Des salariés de l'association d'aide à domicile de personnes âgées (ADPA) dépendantes sont en grève pour protester contre des conditions de travail dont des économies demandées à ces agents. C'est un conflit qui devrait mobiliser bien au-delà de la situation actuelle pour 4 raisons fondamentales :
1) Sur le fond, le maintien à domicile de personnes âgées dépendantes est l'un des défis majeurs des prochaines années. Un retard considérable a été pris dans un département comme l'Isère sur l'installation d'unités de proximité à dimension humaine pour accueillir dans de bonnes conditions des personnes âgées dépendantes sans casser le lien avec leurs familles. Par conséquent, financer l'assistance à domicile est une absolue nécessité.
2) Face à ce constat humain, social, de bon sens, il est demandé à ces salariés des économies "mesquines" totalement disproportionnées par rapport aux grands équilibres budgétaires. Prenons des exemples concrets. Chaque année :
– le Département verse 5 millions d'euros au déficit de l'aéroport Grenoble – Isère pour que des britanniques viennent skier quelques jours dans des stations iséroises,
– le Département dépense des millions d'euros pour des communications de propagandes éphémères dont un journal départemental d'auto-promotion très peu lu alors même qu'Internet pourrait largement être suffisant,
– des budgets de fêtes et cérémonies ou des frais de protocole battent des records,
…
et le Département demande aux salariés en question de voir leur indemnité kilomètrique de remboursement baisser de 5 cents d'euros alors même que le prix de l'essence à la pompe grimpe à des sommets !
Peut-être qu'avec le parc pharaonique de voitures de fonction (tous organismes publics locaux cumulés : plusieurs centaines !) les élus en question ne savent même plus que l'essence à la pompe augmente puisque ce sont les contribuables qui payent. Mais c'est là un exemple d'un fonctionnement intolérable de l'impôt public.
Le Club 20 va prochainement présenter un document technique sur les économies proposées dans les structures locales. Bon nombre des fonctionnaires rencontrés pour préparer ce document sur les bases les plus sérieuses possibles nous donnent actuellement un repère simple : 30 % d'économies pourraient actuellement être effectuées sans que les usagers de services publics fondamentaux ne voient changer le service rendu concrètement.
Le conflit de l'ADPA c'est le choc du CAC 40. Une cassure entre une élite qui échappe au bon sens, qui renonce à l'exemple mais qui impose la "sécheresse" à d'autres. Des situations de ce type sont inadmissibles et c'est un combat de justice financière qui échappe aux clivages politiques traditionnels.
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