Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • Syriza ou le réveil de la démocratie

    Syriza est en tête en Grèce. L'enjeu de la législative grecque dépasse largement ce pays. C'est le réveil de la démocratie.

    La démocratie, c'est le respect de trois règles fondamentales :

    la reconnaissance de l'égalité des citoyens, avancée principale de la révolution de 1789,

    le choix par les citoyens,

    la responsabilités du pouvoir.

    Avec la crise de 2008, ces fondements ont été fragilisés. 

    La crise creuse les inégalités. Les inégalités se cumulent et introduisent des différences qui font apparaître l'égalité citoyenne comme une simple égalité théorique face aux nouveaux murs matériels et sociaux.

    La crise a altéré la notion même de choix car le discours de crise a installé une pensée unique comme s'il devait exister une seule et unique solution à la crise.

    Mais surtout, la crise s'est accompagnée d'une irresponsabilité irréelle. C'est probablement cette irresponsabilité que l'Histoire retiendra dans le temps. Pour les fauteurs de crise, rien n'a changé !

    Le peuple paye la crise qui lui a été cachée dans des conditions parfois irréelles comme le dispositif de titrisation institutionnalisé en Grèce sur le conseil officiel et rémunéré de Banques.

    Ces banques n'ont jamais été sanctionnées. Avec un dipositif de garantie des placements privés, des sanctions auraient été nécessaires : faillites de banques fautives, procès de dirigeants bancaires …

    En l'absence de telles sanctions, le besoin de revanche s'exprime par le peuple en quittant les lieux de votes ou en ouvrant des scores inhabituels à des formations extrémistes.

    Dans ce contexte, voter Syriza, c'est faire vivre la démocratie.

    Alexis-Tsipras-l-homme-qui-fait-peur-a-l-Europe

    Parce qu'il y a un choix face à la pensée unique.

    Parce qu'il y a une vision de sanction légitime en refusant de faire payer par le peuple les dettes qui ne sont pas celles du peuple.

    Parce qu'il y a une réhabilitation du peuple en

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  • Casser l’actuel système bancaire : la Silicon Valley va le faire

    Aujourd'hui les changements passent par l'économie et non par la politique. La démocratisation de la musique, c'est Itunes et pas une loi. Celle des informations planétaires c'est Facebook, Twitter, Instagram et pas une loi. Demain celle du film c'est Netflix et pas une loi. La lutte contre les grands monopoles d'informations, c'est Google.

    Jack Dorsey 17 08 14

    … : la liste est longue des réformes de fond portées par le marché et non plus par les institutions publiques.

    Demain, il en sera de même pour le système bancaire. Square, Wealthfront … vont faire exploser l'actuel système  bancaire. 

    Jack Dorsey

    Le discours du Bourget avec Hollande c'est la flûte des politiques qui promettent l'opposé de ce qu'ils font une fois aux affaires. Chirac avait confié l'économie à

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  • Hollande, Piketty et l’audace du … non !

    François Hollande avait déjà connu son "effet boomerang" avec son thème de l'inversion de la courbe du chômage comme marqueur de l'efficacité de la politique présidentielle. Il a probablement mis en place son second "effet boomerang" avec le thème de l'audace. Le 31 décembre Hollande célèbre l'audace et l'union. Le 1er janvier, Piketty célèbre l'audace de dire Non et donne une leçon de division sur la politique économique.

    Nouveau raté magistral.

    Thomas Piketty a refusé hier sa nomination pour la Légion d'honneur au rang de chevalier et taclé une nouvelle fois au passage le gouvernement.

    Piketty

    «Je viens d'apprendre que j'étais proposé pour la Légion d'honneur. Je refuse cette nomination, car je ne pense pas que ce soit le rôle d'un gouvernement de décider qui est honorable», a déclaré Thomas Piketty.

    «Ils feraient bien de

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  • Politique : le « privé » a gagné tous les terrains : le « vol » consenti.

    La grande innovation des voeux de Hollande le 31/12/2014 ? Pour la première fois à ce point la communication a porté sur "les coulisses" de la préparation. Même le réseau social Vine a été utilisé pour montrer la préparation. Les médias classiques ont été porteurs d'images et d'infos sur le choix du bureau, les éclairages, les conditions de préparation du Président ...

    C'est une étape nouvelle du narcissisme : faire une émission sur … l'émission !

    Bref, tout ce qui d'ordinaire restait … privé.

    C'est le tournant vrai de 2014 : le privé a gagné tous les terrains.

    Le privé familial avec les débordements de confidences sur des vies intimes dont le succès du livre de Trierweiller.

    Le privé professionnel par exemple à Grenoble avec le succès d'un maire écologiste dont la carte de visite de présentation n'a pas été le programme mais une étape de sa carrière professionnelle personnelle très habilement scénarisée initialement par des journalistes de supports nationaux idéologiquement très proches de l'intéressé puis considérée comme unanimement acquise. 

    Le privé "psychologique" quand toute la primaire de l'UMP repose sur le point de savoir si le tempérament de Sarkozy a changé ou pas. C'est parce que cette donne est essentielle que le premier concerné communique à ce point sur la réconciliation avec Villepin, preuve du changement quand il est ainsi possible de s'entendre avec son "principal ennemi d'hier".

    Et maintenant avec la mode des "coulisses", le privé devient

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  • Villepin, Taillard de Vorms et la culture « agissez, le reste suivra ! »

    C'est avec plaisir que j'ai revu hier soir sur Canal le film inspiré de la BD Quai d'Orsay. Villepin y est présenté avec beaucoup de réalisme. En effet, il y a ceux que le talent rassure et ceux que le talent inquiète. 

    Dominique de Villepin appartient à la première catégorie alors que la politique française se morfond dans le second état d'esprit. 

    DdV 19 juin bis photo avec BG

    En France, la dernière véritable aventure politique date de République Solidaire. En quelques mois, des individus de grande qualité se sont réunis venant d'horizons très divers. Leur mobilisation était considérable. Le 19 juin 2010 ou le 4 décembre 2010 ont été des moments de très forte mobilisation.

    En charge avec Sihame Arbib de la structuration nationale de la mobilisation citoyenne, c'est la première fois où j'ai retrouvé une mobilisation du terrain comprable aux plus belles années du RPR de Chirac.

    Pourquoi cette mobilisation n'a-t-elle pas débouché tout naturellement sur la présidentielle 2012 ?

    DV 12

    Parce qu'une élection est d'abord un enjeu de logistique. Le mode de financement français verrouille totalement la compétition électorale.

    Comment pourraient passer à "armes  quasi égales" des structures qui d'un côté disposent de locaux, de financements publics à hauteur de dizaines de millions d'euros, de permanents par centaines et d'un autre côté une structure où tout est à faire ?

    C'est impossible. 

    C'est la limite de la culture "agissez, le reste suivra !". Quand cette culture

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  • Les discours ou quand l’âme est inscrite dans les mots

    Je recommande l'ouvrage sorti dernièrement sur les "discours qui ont changé le  monde moderne". Le recueil des discours est remarquable.

    Que montre cette lecture ? La force du discours c'est la preuve que l'image ne suffit pas pour emporter la conviction.

    Et cet ouvrage apporte la preuve du caractère incontournable de l'écrit.

    Discours 25 12 14

    La campagne 2007 de Sarkozy aurait-elle connu le même lancement sans le discours du 14 janvier 2008 ? Celle de Hollande aurait-elle eu la même dimension sans le discours du Bourget du 22 janvier 2012 ?

    Autant de circonstances qui appellent à se poser la question de fond : qu'est ce qu'un discours réussi ?

    Finalement, il y a deux critères essentiels :

    1) c'est quand l'âme est incrite dans les mots : les mots prennent un sens particulier qui rejoint l'imaginaire,

    Obama berlin 08

    2) c'est surtout quand cet imaginaire repose sur un clivage clair entre un discours et un ennemi. Finalement, c'est la qualité de l'ennemi qui fait la force du discours qui s'oppose.

    Que serait de Gaulle sans Hitler ?

    La gauche de Mitterrand sans

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  • Grèce, Espagne : la fin des infirmiers de la crise. Enfin !

    Le vote grecque ce matin comme la poussée de Podemos en Espagne sont des tournants probables face à la crise : la fin des infirmiers de la crise.

    Jusqu'à maintenant, les politiques ont été les infirmiers de la crise : renflouer les banques, gérer l'austérité …

    Un politiquement correct s'est installé et toutes les politiques se ressemblent.

    La Grèce et l'Espagne sont enfin sur la route d'une autre politique. Syriza et Podemos incarnent une autre lecture. Sur plusieurs mesures, il est possible de ne pas être d'accord. Mais ils expriment enfin une volonté politique qui n'est pas soumise à une pensée unique et surtout à l'irresponsabilité bancaire. 

    Alexis-Tsipras-l-homme-qui-fait-peur-a-l-Europe

    Car c'est  bien une bulle bancaire qui a créé la crise de 2007 avec un dispositif de titrisation d'une particulière gravité. 

    Or cette situation n'a pas été traitée à hauteur de sa gravité. La sécurisation des dépôts des particuliers a été le paravent de

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  • La marque Trudeau et la nouvelle politique 2015

    Deux démocraties modernes importantes vont vivre des temps forts électoraux sur 2015 qui vont impacter les autres pays : les Etats-Unis et le Canada.

    Les Etats-Unis vont entrer dans le dispositif des primaires pour 2016. Avec la fin de la présidence Obama, c'est toute une génération démocrate qui peut être emportée comme elle le fut déjà pour partie lors des élections intermédiaires de novembre 2014. La jeune génération républicaine va passer à l'assaut.

    Ce style de "jeune génération" c'est la "marque Trudeau" au Canada.

    Justin Trudeau 30 01 13

    Son père avait déjà modifié le leadership politique. Mais Justin Trudeau peut entièrement le révolutionner. C'est encore un étage de plus dans le "star système".  Tout est médiatique. Tout doit être charme. Toute bataille va se gagner par les images et surtout par l'émotion.

    Il ne s'enlise pas dans la politique mais

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  • Google et le mot de la fin ou l’éloge de la folie

    Maintenant les chefs d'Etats sont les dirigeants des grandes sociétés internationales. Jack Dorsey a fait de Twitter l'Assemblée Générale permanente des Nations Unies. Kevin Systrom a fait d'Instagram l'office culturel international. Et  Larry Page et Sergueï Brin vont faire de Google la prochaine Organisation Mondiale de la Santé.

    Larry-page

    Une évolution avec un sujet fabuleux : et si la mort devenait une maladie comme les autres, prévisible, contournable ?

    Mais une vie réussie peut-elle être une vie sans fin ?

    Est-il possible de

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  • La bataille de la langue française est bien perdue

    Le recueil des lettres des Poilus de 14-18 m'avait déjà inquiété sur le respect de notre langue quand on compare le choix de leurs mots avec les usages actuels. Cette lecture m'avait beaucoup questionné : la place du respect de l'histoire du pays, le sens du dévouement, la place de la "fatalité", le courage face aux épreuves et cette qualité d'écriture avec des mots justes.

    Cette inquiétude a été confortée et amplifiée par l'un des cadeaux d'hier : 150 questions de grammaire issues des exercices de Pierre Larousse. A la fin du XIX ème siècle, Pierre Larousse publie des ouvrages pédagogiques qui sont des tests et des conseils sur la langue française. 

    Enseignement livre

    Les éditions Larousse viennent de rééditer ces documents. 

    150 questions qui ré-ajustent les

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