"Ne mettez pas au même niveau un Ministre de l'Intérieur et une policière municipale …" : cette phrase terrible est de Manuel Valls hier sur BFM TV à 4 minutes 30 de son entretien. En une phrase, Manuel Valls montre, sous le vernis des précautions habituelles, l'esprit monarchique des gouvernants français avec leur culture de la "démocratie inversée". Il faut rendre des comptes au pouvoir et non pas le pouvoir qui rend des comptes aux citoyens. Quelques heures plus tard, sur la 5, Roland Cayrol (sondeur attitré du PS) a une formule analogue mettant en cause "une petite fonctionnaire".
Pour le moment, trois faits sont établis :
1) Les chiffres de policiers présents donnés par le Ministre de l'Intérieur dans sa déclaration au début de la journée du 15 juillet sont faux.
2) Dans les moments clefs délicats, les médias français sont presque à s'excuser de devoir poser des questions et pire encore d'imaginer pouvoir relancer pour obtenir des réponses précises, fiables.
3) Il est bien difficile de contester le pouvoir dans des circonstances importantes. Pour ma part, j'ignore qui dit vrai. Ce qui est sûr c'est qu'une employée municipale mérite davantage de respect avant qu'il ne soit prouvé éventuellement qu'elle ait menti. Finalement, en France, rien ne change : le lampiste a toujours tort. Et les attaquants de l'esprit de classe dans les discours ont une sacrée mentalité de classes dans les faits. Dommage et inquiétant. Cela aurait été tellement agréable d'entendre un Premier Ministre dire "je comprends le choc de cette personne. Je respecte l'impact de ce choc comme les difficultés de son travail. Comme tous les agents des polices municipales, je la remercie pour leurs efforts considérables. Je ne doute pas de sa bonne foi. L'enquête en cours doit intervenir dans le calme et elle fera alors toute la vérité dans le respect du contradictoire permettant à chacun de s'exprimer ...".
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