Le dossier publié cette semaine par l'hebdomadaire Le Point est dans toutes les hypothèses une affaire d'une extrême gravité pour la démocratie française.
Cette démocratie va mal. La classe politique est tellement discréditée que les électeurs ont le dégoût de voter. Elle est discréditée parce qu'elle a accrédité l'idée du vote pour rien : les paroles d'élection s'envolent dès l'élection passée à l'exemple de la crise née de la présidentielle 2012.
La classe politique est discréditée parce qu'elle édite des règles pour les autres mais jamais pour les respecter elle-même. C'est l'enjeu d'exemplarité.
Or l'affaire le Point / UMP – Copé est au centre de ces maux.
Soit l'affaire n'existe pas au niveau des révélations de cet hebdomadaire, le fait de la monter en épingle va ajouter au climat de suspicion de complot des médias, climat qui est lui aussi un mal grave pour une démocratie.
Soit l'affaire est mise en relief à juste titre et elle montre surtout que
la classe politique n'a tiré aucune conséquence des "années noires". Il y aurait une "vénalité généralisée" du pouvoir qui discrédite le pouvoir. Cette vénalité peut être sexuelle (DSK, dans une moindre division les récentes escapades présidentielles avec les révélations de Closer …). Elle peut être financière (Cahuzac, Balkany …). Toutes ces étapes récurrentes aliment un dégoût qui est croissant.
Ce qui est le plus grave c'est que la comédie politique vit comme si de rien n'était. Comme si le divorce avec l'opinion n'existait pas.
A cette étape, ce qui est grave également c'est que les citoyens n'aient pas une meilleure estime d'eux-mêmes. A force d'accepter d'être les militants paillassons tolérant tout et n'importe quoi de leurs partis, c'est la démocratie entière qu'ils ont tiré par le bas, toujours plus bas.
C'est comme à Grenoble, exemple parmi beaucoup d'autres, cette comédie des visites à répétition des "leaders" UMP. Ils se détestent les uns les autres. C'est de notoriété publique. Ils ne connaissent pas le candidat en dehors de furtives rencontres dans des contextes globaux aussi de notoriété publique et pourtant ils … s'aiment si fort. C'est une classe politique qui est incapable de changer ses usages.
C'est certainement ce dernier aspect qui occupe la première place des gravités. Au moment où il faut tout changer, ils sont incapables d'une moindre évolution. C'est le message le plus inquiétant de cette période.
DB
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