Quel est aujourd’hui le décrochage le plus important entre la présidentielle américaine et la présidentielle française ? La première a pris le virage des campagnes des pairs tandis que la seconde est scotchée aux campagnes des pères.
La campagne des pairs, c’est
ouvrir la priorité aux messages des citoyens, de « celui ou de celle qui me ressemble » : c’est la campagne partagée par l’exemple du quotidien, de la proximité.
La campagne des pères, c’est rechercher en permanence une « parole d’autorité » qui a vocation à dire le vrai, le juste et le bon : c’est la campagne imposée.
Internet est le support privilégié de la campagne partagée parce que le partage entre citoyens est la culture même d’Internet.
Les médias classiques dont la télévision restent les supports de la campagne imposée parce qu’ils assument une logique d’intermédiaire qui filtre, qui sélectionne.
C’est l’actuel non sens du choix de Nicolas Sarkozy. Pourquoi les primaires PS ont été un grand succès ? Parce qu’elles ont surfé sur cette culture du « pair » : des citoyens qui décident entre eux.
Le choix de la majorité présidentielle de s’en remettre aux vieilles techniques est d’autant plus étonnant que les chiffres parlent d’eux-mêmes (chiffres pour la France) :
– Facebook : 2007 : 200 000 inscrits / 2011 : 20 millions d’inscrits.
– Internet (blogs + sites …) : 2007 : 25 millions d’audience avec des profils très segmentés / 2011 : 40 millions tous segments confondus.
Ce choix est-il une décision ou une facilité ? Si c’est une décision, c’est une éventuelle indication sur une campagne manquée. Les campagnes se suivent et ne sont jamais toutes réussies. En 1974, VGE a effectué l’une des plus belles campagnes de l’histoire du marketing public et 1981 fut l’une des plus mièvres.
C’est peut-être une facilité parce que l’opinion a décroché de la politique présidentielle qui se heurte désormais à un double problème de casting : les représentants nationaux classiques insupportent car usés alors même que les représentants militants ne supportent plus ou si peu.
Le véritable déclic est dans cette remobilisation du terrain. Pas sûr que la dernière intervention présidentielle y contribue de façon nouvelle. C’est cet électrochoc là qui fait défaut pour que la campagne 2012 sorte des vestiaires.
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