La comparaison entre les présidentielles américaines et françaises est actuellement particulièrement instructive.
1) La campagne Obama est entièrement conçue sur
le modèle de la « campagne partagée » à l’exemple de la dernière opération runway to win qui ouvre un espace pour concevoir des produits mettant en scène le logo de la campagne aux côtés de professionnels de la mode. Les nouvelles technologies dont les possibilités de géolocalisations permettent de déléguer la campagne pour la faire vivre au plus près du terrain.
2) Aux Etats-Unis, la place des réalités est centrale : réalisme des bilans comme réalisme des projets. Bilans et projets sont au pluriel parce que certes un pouvoir sortant a un bilan mais l’opposition aussi a un bilan : combien de propositions ? Lesquelles ? Combien de projets votés ? Lesquels ? … En France, la réalité du bilan de Sarkozy a été peu mise en scène. Quelques arbres parfois malheureux cachent des réalisations qui ont été et resteront des novations : la QPC, la réforme territoriale pour gagner en cohérence et en économies, la présidence de la commission des finances de l’Assemblée à l’opposition, la Cour des Comptes ayant accès aux cahiers de l’Elysée … Le bilan Obama est mis en scène par des situations vécues (cf vidéo ci-dessous). Pas de débat de ce type en France …
3) En comparaison, la campagne française paraît terne, triste et quasi-punitive. Terne, parce qu’il y a peu d’innovations. En quoi la campagne 2012 change-t-elle d’une campagne « classique » déjà connue ? Qu’est ce qui restera comme une « valeur ajoutée » spécifique ? Elle parait triste, parce que les véritables explications sur le fond sont difficiles, voire impossibles. Le cadre légal de communication est un carcan frustrateur d’une autre époque. Elle est quasi-punitive de tous côtés. Hollande ne joue que le « contre ». Il veut punir Sarkozy. Mélenchon n’active que la haine endossant avec quasi-jouissance la comparaison avec Georges Marchais mais ce dernier ajoutait une part d’auto-dérision qui le rendait parfois sympa et pas seulement agressif en permanence. Mélenchon veut punir tous les possédants. Sarkozy a beaucoup pratiqué l’auto-punition reconnaissant des « erreurs » assez irréelles comme l’histoire du Fouquet’s qui est en réalité une brasserie de moyenne gamme accessible à chacun au moins exceptionnellement. Sarkozy veut se punir comme s’il pensait que c’était là le moyend ‘une réconciliation avec l’opinion.
C’est un climat assez irréel.
Sauf revirement majeur rapide, cette campagne 2012 restera en France celle qui n’a jamais ouvert le véritable débat : la querelle du réalisme. Mais ce réalisme va s’imposer dès la campagne terminée.
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