Denis Bonzy

A son tour, la France officialise son entrée dans l’ère post-vérité

Trump 3 28 12 17

L'ère post-vérité, c'est quoi ? C'est un constat opéré en 2004 par un auteur britannique (Post Truth Era) au sujet du fonctionnement de la vie politique américaine et plus particulièrement de la guerre d'Irak : le subjectivement possible compte davantage que le factuellement avéré. A cette époque, c'est toute la dialectique de l'Administration Bush et de Colin Powell à l'ONU : le comportement de l'Irak était subjectivement possible mais pas factuellement avéré. Les émotions, les opinions ont pris l'ascendant sur les faits. Avec l'épisode Wauquiez des derniers jours, la France vient de consacrer son entrée à son tour dans cette ère. La question n'a pas porté sur : le contenu est-il exact (Juppé a-t-il trop endetté Bordeaux ?, les députés LREM sont-ils trop soumis ? …) mais fallait-il le dire ou fallait-il l'exprimer ainsi ? L'examen des faits glisse au second rang derrière l'émotion liée à la forme de l'expression. Sous ce volet là, la vie publique française s'est bien "trumpisée". En 2016 et depuis, Donald Trump est le premier candidat puis le premier chef d'Etat à pratiquer à ce point l'ère post-vérité. Cette trumpisation n'est pas le fait d'un auteur (Wauquiez) mais de toute une communauté médiatico-politique qui endosse à ce point la logique de la "démocratie du clic" : trop rapide pour prendre le temps d'investiguer sur la réalité de faits. C'est une nouvelle donne majeure qui vient de naître. Il ne s'agit plus qu'un fait soit avéré mais qu'il soit subjectivement possible. Ce qui est plus qu'une nuance.

Commentaires

Une réponse à « A son tour, la France officialise son entrée dans l’ère post-vérité »

  1. Avatar de Maurice CROS
    Maurice CROS

    Ces faits sont lamentables et que les médias ne parlent que de cela est déplorable. Les problèmes, économiques et sociaux ne semblent ne plus avoir de valeur pour ces supports d’information qui se délectent de développer des jours entiers des faits du niveau du caniveau. Pauvre France.

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