Denis Bonzy

Denis Bonzy : « en total désaccord avec le PS et l’UMP sur le budget 2012 de la Ville de Grenoble »

Le débat d'orientation budgétaire à Grenoble donne généralement la tonalité de celui de la Métro qui est, de facto, une sorte de mutuelle financière de l'agglomération grenobloise. Le contenu de ce débat lundi a suscité de très nombreuses réactions qui montrent le fossé croissant entre les représentants du système politique et des membres de la société civile qui n'entendent plus être des payeurs inactifs. C'est un désaccord total qui progressivement s'est créé.

8 exemples concrets de ruptures non engagées permettent de voir des rendez-vous majeurs manqués :

1) Les  impôts sont considérés comme la variable d'ajustement des dépenses à la hausse : c'est une logique intolérable. Les ménages manquent de pouvoir d'achat. La très grande majorité d'entreprises (PME, TPE, commerces, artisans …) manque d'argent. Cette logique du "toujours corvéable" a atteint un seuil inadmissible. Or, aucun débat sérieux n'est engagé sur l'inversion de cette tendance.

2) Le principe du "toute nouvelle dépense doit être immédiatement gagée par une économie équivalente" n'est pas inscrit. Dans l'exemple du Stade des Alpes, les dépenses claquent et les économies sont absentes. La règle de recevabilité de toute nouvelle dépense devrait être la présentation d'une économie analogue.

3) Aucune mesure nouvelle ne concerne l'exemplarité appliquée d'abord aux élus locaux. Une diminution de 50 % des effectifs des exécutifs serait un minimum. Les exécutifs sont des armées mexicaines pour concilier les ambitions, les équilibres politiques : 22 adjoints à la Mairie de Grenoble, 18 Vice-Présidents à la Métro ! 12 postes d'adjoints à la Ville de Grenoble seraient suffisants pour 8 postes de Vice-Présidents à la Métro.

4) Au titre de cette exemplarité, diminutions drastiques de tous les postes de propagande politique : suppression des emplois de cabinet, première diminution de 50 % des budgets de communication et de protocole.

5) Publication via Internet des rapports mensuels des économies ainsi réalisées avec tableau comparatif de l'année n -1.

6) Mise ne place d'une mission de réalisation des actifs muncipaux pour voir comment faire rentrer de l'argent pour accélérer le désendettement trop lourd.

7) Plan pluri-annuel de retour à l'équilibre de tout le secteur para-municipal à caractère industriel et commercial.

8)  Mise en place d'opérations "budgets base zéro" consistant à redéfinir totalement les moyens d'une compétence sans être lié par le passé ; ce qui permet d'identifier les réformes majeures en dehors de la logique trop facile de la reconduction des services votés.

Aucune de ces pistes n'a donné lieu à des actes ni même à des débats. M. Olivier Roux, professionnel libéral de grande qualité, a exposé la volonté d'orientations nouvelles mais à nos yeux malheureusement trop timorées.

Le système de la dépense publique française ne doit pas être corrigé à la marge. Cette culture doit être cassée. L'intervention de M. Matthieu Chamussy sur la candidature de Michel Destot en 2014 nous est apparue "extra-terrestre". D'abord "hors sujet" dans un débat financier mais surtout, s'il n'y a pas des messages clairs de contrastes majeurs dans la réduction incontournable de la dépense publique locale, l'enjeu de la candidature de Destot comme de tout autre membre de l'actuel Conseil ou d'instances de la Métro deviendra trop éloigné de ruptures que des membres de la société civile veulent exposer pour changer fondamentalement la donne.

Il serait temps que la majorité dans l'agglo montre concrètement qu'elle a pris conscience qu'elle a dépassé les frontières de l'imposition tolérable et que l'opposition fasse vivre des contrastes majeurs en témoignant une autre culture de gouvernance.

Denis Bonzy 

Commentaires

Une réponse à « Denis Bonzy : « en total désaccord avec le PS et l’UMP sur le budget 2012 de la Ville de Grenoble » »

  1. Avatar de ARNAUD
    ARNAUD

    Monsieur, Je suis entièrement d’accord avec vous. Je suis étudiant à Grenoble. Le Crous a pris beaucoup de retard pour payer nos bourses. C’est un sujet d’actualité qui n’a même pas été abordé lundi soir. J’ y étais ! J’aimerai connaître le budget annuel des frais de déplacement des élus locaux par an toutes tendances confondues et nous nous devons travailler la nuit pour payer nos études. Il faut que tout cela change, fort et vite.

    J’aime

Répondre à ARNAUD Annuler la réponse.