Il y a 48 heures, être à la gare de Grenoble en fin d'après-midi revenait à se retrouver au milieu d'un cortège de jeunes femmes probablement mineures à la recherche manifeste d'un billet mais pas pour prendre le train. La gare qui devrait être l'une des plus belles cartes de visites d'une ville était le lieu d'un raccolage indécent.
Les journalistes de TF1 partis, le désordre habituel reprenait sa place.
Ce désordre est le fruit de quatre facteurs qu'il importe de regarder avec honnêteté :
1) Un laxisme municipal certain, ancien, qui s'est manifesté dans ce dossier comme dans tant d'autres sujets et depuis plusieurs années,
2) Une absence de volonté de gestion des deniers publics dans des conditions respectueuses des contribuables comme de règles collectives morales. Faute inexcusable parmi beaucoup d'autres : des retraités ne bouclent pas les fins de mois pendant que des étrangers sans la moindre perspective d'intégration sont hébergés dans des hôtels où ils s'adonnent à des activités de prostitution. Quand un système en est à de telles extrêmités dans l'indifférence, c'est qu'il a perdu son sens des valeurs. Sur le terrain lors des dialogues, il faut entendre ce qui est dit. Quand des ambulances étaient caillassées par des roms sur le chemin de l'hôpital de Grenoble, des ambulanciers auraient reçu instructions de … passer par un autre chemin allongeant les délais d'interventions. Je mets le conditionnel par précaution alors même que cette information a été donnée par un ambulancier concerné.
3) Le comportement des commerçants : là encore combien de commerçants sont inscrits sur les listes électorales ? Il suffit de faire du porte à porte, poser la question et constater que près de 3 / 5 dans le centre ville sont inscrits ailleurs qu'à Grenoble.
La plus belle fille au monde portant les plus beaux arguments ne peut se faire entendre si elle reste derrière la porte.
En démocratie, la porte qui compte c'est le vote.
Faire une pétition c'est bien.
Voter, c'est encore mieux.
La première étape de la meilleure considération des commerçants, c'est leur inscription sur les listes électorales de Grenoble.
La pétition est un moyen pour alerter dans l'urgence. Le vote est le seul outil pour changer durablement les choses.
4) L'engagement des citoyens : le mécontentement à la base est aujourd'hui considérable. Mais le rejet généralisé des politiques est également considérable.
Il importe que les citoyens se rappellent que la pyramide de la démocratie, c'est eux et non pas le pouvoir.
Une démocratie qui fonctionne bien, c'est une démocratie qui est la propriété des citoyens et non pas du pouvoir.
Or les citoyens semblent terriblement manquer de confiance en eux, de considération pour eux. Ils sont révoltés mais fatalistes : des milliers de Robinson Crusoë engagés dans un "sauve qui peut individuel" pourtant voué à l'échec tant qu'il reste individuel.
Les pétitions au sujet de l'Avenue Alsace Lorraine se remplissent. Mais dans le court terme, le véritable message de cette démarche dépasse largement la revendication de base : c'est une nouvelle citoyenneté qui est à reconquérir.
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