La décision de nomination de Lucas Papademos en qualité de Premier Ministre de la Grèce est une escalade scandaleuse dans la coupure entre l'opinion et ses prétendus représentants.
Choisir un ancien Gouverneur de la Banque Centrale de Grèce pour "corriger la situation" relève d'une décision qui est une insulte face à l'ensemble de ceux qui contribuent à "boucher les trous".
Les banquiers devraient présenter leur excuses. Ils présentent leurs candidatures pour prendre ouvertement le pouvoir.
Ils devraient rendre des comptes avec des mises en accusations claires engageant des responsabilités civiles voire pénales notamment pour présentations de faux comptes et ils prennent le pouvoir pour être sûrs qu'aucun espace de décision ne puisse leur échapper.
A plusieurs reprises dans nos colonnes, nous avons fait état de l'enquête sénatoriale américaine sur septembre 2008 et ses conclusions de dramatisation orchestrée pour éponger d'un coup les défaillances gravissimes du système bancaire américain.
N'est-ce pas le même dispositif qui est en train de se mettre en place actuellement au niveau des dettes publiques ?
Une évolution identique semble évoquée en Italie. Le système bancaire tire les conséquences de l'impuissance des politiques et envoie ses représentants éteindre le feu qu'ils ont allumé.
C'est du jamais vu dans une démocratie moderne. Il est vrai que, quand la France place en "pape de l'orthodoxie" Trichet qui a "surveillé" le Crédit Lyonnais, il y a de quoi s'interroger sur la place des principes et de la morale dans le processus de décision dans la durée.
Des décisions de ce type ne peuvent que radicaliser une partie de l'opinion et à juste titre.
Dans un domaine comparable, pourquoi aussi peu d'élus locaux n'engagent pas en France le bras de fer avec Dexia ? L'inversion du pouvoir est en train de se produire sous nos yeux et les "représentants du peuple" défendent avec bien peu de détermination ceux qui leur ont confié une partie de leur confiance.
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