Denis Bonzy

Quand la moindre parcelle de lumière chez l’autre aiguise d’abord une jalousie insupportable

Femme ecolo 26 02 13

Depuis quelques semaines, le débat au sujet de Brigitte Macron est devenu une chape de plomb étouffante, toute sensibilité politique mise à part. Il révèle un sexisme insupportable, un ordre moral d'un autre siècle. Quand Christian Estrosi (62 ans) épouse Laura Tenoudji (41 an), c'est la preuve qu'il est resté … séducteur. Mais quand la pyramide des âges est inversée pour une femme, elle devient … prédatrice. Quand une jupe de Brigitte Macron est trop courte, elle est provocante. Mais quand un homme se fait prendre torse nu en photo, c'est qu'il assume son corps. Quand un homme est bien habillé, il est élégant. Et quand Brigitte Macron est bien habillée, elle est … achetée par un grand couturier. Quand un homme a la démarche féline c'est qu'il est sportif, mais la femme devient alors délurée … Et la liste pourrait continuer longtemps. Le plus surprenant à parcourir les réseaux sociaux c'est que ce sont souvent des femmes qui portent une telle disjonction d'appréciations. Ces remarques sont totalement accessoires face à l'ampleur des problèmes concrets à régler. Mais elles font les "gros titres", parfois même des Unes et alimentent tant de discussions privées. C'est un marqueur de crise collective très profonde quand la moindre parcelle de lumière chez l'autre aiguise d'abord une jalousie insupportable. Parce que, être favorable ou pas à Macron ne doit pas empêcher de constater qu'il y a de la lumière dans ce couple. Ils ont dû vaincre tant d'épreuves pour leur atypisme. Vivre ensemble des aventures fantastiques dont la présidentielle 2017. Qu'ils ne s'adaptent jamais aux esprits qui les condamnent à la moindre circonstance. Il y a de la lumière dans ce couple et c'est un plaisir qu'il en soit ainsi. Cela n'était pas arrivé en France depuis si longtemps. Un pays est fait de l'étoffe de ses réactions. Cette étoffe là donne plutôt matière à être inquiet. 

Commentaires

2 réponses à « Quand la moindre parcelle de lumière chez l’autre aiguise d’abord une jalousie insupportable »

  1. Avatar de Jean-Renaud Leborgne
    Jean-Renaud Leborgne

    Patrice Leconte, dans son film  » Ridicule  » sorti en 1996, analysait finement et férocement les effets du persiflage et des sarcasmes qui allaient bon train à la Cour de Louis XVI. En ce temps crépusculaire, les nouveaux et frais talents étaient redoutés des courtisans déjà installés et pouvaient faire l’objet de vengeances et d’ humiliations définitives.
    Aujourd’hui, on parlerait de lynchage médiatique. Et l’ esprit français reste encore très phallocrate depuis le XVIIIe siècle ( permanence latine et méditerranéenne, sans doute ).
    Quant à la jalousie, elle n’est pas une spécialité des femmes quoique tenue sur un bon pied par elles. Les analyses de la jalousie émaillent la littérature. Elle peut être la marque d’un manque de confiance en soi, d’une blessure d’orgueil et  » la jalousie, quand elle est furieuse, produit plus de crimes que l’intérêt et l’ambition. » ( Voltaire ).

    J’aime

  2. Avatar de Hardy Francis
    Hardy Francis

    La femme perpétue le mystère de la vie et c’est en cela qu’elle est unique et remarquable. Pour le reste… eh bien, malheureusement, nous sommes encore dans la phase obscurantiste.
    Mais il ne faut jamais désespérer de l’homme.

    J’aime

Répondre à Jean-Renaud Leborgne Annuler la réponse.