Denis Bonzy

Sortir de la nouvelle normalité politique

Trump foule 08 01 16

A quoi sert la démocratie quand non seulement elle n'apporte plus de réponse aux problèmes de la vie quotidienne mais qu'elle fonctionne sur des bases répulsives ? Après de multiples alertes, la classe politique française refuse de regarder en face cette question simple. Faute de réponse, elle avance de plus en plus vers la catastrophe annoncée. Avec la percée de Trump aux Etats-Unis, elle reçoit pourtant un signal de plus. Les régionales ont été un choix stratégique très dangereux. Pourquoi construire des alliances contre-nature pour éviter que le vrai choix des urnes ne soit mis en application ? 

La nouvelle normalité politique n'est plus supportée. Les petites phrases permanentes. La complicité objective entre des médias et des responsables politiques. Une agressivité permanente dont le tournant a été le quinquennat Sarkozy. L'impuissance reconnue ou organisée. Jamais un problème sérieusement résolu de façon durable. Une offre fermée qui organise l'alternance entre toujours les mêmes élus qui passent du pouvoir dans l'opposition puis de l'opposition au pouvoir. 

Le nombre augmente toujours de ceux qui veulent


casser cette nouvelle normalité politique.

Hier, le Parti Républicain refusait de traiter le dossier du Tea Party. Aujourd'hui, il est débordé par Trump, la création marketing du Tea Party.

La France va connaître, toutes proportions gardées, un phénomène comparable. L'opinion obtient toujours ce qu'elle veut dans les démocraties modernes, ce n'est qu'une question de temps. Et en France la volonté de sanctionner la classe politique sortante gagne toujours du terrain. Force est de constater que cette classe politique y contribue fortement …

Commentaires

Une réponse à « Sortir de la nouvelle normalité politique »

  1. Avatar de Jean-Renaud Leborgne
    Jean-Renaud Leborgne

    Quand on compare le personnel politique français à celui d’ autres démocraties occidentales comparables ( i.e Allemagne, Italie, Royaume Uni, USA, Canada…), nous pouvons souligner son faible taux de renouvellement.
    Il n’y a guère qu’en France que des personnalités politiques font des  » carrières  » pouvant durer 20, 30 ans ou plus (!) au plan local ou national ( Mitterrand, Poher, Garaud, Chirac, Sarkozy, Juppé, Hollande, Royal, Aubry…pour ne citer que quelques figures ayant eu, ou jouant encore, un rôle post-ère gaullienne ).
    Cela alimente, en France, une culture de l’entre-soi qui engendre un statu quo, une inertie non anodine, de la pensée et de l’action politiques. Il faut dire que ce mode de fonctionnement autarcique lent entretient un  » confort  » bien compris : toute élite s’obstine à conserver et proroger ses avantages statutaires et matériels.
    Cet atavisme de la classe politique française, son renouvellement insuffisant, de longue période, s’ajoutent aux effets de la  » normalité  » de plus court terme, que vous décrivez fort justement.

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