Hier soir, le plaisir de voir en totalité un film sur l'affaire qui a conduit au retrait de Dan Rather (film : le prix de la vérité). Remarquable. J'appartiens à une génération qui a effectué ses choix de carrières quand les médias étaient aux Etats-Unis un exemple de quatrième pouvoir. L'un des exemples est Eric Conan, copain de la Prép. ENA abandonnant une carrière administrative de haut niveau pour devenir journaliste. Ils n'étaient pas les "faiseurs de rois" mais les faiseurs de vérité. Et Dan Rather était l'une des figures emblématiques. Le présentateur n'était pas alors un lecteur de dépêches avec si possible une journaliste mannequin à ses côtés mais un investigateur, une caution morale. C'est ce registre qui a fondé le réflexe d'alors "c'est vrai puisque la presse le dit …". Presque l'opposé des sentiments actuels. Ce film remarquable retrace l'épisode qui a mis fin à la carrière de Dan Rather. Une erreur qui a cassé la confiance. Et la confiance est le vrai socle de la vérité. Probablement le seul d'ailleurs. Et aujourd'hui, la satisfaction de suivre Dan Rather via son compte Facebook. Quelle simplicité. Quel talent. Une réelle référence dans la durée.
La confiance ou le vrai prix de la vérité
Commentaires
Une réponse à « La confiance ou le vrai prix de la vérité »
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,En France, beaucoup de journalistes, notamment de la télévision publique , cultivent un entre-soi évident avec le pouvoir politique installé, quel qu’il soit,
Par ailleurs, la concentration croissante des entreprises de presse nuit au pluralisme et à la liberté de l’information. Ces médias sont détenus en majorité par des groupes industriels et financiers qui dépendent économiquement, par leurs marchés, de l’Etat, donc du pouvoir politique. En Turquie, l’ensemble de la presse est détenue par seulement quatre personnes.
Le conformisme ( ou le confort ) domine.
Certes on peut apprécier les qualités personnelles, le style ou la maîtrise professionnelle, de tel ou telle. Je préfère, à tout considérer, le journalisme de la BBC, plutôt désincarné, ou qui s’efforce de l’être, non associé à l’ ego du présentateur ou de la présentatrice, ou à sa coupe de cheveux du moment, ou à un jeunisme aguichant. On en revient à la société du spectacle de Guy Debord.
Le contenu d’une information; sa précision, sa vérification, importeront toujours plus que son rapporteur.
Aujourd’hui, la presse nationale classique ( journaux, télévision, radio ) est heureusement et sérieusement concurrencée par les réseaux sociaux ( et blogs ) de la planète entière. Il est éminemment intéressant de s’enquérir des informations et des analyses de source étrangère. Le quatrième pouvoir est aussi fort en cela.J’aimeJ’aime
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