Denis Bonzy

Trappes et l’inquiétante progression permanente de la mentalité de la haine de la France

Par son incapacité à bouger sur les 30 dernières années,
la France a progressivement décroché du peloton des pays qui comptent sur la
scène internationale.

C'est déjà grave.

Mais ce qui est probablement plus inquiétant encore, c'est la progression permanente de la mentalité de la haine de la France sur le propre sol de … l'Etat Français.

La France s’est abandonnée à
une forme moderne d’obscurantisme que


porte
sa culture ancienne du bouc émissaire : prendre un individu ou un groupe et l'accabler de toutes les fautes.

Trappes devient ainsi le sujet de la "racaille" (terme utilisé à tort qui ne règle rien si ce n'est entretenir les problèmes de base).

Mais combien de Trappes potentiels existent en France ? Comment considérer qu'un pays a pu tolérer un tel développement de "racailles" si ce facteur devait être l'explication ?

On voit bien que cette théorie du bouc émissaire très réductrice ne mène à rien. 
Levres bleu blanc rouge

Et
d’ailleurs, s’est on jamais demandé si un bouc émissaire pouvait être innocent? Par définition, il
incarne le mal, parce qu’il porte les péchés du monde.

Le bouc émissaire est
toujours coupable pour qui l’a désigné. Il dispense chacun de l’éthique du
doute, fondement même de la raison, et de celle du courage, qui n’est rien d’autre que le choix de la vérité plutôt que
celui de l’approbation
. C’est le prix à payer pour qu’il remplisse son rôle
expiatoire.

La réalité s’efface devant l’illusion et
l’illusion devient réalité.
"Merveilleuse" thérapie collective sans doute, dont
les politiques jouent sans pudeur ni remords. Mais thérapie sans issue, parce
qu’elle est l’exact contraire de ce qu’exige notre temps. Le piège est là. Il
se referme. La lucidité des Français en meurt, et leur raison politique avec
elle.

Il n'est pas possible de ne pas traiter sérieusement des maux qui ont désormais une ampleur considérable. 

Etre d'origine étrangère dans un pays ne signifie pas avoir vocation à le haïr, bien au contraire. 

Etre pauvre dans un pays a fortiori dans un pays comme la France qui a de nombreux amortisseurs sociaux ne devrait pas conduire à le haïr, bien au contraire.

Par  conséquent, comment expliquer des phénomènes comme Trappes ou des sentiments dans d'autres catégories sociales que seule la violence sera l'allié du changement nécessaire ?

Il faut sortir de la mentalité du bouc émissaire, des mots qui diabolisent et épargent de regarder les véritables problèmes.

Cette mentalité de haine de la France s'est installée. Bien davantage, elle se généralise même. Elle n'est plus l'exclusivité de ceux qui subissent des échecs, des exclusions. Même ceux qui réussissent la partagent désormais.

Comment un pays peut-il parvenir sur le plan intérieur à propager un telle haine généralisée de lui-même ?

C'est le nouveau "sport national" en tandem avec le pessimisme généralisé.

Il serait quand même temps que ce constat fasse l'objet d'explications et de réponses sérieuses.

Commentaires

Une réponse à « Trappes et l’inquiétante progression permanente de la mentalité de la haine de la France »

  1. Avatar de Hélène Richard-Favre

    Oui, Denis et ce terme de « haine » qui s’exprime aussi par le suffixe -phobe ajouté à tout va, est devenu si réducteur et confortable à utiliser qu’il vise toute personne qui exprimerait une réserve à l’égard de certaines pratiques.
    Ainsi en va-t-il aussi du si mal nommé « mariage pour tous » qui, en fait d’union conjugale a décliné un ensemble de maux qui ont tous été résumés en un seul mot, »homophobie ».

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