Le billet d'hier sur le vote en commun par la majorité municipale (PS-Front de Gauche-Modem) et l'UMP a suscité une forte audience et de nombreux commentaires. S'agissant des commentaires, il importe de rappeler que nous ne publions aucun commentaire contenant une mention injurieuse.
Cette audience comme les commentaires nous imposent d'apporter quelques précisions essentielles. En préalable, trois éléments méritent en effet d'être indiqués :
1) Il s'agit d'argent public. Par conséquent, c'est le droit des contribuables d'être informés puisque c'est leur argent qui est en cause.
2) Cette information est d'autant plus naturelle que les montants en question sont considérables : plus de 100 millions d'euros en montants cumulés.
3) Pour des contribuables soucieux d'une gestion économe des deniers publics, ils 'agit de sortir de la culture politicienne où les dépenses s'ajoutent toujours avec pour variables d'ajustements les hausses d'impôts et / les hausses d'endettement donc les hausses des impôts de demain.
Il ne s'agit pas de conduire une quelconque bataille contre le football. Il s'agit de rappeler des principes fondamentaux qui donnent un sens à des choix susceptibles de s'appliquer au football comme à n'importe quel autre sport, ni plus ni moins.
Dans ce dossier, il y a encore six faces cachées importantes qui doivent être clarifiées :
1) le montant réel du trou financier : en juillet 2011, M. Pilaud, en charge de ce dossier pour le compte de M. Destot, affirmait par communiqué que le trou était de 3 millions d'euros. Ayant eu à conduire directement les tentatives de recapitalisations éventuelles, il parait normal de considérer qu'il est bien placé pour connaître le montant du trou financier. Mais à la même époque, le Dauphiné Libéré a consacré sa une à un montant estimé à … 10 millions d'euros. Il est aussi possible de penser que le Dauphiné ait vérifié ses sources avait d'affirmer ce chiffre qui triple le montant donné par l'adjoint en charge du dossier.
La circularisation a dû probablement prendre fin. Il est surprenant que ce chiffre ne soit pas communiqué. Il est d'autant plus surprenant que l'opposition municipale ait accepté de participer au vote sans avoir connaissance du chiffre en question.
2) La date de la DCP (la déclaration de cessation de paiement) : cette DCP est-elle intervenue à la date légale par rapport aux contraintes officielles de la loi ?
3) En fonction de la réponse donnée à la question 2, y – a-t-il matière à un appel en comblement de passif et si oui à la charge de qui ?
Cette question n'est pas neutre ni pour la Métro ni pour la Ville de Grenoble ni pour le groupe privé (Index Holdings) actionnaire de référence de la SASP GF 38.
4) A partir du moment où les premiers incidents de paiements sont intervenus dans la location du Stade par exemple, quelles mesures d'informations ont été respectées au sein de la Métro et quelles garanties de protection ont été prises ? C'est un volet essentiel. Les premières informations à ce jour disponibles en la matière peuvent laisser craindre le pire puisque la Métro a non seulement été conduite à provisionner des pertes mais elle a déboursé ensuite pour acquérir des éléments "dissociables" du stade ce qui laisse entendre qu'elle n'ait pas gagé les biens en question dans les derniers mois lorsque la défaillance du paiement des locations intervenait.
5) La composition du capital de la SASP GF 38 et le profil des repreneurs : plusieurs des repreneurs éventuels ont suscité des commentaires pour le moins réservés sur leurs capacités réelles à honorer les premiers engagements alors pris sur le papier. Quelles précautions ont été alors adoptées pour sécuriser le périmètre financier des "repreneurs" en question ? A quoi ont correspondu ces temps morts cumulés ?
Dès l'origine, le profil de l'actionnaire de référence ne correspondait pas à une situation "classique". Les clubs qui fonctionnent efficacement dans la durée ont des actionnaires du terroir constitués en collectif à l'écart des considérations bling bling d'une époque. L'actionnariat de la SASP GF 38 ne s'était-il pas à tort éloigné de cette "sagesse provinciale" pour aller vite, trop vite et chuter aussi vite ? Pourquoi cette entreprise japonaise de taille modeste sans implantion dauphinoise ni historique ni actuelle ni projetée ?
Lorsqu'un dossier s'éloigne de la normalité, le bon sens impose des questions de ce type.
6) Les liens entre la SASP GF 38 et l'association : comment cette dissociation peut-elle être opérée aussi rapidement alors même que des financements croisés sont intervenus de longue date ?
Ces questions techniques doivent obtenir des réponses techniques sérieuses, précises, publiques.
Un retard important a déjà été pris dans la présentation de ces réponses techniques. Il est temps de passer aux réponses !
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