Le billet du 23 janvier 2012 sur le colloque eau santé organisé sur Lyon (voir ci-dessous) a suscité de nombreuses réactions dont celle du Professeur Joël de Leiris.
Dès son entrée dans la vie professionnelle, M. Joël de Leiris s'est consacré à
la recherche en pathologie cardiaque expérimentale en étudiant les conséquences cellulaires et fonctionnelles de la maladie coronaire et de l’infarctus du myocarde. Après la soutenance de sa thèse de doctorat, il séjourne comme chercheur à l’Hôpital Groote Schuur de l’Université du Cap (Afrique du Sud), au sein de l’Institut de Recherche en Cardiologie, fondé par le Professeur Christian Barnard, pionnier des greffes cardiaques.
Au cours de son séjour, il apporte la première démonstration du rôle délétère des acides gras circulants sur le cœur ischémique, travaux qu’il publie dans la prestigieuse revue britannique Nature.
À son retour en France, il crée à Orsay une unité de recherche sur la physiopathologie cardiaque et la cardioprotection, unité qu’il dirige jusqu’à son départ pour Grenoble au début 1979. De 1979 à 2004, il dirige différents laboratoires ou unités de recherche, tous consacrés à la pathologie cardiaque.
Son bilan scientifique comporte la responsabilité de nombreux contrats de recherche publics ou industriels, la publication de près de 180 articles ou chapitres dans des revues ou des ouvrages internationaux, la direction de plus de 30 thèses de doctorat.
M. Joël de Leiris est l'invité du numéro 8 des dossiers du Changement publiés par le Club 20. Il interviendra sur la question de la performance et du devenir du pôle universitaire grenoblois.
Ce dossier en cours de finalisation sera l'occasion de publier des propositions concrètes concernant y compris des enjeux d'aménagement du territoire car la place de l'Université, donc des étudiants dans l'agglomération, est un volet majeur de l'aménagement de l'espace urbain.
S'agissant des questions eau santé, M. Joël de Leiris précise :
"Malheureusement les pesticides ne constituent qu’une partie du risque !
Lorsque nous buvons de l’eau, nous consommons également des hormones (oestrogènes et progestatifs). Ces composés qui sont à la base de la contraception orale, mais que l’on trouve aussi dans ce qu’il est convenu d’appeler la pilule du lendemain ou dans les traitements hormonaux substitutifs, ne sont pas métabolisés par l’organisme et sont de ce fait éliminés intacts dans les urines.
Ils se retrouvent donc ensuite dans l’eau des rivières dont ils ne sont épurés qu’à environ 50 %, ce qui conduit à les retrouver fréquemment dans les eaux de boisson.
Ces composés hormonaux se comportent alors comme des perturbateurs endocriniens oestrogéno-mimétiques qui peuvent avoir des effets physiologiques assez désastreux, entraînant par exemple des pubertés très précoces et favorisant le développement de cancers du sein (dont 75% sont en effet hormono-dépendants). C’est d’ailleurs ce qui explique que dans certains fleuves ou lacs d’Amérique du Nord, les poissons mâles sont de plus en plus rares, un effet qui pourrait conduire à la disparition progressive de certaines espèces".
La politique de l'eau sera l'un des prochains sujets de nos publications.
Laisser un commentaire