Le baromètre annuel de la confiance politique réalisé par le CEVIPOF publié en novembre 2011 a donné des chiffres précis qui méritent l’intérêt sur 1559 personnes interrogées début octobre 2011 :
– 83 % pensent que les politiques ne se préoccupent pas des citoyens,
– 69 % pensent que les politiques sont «plutôt corrompus»,
– 22 % associent même le mot «politique» à celui de « dégoût »,
– 13 % ont confiance dans les partis politiques.
Ces chiffres impactent autant la droite que la gauche au moment où
62 % partagent l’idée que les notions de droite et de gauche «ne veulent plus rien dire». Aucune fonction n’échappe à cette grisaille puisque la cote de confiance des Maires s’est effondrée chutant de 11 points en deux ans.
Dans le même temps, 60 % des Français disent s’intéresser beaucoup ou assez à la politique. Un chiffre qui est en progression de 5 points sur les deux dernières années. Tous les indicateurs sur la participation civique et autres données de mobilisation sont au beau fixe et en progression sur les deux dernières années.
Les politiciens baignent dans le négatif tandis que la politique reste positive.
Comment expliquer ce paradoxe ?
La vie politique française a perdu deux valeurs importantes :
– le sens, car elle est devenue une sorte de catalogue d'annonces multiples dans un désordre affaiblissant toute mise en perspective cohérente en dehors de la grille de lecture d'intérêts électoraux à court terme,
– la considération pour les citoyens, car les tactiques électoralistes ont pris le pas sur la pédagogie des réformes comme sur la place reconnue à la vérité des faits ou des chiffres.
Chaque fois que des structures travaillent pour restaurer ces deux valeurs (sens et vérité), elles connaissent des succès importants. Aux Etats-Unis, c'est le cas de MoveOn.org qui est l'une des plus belles réussites de mobilisation citoyenne. En France, sur le plan des projets nationaux, Terra Nova, initiative très inspirée de MoveOn.org, est une remarquable réussite. Sans Terra Nova, les primaires du PS n'auraient probablement jamais vu le jour.
La nouvelle démocratie doit replacer le citoyen au coeur de la totalité des enjeux. Sur le plan de l'agglomération grenobloise, c'est cette logique qui inspire les travaux du Club 20 qui a franchi le seuil de ses 400 membres et va lancer dès janvier 2012 de nouvelles initiatives fortes. La lettre n° 7 sera d'ailleurs consacrée à une présentation détaillée de ce club de réflexion qui est probablement aujourd'hui le premier de ce type dans l'agglomération grenobloise.
Il vous ouvre ses portes. Plus nous serons nombreux à participer, plus cette démocratie nouvelle verra le jour rapidement et avec vitalité.
Laisser un commentaire