Denis Bonzy

Les déplacements dans l’agglomération grenobloise : un échec gravissime historique !

Au pouvoir depuis 1995, les majorités sortantes ont mis en oeuvre localement l'inefficacité qu'elles déploient désormais sur le plan national sous les regards inquiets des Français : des attelages électoraux tirant dans tous les sens donc voués à … l'immobilisme.

Pendant ces près de 20 années, ce qui est une durée considérable, les déplacements ont été le terrain de deux échecs historiques :

– l'inadaptation des réseaux aux évolutions,

– la non ouverture du dossier des voies souterraines.

Prenons l'exemple du "Big Dig" à Boston.
Boston big dig

Une autoroute à 6 voies a été enterrée. Elle accueillait en moyenne basse 200 000 véhicules jour.

Sur la photo ci-contre, on voit un exemple d'un parc là où hier passaient en surface 6 voies d'autoroute.

Résultats :

– le temps de trajet en moyenne a été diminué de 62 %,

– l'économie pour les automobilistes en carburant a été calculée pour un montant annuel de 168 millions de dollars,

– le niveau de pollution sur la zone concernée a chuté de 12 %,

45 parcs en surface ont été aménagés là où hier c'était l'emprise des voies routières,

L'échec des déplacements, c'est toute l'attractivité de l'agglomération grenobloise qui est impactée. Grenoble, c'est Lyon avant Michel Noir quand Lyon incarnait les "bouchons d'automobiles" même avant les "bouchons gastronomiques", donc une ville à … éviter.

C'est aujourd'hui le cas pour l'agglomération grenobloise.

Le changement passe par un programme pluri-annuel de grands travaux publics ouverts à des voiries souterraines donc des travaux particulièrement onéreux.

Là est l'autre problème de l'agglomération grenobloise : les investissements d'avenir n'ont pas eu lieu mais la dette bat des … records : 2 milliards d'euros pour les seules principales collectivités publiques de l'agglomération !

Hier, pas de volonté politique.

Aujourd'hui, pas de moyen financier.

C'est un immobilisme gravissime qui va pénaliser l'agglo pour une longue période car en la matière les solutions n'entrent pas dans les faits du jour au lendemain.

Avec le recul du temps, ce dossier soulèvera une réprobation unanime comme échec majeur de la fin du dernier siècle et de l'ouverture du nouveau.

Commentaires

8 réponses à « Les déplacements dans l’agglomération grenobloise : un échec gravissime historique ! »

  1. Avatar de Jean-Jacques
    Jean-Jacques

    Magnifique démonstration, je veux dire sur le plan pédagogique, sur celui de l’esthétique, sur celui de la santé. La politique, quoi que beaucoup disent – hélas ! – est une activité très noble, indispensable. Modeler une ville pour le présent et le futur doit être enthousiasmant. Je sais qu’un maire de Grenoble parcourait la ville à pied, le WE, pour noter ce qui allait ou pas, le répercuter ensuite aux services. Voilà ce que doit faire un élu responsable et motivé. Oui, l’inertie à Grenoble est une calamité. Ce serait passionnant de savoir qu’un grand programme à la Boston est en cours… pour voir en quelque sorte le bout du tunnel et des pâquerettes en pleine ville (à Boston, les parcs ne sont apparemment pas des friches, comme il est de mode à Grenoble…).
    Une proposition, pour être plus concret : rétablir l’échangeur des Sablons, le couvrir par une dalle de béton recouverte de terre, ainsi prolonger vraiment le parc Mistral jusqu’à l’Isère, en continuité, construire un beau parking silo à proximité, sur l’ex-terrain militaire, le relier au parc, au stade, par une passerelle piétons et une navette automatique.
    Une autre : Construire au sud de Grenoble une de ces aires autoroutières de détente, de promotion de la région (touristique, économique, culturelle…).
    Et puis un vœu : que tous ces tags et graffitis infâmes disparaissent, actuellement tolérés (encouragés donc), que la rocade Sud, empruntée par des millions de personnes descendant vers la Midi de Scandinavie, du Benelux, d’Allemagne, de Suisse, cesse d’être un couloir de la honte, mal entretenu, sale, pollué de friches et de sacs plastiques (capitale des Alpes ?!?…) !

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  2. Avatar de Hélène
    Hélène

    Bonjour, je trouve les propositions de Jean Jacques superbes. Il y a d’excellentes idées dont celle de la continuité des espaces. Cela montre tout ce qu’il y a à faire. Bravo et à bientôt pour lire de nouvelles propositions de ce type j’espère.
    Continuez bien et bonne chance. Hélène

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  3. Avatar de Jean-Jacques
    Jean-Jacques

    Merci Hélène, c’est trop d’honneur.

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  4. Avatar de Jean-Jacques
    Jean-Jacques

    Paradoxal ! La SEMITAG (contrôlée par la Gauche ; que ne contrôle-t-elle pas aujourd’hui ?) a supprimé la gratuité de circulation dans les bus et trams pour les plus de 65 ans. Au prétexte, étrange, que les retraités ont bien les moyens de payer leur ticket. C’est statistique, c’est technocratique : on oblige beaucoup de modestes à payer parce que le pouvoir d’achat moyen des retraités est relativement convenable. Ils ont travaillé pour, ont eu la chance d’avoir du travail ; doivent-ils s’en excuser ? Égalitarisme incongru, mais pas équité. Quant au résultat, il est pour le moins condamnable. Tous ces séniors soit évitent de sortir de chez eux, ce qui les retire de la société, de la vie, soit prennent leur voiture, polluent. Et dans le même temps les transports en commun roulent quand même, mais avec beaucoup de places disponibles. Et dans le même temps les élus majoritaires affichent leur volonté de combattre la pollution. J’aimerais comprendre…

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  5. Avatar de Jean-Jacques
    Jean-Jacques

    Il faut préciser, pour ce qui était de la « carte sénior » qu’elle n’accordait, légitimement, la gratuité que durant les heures creuses. Elle était une incitation à « rentabiliser » les transports en commun (financièrement par des effets indirects, humainement par des conséquences immédiates), à faire en sorte que le carburant, de toute façon consommé par eux, ne le soit pas pour promener trop de places vides.

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  6. Avatar de Gérald
    Gérald

    Bonjour,
    Je suis entièrement d’accord avec Jean-Jacques.
    Au sujet des tags et graffitis, je ne vois pas comment les combattre alors que certains partis politiques et syndicats ne se gênent pas d’afficher leur propagande sur les murs et ponts de nos villes.
    Je prends comme exemple le parti communiste et leurs affiches « aux actes citoyens » que l’on trouve le long de l’autoroute entre Fontaine et Grenoble.
    Est-ce que ces actes d’incivilité sont condamnés et combien coûtent-ils à la société ?
    Tant que nos politiciens montreront le mauvais exemple, ne nous attendons pas à voir évoluer les mentalités des citoyens lambda.

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  7. Avatar de Jean-Jacques
    Jean-Jacques

    L’avenir dans le rétroviseur :
    Grenoble, mais plein d’autres villes, pensent le futur des cités en ayant à l’esprit les voitures crachantes et polluantes d’il y a 20 ans. Première erreur, car il est incontestable que de considérables progrès ont été obtenus, tant sur les rejets de gaz que sur les poussières dispersées par les plaquettes de freins. Ensuite, la voiture de demain ne polluera plus. Ce n’est plus de la science fiction : dès aujourd’hui sont commercialisés des véhicules électriques performants.
    Lors d’un voyage en Californie, notre guide (un Français résident) nous a révélé que les Américains font les villes… pour les voitures. Parkings silos ou souterrains partout, gratuits. Aucune voiture le long des trottoirs, encore moins dessus, circulation intense mais facilitée par un maillage d’échangeurs, comme un réseau de vie harmonieux.
    Ayant eu la chance, quelques années auparavant, de découvrir la ville anglo-saxonne moderne à Auckland, j’ai été stupéfait de constater – au pays de l’écologie intelligente, celle du concret pas des incantations – que des autoroutes à plusieurs voies (4×4) pénétraient jusqu’au cœur de l’agglomération, étendue pavillonnaire répartie autour d’un centre de (beaux) buildings de verre et d’acier regroupant les administrations, les services, les commerces, les lieux de culture. A la périphérie immédiate de ce pôle d’activité, silos circulaires aériens (bien traitées leurs façades peuvent être esthétiques, habillées de végétation) ou parkings de plusieurs niveaux sous les gratte-ciel (dans un pays très sismique !). Au cœur, le piéton est roi. C’est propre (pas le souvenir de graffitis et tags, pollution visuelle trop tolérée chez nous), c’est confortable, hygiénique (toilettes impeccables, nombreuses, parfaitement balisées… et gratuites : rêve inaccessible en France, pays de séniors… et de touristes !).
    Loin de moi l’idée qu’il ne faut pas de transports en commun. Ils sont évidemment indispensables, même si la voiture devient 100% propre. Mais je ne comprends pas la politique actuelle de diabolisation de l’auto et de pénalisation de l’automobiliste. A Grenoble, il en résulte le contraire de l’objectif prétendument recherché d’assainissement de l’air : circulation ralentie, donc moteurs tournant plus longtemps, à des régimes vraisemblablement non optimisés, redémarrages surmultipliés…
    On sait bien, sauf à nier l’évidence par idéologie sectaire, que la voiture reste indispensable dans plein de circonstances (trajets périphériques, courses, handicaps, urgences…). Sauf à vouloir une société collectiviste, de contrainte, il faut bien admettre que le véhicule individuel et familial, symbole de liberté et de confort, a encore de longs et beaux jours devant lui. Alors, imaginons la ville de demain (et c’est aujourd’hui qu’il faut le faire car l’inertie de réalisation des infrastructures est à l’échelle de temps de la décennie) en mixant harmonieusement transports collectifs et solutions individuelles. La Rocade Nord est urgente depuis 20 ans, plus de parkings au centre aussi, la recherche de la fluidité doit devenir une préoccupation immédiate au lieu d’imposer la viscosité.

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  8. Avatar de Jean-Jacques
    Jean-Jacques

    @Gérald
    Bien d’accord. Trop d’affichage en dehors des panneaux prévus.
    Et puis, j’attends que les Verts condamnent avec force et constance la pollution visuelle de nos murs – surtout les plus propres, provocation impose – par les tags et graffitis. Les entrées de Grenoble, notamment, et la seule rocade, sont d’une saleté invraisemblable. Quelle image garde de Grenoble le touriste qui passe ?

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