Denis Bonzy

Grenoble agglo : faits majeurs 2011 : les patrons descendent dans la rue ou les nouveaux Indignés

Le 5ème fait majeur de 2011 concerne la pétition « stop bouchons » lancée par des organisations socio-professionnelles. C’est un tournant pour 4 raisons.

1) Il faut remonter à 1985 pour observer une telle mobilisation du monde socio-professionnel. Il s’agissait alors de


 protester, lors de la venue du Premier Ministre de l’époque Laurent Fabius, contre des mesures nationales en organisant une manifestation partant de l’esplanade pour rejoindre la préfecture. De 1985 à 2011, le monde socio-professionnel est resté sur la réserve. Il n’est donc pas coutumier de telles manifestations d’humeurs.

2) Ce qu’il demande notamment par l’immense banderole le long du mur de la Chambre de Commerce : c’est de l’action. Que répondent les collectivités locales (Métro, Ville de Grenoble) : nous allons … nous rencontrer pour … parler. Par conséquent, la situation est vouée à l’aggravation.

3) C’est symbolique que cette réaction soit celle de membres de la société civile et non pas de partis politiques. Le débat démocratique dans les instances institutionnelles s’est tellement appauvi ces dernières années que les citoyens ont le sentiment qu’il faut faire vivre le débat ailleurs en contournant les forces politiques classiques.

4) Le thème de la protestation concerne également l’emploi par la pénalisation qui résulte des difficultés de déplacements dans l’agglomération. Or l’emploi est la grande cause nationale permanente a fortiori en temps de crise grave. Que les professionnels de l’emploi crient leur détresse en la matière ne peut pas laisser l’opinion indifférente. Michel Destot et une forte partie de son équipe représentent la « seconde gauche » celle qui devait être vouée à réconcilier réalités économiques et progrès social. Les représentants des réalités économiques sont contraints de lancer une pétition publique pour exprimer leur désapprobation : c’est une atteinte directe au socle du PS dans l’agglo.

De façon plus « anecdotique », sur de nombreuses autres localités étrangères, les Indignés sont l’émanation d’une révolte populaire. L’agglomération grenobloise se distingue une fois de plus puisque ses premiers Indignés sont pour une grande partie, avec ce dossier, des notables ulcérés.

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