avec les animaux domestiques. Un tournant absolu. Une opinion largement majoritaire pour défendre des valeurs hier très minoritaires. Il y a comme un vent de ruptures qui souffle actuellement. Il y a ceux qui veulent repeindre les murs. Et ceux qui veulent changer de murs, en abattre pour gagner en dignité dans la défense de leurs valeurs intimes fortes. Pendant des années, à titre personnel, j'attendais de tels chiffres sur la condition animale. Je les espérais. J'observais les avancées immenses par exemple dans le Massachusetts, dans le Rhode Island … Maintenant avec de tels chiffres, de telles avancées sont à notre porte. Il ne reste plus qu'à ouvrir la porte pour que des lois changent. C'est le rendez-vous de 2022. Pour prendre connaissance du sondage Harris, cliquer sur le lien suivant : condition animale.
-
Waouh !
La dernière vidéo de Patagonia sur les escalades de Lor Sabourin dans le nord de l'Arizona : c'est fabuleux ! Des paysages à couper le souffle. Des exploits physiques irréels. A ne pas manquer.
-
« La ruche d’or de l’invisible » …
Remarquable ouvrage de Marie de Hennezel (Vivre avec l'invisible). Cette femme a une capacité hors du commun à poser les questions de fond. Un exemple précis : à quoi peut tenir l'intuition ? Il y a des moments où une voix intérieure s'exprime. Chacun a connu ces moments là. Pourquoi cette voix ? A quoi peut tenir ce sens alors donné ? Marie de Hennezel cherche à poser les bonnes questions sur cet invisible qui fait partie de temps forts de nos vies. Marie de Hennezel ouvre ainsi des sujets qui sont totalement à contre-sens des repères modernes. La modernité, c'est quoi ? Tout ce qui est matériel, éphémère, d'apparence, sans racine sauf à ré-écrire l'histoire à la seule lumière du présent. C'est la carte bancaire et non pas le spirituel. Marie de Hennezel c'est l'opposé de toutes ces modes du moment. Dernièrement, 3 ouvrages avaient retenu mon attention. Le roman de Pierre Grand-Dufay ("les vagues ne meurent jamais") sur un thème fort : que reste-t-il après la mort ? Avec les nouvelles technologies, PGD ouvre des espaces fabuleux. Le livre de poésies de David Roguet ("l'odeur de la terre après la pluie"). David Roguet est un très brillant avocat qui m'avait été présenté à la sortie de ses études par un Professeur de droit, M. JC Coviaux (lors d'un déjeuner tous les trois dans un endroit très agréable du Grésivaudan), comme étant l'élève le plus remarquable qu'il avait eu dans toute sa carrière de Professeur. Et le livre de Georges Bensoussan ("un exil français") avec la préface de Jacques Julliard sur la liberté de pensée. Ce livre de Marie de Hennezel est une contribution nécessaire à toute réflexion intérieure qui doit être le point de passage obligé pour bien s'entendre avec soi-même donc avoir la légèreté de l'âme qui peut rendre la vie si agréable. D'ailleurs, on peut y croiser de nombreuses réflexions qui tournent autour de commentaires souvent exposés sur des réseaux sociaux avec tant de personnes qui, de bonne foi, ouvrent ce débat intérieur avec beaucoup d'humilité, de lucidité et de sagesse.
-
La chuchoteuse …
Apprendre, cela reste toujours un moment passionnant. Pour compléter l'éducation positive qu'Ottawa a reçue sans jamais que le ton ne soit levé, Marie a décidé de compléter la "formation" d'Ottawa par quelques séances d'une chuchoteuse à la belle réputation reconnue installée sur Vif. Un délice de constater les recommandations tout en douceur. Les explications données. Derrière un regard, une vie. Savoir écouter c'est aussi, voire surtout, savoir se taire. Un moment très agréable qui mériterait de guider bon nombre d'être humains ayant cette folle arrogance de considérer qu'ils sont si supérieurs aux animaux …
-
Karyn Polito et Chatham : le succès du refus du mimétisme dans l’organisation de l’espace
La semaine dernière, Karyn Polito, la Lieutenant – Gouverneure du Massachusetts, s'est rendue à Chatham. C'est l'une des plus belles villes du Massachusetts. Très souvent ce magnifique Etat est "réduit" à Boston. C'est une redoutable erreur. Ce qui fait le charme de cet Etat c'est la diversité des paysages. Voire même le contraste absolu. En 40 minutes, il est possible de passer d'une ville capitale internationale à des villages pittoresques qui ont respecté leurs racines. Chatham fait partie de ces bourgs pittoresques. 6 000 habitants. Pas un immeuble. La France vit sa métropolisation par la contagion des paysages : les villes à la campagne. Une fois de plus, une formule sans le moindre sens. Comme le "vivre ensemble". La France vit au rythme du mimétisme, qui est le socle du comportement moutonnier. L'hécatombe des villages est un drame territorial dans les 20 prochaines années. L'extension sans fin des banlieues est une hérésie absolue. C'est la naissance de la population du "nulle part" : ni en ville ni en campagne. Un contre-sens absolu. (Nb : lire le remarquable ouvrage de Pierre Vermeren : l'impasse de la métropolisation Collection Débat édition Gallimard).
-
L’Honneur dans la simplicité
Le décès d'Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, est une étape clef dans les défis de mémoire. La disparition du témoignage direct des vivants. L'un des actifs de ma participation à la vie publique a été la faculté ainsi donnée de rencontrer des héros de la seconde guerre mondiale. Chaban racontant sa traversée de Paris. Michel Poniatowski, sa descente du Trièves, les combats au Parc Borel à Pont de Claix … Pierre Dumas et ses actions comme jeune lycéen. Robert Galley et son sentiment permanent que depuis 45 il faisait du "rab" tant il ne comprenait pas comment il était encore vivant. Et Pierre Messmer qui est celui avec qui j'ai le plus discuté. Pour une raison simple : il présidait le comité de bassin Rhin-Meuse quand je présidais l'agence de l'eau RMC. L'eau était un beau sujet pour se rencontrer et il était alors à la retraite disponible, un peu triste d'être à l'écart. Chez chacun d'eux, un trait commun : l'Honneur dans la simplicité. Ils étaient des héros mais comme si tout était naturel. Robert Galley et les réunions rue de Lille avec toujours le même pull en V usé sous une veste sans forme tant elle avait été portée. Pierre Messmer regardant le prix de chaque plat avant de commander pour être sûr qu'il n'allait pas gaspiller de l'argent public. Pierre Dumas racontant comment le Général de Gaulle lui avait "commandé" de candidater sur Chambéry. Tout paraissait simple, naturel. Si loin de l'actuelle ambiance du milieu politique français.