Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Campagnes électorales : un conseil simple : refuser les postures et prendre tous les risques

    DB mars 1986

    Pendant de nombreuses années, j'ai été amené à intervenir dans des universités sur le thème des campagnes électorales. Tout dernièrement, un collectif a dressé 7 "campagnes signatures" dans l'agglomération grenobloise depuis 1983. Ma campagne cantonale 1995 y figurait. Finalement, à la lecture de ces 7 campagnes, il y a une leçon commune : refuser les postures et prendre tous les risques. La prise de risques c'est le marqueur de deux traits forts de tempéraments : 1) la capacité à innover donc à attirer l'attention et 2) la capacité à croire à ses idées au point d'accepter qu'elles puissent … perdre. On ne gagne vraiment qu'en acceptant l'idée de perdre. Sinon, la seule pensée de la victoire paralyse. C'est un paradoxe que l'on retrouve beaucoup dans le sport. Pour prendre connaissance de ces articles, cliquer sur le lien suivant : Elections. 

    DB conf de presse

  • Quand Ottawa surveille …

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    Finalement à tous les âges de la vie on a un professeur pour surveiller les éventuelles fautes d’orthographe… Mais Ottawa a l’immense mérite de conserver la confidentialité sur les messages reçus ou émis 😉😀

  • Jusqu’à quand peut durer la « séquence Obama » ?

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    Depuis la seconde guerre mondiale, la politique américaine a fonctionné autour de trois stars intemporelles : Kennedy, Reagan et … Obama. JFK est resté une référence chez les Démocrates jusqu'au 1er mandat Clinton. Ce dernier avait beaucoup d'atouts mais les affaires privées l'ont disqualifié. Reagan est toujours LA référence chez les Républicains. En 2016, Trump faisait visiter son bureau aux médias et montrait les photos avec … Reagan. Obama est en train de prendre le même chemin. Une séquence qui échappe à la frénésie médiatique où une séquence chasse l'autre. Obama n'est chassé par personne. Dès qu'il apparait, il prend toute la lumière. Les publications sur Obama en sont un marqueur : une récurrence d'intérêts. Un vrai problème pour les Démocrates en attente de leader charismatique.

    Boston 040

  • Whympr ou les révolutions à venir du numérique

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    Nous ne sommes qu'au début de la révolution liée au numérique. Par exemple, Jack Dorsey prépare une étape nouvelle : la monnaie numérique universelle. Pour l'information géographique, en France, au pays roi de la montagne (Chamonix), une entreprise est dans la belle compétition de l'information de demain : Whympr. Elle a levé plus d'un million d'euros. Ses dirigeants ont le bon profil : la passion de la montagne + les compétences techniques. Pour que des entreprises de ce type puissent participer à la compétition internationale dans ce domaine avec les emplois qui en résultent, la France devrait lever les obstacles qui n'existent pas ailleurs : conception paralysante des droits d'auteurs, restrictions à la publicité … S'il n'y a pas d'entreprises leaders mondiales dans ce domaine, c'est qu'il y a trop de boulets en France (IGN …). Il faut lever ces boulets. Voilà un acte utile de modernité pour l'économie et pour l'emploi. 

  • Dimanche 28 novembre : très grosse chute de neige

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    Fin de promenade sportive à porter Ottawa qui ne parvenait plus à avancer dans la neige trop haute. Sacrée Ottawa : un bon test pour la forme…

  • 6 + 1 : les travaux du soir avancent : « Clémentine et l’impossible victoire ? »

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    Le 26 octobre, j'indiquais combien des ouvrages récents m'avaient donné envie de "sortir" de la publication d'ouvrages techniques pour tenter l'aventure d'un roman. Ces travaux du soir avancent bien. L'écriture d'un roman est en effet tellement plus spacieuse pour l'imagination. Le pitch (résumé) est simple :

    "… 

    Elle se prénomme Clémentine. Elle vient de vivre une campagne municipale harassante.

    Samedi 9 décembre 2023. Sa décision est prise. Elle veut conquérir. Elle se sait peu connue. 3 ans seront nécessaires pour devenir compétitive lors d’une élection municipale. Elle a 43 ans. Blonde. Sportive. Mère de trois enfants. Elle souhaite s’investir à fond dans le devenir de sa ville de plus de 150 000 habitants où elle habite depuis son enfance.

    Dimanche 15 mars 2026. C’est le jour du second tour. Les dernières heures avant le résultat définitif. Elle s’est isolée se rendant quelques instants aux pieds des montagnes qu’elle adore contempler. Elle coupe le moteur de sa voiture et le silence se fait dans la seconde. Elle respire l’air pur qui semble tant faire défaut plus bas dans l’agglo. Dans quelques heures, les résultats tomberont. La campagne a été violente mettant en surface des éléments de sa vie qu’elle était parvenue à cacher jusqu’alors. Parfois même encore plus gravement à se cacher à elle-même. A ce prix, l’engagement politique valait-il la peine ? Au début, elle imaginait vivre le défi le plus fou et merveilleux de sa vie. Et pourtant, à tant de moments, le cauchemar a dominé. Tant de pêchés mis en surface dans une famille portant son catholicisme en bandoulière. Elle qui apparaissait si lisse à l’image de son prénom qui provient de l'adjectif latin "clemens" signifiant "bon", comment a-t-elle pu céder pour participer aussi activement à une telle spirale de coups ?

    Dans quelques heures, elle devra parler face aux caméras. Le résultat final sera là. Si elle gagne, elle écrira une page d’histoire de cette ville en devenant la première femme à occuper la fonction de maire. Si la défaite est au rendez-vous, elle aura perdu bien au-delà d’une simple élection. Elle imagine tous ces visages de militants qu’il va falloir réconforter. Et si son engagement de départ avait été tout simplement farfelu et inepte ? Pas le temps d’une réponse, son mobile sonne. Elle répond « j’arrive ». A peine a-t-elle démarré sa voiture qu’elle se revoit au premier jour de sa campagne quand un ami lui disait « ce n’est pas un très grand risque. Tu dois tenter… » …

    Plongée dans les campagnes électorales modernes. La "politique séduction" est la fille de la politique spectacle. Les réseaux sociaux ont pris le pouvoir d’informer. Les partis politiques traditionnels sont contournés par de nouveaux groupes de pression. Le storytelling a installé une culture de violences pour d’abord éliminer l’autre. Bref, le marché aux idées a laissé la place à des rouages et à des artifices de mécaniques implacables d’un récit qui sait faire vivre de nombreux rebondissements.

    …".

    La rédaction avance bien. Le seuil des 50 premières pages est franchi.

  • Les lucides le savent …

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    A près d'un mois de Noël, une montre à remontage manuel devrait être le cadeau obligé à destination de toute personne dont on souhaite qu'elle n'oublie pas le temps qui passe. Tout ce qui échappe au remontage manuel fait perdre de la lucidité face au temps. Remonter manuellement le temps c'est prendre conscience qu'il a passé et qu'une nouvelle séquence temps s'ouvre. Dans une journée, trois montres me le rappellent. Une montre à gousset qui a été celle de mon grand-père paternel. Une autre, celle de mon grand-père maternel. Les deux seuls souvenirs matériels d'eux qu'ils m'avaient remis à ma demande de leur vivant dans leurs dernières années. La montre classique est celle de mon père, cadeau que maman lui a fait lors de leur mariage au milieu des années 40. Sur une forme de "désordre" de mon bureau, ces trois montres me rappellent le temps et tant d'autres souvenirs. Chercher à bien utiliser le temps qui passe, c'est la meilleure façon pour respecter le temps. En cette période si particulière du rapport au temps avec des générations qui s'évaporent dans l'éphémère, le virtuel ou la fuite en avant, procéder au remontage manuel d'une montre remet toujours les pieds sur terre … Les lucides le savent depuis longtemps. Une idée de cadeau utile. 

  • Un pays en panne de récit : un choc en stock …

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    15 mars 1968, à la Une du Monde, un article de Pierre Viansson-Ponté "quand la France s'ennuie". Son diagnostic, purgé des références conjoncturelles d'alors, reste d'une remarquable actualité. Baignés dans une culture universaliste séculaire, les français ont besoin d'un récit fidèle à ce qu'ils perçoivent comme leur Histoire et projeté dans un leadership symbolisé par un individu. Aujourd'hui, à 145 jours du 1er tour de la présidentielle, les français sont passés à un autre stade : la déprime. C'est une pathologie mentale qui mérite l'attention. Elle cumule des pertes d'humanité, des pertes d'émotions, des pertes de considération de soi … et surtout une forme de désespoir qui freine la vitalité. Face à cette réalité qui n'est peut-être que la prise de conscience progressive du nouveau statut d'une puissance moyenne, il y a une sorte de thérapie de comptoir, voire de boutiquiers gérant les citoyens comme des tranches de clients. Si ce climat persiste, il y a un choc en stock : un record d'abstention lors d'une présidentielle. Je suis surpris par "la vague indémodable" sur les campagnes Obama (2008 – 2012) auprès d'étudiants français. Après le cycle commercial classique, j'ai mis en ligne mon livre sur slideshare pour un accès gratuit. Il va franchir les 7 000 visites ! Et les messages sont nombreux pour en savoir +. Il y a une appétence manifeste pour une offre qui donne une perspective, qui fasse vivre un récit collectif mobilisateur. C'est une réalité au sein des jeunes générations qui mérite l'attention. Le candidat ou la candidate qui va provoquer ce déclic sera bien placé pour secouer les lignes et gagner la présidentielle 2022 dans un climat plus volatile que jamais.