"Tu peux le jeter, c'est de la politique", "ça ne sert à rien de l'écouter, c'est un politique" … : à force de s'accoutumer à de telles réactions désormais ordinaires, la crise est là. Prenons l'exemple de Grenoble. Les politiques ont perdu des réactions de bon sens élémentaire. Qu'attendent les citoyens d'une équipe nouvellement désignée à l'exemple de l'UMP à Grenoble : un programme, du terrain … A l'opposé, le premier "cadeau", c'est une crise interne de plus et une crise dans des conditions totalement incompréhensibles pour les citoyens qui regardent de façon réaliste le calendrier des faits.
Le vendredi 4 octobre 2013, dans le Dauphiné Libéré, JC Peyrin annonce publiquement ses propositions pour la commission exécutive du 8 octobre. Il publie le "pack" Carignon – Chamussy ou inversement.
Quel est le comportement de bon sens ? Si Chamussy est opposé, il appelle JC Peyrin, demande à le voir et lui indique qu'il ne sert à rien de proposer ce schéma qu'il n'acceptera pas. Copé et les parlementaires n'ont pas à perdre du temps pour discuter d'une "solution" inapplicable. A l'opposé de ce comportement normal, Chamussy garde le silence.
Le 8 octobre 2013, il enregistre la confirmation par l'UMP du schéma qu'il connaît déjà depuis le 4 octobre. Et à cette étape, il lui faut encore 4 jours pour dire : "finalement, je ne suis plus d'accord". C'est un comportement irréel.
Par des comportements de ce type, les professionnels de la politique s'excluent du domaine ordinaire des citoyens :
1) tout est calculs compliqués,
2) les préoccupations personnelles l'emportent sur les solutions pour tous,
3) plus les professionnels de la politique communiquent, moins les citoyens les comprennent.
La vague de la sanction est alors inscrite dans ces réalités.
Le peuple Français n'est pas rebelle face au pouvoir, il est porteur de coups de sang. C'est un état d'esprit très différent.
Un coup de sang est maintenant en marche. C'est une énorme responsabilité qui est prise par les partis politiques que d'avoir accepté qu'un fossé de ce type naisse puis se creuse aussi profondément comme si une démocratie pouvait être constituée d'élus sans le peuple.
C'est une évolution qui fragilise la réponse de la France à la crise parce qu'un coup de sang n'a jamais rien réglé. Il faut de la réforme en douceur, par la pédagogie collective, par le sens des responsabilités et non pas en cassant la vaisselle sur la place publique.
Mais la colère populaire est là. Il ne s'agit plus de réformer en douceur mais de faire tomber les têtes des "rois" dans la sciure. Un "printemps français" est en marche mais sur ces bases, pas sûr qu'il soit annonciateur d'un été comme dans tant d'autres géographies déjà… ?
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