Denis Bonzy

Auteur : Denis Bonzy

  • La douceur du délice de la démission

    DB sept 1994

    5 fois. Il m'est déjà arrivé 5 fois de … démissionner. La démission cache bien sa réalité. Elle est souvent perçue comme brutale. Elle est brutale pour les extérieurs mais si douce pour l'auteur. Car elle réconcilie avec soi-même. La démission est perçue comme un abandon. Faux aussi. Elle est d'abord une affirmation, une conquête. C'est le non qui veut dire oui à autre chose. Souvent à soi-même. S'accepter tel que l'on est. Tel que l'on se connait. 

    Ma première démission date de mon… 1er emploi comme juriste à Cholet. Deux jours ont suffi pour être persuadé que cet emploi et surtout que cette géographie ne me conviendraient pas. 15 minutes pour expliquer que j'avais décidé que ce poste ne me convenait pas. Prendre mon cartable puis le train et retour sur … Grenoble. Simple. 

    Ma seconde démission date de mon … second emploi. Quelques semaines après Cholet, après une annonce sur Le Point, je suis sélectionné par un cabinet lyonnais pour un poste de juriste chez RMO. Un lundi matin, je débute. Le DRH de l'époque, M. Jacky Glatre, me présente les "obligations professionnelles". J'ai le sentiment que ma liberté sera terriblement encadrée. A 11 heures 30, je démissionne. Là j'ai gagné en réactivité. Non plus 48 heures mais 3 heures ont suffi à me faire une idée. Plusieurs années plus tard, j'ai revu M. Glatre. Un épisode très inédit dans sa carrière qui l'amusait beaucoup.

    Ma troisième démission a concerné ma fonction de

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  • L’atterrissage s’engage …

    Twitter 3

    Plusieurs valeurs technologiques emblématiques sont manifestement engagées désormais dans une zone inconnue. L'atterrissage est engagé. Le crash n'est pas encore garanti pour deux raisons. D'une part, des rumeurs de rachats calment les actionnaires qui ne veulent pas perdre beaucoup sur le champ. D'autre part, des soutiens massifs de cours sont manifestement opérés au moment où dans la journée des titres décrochent pour s'approcher d'un nouveau plancher.

    Mais l'atterrissage approche manifestement. La période actuelle ressemble particulièrement à la période 2001 – 2002 au cours de laquelle la "bulle Internet" a explosé. La Bourse aime le blanc ou le noir. Mais pas le gris. Donc dès le 1er accident d'une valeur emblématique, le changement de cap est brutal.

    Il faut se rappeler que Twitter lors de son introduction en Bourse a été valorisé 62 fois son CA annuel ! Aujourd'hui, moins de 3 ans plus tard, Twitter est valorisé 6 fois son CA annuel. 

    L'atterrissage s'annonce très rude pour

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  • Twitter et GoPro entrent en zone inconnue

    Twitter 26 01 16

    La photo ci-dessus est à la une du quotidien Die Welt et le cours tombe encore aujourd'hui (16, 73 $). Depuis plusieurs semaines déjà, j'avais attiré l'attention sur deux valeurs "fragiles" : Twitter et GoPro. Attention à la première chute d'une valeur emblématique. La théorie des dominos pourrait s'appliquer pour les sociétés ayant toujours effectué des levées pour boucher des déficits … 

  • En France, même le mot guerre s’avoue … vaincu

    Calais 26 01 16

    Période irréelle. Aujourd'hui, en plein hiver 2016, la France revit ses grèves du … printemps 2015. Les mêmes : taxis, Uber, agriculteurs, enseignants et réforme du collège … Du copier-coller. Mêmes images. Mêmes violences. Pourquoi ? Rien n'a été réglé. Au printemps 2015, des mots ont été donnés pour apaiser. Mais seulement des mots. Des mots qui apparaissent vides de sens quelques mois plus tard.

    Parce qu'en France, c'est exact que les mots n'ont plus de sens. Des exemples récents. Le pouvoir affirme sa croyance dans les Départements. Mais 2 circulaires du 22 décembre 2015 vident les Départements de la quasi-totalité des compétences en dehors du guichet social. Hollande avait promis de mener la guerre contre la finance. Comment Hollande a géré les sanctions contre les banques suite aux fautes avérées dans la crise de 2008 ? Aux Etats-Unis, elles ont payé 180 milliards de dollars. C'est le montant des amendes que les banques ont payé à l'Etat fédéral comme sanctions de leurs fautes. Goldman Sachs a payé 5 milliards de dollars ! Et en France, quel montant payé par les banques pour leurs fautes dans la crise de 2008 et surtout la crise de la dette européenne : zéro € ! Et les banques gagnent même le droit de

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  • Iowa J – 7 : si Donald Trump passe de fiction à réalité

    Trump 06 09 15

    A la différence de la France où en cas de primaire tout se joue en un jour, les primaires américaines sont un vrai parcours de haies. Chaque étape change la donne. C'est tout particulièrement le cas des premiers. Dans une semaine l'Iowa vote. C'est le moment de vérité pour les sondages et les candidats. 

    Rappelons-nous 2008. Avant l'Iowa, la presse ne croit pas aux chances d'Obama face à Hillary Clinton "vouée" à gagner. Puis l'Iowa vote le 3 janvier 2008. 8 candidats démocrates sont en piste. Résultat : Obama 35 %, Edwards 31 % et Hillary Clinton 30 %.

    La primaire venait de changer. La lutte sera à trois et Hillary Clinton est susceptible d'être … battue.

    Quelques jours plus tard, le New Hampshire vote. Résultat : Clinton 39 %. Obama 35 % et Edwards 17 %. Résultat : la primaire sera un duel Obama / Clinton.

    Dans une semaine, avec la même réalité des votes, Donald Trump peut passer de fiction à réalité. 

    Fiction qu'il a été depuis le début de sa candidature où les médias considéraient que chaque excès le discréditerait. Résultat : il est toujours là et … en tête.

    Réalité, parce que si Donald Trump gagne les premiers votes, ce sera un phénomène qu'il faudra intégrer. Il a déjà changé la donne des primaires sur de nombreux volets. Carl Icahn, remarquable financier américain, exposait dernièrement les socles de

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  • Quand Julliard dresse le certificat de décès de la bien pensance de gauche …

    Bien pensance

    Pendant des années, les chroniques de Jacques Julliard dans le Nouvel Obs étaient la référence de la gauche morale, la bien pensance de gauche. Et voilà que le même Jacques Julliard dans le dernier numéro de la Revue des Deux Mondes dresse le certificat de décès de la … gauche morale. Et avec quelle froideur implacable. Dans son analyse, la mise en accusation de … 1968 et la conception qui en a résulté de l'école. Et là des passages méritent l'attention : " ... l'objectif premier de l'école n'est pas l'égalité mais l'instruction. …L'école n'éduque plus et elle enseigne de moins en moins...". Puis il évoque le rôle entre parents et enfants avec la dislocation de la fonction d'éducation des parents. Et quelques paragraphes plus loin, Julliard dénonce la "morale élémentaire laïcisée" celle qui fait "réduire à presque rien le passé chrétien pour être ouvert à autrui". Et face à l'Islam, Julliard dénonce "le masochisme culturel de la gauche morale …" qui se trompe de combat.

    Quand je pense aux railleries subies par celles et ceux qui ont effectué ces constats des années avant J. Julliard et émanant alors des valeurs de bien pensance de cette gauche morale.

    Après 4 ans de présidence Hollande, que reste-t-il de

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  • Quand Soros parle de 2016 …

    Soros bis 23 01 16

    Le niveau zéro des débats de fond en France a été crevé depuis longtemps. Mais là il bat des records. Valls à Davos, sur quoi porte le "débat"en France : "il a été moins applaudi que Macron …". Le temps fort a été l'intervention de George Soros sur Bloomberg TV.

    Comment voit-il 2016 ? Et Soros énonce des faits :

    • L'Europe explose notamment sous l'effet des vagues de migrations,
    • + elle vient de perdre sa leader (Angela Merkel) qui a laissé son crédit politique dans une vague de migrations mal préparée,
    • + la Russie s'engage dans des causes qui la fragilisent beaucoup,
    • + la Chine va vivre une "pause" dans sa croissance donc dans sa fonction de locomotive de l'économie mondiale,
    • + les Etats-Unis entrent dans une année de paralysie politique pour cause de présidentielle en novembre,
    • + le terrorisme qui fragilise tout particulièrement les

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  • Vive les chemins droits

    Time une Hollande mai 2012

    Quand on parle avec des élus ou des entrepreneurs de la Corrèze, on comprend mieux l'actuelle gestion de la France : ne pas faire ce qui est dit. Une anecdote racontée par un élu éminent de Corrèze m'a beaucoup marqué l'an dernier. Lorsque F. Hollande était président du conseil général de la Corrèze, il tient un discours pour la présentation des voeux. Un paragraphe surprend concernant l'école publique dans les petites Communes rurales. A la fin du discours au hasard des discussions, l'élu en question cherche à croiser Hollande et lui pose la question sur le paragraphe en question. Hollande très naturellement lui répond "non, ça c'était pour le discours, cela se passera de la façon suivante dans les faits … " et d'énoncer dans la foulée des éléments contraires au discours tenu quelques minutes avant. 

    C'est ce qui vient de se produire notamment pour l'organisation territoriale française. Les contribuables français payent à un montant très élevé des élus départementaux qui n'ont plus de compétences en dehors d'un immense guichet social. Hollande a affirmé son attachement aux Départements mais les Départements n'ont plus de compétence en dehors de guichet social pour acquitter les aides décidées par … l'Etat. 

    Deux circulaires ont été publiées le 22 décembre 2015 dans l'ombre des fêtes de Noël. Elles précisent les compétences des Départements notamment en application de la loi NOTRe. A la sortie de 2016, le département est un guichet social. C'est tout. Tout le reste disparaît en dehors de quelques possibilités de "solidarité territoriale" très encadrées.

    Tout est comme cela dans la vie publique française : tortueux à

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  • Que reste-t-il de la politique quand les partis perdent les militants et les élus perdent les électeurs ?

    Santorum 21 01 16

    Pourquoi Chirac n'a-t-il rien fait après le choc du 21 avril 2002 ? Excellente question. Un probable tournant de sa présidence. Mais alors pourquoi Hollande ne fait-il rien après le 6 décembre 2015 ? En 2002, le FN était à 15 % ! Aujourd'hui, selon les régions, il est entre 40 et 30 %. Des chiffres incontestables. Cette progression ne mérite-t-elle aucune analyse, aucune conséquence rapide ? Situation incompréhensible a fortiori de la part de personnes qui parlent de "menaces graves" face à cette poussée. Comment serait-il possible de reprocher à Hollande de ne pas avoir réglé ce sijet quand, finalement, l'opinion constatera qu'aucun autre dossier sérieux n'a été davantage résolu depuis 2012 ?

    De façon plus globale, que reste-t-il de la politique quand les partis perdent leurs militants et quand les élus perdent leurs électeurs ? Plus grand chose. 

    Les politiques français ont perdu le contact avec les citoyens. Ils veulent être filmés, applaudis, soutenus. Mais jamais contestés. Ils ne rencontrent plus jamais les citoyens sauf dans des

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  • La mode du « slow media » se confirme

    Albert Riveara bis 18 12 15

    Pour résumer, le "slow media" serait le retour aux sources de l'information : des faits précis détaillés, des explications sérieuses. Bref, l'opposé de la mode de la formule éphémère et de la seule photo. De longue date, nous avions annoncé cette évolution pour une raison très simple : quand une tendance s'affirme trop fortement, elle génère d'elle-même sa … contre-tendance. Le "retour de mode" est quasi-assuré par l'excès d'une mode. L'information n'avait aucune raison pour échapper à ce mécanisme.

    Avec la levée de fonds hier de Ijsberg, c'est une reconnaissance pour l'évolution en faveur du "slow media". Ciudadanos, Trump, Podemos … ne peuvent se résumer à des polémiques, des formules chocs. Il y a des tendances de fond. Lesquelles ? C'est pour répondre à ces questions que le slow media existe. C'était le parti pris d'Ijsberg.

    Chacun y gagnera. L'actuelle fièvre dans l'emballement médiatique ne peut pas continuer et pire encore s'accélérer. Une majorité de citoyens attend la pause, le

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